Once Upon a Time… Tarantino

C’était LE film attendu sur la Croisette cette année. Et les festivaliers n’ont pas été déçus. Un long cri d’amour au cinéma (2h39 lors de sa projection au Festival de Cannes, mais le film pourrait être rallongé en salles), un casting phénoménal, une sorte de best-of de tout ce qui fait que Quentin Tarantino est Quentin Tarantino: Once Upon a Time… in Hollywood a fait l’unanimité. On ne dévoilera pas tout du film avant sa sortie au cinéma le 14 août (c’était un souhait du cinéaste)… mais quand même un petit peu. Histoire de vous donner envie de renouer avec l’un des monuments du cinéma actuel !

Once Upon a Time… in Hollywood : un casting “Walk of Fame”

La distribution, déjà : il y a tellement de stars dans le 9e film de Quentin Tarantino que l’expression « casting 5 étoiles » semble presque galvaudée. On est plus proche du « Walk of Fame », la fameuse avenue où les grands noms du 9e art ont leur étoile…

Leo, Brad, Al… et les autres

En haut de l’affiche, on retrouve tout simplement Leonardo DiCaprio et Brad Pitt. Tarantino avait déjà tourné avec le premier (Django Unchained) et le second (Inglorious Basterds). Mais réunir les deux sur la même affiche est un tour de force inédit ! Mais chez Tarantino, un bon casting ne se limite jamais aux têtes d’affiches. Le cinéaste est connu pour offrir des seconds rôles en or, et réaliser des films « choraux ». On retrouve donc dans Once Upon a Time… in Hollywood des valeurs (très) sûres comme Al Pacino (dans le rôle du producteur de films Marvin Schwarz) ou Kurt Russell. Mais aussi des visages familiers, comme le regretté Luke Perry, Timothy Olyphant (vu dans Die Hard 4 ou la série Justified), Damian Lewis d’Homeland, Dakota Fanning (Twilight, Ocean’s 8)… Et une révélation : Margot Robbie (Suicide Squad, Moi Tonya), lumineuse dans le rôle de Sharon Tate.

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Un concentré de Tarantino

Sans trop en dévoiler, l’intrigue se concentre donc sur Rick Dalton (Leonardo DiCaprio), et son acolyte et doublure Cliff Booth (Brad Pitt). Dalton est un acteur sur le déclin, déterminé à relancer sa carrière malgré les ratés et les séries B : Leonardo DiCaprio est impeccable dans un registre rageur et désespéré, Brad Pitt signe l’un de ses rôles les plus cools : un peu niais, un peu fêlé, absolument parfait… En chemin, Tarantino nous fait rencontrer Roman Polanski et sa femme Sharon Tate, tire le portrait d’un Hollywood en train de se réinventer totalement (les Spielberg, Scorsese, Coppola ou Lucas débute ou ne vont pas tarder). Et une ode au cinéma qui l’a émerveillé enfant : l’action se déroule en 1969. Le petit Quentin avait 6 ans. 9e film, donc cri d’amour au 9e art ? Tous les films de Tarantino sont de toutes façons des hommages enfiévrés au cinéma : du western au film de gangster en passant par le kung fu. La preuve…

Once Upon a Time… Tarantino : itinéraire d’un cinéphile obsessionnel

Reservoir Dogs et Pulp Fiction : Tarantino gangster

Déjà remarqué comme scénariste (True Romance de Tony Scott et Tueurs nés d’Oliver Stone), Quentin Tarantino débarque flingue au poing dans le Hollywood des années 90. D’abord en 1992 avec Reservoir Dogs, une tuerie (au propre comme au figuré) entre portes-flingues aux pseudonymes évocateurs (MM. White, Blonde, Pink ou Orange), incarnés par des acteurs-fétiches du cinéaste (Tim Roth, Michael Madsen, Harvey Keitel). Puis surtout avec Pulp Fiction, film à sketches aussi violent que désopilant, et couronné par la Palme d’Or en 1994. Virils, sanglants, dialogués en orfèvre et dotés de bandes-son inoubliables : tout Tarantino est déjà dans ces deux premiers coups de maître.

Jackie Brown, Kill Bill et Boulevard de la Mort : Tarantino cinéaste de genre

Avec Jackie Brown (1997), Kill Bill (sorti en deux « volumes » en 2003 et 2004) et Boulevard de la Mort (2007), on découvre un Tarantino cinéphile et même cinévore. Le premier film est un hommage à la Blaxploitation des années 70 (Shaft, Foxy Brown), dans lequel il offre le rôle-titre à la star du genre (Pam Grier). Le second est une ode aux films de kung-fu, avec là encore quelques guests « historiques » (Gordon Liu, Sonny Chiba). Et une Uma Thurman inoubliable en sabreuse revancharde, attifée comme le Bruce Lee du Jeu de la Mort. Le troisième, enfin, revisite le genre des films d’exploitation, ces séries B des années 70 pleines de bruits, de fureur (et de grosses cylindrées). Mais Tarantino ne se contente pas de copier ses classiques. Il les réinvente, les modernise, les « tarantinise »… Boulevard de la Mort, par exemple, évite les clichés macho et donne la vedette à une bande de filles (Zoë Bell, Rosario Dawson, Rose McGowan…) sans pitié.

Inglourious Basterds, Django Unchained, Les Huit Salopards : Tarantino s’en va-t-en-guerre

Sortis respectivement en 2009, 2012 et 2015, Inglourious Basterds, Django Unchained et Les Huit Salopards constituent le versant « martial » de la filmographie du cinéaste. Inglorious Basterds s’inspire des films de guerre pour nous embarquer dans la folle épopée des « Bâtards », un groupe de soldats juifs américains tueurs de nazis menés par le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt). Django Unchained met en scène Jamie Foxx (Django), en quête de sa femme dans le Sud esclavagiste du milieu du XIXe siècle. Et donne l’occasion de revoir Christoph Waltz (déjà présent dans Inglorious) ainsi qu’un petit nouveau : Leonardo DiCaprio en propriétaire de plantation infect. Enfin, Les Huit Salopards enrichit la partie « western » de la filmographie de Tarantino, avec Samuel L. Jackson en chef de bande de chasseurs de primes, prêt à dégainer comme aux plus belles heures de Pulp Fiction… Un western que le réalisateur ne semble pas prêt à quitter : après One Upon a Time… in Hollywood, il a prévu de donner une suite à Django Unchained.


Publié le 08/07/2019