Dinomania ou Le phénomène Jurassic World

C’était en 1993. Il y a un quart de siècle, autant dire… la préhistoire en termes de cinéma d’action. Steven Spielberg investissait les salles obscures avec Laura Dern, Jeff Goldblum et un tyrannosaure terrifiant de réalisme. Carton absolu, et classique instantané : Jurassic Park devient le plus gros succès de l’histoire du cinéma, détrônant E.T. d’un certain… Spielberg.


Dans le même « club » que Star Wars, Avengers ou Harry Potter

25 ans plus tard, la saga n’a pas pris une ride. Jurassic World 2 : Fallen Kingdom, qui sort ce mois-ci en vidéo, termine sa carrière en salle avec des scores aussi monstrueux que ses héros préhistoriques : plus d’1,3 milliards de dollars de recettes dans le monde, 3,6 millions de spectateurs en France.
Au total, les 6 films (si l’on compte la version 3D du premier opus, ressortie en 2013) ont cumulé plus de 5 milliards de dollars de recettes en salles. Et 22,4 millions d’entrées rien que dans les salles françaises.
La saga « Jurassic » se classe donc dans le même club que Star Wars, Harry Potter, Avengers ou Le Seigneur des Anneaux : des phénomènes mondiaux, dont chaque film est un événement, et donc le succès ne faiblit pas. Comment l’expliquer ?

Des « ennemis » cinégéniques… et fascinants 

La raison numéro 1, c’est bien sûr la présence à l’écran des terribles reptiles. Les enfants, littéralement fascinés par ces bestioles issues du passé, et les parents, ravis de voir leurs petits s’instruire avec plaisir : tout le monde aime les dinosaures. Ils effraient, ils fascinent. Steven Spielberg, dont le sens du public n’est plus à démontrer, l’avait très vite compris : le roman de Michael Crichton n’était pas encore paru que le cinéaste lui avait déjà demandé de plancher sur l’adaptation filmée.

T-Rex, velociraptor, spinosaurus : un casting inépuisable 

Imposants, mortels et tellement exotiques, les dinosaures ont un autre grand avantage : ils offrent un « casting » de choix, quasi-inépuisable. Le gigantesque T-Rex et les fulgurants velociraptors, dans deux styles bien différents, ont fait claquer des dents les spectateurs de Jurassic Park et de sa suite, Le Monde Perdu.
Jurassic Park III (le premier sans Spielberg aux manettes) nous fait ensuite découvrir un nouveau prédateur (le spinosaurus). Et lorsque le filon semble s’épuiser, la saga repart de plus belle : Indominus Rex et Indoraptor, dinosaures transgéniques, repoussent encore plus loin les limites du terrifiant dans Jurassic World et Jurassic World 2 : Fallen Kingdom.

L’homme, cet apprenti-sorcier 

Faire revivre les dinosaures, plusieurs millions d’années après, grâce à de l’ADN récupéré sur un moustique fossilisé, c’était déjà jouer avec le feu. Avec la relance de la saga dans Jurassic World, les scientifiques du parc d’attraction d’Isla Nubia vont encore plus loin et créent de toutes pièces des prédateurs encore plus évolués.
Le message ? Notre pire ennemi, c’est nous-même. L’homme, cet d’apprenti-sorcier incapable de tirer les leçons de ses erreurs, se révèle plus dangereux que les dinosaures. Ces derniers ne font que suivre leur instinct, et peuvent même se révéler… presque attachants.
Cet arrière-fond écologiste, incarné notamment par le personnage d’Owen Grady (Chris Pratt), explique en partie le renouveau de la saga à partir de Jurassic World : les deux derniers opus se sont en effet payés le luxe de faire de meilleurs scores que ceux signés Spielberg.

Un casting doré sur tranche 

Ce n’est bien sûr par la seule raison du succès de Jurassic Park et Jurassic World. Le casting « humain » en est un autre. De Richard Attenborough et Jeff Goldblum (qu’on retrouve avec plaisir dans Fallen Kingdom), piliers de deux premiers films, au duo Bryce Dallas Howard-Chris Pratt dans les deux derniers, les personnages principaux sont impeccables.
Les « sales types » aussi constituent une superbe brochette d’acteurs (Pete Postlethwaite, Vincent d’Onofrio, James Cromwell…), et la saga aura vu passer au fil des épisodes de nombreux premiers et seconds rôles célèbres : Sam Neill, Samuel L. Jackson, Julianne Moore, William H. Macy… jusqu’à notre Omar Sy national.


Un festival visuel 

Dernière explication de la longévité du phénomène Jurassic Park-Jurassic World : une réalisation follement ambitieuse. Cela n’étonnera personne à propos du créateur de la saga : s’il y a bien un cinéaste qui réussit le miracle de marier divertissement grand public et cinéphilie, c’est bien Steven Spielberg.
Effets spéciaux incroyables, sens du rythme dingue, clins d’œil et montées d’angoisse : Jurassic Park a marqué un tournant dans l’histoire du cinéma.

L’héritage de Spielberg est entre de bonnes mains 

La grande chance de la saga, c’est d’avoir trouvé des successeurs dignes du grand Steven. Colin Trevorrow (pour Jurassic World) et Juan Antonio Bayona (pour Fallen Kingdom) n’ont pas la même notoriété, mais ils sont bien mieux que des « faiseurs ». Et ils utilisent à merveille les énormes budgets (respectivement 150 et 170 millions de dollars) à leur disposition.
Alternant habilement effets spéciaux numériques et animatronique (avec des dinosaures robotisés en taille réelle), les deux derniers Jurassic échappent au défaut des films tournées intégralement sur fond vert.
C’est simple : on croiserait demain un dinosaure dans la rue, il nous semblerait presque moins réel que dans ces films… On a hâte de découvrir ce que Jurassic World 3, réalisé par Colin Trevorrow, nous réserve pour sa sortie en juin 2021 !

Voir la bande annonce : 

Publié le 02/10/2018