3 façons de retrouver Johnny

Le temps des hommages est passé, l’émotion, toujours là, est moins omniprésente. Et les polémiques se tassent. Près d’un an après la disparition de notre rockeur national, et si on réécoutait tout simplement Johnny Hallyday ?
C’est le moment, alors que paraît Mon pays c’est l’amour, son 51e et ultime album, ainsi qu’une série de rééditions et de raretés alléchantes. Repartir à la recherche de Johnny ? On y va par 3 chemins.

1. En nouveauté, avec Mon pays c’est l’amour

Le vrai testament du rocker, il est là. Un 51e album, enregistré entre Los Angeles et Paris, dans l’urgence de sa dernière année. Johnny y chante ses deux passions : l’Amérique dans Back in L.A., Made in rock'n'roll, L'Amérique de William, sa famille et sa femme dans Pardonne-moi et Je ne suis qu'un homme.
Mais aussi son intuition que la suite n’allait pas être toute rose : les paroles de J’en parlerai au diable démontrent que le « Taulier » n’était pas dupe sur la tempête judiciaire que sa disparition va soulever…

La voix est là, les musiciens au rendez-vous : un vrai, beau Johnny

Au-delà de ces anecdotes, Mon pays c’est l’amour est aussi et surtout un vrai, bel album de Johnny. La voix plus enveloppante et féline que jamais, il s’est comme à son habitude entouré de musiciens de confiance et de talent (Maxim Nucci, Yarol Poupaud, Robin Le Mesurier), et d'un bassiste 5 étoiles (Abraham Laboriel Junior, collaborateur de Sting ou Paul McCartney). Disponible en vinyle, CD ou en collector livre-CD, l’album fera date.



2. En collector, avec ses pépites 80’s à (re)découvrir

La fin des années 70 est une période grandiose pour Johnny. Avec Derrière l’amour (1976), C’est la Vie (1977) et Solitudes à Deux (1978), il enchaîne trois disques de platine. Et quelques-uns de ses plus beaux standards : Gabrielle et Requiem pour un fou dans le premier album, J’ai oublié de vivre dans le deuxième, Elle m’oublie dans le troisième.
Par comparaison, la suite a laissé moins de souvenirs aux fans. Bonne nouvelle : c’est précisément à cela que vont servir les rééditions (en série limitée) des disques des années 80 de l’Idole.

Hollywood (1979)

C’est le premier album de Johnny à L.A., mais ce n’est pas le plus intéressant. Avec des reprises-adaptations de Bob Seger (Le bon viex temps du Rock’n’roll), Robert Palmer (Comme un voleur) et le reggaeman Jimmy Cliff (T’as le bonjour de l’amour), Hallyday montre une nouvelle fois son sens inné du talent des autres. Et de l’air du temps.




À partir de maintenant (1980)

Autre disque passé un peu « sous le radar » et à redécouvrir, À partir de maintenant comporte pourtant un grand tube de l’Idole : Je ne suis pas un héros, écrite par Daniel Balavoine pour Johnny. Et une curiosité : la reprise de La Poupée qui dit non, de Michel Polnareff. Avec cet album, Johnny tire un trait sur ses années 70. Et sur une autre histoire : celle avec Sylvie Vartan, dont il divorce en novembre 1980.



Nashville 84 (1984)

Typiquement un album qui va faire la joie des fans : pas très connu, et pourtant bourré de qualités. Nashville 84, c’est en fait la réunion en coffret de deux albums : Drôle de métier et Spécial Enfants du Rock, du nom de la mythique émission de télévision.
Enregistrés comme le nom du coffret l’indique dans la « Music City » américaine, l’album vaut notamment pour ses duos à rendre fou les amoureux du rock. Johnny + Carl Perkins dans Blue Suede Shoes, avec Tony Joe White pour Polk Salad Annie, That’s all right Mama en compagnie des Stray Cats… Difficile de faire plus alléchant !



Gang (1986)

Avec le milieu des années 80, Hallyday siffle la fin de la récré. Le boss il était, le boss il reste, et il le prouve coup sur coup avec deux albums de légende. Rock’n’roll Attitude (déjà réédité au printemps) et Gang rappellent qu’il y a une bête de rock en France. Et que c’est lui.
Les deux albums se ressemblent. Johnny fait simple en allant chercher ce qui se fait de mieux comme auteurs-compositeurs : Michel Berger sur le premier, Jean-Jacques Goldman sur le second. Berger lui écrit Le Chanteur abandonné et Quelque chose de Tennessee. Goldman passe la surmultipliée avec L'Envie, Je t'attends, Je te promets,

Laura… Un sommet.


Cadillac (1989)

Après ces deux chefs-d’œuvre, Cadillac n’a pas connu la même postérité. Il conclut quand même joliment les années 80 pour Johnny : double disque de platine, c’est un succès incontestable. Les talents de parolier d’Etienne Roda-Gil, (Julien Clerc, Vanessa Paradis…) auteur de tous les textes n’y sont sûrement pas pour rien.
Le thème très « Hallydyen » aussi, l’album étant presque un « concept » autour de l’évasion et de la liberté. Et une petite curiosité : Mirador est la toute première chanson du Taulier à être signée David Hallyday. Dix ans plus tard, avec Sang pour Sang, la collaboration père-fils accouchera d’un nouveau sommet. Mais c’est une autre histoire…


3. En best-of et en goodies

L’album de sa vie : en 100 tubes

Du très vintage (L’idole des jeunes) aux derniers tubes (Marie), de la ballade (J'ai oublié de vivre), du rock incandescent (Allumer le feu). Et, bien sûr, tous ses « super standards » (Retiens la nuit, que je t’aime, La musique que j’aime, Noir c’est noir…)
On a bien cherché : on ne voit pas bien ce qui manque dans ce coffret 100 titres en 5 CD. Ni ce qu’il y aurait à jeter…


Les années live : en concert

On a failli l’oublier avec cette collection d’albums studios à (re)découvrir. Mais Johnny c’était aussi (surtout ?) une bête de scène. Qui se bonifiait en plus avec le temps… Ces 6 concerts filmés entre 2006 et 2016 (tournées Flashback Tour, Tour 66, Born Rocker Tour et Rester Vivant Tour) sont l’occasion de le rappeler. Et de constater que la présence scénique et l’énergie sont restées intactes jusqu’au bout.





En photos

Sous la forme d’un coffret vinyle et photos (un 33-tours et 10 tirages photo rares) ou carrément en agenda-calendrier 2019 : après le choc des mots des chansons, le poids des photos pour les vrais fans.






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Publié le 11/10/2018