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Les bonnes

de Jean Genet , date de sortie le 10 août 2010
Claire et Solange sont au service de Madame depuis plusieurs années. Alors que celle-ci s'est absentée, elles projettent de l'empoisonner. Changeant de rôles, imitant leur maîtresse, son langage, ses... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Claire et Solange sont au service de Madame depuis plusieurs années. Alors que celle-ci s'est absentée, elles projettent de l'empoisonner. Changeant de rôles, imitant leur maîtresse, son langage, ses attitudes, elles flirtent avec la folie et l'autodestruction. La pièce est suivie d'un dossier qui analyse les relations maîtres-valets au théâtre et la question du travestissement sur scène.

Caractéristiques

Titre Les bonnes
Auteur Jean Genet
Collection Classicolycée
Editeur Belin
Date de parution 10 août 2010
Nombre de pages 125 pages
Dimensions 18,00 cm x 13,00 cm
Poids 114 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-7011-5450-3 - 9782701154503

3,5/5

Osmanthe

Le 08/02/2016

Très bon moment de lecture de cette pièce qui a en partie inspiré Claude Chabrol pour son excellent film "La Cérémonie". Les deux soeurs Claire et Solange sont bonnes, au service de Madame depuis de nombreuses années. Tous les soirs en l'absence de leur Maîtresse elles s'adonnent à une sorte de jeu de rôle, où Claire joue la Maîtresse et Solange joue Claire. Elle se parent des robes de Madame et jouent des scènes de dialogues tendus, où la haine, la jalousie, sont présentes, envisageant de tuer leur Maîtresse. On apprend que l'amant de Madame, qu'on appellera Monsieur, a été emprisonné sur la base de lettres de dénonciation adressées à la police par Claire, et que Solange en pincerait bien pour Monsieur, au point qu'il y a peut-être eu liaison entre eux. Et puis elles ne supportent plus d'être si bien traitées par Madame, qui pour le coup est trop "bonne". Ce soir-là, elles ont prévu de faire boire un tilleul empoisonné à leur Maîtresse à son retour, mais Monsieur appelle (Claire décroche) pour annoncer sa libération provisoire...Dès lors, Madame préférera courir rejoindre Monsieur et sabler le champagne au lieu d'avaler son tilleul...Les deux bonnes restées seules reprennent leur jeu dans un tourbillon schizophrénique. Oeuvre troublante à plus d'un titre : beaucoup de choses sont suggérées et non vraiment dites (liaison réelle ou supposée entre Solange et Monsieur, relation peut-être homosexuelle entre les deux soeurs...), il y a un trouble sur l'identité des deux femmes qui jouent souvent quelqu'un d'autre jusqu'à une forme de dédoublement, à ne plus savoir qui elles sont vraiment et à qui elles s'adressent, trouble sur leurs intentions, malsaines et inquiétantes, et leurs motivations, obscures et absurdes. Cette ambiance de perversité confine à la folie et constitue sans doute aussi un hommage au théâtre, les bonnes jouant en quelque sorte une pièce dans la pièce.

Nastasia-B

Le 26/10/2013

Une drôle de pièce que ces Bonnes ; une histoire louche qui crée du malaise et qui résiste à toute explication logique. Il faut distinguer deux choses : d'une part, le fait divers réel, l'affaire des sœurs Papin dans les années 1930 et qui présente un intérêt qui lui est propre et auquel on n'est pas forcé d'adhérer pour aborder la pièce de théâtre ; d'autre part, le drame de Jean Genet qui en est largement inspiré et qui joue sur un autre registre que le fait divers. Cette pièce est troublante ; on y côtoie la mythomanie, la schizophrénie et surtout la paranoïa de deux sœurs, employées en tant que domestiques dans une maison bourgeoise. Les deux jeunes femmes ne cessent de jouer leur rôle et celui de leur maîtresse vis-à-vis de laquelle elles nourrissent une profonde haine et un désir de meurtre. On voit se dérouler devant nous leur hystérie de duo, leur folie, entrecoupée de passages lucides et ancrés dans le réel, au milieu de ce qui est fantasmé et joué. Je dois reconnaître que c'est assez déstabilisant, on ne sait jamais si elles se parlent réellement ou si elles rabâchent pour la millième fois un scénario échafaudé et des dialogues imaginaires avec leur maîtresse. Jean Genet s'arrange pour faire entrer en scène la maîtresse de maison en plein milieu de la pièce afin que nous puissions mesurer la métamorphose dans l'attitude des jeunes femmes envers leur patronne, attitude qui devient subitement, maladivement déférente et qui tranche si fortement avec la violence et le fiel déversés à son propos durant tout le début de la représentation. De même, on accède à un autre éclairage sur l'attitude plutôt bienveillante et généreuse de la maîtresse du logis et la façon dont ses comportements sont interprétés par les domestiques, comme étant méprisants, condescendants et méritant une juste haine. Bref, une pièce intéressante, très intéressante même d'une point de vue psychologique et psychiatrique, qui m'a fait me documenter sur l'affaire originelle, mais une pièce que je n'ai pas spécialement trouvée agréable au ressenti. Ceci dit, ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.