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Le cosmos et le lotus : confessions d'un astrophysicien

Confessions d'un astrophysicien
de Xuan Thuan Trinh , date de sortie le 27 mars 2013
Que nous dit la science sur la nature de l'univers ?
Par quel mystère le langage mathématique
se révèle-t-il aussi performant pour décrire
les phénomènes physiques ? S'il existe u... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Que nous dit la science sur la nature de l'univers ?
Par quel mystère le langage mathématique
se révèle-t-il aussi performant pour décrire
les phénomènes physiques ? S'il existe un ordre
du monde, ce que nous en disent la physique
quantique et la théorie de la relativité est-il
compatible avec ce qu'enseigne le bouddhisme ?
Et que peut-on en conclure concernant
notre propre vie ?

Le célèbre astrophysicien Trinh Xuan Thuan répond
à ces questions en s'appuyant sur son expérience.
Son itinéraire l'a placé à la confluence de trois
cultures : issu d'une famille de lettrés vietnamiens
imprégnée de traditions bouddhiste et confucéenne,
il a reçu une éducation française puis une formation
scientifique américaine. Cette richesse de points
de vue lui permet d'apporter des éléments
de réflexion qui nous font participer à la grande
aventure de l'astrophysique depuis un siècle.

Cet ouvrage a reçu le Prix Pauwels. Le Prix Mondial
Simone et Cino Del Duca a été décerné en 2012
à l'auteur pour l'ensemble de son oeuvre
de vulgarisation scientifique.

Caractéristiques

Titre Le cosmos et le lotus : confessions d'un astrophysicien - confessions d'un astrophysicien
Collection Le Livre de poche
Date de parution 27 mars 2013
Nombre de pages 260 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 145 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-253-17546-9 - 9782253175469

3,5/5

Walktapus

Le 12/06/2015

Je crois que je suis passé à côté de ce bouquin, un peu fourre-tout et qui comporte trop de « je » à mon goût. Le versant autobiographique m'a moyennement intéressé, n'ayant jamais entendu parler de l'auteur auparavant. Peut-être aurait-ce été intéressant avec plus de résonance avec les autres sujets abordés, mais pour cela il faudrait un réel talent d'écrivain. Sur le versant vulgarisation, je pense qu'on trouve bien mieux ailleurs sans même chercher. Sur le versant philosophique, l'auteur donne son avis avec rien de plus que sa conviction intime. Qui vaut ce qu'elle vaut : on a des exemples d'intuitions fausses et de réflexions hasardeuses chez les plus grands génies scientifiques. Bref, je préfère les analyses de gens moins "convaincus", pour moi les vrais sages, ceux qui n'occultent pas les problèmes avec des solutions. D'ailleurs le fameux principe anthropique me fait penser à ces gens d'il y a une centaine d'années qui proclamaient : "Nous dominons le Monde, DONC notre race a été élue par Dieu." A la fois une suprême arrogance et une manière peu judicieuse de poser le problème, même si elle semblait se baser sur une vérité incontestable. J'ai adoré aussi comment il dénonce les post modernistes qui récupèrent le théorème d'incomplétude de Gödel... pour le sortir lui aussi de son contexte à son profit quelques pages plus loin... La partie la plus intéressante et nouvelle pour moi reste les parallèles avec le bouddhisme, qui confirme mon impression qu'il a une adhérence à la réalité scientifique plus importante que d'autres traditions spirituelles. Mais c'est de l'analogie, et sur un sous-ensemble du bouddhisme débarrassé de pas mal de ses oripeaux. Bref, pour résumer, je trouve que le sujet cosmologique s'accorde mal avec les professions de foi.

Eric75

Le 20/03/2014

Cet essai est le livre idéal pour faire la connaissance de Trinh Xuan Thuan, en tant qu’individu, car il nous livre ici un beau et émouvant récit sur sa vie privée et sur sa carrière d’astrophysicien, et en tant qu’auteur, car Le cosmos et le lotus nous donne un bon aperçu de ses convictions et de son style d’écriture, simple et efficace mais véhiculant des idées d’une grande profondeur. Disons-le tout net, je partais avec un a priori plutôt mitigé connaissant les idées bien arrêtées de Trinh Xuan Thuan sur le principe anthropique, credo clairement revendiqué et développé dans la totalité de ses livres. Mettre en avant le principe anthropique, mettre en perspective la science selon quelques idées héritées du confucianisme ou du bouddhisme, tout cela me semblait bien cadrer avec le personnage, mais aussi s’écarter un tant soit peu de la rigueur attendue de toute démarche scientifique. Or, après cette lecture véritablement enthousiasmante, et je pèse mes mots, comment ne pas réviser quelque peu son jugement ? Cet essai est organisé en trois parties, sobrement intitulées : ce que je suis, ce que je cherche, ce que je crois. Dans la première partie, l’auteur dévoile sans fausse pudeur son parcours, qui commence à Hanoi en 1948. Bon élève, élevé dans une culture francophile, fervent amateur de romans policiers, dont il compare les enquêtes policières à la recherche de la vérité scientifique, un avenir radieux semble être tout tracé. Puis il subit les soubresauts de l’histoire : le discours de Phnom Penh du général de Gaulle entraîne la fermeture des frontières entre le Vietnam et la France. Conséquence directe : Trinh Xuan Thuan n’ira pas faire ses classes préparatoires à Louis-le-Grand, où il est admis, mais fera ses études supérieures et toute sa carrière aux Etats-Unis. Bien que parlant mal l’anglais, son dossier lui ouvre les portes des plus prestigieuses universités américaines : le MIT à Boston, le Caltech à Pasadena et l’université de Princeton. Il choisira le campus de Caltech pour son climat, rencontrera des professeurs aussi mythiques que Richard Feynman et Murray Gell-Mann, on peut faire pire, et ce n’est là que le début... Son parcours se lit avec intérêt et émerveillement, et on retiendra une grande modestie dans la façon de raconter une carrière à la fois fascinante et exemplaire. La seconde partie ouvre un chapitre épistémologique. Trinh Xuan Thuan s’interroge sur l’immuabilité des lois de la nature, s’extasie devant la beauté du monde et réfléchit sur le processus de création scientifique. Il relance le vieux débat sur le déterminisme et le libre arbitre, ce dernier réapparait grâce au flou quantique et à la théorie du chaos. La troisième partie s’annonce plus délicate. On quitte l’autobiographie et l’épistémologie pour un nouveau débat qui relève des croyances et des convictions philosophiques, voire l’interprétation religieuse (si on considère le bouddhisme comme une religion). Le lecteur, qui peut ne pas partager les mêmes convictions, est-il sommé d’adhérer aux thèses bouddhistes ou croire au principe anthropique (les deux n’étant d’ailleurs pas forcément compatibles) ? Trinh Xuan Thuan est bien plus malin que cela. D’une part, le discours scientifique se poursuit, à un très bon niveau : paradoxe EPR, pendule de Foucault, Big bang… D’autre part, loin de faire du prosélytisme, Trinh Xuan Thuan ne fait qu’analyser et rapprocher les enseignements ancestraux du bouddhisme et les concepts hérités de la science moderne. Il compare et trouve des convergences : l’interdépendance des phénomènes dans le bouddhisme et la non-séparabilité en physique quantique, la vacuité et le principe d’incertitude, l’impermanence et la virtualité des particules... Ces rapprochements restent un pur exercice intellectuel, et non une tentative d’annexer l’une des disciplines par l’autre. Au contraire, Trinh Xuan Thuan met en avant leur utilité respective et leur complémentarité. Et le résultat est surprenant ! Paradoxalement, la seule divergence constatée réside dans la nécessité du principe anthropique, que le bouddhisme réfute, et que la science, selon lui, impose, sinon suggère fortement. Il apparaît également, nous dit Trinh Xuan Thuan, que les questions éthique, morale et spirituelle sont exclues du champ de la science (qui d’ailleurs ne prétend pas les intégrer) mais restent nécessaires pour donner du sens à nos décisions et à nos comportements. Si la science permet de faire progresser la connaissance et la compréhension technique du monde, en l’absence d’un référentiel de valeurs éthiques ou morales, elle reste impuissante à définir la notion de progrès pour l’humanité. Contrairement et aux frères Bogdanov et à Stephen Hawking, Trinh Xuan Thuan ne postule pas l’existence ou l’inexistence d’un principe créateur au nom de la science. Il explore la réalité du monde par plusieurs moyens et compare les différents outils mis à sa disposition. Puis il donne son avis mais ne l’impose pas, laissant au lecteur le choix de ses convictions, et c’est bien ce qui fait toute la différence.