Livraison offerte dans + de 600 points de retrait E.Leclerc
camion
Livraison à domicile offerte* !

Prêt à feuilleter

La plénitude du vide

de Xuan Thuan Trinh , date de sortie le 31 août 2016
La plénitude du Vide

Que ce soit à l'échelle du cosmos, avec le fameux « vide intersidéral », ou à celle de l'atome, l'existence et même l'omniprésence du vide est pour l'esprit... Lire la suite

Livraison estimée le mardi 25 août 2020

 RETRAIT OFFERT
en magasin E.Leclerc

Livraison offerte à domicile*. Voir conditions.


La fiche détaillée

Résumé

La plénitude du Vide

Que ce soit à l'échelle du cosmos, avec le fameux « vide intersidéral », ou à celle de l'atome, l'existence et même l'omniprésence du vide est pour l'esprit moderne une évidence. On a du mal à s'imaginer que cette idée a pourtant mis des millénaires à s'imposer, philosophes et scientifiques, d'Aristote à Descartes, s'attachant à nier l'existence du vide. Et certes, si le vide n'est rien, comment pourrait-il exister ?

Avec le talent pédagogique qui a fait le succès de ses nombreux ouvrages (dont Le Cosmos et le Lotus, Albin Michel, 2011), le célèbre astrophysicien Trinh Xuan Thuan retrace pour nous la grande odyssée du Vide. Partant de l'histoire passionnante de l'invention du zéro venue d'Orient, il nous fait vivre la naissance de la science expérimentale avec Galilée et Pascal, et nous conduit, à travers les théories de la relativité et de la mécanique quantique, jusqu'à la physique contemporaine. Celle-ci a montré que le vide n'est pas un néant inerte, puisque des particules éphémères, tel le boson de Higgs, peuvent en émerger.

Cette « fécondité du vide », que l'on découvre aujourd'hui, rejoint en partie les intuitions des traditions taoïstes et bouddhistes, comme le montre l'auteur à la fin de son ouvrage.

Caractéristiques

Titre La plénitude du vide
Editeur Albin Michel
Date de parution 31 août 2016
Nombre de pages 340 pages
Dimensions 23,00 cm x 15,00 cm
Poids 495 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-226-32642-3 - 9782226326423

5/5

colimasson

Le 22/12/2019

Pour faire avancer la science, quand toutes les vraies questions avaient été résolues, il a fallu s’intéresser à ce qui coule de source. Pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi je vois mon reflet dans la flotte ? Pourquoi le temps passe si vite sans qu’on n’en fasse rien ? On trouva bien vite des réponses à ces questions mais d’autres s’en vinrent à constituer progressivement de véritables énigmes ; ainsi en fut-il de la question concernant la nature du vide (et celle de la désinvolture de l’humain face au mystère du temps et de l’accomplissement spirituel). Certains vieux grecs de l’Antiquité ont assez rapidement imaginé que l’univers était vide et que la matière était faite d’atomes (comme des pixels). Comme ça marchait pas mal, on aurait pu croire que c’était la fin de l’histoire. Eh bien non ! On ne s’ennuie jamais avec l’humanité. Dès qu’on a trouvé un truc bien qui marche à peu près, il faut qu’on pose de nouvelles questions et hop, tout s’effondre. Platon et Aristote, les deux emmerdeurs de service, ont été choqués par l’idée d’un vide uniquement vide face à la matière faite d’atomes. Aristote a même dit que la nature, si elle pouvait parler, dirait qu’elle a horreur du vide. Heureusement qu’il était là. Platon et Aristote ont donc imaginé que l’espace de l’univers n’était pas vide mais « baigné d’une substance informe, l’éther, qui s’ajoutait aux quatre autres éléments constituant l’univers, la terre, l’eau, l’air et le feu » (la matière noire actuellement est un peu l’éther de l’univers). D’autres mecs se sont mêlés au débat : c’est devenu le gros bordel à propos du Vide. Saint Augustin par exemple, qui n’est pas plus con qu’un autre, pensait que le Vide, c’était le Diable (privatio boni). Il faut attendre des siècles et des siècles jusqu’à Torricelli, Pascal et Newton pour que la science prenne ses distances d’avec la religion (jamais complètement quoiqu’on en dise). « En fait, les discussions théologiques sur Dieu, au lieu de porter sur son omniprésence comme auparavant, changèrent graduellement pour se porter plutôt sur sa transcendance. » Comme Dieu est au-delà de notre monde, on peut étudier et mesurer celui-ci avec des moyens finis sans que cela ne constitue une hérésie. Dieu laisse les enfants s’amuser avec la science, il voit que ça leur fait plaisir. On s’amuse bien chez les fous. Torricelli fait des expériences avec des tubes remplis de mercure ; Pascal fait des démonstrations publiques avec des demi-sphères d’un mètre de diamètre qu’il assemble et qu’il dépressurise avant de faire venir deux attelages de huit chevaux pour essayer de les séparer ; Newton se la coule douce dans la campagne chez sa daronne pendant que la peste sévit en Angleterre et il se prend une pomme sur la tronche alors qu’il se branle tranquillement sous un arbre - il élabore au passage les lois de la gravité. Sa théorie suggère un univers plutôt statique puisque, une fois que toutes les lois sont mises en place, une fois que Dieu a donné l’impulsion du mouvement, il peut laisser l’univers se démerder tout seul. Newton n’a toutefois pas réussi à comprendre ce qui permettait de transmettre la gravité. Ne serait-ce pas ce fameux éther ? Newton, qui concevait déjà la lumière sous forme d’une onde, a essayé de concilier son modèle corpusculaire de la lumière avec l’existence de l’éther. « La gravité accélèrerait ces particules jusqu’au moment où la force d’accélération serait exactement contrebalancée par la force de résistance exercée par l’éther, les particules de lumière se déplaceraient ensuite à une vitesse constante. » Mais son modèle était bidon parce qu’il aurait fallu une force gigantesque pour accélérer les particules jusqu’à la vitesse de la lumière. L’éther ça nous semble désormais une drôle d’idée, à nous gens éclairés du siècle nucléaire, et pourtant sa disparition des manuels d’école date seulement d’Einstein qui, en publiant en 1905 ses quatre articles fondamentaux sur la théorie de la relativité restreinte, détruit le dogme newtonien d’un temps et d’un espace universels et absolus. « Le temps et l’espace peuvent se dilater, se contracter, s’étirer, se rétrécir avec la vitesse. Ils forment un couple indissolublement soudé dont les variations en fonction du mouvement sont toujours complémentaires. La mort de l’éther et le fait que la vitesse de la lumière est devenue une constante universelle, indépendante du mouvement de l’observateur, ont désormais doté l’univers de quatre dimensions. Aux trois dimensions de l’espace s’ajoute invariablement la dimension du temps. » Bon, alors, ça veut dire que l’univers est de nouveau vide ? Vous faites chier. Maintenant même qu’on sait que le vide peuple abondamment l’atome, même la matière deviendrait du vent. D’ailleurs, que se passerait-il si on enlevait toute la matière de l’espace ? Est-ce qu’on obtiendrait un vrai vide de chez vide ? La physique classique dit : OUI ! Mais pas de bol, comme par hasard, c’est ce moment que choisit la physique quantique pour faire son apparition et ébranler la nouvelle petite certitude récemment acquise. La physique quantique dit qu’il existe plein de trucs qu’on sait pas et qu’on saura jamais si on veut que ça continue d’exister ; par contre, dès qu’on regarde pour voir ce que ça donne, pof, il ne reste plus qu’une seule chose. Bref, c’est l’inconnu, mais si vous regardez ça devient quelque chose de figé. Tout le monde sait ça, mais dans le domaine des sciences physiques, ce fut une sacrée découverte à se donner des frissons dans le dos. Ils sont cons ces physiciens. Prenons un exemple pour bien être sûr de rien comprendre. La lumière par exemple, est-elle corpusculaire ou ondulatoire ? Eh bien, elle peut être l’une et l’autre tant que personne n’a été la violer mais dès qu’on l’observe, on réduit sa nature à n’être qu’un point (si on veut connaître sa position) ou une onde (si on veut connaître son mouvement). Du coup, à la petite question de savoir si on obtiendrait un vrai vide si on enlevait toute la matière de l’espace, la physique quantique dit non : « la suppression de « tout » s’avère impossible dans le monde atomique et subatomique. Cette impossibilité est une conséquence de ce qu’on appelle le « flou quantique », lié au principe dit « d’incertitude » qui régit le monde de l’infiniment petit ». L’univers de la physique quantique est rempli de particules virtuelles. Elles « apparaissent et disparaissent à un rythme effréné, selon des cycles de vie et de mort durant une infinitésimale fraction de seconde ». C’est la mousse quantique, miam, miam : « L’espace autour de nous n’est jamais totalement inerte ni lisse, mais perpétuellement mouvant et fluctuant. Seulement nous n’en sommes pas conscients, car cette activité fébrile se déroule à des échelles incommensurablement petites, inaccessibles à notre perception directe. » Ces particules virtuelles servent à transmettre des messages entre deux particules stables du monde réel. C’est un peu comme votre boulot que vous lâchez dès que vous avez suffisamment cotisé pour toucher le chômage : il n’était que virtuel. « Par exemple, c’est grâce à des échanges de photons virtuels, porteurs de la force électromagnétique, que deux électrons ressentent la force électromagnétique qui les repousse l’un l’autre ». L’existence de ces violentes fluctuations quantiques met à mal la théorie de la relativité générale parce qu’à des échelles suffisamment petites, « le champ gravitationnel devient sujet à de violentes fluctuations quantiques » qui « provoquent à leur tour des variations aléatoires tumultueuses de la forme de l’espace, et sont à l’origine de fluctuations sans cesse changeantes de sa géométrie ». Nous à notre échelle, on ne remarque rien, heureusement parce qu’on a déjà du mal à gérer les tâches de la vie quotidienne alors s’il fallait encore s’emmerder avec une géométrie sans cesse fluctuante, on serait mal barrés. Pour comprendre comment que ça se fait que ça se passe comme ça, les gars des labos ont essayé de concilier gravité et quantique mais ils ont obtenu des résultats infinis et en langage de matheux, ça veut dire que c’est bien la merde. Pourtant, chaque théorie marche super bien lorsqu’on les vérifie chacune de leur côté. Je ne vais pas vous énumérer toutes les théories hypothétiques imaginées pour avancer dans la conciliation de l’impossible – nous sommes ici strictement sur le plan de la branlette mentale. Bref, maintenant qu’on sait que l’univers n’est pas vide, il faut inventer de nouvelles questions à se poser, par exemple celle-ci : comment est apparu l’univers ? Le vide primordial était-il lui aussi pas tout à fait vide ? TXT nous dit que l’univers part d’un vide microscopique rempli d’énergies (les trucs quantiques) qui bouillonnent si bien que l’espace se dissout en une multitude de fluctuations (pouvait-on imaginer tout cela avant l’arrivée des DVD blu-ray de Jurassic Park ?). En un rien de temps, l’inflation amplifie de façon exponentielle ces fluctuations pour faire émerger les galaxies dans le monde macroscopique (on ne sait pas trop d’où sort l’inflation à ce moment donné mais c’est ainsi). A 10^-10 seconde, l’univers entre dans l’ère électrofaible. Les particules et leurs antiparticules élémentaires apparaissent. Elles s’annihilent pour devenir de la lumière qui se reconvertit en paires de particules et d’antiparticules, tout ça plusieurs fois de suite, on sait pas trop combien. Par contre, on sait que la nature se montre légèrement plus favorable à la matière qu’à la lumière et c’est pour ça qu’on est là aujourd’hui pour en parler. L’univers s’agrandit, il se dilue, il se refroidit. Les structures sont de plus en plus complexes. A une milliseconde, les quarks se combinent par trois pour former des protons et des neutrons. Au bout de trois minutes, les protons et les neutrons forment des noyaux d’hydrogène et d’hélium. Ensuite, il ne se passe plus rien pendant 380 000 ans. C’est un peu comme le récit de la Création dans la Genèse seulement qu’au lieu de se payer un jour de repos le dimanche, l’univers se fout au pieu pendant des centaines de milliers d’années. Bref, à l’an 380 000, les électrons se combinent avec les noyaux pour former des atomes d’hydrogène et d’hélium. Les électrons n’entravent plus le passage de la lumière. C’est à partir de cette date qu’on peut voir le rayonnement fossile. Après quelques centaines de millions d’années (niveau branlette, c’est de pire en pire), les semences de galaxies attirent par leur gravité d’autres semences et grandissent en nuages de gaz d’hydrogène et d’hélium assez massifs pour qu’ils s’effondrent sous l’effet de leur propre gravité. Le gaz comprimé s’échauffe, les réactions nucléaires s’enclenchent. Les premières étoiles apparaissent. Elles s’assemblent en galaxie. Et depuis là, tout part en couilles. Mais ça reste une belle histoire. Il y a eu des ratés, bien sûr, et des gens de notre planète se sont mêmes demandés : « se peut-il que l’énergie du vide soit déterminée par le simple fait que nous existions ? ». Ces questions, bien qu’elles soient puériles et qu’elles témoignent d’un besoin d’affection presque pathologique, restent toutefois légitimes car les paramètres permettant l’éclosion d’un univers tel que le nôtre demandent un ajustement qui relève du miracle. « Ainsi la densité initiale de matière de l’univers doit être réglée avec une précision de 10^-60. Changez un chiffre à la soixantième décimale, et tout basculerait : l’univers serait vide et stérile. » Après ça, TXT, visiblement gavé du charabia scientifique, se tourne vers le bouddhisme et le taoïsme et, en quelques mots (qu’il aurait mieux fait de nous annoncer tout de suite pour qu’on se fasse moins chier) il nous annonce que tout ce que la science vient seulement de découvrir était déjà contenu dans les textes traditionnels : le vide n’est pas un néant mais traduit plutôt l’interdépendance de tout phénomène (principe de complémentarité) et leur impermanence (comme des particules virtuelles). « Le Tao engendre l’Un », et les physiciens sont d’accord pour dire qu’au début de l’univers, les quatre forces fondamentales étaient unies en une seule et unique superforce. « Comprenant l’interdépendance, on comprend la vacuité, Comprenant la vacuité, on comprend l’interdépendance, Telle est la Voie du Milieu, Qui échappe aux terrifiants abysses du nihilisme et du réalisme. » La voie médiane rappelle un peu le principe de complémentarité de Niels Bohr : les aspects d’onde et de particule ne sont pas dissociés mais complémentaires. « Ce n’est donc pas la réalité qui est duelle, mais les résultats d’interactions expérimentales. » Maintenant, je sais que le vide ne sera jamais vraiment vide auprès de moi. La solitude n’existe pas ! Mon néant prend soin de moi. Longue vie à vous les amis.

lecteur84

Le 28/08/2018

Un livre autant scientifique que philosophique ou spirituel...d'abord l'auteur nous retrace l'épopée de la connaissance du vide, toutes les approches successives, les expériences scientifiques prouvant que le vide n'était pas si vide que cela, jusqu'à la dernière, le fameux boson de Higgs... Le mystère du Bang, ce gonflement soudain de l'espace temps qui a crée notre univers, reste entier, issu du vide, il garde son secret...Ce qui permet à l'auteur de poursuivre avec des reflexions differentes, les hypothèses sur un multivers etc... tout va vite et nous plonge dans une reflexion qui dépasse la science...l'auteur ne s'y trompe pas puisqu'il termine son ouvrage sur l'approche spirituelle, je lui préfère ce terme à celui de religieuse, avec la pensée Taoiste...ce vide plein du souffle primordial duquel tout vient et où tout retourne...formidable pensée qui 25 siècles avant Einstein avait compris la relation entre le temps et l'espace... Reste l'interrogation principal, si le vide ne l'est pas, y a t il encore une place pour le néant et surtout si tout est dans tout, avec un sens ou une finalité cachée, quid de nous, de notre conscience... Face à cette pleinitude, soudainement notre âme semble s'ouvrir vers d'autres dimensions. Finalement ce vide semble rempli de promesses...

XavierM

Le 09/09/2016

Formidable aventure scientifique qui surf sur les vagues du vide et du néant pour nous faire découvrir et comprendre les espaces infinis. Espaces finalement si peu vides quand on se place à l’échelle quantique ou à l’échelle de l’univers. Pourquoi le zéro – une des plus simples représentations mathématiques du néant – a-t-il eu tant de mal à s’imposer en Occident ? « La nature a horreur du vide» avait posé Aristote : combien de siècles avant de comprendre que le vide et la nature n’étaient pas incompatibles bien au contraire. Il aura fallu attendre 1647 et Blaise Pascal qui utilisera du vin et de l’eau pour montrer que non, la nature n’a pas horreur du vie …une simple tendance naturelle à équilibrer les forces de pression ! On invoque alors un nouveau concept pour remplir le vide – l’ether- « … jusqu’à ce qu’un obscur employé, « expert technique de troisième classe » du Bureau fédéral des brevets à Berne, en Suisse, du nom d’Albert Einstein (1879-1955), sorte de l’anonymat pour sonner le glas de l’éther ». Trinh Xuan Thuan nous entraîne au fil des siècles et des découvertes dans l’histoire scientifique moderne : la physique quantique, la relativité universelle, l’unification des forces, le big bang, l’expansion de l’univers… Le vide laisse à voir en creux l’énergie incroyable que nos scientifiques ont su mettre à travers les âges pour le comprendre et le modéliser. L’aventure est passionnante, trépidante et menée tambour battant. Pour revenir au rythme du quotidien, Trinh Xuan Thuan termine ce livre par une réflexion plus personnelle et religieuse mettant en parallèle les derniers modèles de description du vide et de l’univers et les visions du monde des religions orientales. Toute cette science du vide nous permettra-t-elle de donner du sens à notre quotidien ? Moins convaincu à titre personnelle par cette dernière partie, ce livre est un moment de plaisir intellectuel à ne surtout pas bouder.