camion
Livraison garantie avant Noël sur tous les produits en stock
nouveau
Livraison à domicile offerte* !
Prix littéraires

Prix Goncourt 2019 : Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon, de Jean-Paul Dubois

Déjà distingué par le Prix Fémina en 2004 pour Une vie française, Jean-Paul Dubois remporte donc la récompense la plus convoitée de cette rentrée avec son 22e roman, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon. Battant finalement Amélie Nothomb par 6 voix contre 4 en « finale ».

 

Dubois : un Irving ou un Boyd français ?

Une récompense que plusieurs observateurs avaient vu venir, tant le roman condense ce qui fait la force et le charme des récits de l’ancien journaliste toulousain (à Sud-Ouest ou au Nouvel Observateur) : un subtil mélange d’humour et de mélancolie, des personnages de losers magnifiques et attachants, et un sens de la construction impeccable.
C’est bien simple : « si les romans de Jean-Paul Dubois étaient traduits de l'anglais, il aurait en France un statut comparable à ceux de John Irving ou de William Boyd », estime le président de l’Académie Goncourt, Bernard Pivot.

Les confessions d’un détenu modèle

Dans Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, l’action se déroule dans un immense centre pénitencier de Montréal, au Québec. Paul Hansen y est détenu et déroule le récit de sa vie sous forme d’une confession à la fois poignante et drôlatique. On voyage en sa compagnie des six mètres carrés qu’il partage avec un Hells Angels jusqu’à Toulouse, en passant par la Scandinavie ou les étendues neigeuses du grand nord canadien.
Paul est un type taiseux mais bienveillant, et toujours prêt à filer un coup de main : comment diable a-t-il atterri en prison ? On ne l’apprend que dans les dernières pages d’un récit aussi prenant qu’un thriller !

L’avis du libraire

« Jean-Paul Dubois, avec sa plume douce-amère et sa sensibilité, n’a pas son pareil pour raconter des histoires d’hommes, pour décrire avec une justesse folle les joies et les drames qui émaillent leurs vies. On ne lâche pas ce roman avant de tout savoir du parcours de Paul Hansen. Une grande réussite ! »
Anthony, libraire sur culture.leclerc

 

Prix Renaudot 2019 : La panthère des neiges de Sylvain Tesson

Dans un monde dont on croit connaître les moindres recoins, les récits d’explorateurs ont encore la cote… Du moins lorsqu’ils sont écrits par Sylvain Tesson, l’un des « chouchous » des libraires et des lecteurs.
Après le Goncourt de la nouvelle il y a dix ans (pour Une vie à coucher dehors), puis le prix Médicis essai en 2011 avec Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson garnit donc son armoire à trophée dans la catégorie « roman » avec le prix Renaudot attribué à La panthère des neiges.
 
À VOIR AUSSI > La première sélection du prix Renaudot

 

Sylvain Tesson, « l’agité du Baïkal »

Dans une cabane sur les bords du lac Baïkal (Dans les forêts de Sibérie), sur un side-car pour rallier Paris à Moscou (Bérézina), mais aussi à pied à travers Les chemins noirs de la France rurale : tous les livres de Sylvain Tesson nous emmènent voir le monde autrement, loin des sentiers battus.
En bon écrivain voyageur, le fils des journalistes Philippe Tesson et Marie-Claude Tesson-Millet se sert de sa plume pour nous montrer la beauté du monde. Une beauté que nous sommes en train de détruire…
 

À la recherche d’une panthère mythique

Ce monde en danger, il n'a jamais été aussi palpable que dans La panthère des neiges. Embarqué par le photographe Vincent Munier, Sylvain Tesson part donc à 5000 mètres d’altitude, en quête de cet animal qu’on pensait disparu.
A l’affût, patiemment, les deux hommes vont tenter d’apercevoir la panthère. Plus qu’un récit d’aventure, le livre est une invitation à la déconnexion, une réflexion sur les enjeux écologiques, et une exhortation à préserver le vivant. Sans donner de leçon, simplement en faisant l’éloge de la beauté du monde.
 

Prix Femina 2019 : Par les routes, de Sylvain Prudhomme

Coup double pour Sylvain Prudhomme avec ce 8e roman. Déjà remarqué par le jury de notre Prix Landerneau des lecteurs, Par les routes remporte donc ce Prix Femina, coiffant au poteau d’autres éminents représentants de cette nouvelle génération de romanciers comme Monica Sabolo, Karine Tuil ou Natacha Appanah.
 
A VOIR AUSSI > La première sélection du prix Femina

Sylvain Prudhomme…

Natif de la Provence (où il vit toujours, à Arles), Sylvain Prudhomme est loin d’être un sédentaire. Il a passé son enfance en Afrique (Cameroun, Niger, Burundi…), continent où se déroule le roman qui l’a révélé, Les Grands (révélation française de l’année 2014 du magazine Lire). Avec Légende (finaliste en 2016 du Grand Prix de l’Académie Française) et Par les routes, il se recentre sur son sud-est… sans abandonner l’idée de voyage.


Une ode à la liberté

L’intrigue se noue lorsque Sacha, écrivain parisien semble-t-il touché par la crise de la quarantaine, part s’installer dans un petit village provençal. Il y renoue avec un ami de jeunesse, jamais dénommé autrement que « l’auto-stoppeur ». Ensemble, il y a 20 ans, ils ont sillonné les routes le pouce tendu en l’air.
Ça a passé à Sacha. Pas à l’auto-stoppeur, qui quitte régulièrement femme et enfant pour partir à l’aventure. Au gré des escapades de son ami, Sacha va se rapprocher de la compagne et du fils de ce dernier. Mais Par les routes n’est pas (seulement) une histoire de triangle amoureux-amical. C’est avant tout, sans emphase et avec toujours les mots justes, une ode à la liberté, aux choix que nous faisons et aux vies qui en découlent.

L’avis du confrère

« Par petites touches impressionnistes, Sylvain Prudhomme nous invite à un voyage en France et à un questionnement sur le sens de nos existences. Son livre est émouvant et juste. »
Philippe Besson, Président du jury du Prix Landerneau des lecteurs.

Femina étranger : deux plumes distinguées

Ordesa ? C’est le nom d’une magnifique vallée des Pyrénées espagnoles dans laquelle l’auteur-narrateur, Manuel Vilas a passé ses vacances en famille à la fin des années 60. Et c’est le pivot d’un roman dans lequel il ravive le souvenir de ses parents disparus.
Sacré meilleur livre de l’année par les deux quotidiens espagnoles de référence (El Pais et El Mundo), Ordesa remporte le Prix Femina étranger cette année. Mais Manuel Vilas n’est pas la seule plume étrangère distinguée par les jurées du Femina. Un prix spécial pour l’ensemble de son œuvre a aussi été remis à l’Irlandais Edna O’Brien, qui vient de publier Girl, ahurissant roman inspiré du martyre des lycéennes enlevées par le groupe islamiste nigérian Boko Haram.
 

Prix Médicis 2019 : La tentation, de Luc Lang

Finaliste (malheureux, donc) du prix Femina, Luc Lang s’est rapidement consolé avec le Prix Médicis. Une récompense logique pour un auteur très apprécié des critiques, et pressenti une fois encore pour plusieurs prix littéraires.

Luc Lang, le styliste

Pourquoi la presse accorde-t-elle tant de crédit à chaque livre de Luc Lang ? Pas seulement parce que, depuis plus de 20 ans et son Prix Goncourt des lycéens 1998 (pour Mille six cent ventres) il anime régulièrement les rentrées littéraires.
C’est surtout pour son écriture et son style : âpre mais délicat, puissant, intense mais subtil. Luc Lang excelle dans la mise en scène de passages marquants, la description de personnages qui s’animent sous les yeux du lecteur.

Une guerilla familiale

On retrouve tout cela dans La Tentation, son 18e livre, dont la scène d’ouverture est un morceau de bravoure. François, 50 ans, chirurgien, chasse. Il a dans sa ligne de mire un splendide cerf, hésite, est distrait, tire quand même… Et va décider de soigner la bête blessée.
Un roman sur la chasse ? Pas vraiment. Un roman sur le chasseur plutôt, et sa progéniture : un fils banquier sans scrupule, une fille amoureuse d’un escroc, une famille qui part en miette dans un monde qui part en vrille. François est loin d’être sans défaut. Mais il mérite mieux que ça…
 

Médicis étranger : destination l’Islande !

Outre les romanciers français, le Médicis distingue aussi (depuis 1970) le meilleur roman étranger de l’année. Il revient en 2019 à l’Islandaise Audur Ava Olafsdóttir, déjà remarquée il y a quelques années avec Rosa Candida.
Dans Miss Islande, son 6e roman, elle tire le portrait d’Hekla, de son amie d’enfance Ísey, et de son cher Jón John dans l’Islande des années 60. Hekla quitte la ferme familiale, direction Reykjavík et un destin d’écrivain. Sauf que dans la capitale, on la verrait plutôt Miss Islande… Un roman tout en finesse sur l’inconstance et le féminisme, par un auteur phare en son île.
 

Prix Goncourt des lycéens et prix Interallié 2019 : Les choses humaines, de Karine Tuil

Décidément, nos lecteurs-jurés font de bonnes têtes chercheuses ! En 2016, le tout premier Prix Landerneau des lecteurs récompensait L’Insouciance, précédent roman de Karine Tuil. Trois ans plus tard, la voici lauréate à la fois du Prix Interallié pour Les choses humaines, (préférée notamment à Olivier Adam ou Georges-Marc Bennamou), et du Goncourt des lycéens (contre Amélie Nothomb, Sébastien Spitzer ou Louis-Philippe Dalembert). Joli coup double !
 
À VOIR AUSSI >La première sélection du prix Interallié

Karine Tuil : les principes et la réalité

Dans ce roman, comme dans beaucoup des précédents, Karine Tuil joue sur des décalages qui visiblement la fascinent. Décalage entre les apparences, l’image publique de ses personnages, et une réalité (forcément moins ragoûtante). Décalage entre les principes qu’ils entendent respecter, et la façon dont la vie les fracasse sans pitié. Karine Tuil n’a pas besoin d’aller chercher l’inspiration à l’autre bout du monde, dans des futurs fantasmés ou des passés recomposés : ici et maintenant lui suffisent amplement pour bâtir ses récits.

Les choses humaines : #MeToo et nous autres

Les choses humaines s’articule autour d’un couple : Jean Farel, 70 ans, journaliste politique populaire et influent et son épouse Claire, 27 ans plus jeune, essayiste et féministe respectée. Dans leur petit cénacle médiatique, ils connaissent tout le monde, reçoivent tout le monde, sont enviés de tout le monde.
Jusqu’au jour où leur vie bascule : Alexandre, leur fils unique, est accusé de viol. Les lézardes, soigneusement planquées, se font jour. Les personnalités, guère reluisantes, se révèlent. Et le lecteur, embarqué dans la deuxième partie du roman dans une reconstitution du procès, tombe des nues à chaque page…

L’avis de la libraire

« Un texte époustouflant dans lequel le lecteur se retrouve juré d'une affaire où deux vérités sur un même événement s'affrontent : celle de l'homme qui ne comprend pas ce qu'il a fait de mal et celle de la victime qui n'a pas osé dire non mais pour qui le viol est bien réel. »
Laura, libraire à l’Espace Culturel d'Equeurdreville.

 


Publié le 15/11/2019