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Prenez soin d'elle

de Ella Balaert , date de sortie le 18 janvier 2018
Prenez soin d'elle

« ... tu disais "si ça se trouve la vie, c'est comme dans les cartoons, on pédale dans le vide mais on ne le sait pas, on avance on ne se rend pas compte que le sol a dispa... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Prenez soin d'elle

« ... tu disais "si ça se trouve la vie, c'est comme dans les cartoons, on pédale dans le vide mais on ne le sait pas, on avance on ne se rend pas compte que le sol a disparu puis tout à coup on s'en aperçoit alors on tombe, tout droit", tu disais ça en riant et en t'accrochant aux chaises, vaguement saoule et je ne me méfiais pas, moi Rachel ton amie d'enfance je n'ai rien vu venir et toi, est-ce que tu t'en es rendu compte, quand le sol s'est dérobé et que tu es tombée, tu étais tellement une fille sans histoires, [...] des problèmes on en a tous mais toi tu n'en faisais pas tout un plat, les choses paraissaient faciles avec toi, c'était quand, il y a un an à peine, on avait trop bu tu te souviens c'était drôle...

Rachel se tait. On n'a pas idée de rire à un moment pareil, qu'est-ce qui lui prend, quelle honte. Elle redresse la tête et regarde autour d'elle nerveusement. Personne. Juste la chatte, assise, toute droite, à l'entrée du salon. »

E.B.

Caractéristiques

Titre Prenez soin d'elle
Auteur Ella Balaert
Date de parution 18 janvier 2018
Nombre de pages 176 pages
Dimensions 20,00 cm x 13,00 cm
Poids 215 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-7210-0680-6 - 9782721006806

4,3/5

taipo

Le 16/09/2018

e jour là, je flânais au salon Les escales de Binic et je suis tombée sur ce roman. Son auteur Ella Balaert, timidement m'a parlé de cette histoire,et je me suis laissée séduire. Prenez soin d’elle. Elle, c’est une chatte ; Madame Kosta. « Madame Kosta dresse l’oreille et entrouvre les yeux. Un bruit léger de chute s’est glissé sous la porte de la chambre. Trois fois rien… » Ainsi démarre ce roman. Jo vient de tenter de mettre fin à ses jours en avalant des comprimés en grande quantité. C’est la concierge, Monique Loiselier, alarmée par les miaulements de la chatte qui a donné l’alerte. Jo n’a laissé qu’un mot : Prenez soin d’elle. Les voilà réunis dans l’appartement de Jo qui est dans le coma à l’hôpital. Alban son frère, Georges son père, Franck son amant et Rachel sa meilleure amie puis Monique la gardienne, le voisin parfois. Qui va s’occuper de Madame Kosta ? Chacun a une bonne raison pour ne pas pouvoir le faire. Ensemble ils décident d’alterner les visites sauf que cela ne fonctionne que très moyennement. La chatte grossit, détruit, redevient sauvage, saccage l’appartement. Le roman s’échelonne sur trois semaines pendant lesquelles Jo est toujours dans le coma. Durant ce laps de temps, Ella Balaert nous décrit les personnages de l’histoire, chacun d’entre eux « trimballe » son lot de problèmes. Au fil des semaines on avance dans chaque vie, l’auteur incise les liens qui unissaient l’entourage de Jo. Au début, on s’interroge ; pourquoi ? Puis : je n’ai rien vu, on n’a rien vu. Puis « Je crois que ça fait un moment qu’elle n’allait pas bien. La déprime quoi. Elle n’en parlait pas… » Tout cela pour comprendre que chacun d’entre savait qu’elle n’allait pas bien. Ce roman est intéressant, bien écrit, ciselé. Chaque phrase est choisie, remaniée, réécrite. C’est un huis clos entre quatre ou cinq personnages, leur réaction face au geste de désespoir de Jo, leurs excuses toutes humaines qu’elles soient renvoient à l’incapacité d’appréhender le drame à le gérer. Le chat est le symbole, Mme Kosta cristallise l’incompréhension, la fuite, le peur de chacun d’entre eux face à une mort éventuelle, un désir de ne plus vivre en tout cas. Le sentiment de ne pas avoir voulu voir ronge chacun des personnages, ce sentiment est mis en lumière avec talent par l’auteur avec leur passé. En le lisant, je me suis surprise à plusieurs reprises à imaginer une pièce de théâtre où les acteurs apparaîtraient les uns après les autres pour parler de Jo et des liens qui les unissaient. Le texte se prête à cet exercice. Prenez soin d’elle est très beau roman qui engage le lecteur dans une réflexion sur les rapports humains mais aussi et surtout sur la famille et sur la mort.

yv1

Le 12/05/2018

Construit en trois parties, une par semaine qui suit la tentative de suicide, ce court roman m'a paru un peu long sur la toute dernière semaine, heureusement la plus restreinte. Néanmoins, je vais avoir du mal à cacher le bonheur que j'ai eu à lire de nouveau Ella Balaert (après Canaille blues -l'un des tous premiers articles du blog- et Placement libre). J'ai adoré les deux premiers chapitres, subtilement construits et écrits ; ils m'ont surpris moi qui ne savais rien du thème de ce livre. La suite est tout aussi excellente. Le ton est direct, Ella Balaert va au plus rapide dans des phrases épurées, élégantes, travaillées, parfois l'ordre des mots est chamboulé, oh, pas grand chose, juste de quoi mettre l'accent de la phrase sur un autre mot que celui attendu. J'aime beaucoup. L'écriture est fine et sensible, délicate et franche, elle touche profondément et va au plus près des émotions. Elle parle du quotidien lorsqu'on est confronté à la mort envisagée d'un proche, la difficulté de l'appréhender dans les mots même : "Le père qui se vante de toujours regarder la réalité en face, sans illusion, sans attendrissement inutile, le pharmacien qui est capable de réciter sans sourciller un manuel de médecine devant le lit de sa fille, ne prononce jamais le mot mort. La mère d'Alban, un jour, est partie. Ses grands-parents les ont quittés. Ce sont des mots qu'on peut encore prononcer. Il y en a d'autres qui ne franchiront jamais ses lèvres comme si le silence pouvait faire barrage à la mort." (p.95) Et la page suivante, cette courte phrase, comme un adage : "Sans tuer parfois les mots empêchent de vivre." (p.96/97) Les carcans de l'éducation sont aussi abordés, comment s'en défaire lorsque ce sont des principes dont les parents ont été abreuvés et qui les ont eux-même assénés à leurs enfants ? Georges, le père est engoncé dans ses vieux schémas : "Le père ne raconte pas qu'il n'a pas pris la main de Jo dans la sienne, et l'infirmière qui insistait, allez-y, monsieur, prenez-lui la main, caressez-la, quelle obscénité, prendre dans la sienne la main de sa fille quand il ne l'a jamais tenue, ou bien rarement et c'était il y a si longtemps, quand la femme était encore une enfant, jadis, hier, tout est allé si vite, les corps les vies les histoires se sont séparés et on ne refera pas le chemin, toutes les routes sont à sens unique." (p.90) Puis arrivent les questionnements de chacun des proches de Jo, sur leur relation avec la gisante. Et l'on apprendra beaucoup sur leurs vies et sur celle de Jo. Les non-dits, les petites trahisons, les reproches individuels et parfois accusateurs de ceux qui n'ont pas vu que Jo allait mal. Chacun de jeter la pierre à l'autre avant de s'interroger lui-même ou de rester dans ses assurances de bien agir. Un roman, pas gai certes, mais comme je les aime, qui va au plus profond de nos questionnements les plus intimes, sans prendre de détour, sans circonvolutions inutiles et oiseuses. Ella Balaert nous pousse à la réflexion et à l'introspection. De temps en temps, ça ne peut pas faire de mal. En l’occurrence, ça fait avec Prenez soin d'elle, beaucoup de bien.

Audrey56

Le 24/01/2018

Jo est dans le coma, tentative de suicide, elle n'a laissé qu'un mot, "Prenez soin d'elle". Elle ? Son chat. Tous, ils espèrent que Jo va se réveiller. Tous ils se remettent en question. La faute à qui ? À soi, aux autres ? Si c'était possible pas de doute qu'ils finiraient par accuser le chat. En attendant, la seule chose que Jo a demandée c'est qu'on s'en occupe ...