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Pourquoi tu danses quand tu marches ?

de Abdourahman A. Waberi , date de sortie le 21 août 2019
Sur le chemin de l'école, une petite fille interroge son père : « Pourquoi tu danses quand tu marches ? ». La question est innocente et grave. Pourquoi boite-t-il ? Le père ne peut pas se dérober. Il... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Sur le chemin de l'école, une petite fille interroge son père : « Pourquoi tu danses quand tu marches ? ». La question est innocente et grave. Pourquoi boite-t-il ? Le père ne peut pas se dérober. Il faut réveiller les souvenirs, retourner à Djibouti, au quartier du Château d'eau. Dans ce pays de lumière et de poussière, cette jambe qui ne voulait plus tenir l'a rendu différent, unique.

Il se souvient du désert mouvant, de la mer Rouge, de la plage de la Siesta, des maisons en tôles d'aluminium, de sa solitude immense et des figures qui l'ont marqué à jamais : Papa-la-Tige qui vendait des bibelots aux touristes, sa mère Zahra, dure, silencieuse, sa grand-mère surnommée Cochise en hommage au chef indien, la bonne Ladane, dont il était amoureux, madame Annick, son institutrice venue de France. Il raconte ce moment qui a tout bouleversé et qui a fait de lui un homme qui sait le prix de la poésie, du silence, de la liberté, un homme qui danse toujours.

Caractéristiques

Titre Pourquoi tu danses quand tu marches ?
Editeur Lattès
Date de parution 21 août 2019
Nombre de pages 249 pages
Dimensions 21,00 cm x 13,00 cm
Poids 295 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-7096-6556-8 - 9782709665568

4,7/5

montmartin

Le 27/01/2020

Pourquoi tu danses quand tu marches#8201;? Pour répondre à cette question que lui pose sa fille Béa, le narrateur va lui raconter le pays de son enfance et remonter le cours du temps pour remettre un peu d’ordre dans le fatras de son enfance. Nous sommes en Djibouti en 1970 la partie haute de la ville est habitée par les Français de France, la partie basse par les autochtones. Aden vit dans le quartier du Château-d’eau. Tout le monde le surnomme le Grigalet ou l’Avorton. À l’âge de sept ans, la poliomyélite a affaibli sa jambe droite, elle se dérobe en permanence, sa démarche est chaloupée et il rêve de marcher droit comme tout le monde. À l’école il doit faire face aux quolibets, aux insultes et aux coups de pied rageurs de Johnny le Salaud et sa bande. Une fois de plus, dans ce roman, j’ai retrouvé toute la magie de l’écriture imagée des auteurs africains. Abdourahman A. Waberi nous fait revivre son quartier et les gens colorés qui y vivent. Il y a sa famille et en premier lieu Cochise la grand-mère comme le célèbre Indien c’est elle le chef suprême de la famille. Zahra, sa mère plus proche du Pygmée que du Viking. Papa la Tige, avec son odeur de sueur, de benzine et de tabac froid, son père qui vend des bibelots aux Français et aux rares touristes étrangers. Et aussi son colocataire en bien meilleure santé que lui, son petit frère Ossobleh. Et puis il y a les voisins Moussa deux œils surnommé ainsi, car il ne maîtrise pas les pluriels compliqués, les chevals, les animals et les oeils et Askar le fou, sale comme un cochon avec son odeur de bous de vache et de caca de nomade mêlés. Mais surtout il n’a d’yeux que pour son institutrice, Madame Annick, une Française de France, blonde aux yeux couleur émeraude comme l’eau d’une piscine propre. Elle sait lire et écrire le français. Et les épidémies, la dysenterie, le choléra et les cyclones. Une écriture toute simple avec les mots d’un enfant qui nous raconte sa souffrance, sa différence, la pauvreté, la colonisation, sa découverte du français et son envie d’apprendre à lire et ses rêves. «#8201;Depuis que j’avais contracté le virus de la polio, je n’ai jamais pu recourir à nouveau. Pourtant j’avais des rêves plein la caboche. Je me voyais bien cowboy à l’âge de sept ans, footballeur à douze, marin à dix-huit. Dessinateur de bandes dessinées à vingt-deux.#8201;» C’est frais, c’est tendre, c’est émouvant. «#8201;Oui j’aime danser. Alors je danse. Je danse même en marchant. Sans préméditation. C’est une seconde nature. C’est ma signature.#8201;»

Eve-Yeshe

Le 10/10/2019

Un jour, alors qu’il accompagne sa fille à l’école, celle-ci lui pose une question : « Papa, pourquoi tu danses quand tu marches ?», sous-entendu, pourquoi je ne t’ai jamais vu faire du vélo ou de la trottinette. Un peu décontenancé par la question, il se met à réfléchir et les souvenirs du passé remontent. Il va les partager avec elle. « Après le silence, tu m’as souri comme pour mettre un terme à mon angoisse naissante. Soudain, tu as lâché assez brutalement : — Papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? — Euh… » Aden n’a pas eu une enfance heureuse, c’est le moins qu’on puisse dire. Bébé, il pleurait beaucoup, sa mère ne lui témoignait aucune tendresse et quand elle en avait assez des pleurs, elle le donnait à une autre personne de la maison, comme un vulgaire paquet (de linge sale !). Son père rentrait tard du travail, guère disponible non plus, alors c’était la grand-mère Zahra qui s’occupait un peu plus de lui. C’était un gamin triste, maigrichon, qui très tôt a eu la mort à ses côté: on pensait qu’il était trop fragile pour vivre. En gros, cet enfant devait avoir le mauvais œil… Quand il est entré à l’école, il est bien-sûr devenu le souffre-douleur de Johnny, le petit caïd qui repère à distance les proies faciles. Dès le premier jour il a droit à un croc-en-jambe qui le fait tomber la tête première dans la fontaine, avec des plaies, notamment une sur la jambe. On va se contenter de suturer sans chercher plus loin. Mais, il n’y a pas seulement la violence physique il y a tous les surnoms dont on l’affuble, du fait de son côté chétif. Entre parenthèses, il faudra plusieurs années pour qu’on le montre à un médecin et que le diagnostic de poliomyélite tombe ; il aurait suffi d’un vaccin pour éviter de souffrances… Dans son malheur, Aden fait la rencontre de sa vie en la personne de son institutrice, Madame Annick, qui va lui donner le goût de la lecture et de l’écriture. Mais les livres ne sont pas les bienvenus à la maison, alors il fait des kilomètres à pied pour trouver des livres, même des revues style « Nous deux » pour étancher sa soif de lecture, avec le risque de tomber sur Johnny ou de se faire découvrir tout simplement. Zahra, qu’il appelle Grand-Mère Cochise (car elle règne sur la maison, sur sa tribu, et a hérité une certaine sagesse de sa famille de Nomades), lui a donné le goût des mots, en lui racontant des histoires, éveillant ainsi sa curiosité et son amour des mots. Quand sa mère se retrouve enceinte, sept ans plus tard, on ne lui explique rien, d’où sa surprise en découvrant un bébé dans le panier lorsqu’elle rentre à la maison. Bébé qui, bien-entendu, sera beau, souriant et captera toute l’attention. Aden, qui était délaissé le sera encore plus : comment lutter sinon en lisant, en travaillant bien à l’école… Abdourahman A. Waberi nous replonge dans le Djibouti du temps de la colonisation, quand on parlait encore de Territoire Français des Afars et Issas alias TFAI, sur les conditions de vie de l’époque, sous le regard de de Gaulle, un personnage aussi de l’histoire, en fait. Il décrit la vie d’Aden, pendant son enfance mais aussi plus tard, au cours de sa scolarisation, avec des anecdotes sympathiques, comme un passage de relais entre lui et sa fille. Le retour sur l’enfance permet de réfléchir à la manière dont on peut transcender, se sortir d’un statut de victime dans lequel on a tendance à s’enfermer et mettre en place un processus de résilience pour pouvoir transmettre plus tard à ses enfants. Une image que je garde en mémoire: Aden prenant sa revanche sur les « tortionnaires en herbe » de son enfance en écrivant leurs rédactions. J’aime beaucoup les histoires de transmission familiale, de résilience alors ce roman m’a beaucoup touchée, tant par le thème que par l’écriture, nous laissant imaginer les couleurs et la culture de sa terre natale. Comment résister à quelqu’un qui aime autant les livres, les mots, se les approprie, devenant le roi de la dissertation ? Un grand merci à NetGalley et aux éditions J.C Lattes qui m’ont permis de découvrir un superbe conteur dont j’ai très envie de connaître les autres livres… #PourquoiTuDansesQuandTuMarches #NetGalleyFrance

StephanieIsReading

Le 10/10/2019

Alerte coup de cœur littéraire ! J'ai été absolument bouleversée par la lecture de ce roman. Le narrateur se promène dans les rues de Paris avec sa fille, Béa, qui est encore une enfant. Une enfant qui n'a pas peur de poser des questions, qui n'a pas peur de demander à son père non pas les raisons pour lesquelles il boîte mais simplement : #12298;Pourquoi tu danses quand tu marches?#12299; À cette question dont la réponse aurait pu aisément tenir en une phrase, le père de Béa va apporter une réponse (longue qui s'étire sur 250 pages) nourrie par l'incessant va-et-vient entre le passé et le présent, entre Djibouti et Paris, entre son moi enfant et son moi adulte. Il se raconte, il raconte sa famille, sa douleur, sa souffrance, sa solitude, son mal d'amour et de reconnaissance, mais aussi ses joies. Et contre toute attente, il ne s'attarde pas tant sur la maladie qui est la cause de sa démarche dansante comme il aime à dire mais plutôt sur ses émotions et sur cette constellation d'êtres auprès desquels il grandit. En nous parlant de lui, il nous parle de l'enfance, de la sienne comme de la nôtre. L'enfance universelle confrontée à la cruauté des enfants (souvent), à l'indifférence et à la violence des parents(parfois), à la solitude imposée. Quelle écriture ! Quelle force imagée ! Quel bonheur de retrouver des références littéraires à peine déguisées : je pense notamment à Blaise Pascal dont la célèbre "pensée" portant sur le nez de Cléopâtre et son incidence sur la face de la Terre est mise à l'honneur. Je pense aussi à cette autre référence implicite à Amadou Hampâté Bâ lorsqu'il compare la mort de sa grand-mère à une bibliothèque qui brûle. Voici donc un roman qui mérite que l'on s'y attarde, une histoire qui demande à être lue pour lever les dernières barrières de la mémoire récalcitrante, pour rejoindre le bastion de l'enfance et pour affranchir l'adulte de son passé et le voir se saisir du présent.

AudreyT

Le 22/09/2019

**** Alors qu'ils marchent main dans la main sur le chemin de l'école, Aden et sa fille Béa, profitent de ces moments suspendus. Un jour Béa se lance et ose enfin demander à son père d'où lui vient son étrange démarche. C'est aussi avec beaucoup de courage qu'Aden racontera alors à sa petite fille son enfance à Djibouti... Et sa jambe si fragile... Ce roman de la rentrée littéraire m'a paru doux et tendre. Pourtant, la vie d'Aden n'a rien d'un conte de fée... Il vit à Djibouti, dans les années 70, avec sa grand-mère Cochise, seule figure féminine à l'entourer de gentillesse. Sa mère trouve que son fils est trop fragile, trop malingre, fiévreux et pleurnichard. A 7 ans, sans qu'aucun médecin ne pose de diagnostic, Aden souffre terriblement de sa jambe. Il en gardera une démarche claudiquante. La polyomélite expliquera beaucoup plus tard la douleur qu'il aura enduré... Moqueries, surnoms, regards qui se détournent... Aden les affrontera grâce aux livres qui lui permettront de s'évader... Si j'ai aimé ce roman c'est parce que c'est un retour à la vie. La vraie, la lumineuse, celle qui accepte de danser... C'est en replongeant dans son enfance, en affrontant ses peurs et ses douleurs, en pardonnant au sort, qu'Aden renoue avec la beauté du monde. C'est en nommant la maladie, l'angoisse et les non-dits que ce petit garçon deviendra enfin un homme. C'est en murmurant à l'oreille de sa fille qu'il fera entendre sa voix... Merci à NetGalley et aux Éditions JC Lattès pour leur confiance...

coquinnette1974

Le 29/08/2019

Je remercie chaleureusement les éditions J.-C. Lattès pour l'envoi, via net galley, de Pourquoi tu danses quand tu marches ? d'Abdourahman A. Waberi. Il fait partie de leur rentrée littéraire 2019. Un matin, sur le chemin de l’école maternelle, à Paris, une petite fille interroge son père : « Dis papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? ». La question est innocente et grave. Pourquoi son père boite-t-il, pourquoi ne fait-il pas de vélo, de trottinette… ? Le père ne peut pas se dérober. Il faut raconter ce qui est arrivé à sa jambe, réveiller les souvenirs, retourner à Djibouti, au quartier du Château d’eau, au pays de l’enfance. Dans ce pays de lumière et de poussière, où la maladie, les fièvres d’abord puis cette jambe qui ne voulait plus tenir, l’ont rendu différent, unique. Il était le « gringalet » et « l’avorton » mais aussi le meilleur élève de l’école, le préféré de Madame Annick, son institutrice venue de France, un lecteur insatiable, le roi des dissertations.... Dis papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? est un joli roman de cette rentrée littéraire. Je ne connaissais pas du tout Abdourahman Waberi et j'ai beaucoup aimé sa plume. Le narrateur nous emmène avec lui dans son enfance, dans ses souvenirs à Djibouti. Il saute parfois du coq à l’âne car il retourne en arrière, il parle à sa fille, lui explique plein de choses. Je ne connais pas Djibouti, son enfance a été très différente de la mienne et j'ai trouvé ça très intéressant. Son enfance a été difficile, les enfants sont souvent cruels entre eux, on le sait. On oublie que les adultes aussi peuvent parfois être cruels... L'enfant qu'il était a mal été soigné, voilà donc pourquoi il danse quand il marche, comme on le découvre au fur et à mesure que nous tournons les pages. J'ai trouvé ce roman très touchant, avec un narrateur attachant. J'imagine sa petite fille écouter attentivement ses explications et découvrir avec surprise, et intérêt l'histoire de son papa. Pourquoi tu danses quand tu marches ? n'est pas tout à fait un coup de cœur, mais je lui mets quatre étoiles et demie. C'est une bonne surprise de cette rentrée littéraire :)