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Pour vos cadeaux

de Jean Rouaud , date de sortie le 27 février 1998
Jean Rouaud s'avance sans masques et sans couronnes, il est le fils abandonné. Sa mère n'est plus, ce livre est tout entier pour elle. Il a son souffle, son rythme cardiaque, anxieux, précipité. Un... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Jean Rouaud s'avance sans masques et sans couronnes, il est le fils abandonné. Sa mère n'est plus, ce livre est tout entier pour elle. Il a son souffle, son rythme cardiaque, anxieux, précipité. Un portrait aussi merveilleux qu'une icône se détache de ces pages.

Dominique Bona, Le Figaro

Le formidable portrait de ce formidable petit bout de femme qui aurait dû ne pas survivre au colosse mort et qui trouve une énergie irréfragable, insoupçonnée, pour plus que survivre : renaître de cette mort.

Jean-Baptiste Harang, Libération

Son écriture, au savoir-faire à la fois modeste et épatant de justesse, permet à Jean Rouaud de fabriquer de la fiction - de la densité, donc, du mystère quotidien, du non-dit significatif - avec des riens.

Jorge Semprun, Le Journal du dimanche

Instiller du sens, débusquer la cohérence secrète qui évite aux choses de basculer dans l'absurde, suggérer toujours une épaisseur et une richesse : Jean Rouaud ne cesse pas de tenir son ambitieux programme. De façon continûment admirable.

Jean-Claude Lebrun, L'Humanité

Le récit part de la mort de la mère, du vide qu'elle creuse pour remonter vers d'autres nuits qui ont précédé la naissance de l'auteur. C'est la vie comme si on la regardait la tête en bas. Comme lorsqu'on naît. C'est neuf et très beau.

Pierre Lepape, Le Monde

Caractéristiques

Titre Pour vos cadeaux
Auteur Jean Rouaud
Editeur Minuit
Date de parution 27 février 1998
Nombre de pages 192 pages
Dimensions 19,00 cm x 14,00 cm
Poids 235 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-7073-1627-X - 9782707316271

2,3/5

Herve-Lionel

Le 13/06/2014

NOVEMBRE 1999 N° 215 POUR VOS CADEAUX - Jean ROUAUD - Éditions FERYANE-BP 314 78003 VERSAILLES. * C’est vrai qu’ils sont rares les écrivains qui savent m’émouvoir. Jean Rouaud est de ceux là. Et pourtant je n’aime pas beaucoup son style fait de phrases à n’en plus finir et dont j’ai du mal, parfois, à suivre le cours. Je goûte peu leur longueur excessive, leurs apartés... Cependant, je dois bien reconnaître que c’est un texte qui gagne à être lu à haute voix. On en apprécie davantage les nuances, l’humour, le sens de la formule qui font dire que, quand même c’est bien écrit! Il reste cependant l’émotion, à cause de cette ambiance lentement tissée, cette histoire qui vous prend aux tripes à force d’être simple, presque banale, mais qui devient passionnante par le miracle de l’écriture. Jean Rouaud à choisi de nous faire partager celle de sa parentèle, d’évoquer le passage sur terre de gens qui ne sont plus, mais dont, grâce à lui, le souvenir demeure. Mais qu’y a-t-il de plus ordinaire que l’histoire de cette famille avec ses secrets, ses moments d’orgueil, ses soupçons et ces instants de joie? Les personnages, certains falots, d’autres écrasants par leur présence même sont évoqués ici à leur tour. Le lecteur à l’impression de les avoir croisés, connus! Il devient, malgré lui le témoin des grands moments de leur vie, complice de leurs actions, compatit à leurs malheurs et à leurs peines. L’auteur a choisi celui de sa mère qu’il fait revivre au long de ces pages. C’est vrai que son vécu est simple, celui d’une épouse de commerçant en porcelaine d’un gros bourg du département de Loire-Inférieure qui n’était pas encore Atlantique. Elle devient brutalement veuve à l’aube de la quarantaine et doit faire face au quotidien de trois enfants désormais à sa seule charge. Elle doit reprendre le commerce à son compte. Le lecteur partage son désarroi, son calvaire devant la solitude, le silence et les responsabilités auxquelles elle n’était pas préparée. Du même coup elle devient gardienne du foyer, chef de famille, chef d’entreprise, prend la place de ce mari dont elle devient le double malgré sa silhouette fragile. C’est qu’elle doit faire tout cela malgré son envie inextinguible de rejoindre son époux dans la mort... Elle porte ostensiblement son deuil au point de faire teindre en noir la totalité de sa garde-robe qui jadis fut plus colorée et refuse tout ce qui peut ressembler à une nouvelle vie, avec un autre homme par exemple. C’est que la fidélité pour elle s’entend dans la mort comme dans la vie. L’auteur nous décrit sa laborieuse remontée vers le monde des vivants pour, pénétrer de nombreuses années plus tard, de l’autre côté de la vie aussi simplement qu’elle avait vécu, presque en silence. Cette mort est omniprésente autours des personnages de Jean Rouaud qui nous rappelle d’ailleurs que lorsqu’il prend la plume pour évoquer cette mère, elle a déjà plongé dans le néant de l’au-delà : « Elle ne lira pas ces lignes, la petite silhouette ombreuse... » Sa vaste démarche d’écriture ressemble à un long travail de deuil, comme si chaque livre consacré à un des membres de cette famille n’avait d’autre but que d’éponger ses larmes, d’exorciser son chagrin au rythme des mots. C’est un peu comme l’exploration d’un cimetière dont chaque tombe est le prétexte à un roman, une sorte de saga dont chaque livre compléterait le puzzle. Jean Rouaud a été révélé par le Prix Goncourt qu’il obtint en 1990. Je m’en suis félicité au moment de cette distinction (La Feuille Volante n°55). Ce prix a souvent laissé un goût amer à ceux qui ont été ainsi distingués. Je suis heureux que, en ce qui le concerne, les jurés ne se soient pas fourvoyés. ©Hervé GAUTIER

cicou45

Le 01/02/2013

Voici en quelque sorte l'histoire de la famille Brégeau, tout d'abord celle d'une lignée mais s'attardant particulièrement sur le portrait d'Annick, la mère du narrateur puisqu'il lui dédie ce livre, tout en sachant qu'elle ne le lira jamais. Cela se déroule durant les années '50, juste après la guerre (pour ce qui est de l'action -enfin, si on peut dire- principale) dans un petit village de Vendée. Le narrateur nous retrace un peu le parcours de ses parents mais particulièrement de sa mère, qui est devenu tragiquement veuve à 41 ans, se retrouvant à élever seule ses trois enfants et à tenir le commerce de porcelaine dont son défunt mari était propriétaire. C'est donc essentiellement l'histoire de cette femme, qui n'a jamais voulu s'arrêter de travailler, dont nous parle l'auteur. Pour ma part, j'ai été assez déçue par cette ouvrage car j'ai trouvé l'histoire sans grand intérêt (excepté peut-être sur le plan historique) avec des phrases bien souvent trop longues. Le lecteur (je fais référence à moi, bien évidemment) à tendance à se perdre dans la chronologie et surtout en ce qui concerne la généalogie de cette famille. Un ouvrage bien écrit mais qui ne me laissera pas des souvenirs indélébiles ! Pour les plus curieux d'entre vous, à découvrir, peut-être l'apprécierez-vous à sa juste valeur !

BVIALLET

Le 16/05/2012

Ayant miraculeusement échappé à la mort lors des bombardements de l'aviation américaine à Nantes, la mère de l'auteur, jeune fille petite, mince et plutôt jolie, rencontra Joseph, un grand costaud qui s'impliqua dans la Résistance et passa ensuite une année à l'armée. Ils furent amoureux, se marièrent, eurent trois enfants et tinrent un commerce de porcelaine, objets de table et autres à l'enseigne « Pour vos cadeaux » dans un petit village vendéen. A la mort prématurée du père, alors que l'auteur n'a que neuf ans, c'est la mère qui, seule, tient courageusement la boutique tout en s'occupant de ses enfants... Une chronique familiale d'une totale banalité, parfaitement représentative de la vie des petites gens de la seconde moitié du siècle dernier. Quelques personnalités tel l'oncle à la fois horloger et magicien ou telle la mère Courage dont la figure illumine l'ouvrage donnent un attrait particulier à ce texte à la condition que le lecteur ne soit pas trop rebuté par un style lourd, cumulatif voire carrément filandreux, fait d'interminables phrases remplissant une demie page au minimum, bourrées de conjonctives, relatives et autres appositions diverses sans aucun dialogue ni temps de respiration. Lire du Rouaud demande un petit effort.