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Pierre,

de Christian Bobin , date de sortie le 03 octobre 2019
Pierre,

« Je me moque de la peinture. Je me moque de la musique. Je me moque de la poésie. Je me moque de tout ce qui appartient à un genre et lentement s'étiole dans cette appartenance. Il ... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Pierre,

« Je me moque de la peinture. Je me moque de la musique. Je me moque de la poésie. Je me moque de tout ce qui appartient à un genre et lentement s'étiole dans cette appartenance. Il m'aura fallu plus de soixante ans pour savoir ce que je cherchais en écrivant, en lisant, en tombant amoureux, en m'arrêtant net devant un liseron, un silex ou un soleil couchant. Je cherche le surgissement d'une présence, l'excès du réel qui ruine toutes les définitions. Je cherche cette présence qui a traversé les enfers avant de nous atteindre pour nous combler en nous tuant. »

Caractéristiques

Titre Pierre,
Collection Blanche
Editeur Gallimard
Date de parution 03 octobre 2019
Nombre de pages 95 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 142 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-07-286658-6 - 9782072866586

3,9/5

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Le 27/12/2019

Sous le sapin de Noël, il y eut ce cadeau merveilleux offert par ma fille... Le titre est sobre, un prénom suivi d'une virgule ; il sonne comme un chuchotement, une confidence... Pierre, c'est une lettre écrite par Christian Bobin, adressée au peintre Pierre Soulages pour lui dire son admiration. Sa longévité, tout de même : cent ans depuis le vingt-quatre décembre dernier ! C'est une lettre d'amour, les mots chantent ici comme un ruisseau. C'est une lettre d'amour pour la peinture de Pierre Soulages. « On ne crée que pour guérir d'une angoisse ». Pierre Soulages peint ce qui nous ressemble, ce que nous sommes. Les mots de Christian Bobin le disent mieux que personne. Pierre Soulages peint la lumière, alors que d'autres pensent qu'il peint du noir. Le noir de Pierre Soulages absorbe. Absorbe les maux de la terre. Christian Bobin nous dit que Pierre Soulages ressemble à Blaise Pascal, comme ses pensées qui nous remettent debout, criblent nos vies de lumière, nous permettant de mieux affronter la mort qui vient toujours trop tôt. Derrière l'apparence de ténèbres, il y a dans chaque œuvre de Pierre Soulages une respiration. Noircir une feuille de papier blanc, tout est peut-être parti de ce geste d'un enfant. « Penser qu'un homme a passé sa vie à chercher quelque chose dans sa nuit, a fait sa nuit – par brisures, fractures, féroces patiences – de la lumière". Qui mieux que Christian Bobin pourrait dire la lumière qui jaillit des griffures dans le noir que peint Pierre Soulages. Ce sont des interstices où la vie s'introduit, s'immisce, naît, renaît. J'aime cette idée de griffures. J'adore les griffures. Elles sont autant de traits de lumière, inversant les ténèbres. C'est un noir qui invite la nuit. Pierre, c'est bien plus qu'une lettre, bien plus qu'un prénom. C'est un voyage. C'est un portrait intime, celui d'un ami. Le noir de Pierre Soulages est un noir, bien qu'effrayant, qui inspire la bonté, la charité. Un noir qui inspire Christian Bobin, comme la vision de la neige. Sans doute, comme l'évoque Christian Bobin, ce vertige est dans l'âme de celui qui les contemple. Parfois le noir appelle le feu. Soulève le soleil. Répare ce qui nous manque d'essentiel. Écarte le rideau qui nous cache la lumière absente. Combien faut-il de rails, de routes, de cailloux pour parvenir à la lumière qui tend ses yeux vers nous ? Christian Bobin prend un train pour rendre visite à Pierre Soulages, à Sète, ville où sont enterrés Paul Valéry et Georges Brassens. La vie fut-t-elle si proche de ce voyage ? Christian Bobin nous partage son émotion, nous fait entrer dans cette intimité avec ses mots. Nos yeux sont emplis d'oiseaux. C'est beau. J'ai rencontré Pierre Soulages au travers des vitraux de l'abbatiale de Conques. J'ai rencontré sa nuit, sa lumière, ses griffures. Je marchais sur le chemin de Compostelle. Il m'a invité à entrer dans l'abbaye de Conques pour que je puisse comprendre la magie de cette lumière. Le noir de Pierre Soulages soulève la neige, éteint les bavardages, fait trembler le reste de la terre. Fait trembler les mots de Christian Bobin. Éteint peut-être l'inutile lumière qui nous aveugle sans cesse. « Quel bonheur cette solitude, cette paix, ce noir ».

blandine5674

Le 14/12/2019

Quel joli titre simple qui donne l’ouverture d’une lettre que Bobin adresserait à Soulages qui fêtera, le 24 décembre 2019, ses 100 ans. De la poésie, de l’abstrait, du réalisme, du léger, du fort, de l’aérien, du terre-à-terre. Admiration d’un grand poète pour un grand peintre. De toute façon, les mots écrits d’une critique seront toujours bien pâles face à ceux de Christian Bobin, notre plus grand poète français contemporain.

saphoo

Le 07/12/2019

Une promenade au pays des mots de Christian Bobin est toujours un réel plaisir, plénitude, sérénité, méditation. Un jardin de fleurs au senteur simple, campagnard, vrai. Il nous offre en cette nuit si particulière de Noël, un voyage vers Pierre Soulages. C'est par petites touches que l'auteur nous convie et dévoile ses rapports avec ce peintre. Ne vous attendez pas à une biographie de Pierre Soulages, loin de là, c'est juste un aller retour de Creusot à Sétes par le train de nuit, et hop, un taxi qui vous dépose à la grille de la demeure de Pierre Soulages. Et pourquoi donc cette nuit ? Et bien vous le saurez quand vous dégusterez cette petite merveille. Un beau récit qui ressemble à son auteur, simple, sans prétention, poétique et humble.

Litteraflure

Le 18/11/2019

Le jour de Noël, les âmes en peine broient du noir. Christian Bobin, lui, s’en remet à Pierre. D’un naturel casanier, porté sur l’introspection, il se fait doucement violence et s’engouffre dans l’hiver, en quête du peintre centenaire. Le temps du voyage, il nous parle de Soulages, de son œuvre, de ce qu’il doit à la vie, de ce qu’il attend de la mort. Bobin est un poète, un mystique, un funambule nostalgique qui oscille entre l’admiration du monde et l’horreur que ses formes contemporaines lui inspirent. Dans les Outrenoirs de Soulages, Bobin trouve la paix et la sérénité. Il se fatigue des images et des paroles (« Radotages qui font le monde. Un bâillon de mots qu’on nous fourre dans la bouche » - p41). Il rejette avec force le consumérisme dont les gares, par exemple, sont devenues les temples (« Les mendiants roumains sont mille fois moins brutaux que les publicitaires » -p38). L’absolu et la vérité, privés de toutes contingences humaines sont au bout de l’émerveillement : « il y a une réalité infiniment plus grande que toute réalité, qui froisse et broie et enflamme toutes les apparences ». Je n’avais pas lu cet auteur depuis son roman « Le très-bas ». Tel un moine sublimant ses enluminures, Christian Bobin ciselle ses phrases, les polit, en extrait l’essentiel. Il ne justifie son existence que par cet acte de création, vu comme un acte de résistance (« Pour tenir face à la mitraille du néant, pour ne pas se coucher de lassitude sur la terre meuble des conventions, on écrit, on compose, on peint »). Si ce livre m’a comblée par son exigence et sa beauté, ses intentions m’interrogent. J’ai cru ressentir de l’aigreur, du renoncement, voire un soupçon d’agacement. La peur d’être incompris ? Certaines tournures de phrase m’ont laissée perplexe : « (…) sur la route qui s’essouffle d’être montrée jusqu’à ton portail et qui se tait maintenant, sa respiration goudronnée entravée par du gravier ». Bilan : #127801;

Laparenthesedeceline

Le 31/10/2019

Pierre, le dernier ouvrage de Christian Bobin est consacré à Pierre Soulages, ce peintre d'art abstrait et informel centenaire à Noël prochain. Célèbre pour ses noirs qu'il nomme "noir-lumière" ou "Outrenoir". Dans son livre, Christian Bobin s'adresse à l'artiste comme s'il lui écrivait une lettre. Toute en poésie à la manière de Bobin, telle que nous connaissons sa plume, précise, délicate et toute en profondeur des pensées. Ce texte n'est pas une biographie de Pierre Soulages, c'est toute l'admiration que l'auteur voue à l'artiste. Poésie et peinture se mêlent autour de réflexions sur "la présence" de l'artiste.