Prêt à feuilleter

Pierre,

de Christian Bobin , date de sortie le 03 octobre 2019
Pierre,

« Je me moque de la peinture. Je me moque de la musique. Je me moque de la poésie. Je me moque de tout ce qui appartient à un genre et lentement s'étiole dans cette appartenance. Il ... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Pierre,

« Je me moque de la peinture. Je me moque de la musique. Je me moque de la poésie. Je me moque de tout ce qui appartient à un genre et lentement s'étiole dans cette appartenance. Il m'aura fallu plus de soixante ans pour savoir ce que je cherchais en écrivant, en lisant, en tombant amoureux, en m'arrêtant net devant un liseron, un silex ou un soleil couchant. Je cherche le surgissement d'une présence, l'excès du réel qui ruine toutes les définitions. Je cherche cette présence qui a traversé les enfers avant de nous atteindre pour nous combler en nous tuant. »

Caractéristiques

Titre Pierre,
Collection Blanche
Editeur Gallimard
Date de parution 03 octobre 2019
Nombre de pages 95 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 148 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-07-286658-6 - 9782072866586

3,4/5

Litteraflure

Le 18/11/2019

Le jour de Noël, les âmes en peine broient du noir. Christian Bobin, lui, s’en remet à Pierre. D’un naturel casanier, porté sur l’introspection, il se fait doucement violence et s’engouffre dans l’hiver, en quête du peintre centenaire. Le temps du voyage, il nous parle de Soulages, de son œuvre, de ce qu’il doit à la vie, de ce qu’il attend de la mort. Bobin est un poète, un mystique, un funambule nostalgique qui oscille entre l’admiration du monde et l’horreur que ses formes contemporaines lui inspirent. Dans les Outrenoirs de Soulages, Bobin trouve la paix et la sérénité. Il se fatigue des images et des paroles (« Radotages qui font le monde. Un bâillon de mots qu’on nous fourre dans la bouche » - p41). Il rejette avec force le consumérisme dont les gares, par exemple, sont devenues les temples (« Les mendiants roumains sont mille fois moins brutaux que les publicitaires » -p38). L’absolu et la vérité, privés de toutes contingences humaines sont au bout de l’émerveillement : « il y a une réalité infiniment plus grande que toute réalité, qui froisse et broie et enflamme toutes les apparences ». Je n’avais pas lu cet auteur depuis son roman « Le très-bas ». Tel un moine sublimant ses enluminures, Christian Bobin ciselle ses phrases, les polit, en extrait l’essentiel. Il ne justifie son existence que par cet acte de création, vu comme un acte de résistance (« Pour tenir face à la mitraille du néant, pour ne pas se coucher de lassitude sur la terre meuble des conventions, on écrit, on compose, on peint »). Si ce livre m’a comblée par son exigence et sa beauté, ses intentions m’interrogent. J’ai cru ressentir de l’aigreur, du renoncement, voire un soupçon d’agacement. La peur d’être incompris ? Certaines tournures de phrase m’ont laissée perplexe : « (…) sur la route qui s’essouffle d’être montrée jusqu’à ton portail et qui se tait maintenant, sa respiration goudronnée entravée par du gravier ». Bilan : #127801;

Laparenthesedeceline

Le 31/10/2019

Pierre, le dernier ouvrage de Christian Bobin est consacré à Pierre Soulages, ce peintre d'art abstrait et informel centenaire à Noël prochain. Célèbre pour ses noirs qu'il nomme "noir-lumière" ou "Outrenoir". Dans son livre, Christian Bobin s'adresse à l'artiste comme s'il lui écrivait une lettre. Toute en poésie à la manière de Bobin, telle que nous connaissons sa plume, précise, délicate et toute en profondeur des pensées. Ce texte n'est pas une biographie de Pierre Soulages, c'est toute l'admiration que l'auteur voue à l'artiste. Poésie et peinture se mêlent autour de réflexions sur "la présence" de l'artiste.

Marech20

Le 31/10/2019

Je n'étais pas arrivée à me laisser emporter par La nuit du cœur. Mais là, j'ai retrouvé ce qui fait le charme de Christian Bobin, dans cet hommage au peintre Pierre Soulages. Et à son père aussi. Je ne suis pas fan ni connaisseuse de ce peintre, mais cela ne m'a pas empêchée d'apprécier ce livre. Quand la poésie d'un auteur rencontre l'inspiration d'un peintre, cela donne une sorte de philosophie...

darsana

Le 27/10/2019

L’ombre de Soulages J’aime la peinture et les livres sur la peinture, autant que la poésie et la philosophie. L’opus de Christian Bobin aurait donc dû me combler car j’espérais y trouver les clés d’un apaisement de ma relation avec l’oeuvre de Soulages. Finalement, le but est atteint mais certainement pas de la manière dont je l’espérais. Le caractère précieux, touffu, excessif, et prétexte à envolées métaphoriques de l’écriture de C. Bobin a fait pour moi une mise en abîme de l’oeuvre de Soulages. Ce peintre avec lequel j’entretiens une relation ambiguë, de fascination et incompréhension mêlées m’est finalement paru bien inoffensif et sans aspérité tellement Christian Bobin monopolise l’attention par son écriture et la structure de son récit. Finalement, à la fin du livre, j’éprouve de la sympathie pour Soulages, sentiment nouveau pour moi. En revanche, je n’ai pas résolu mes interrogations sur l’impact de son oeuvre. Et j’ai répondu à une question que je ne m’étais pas posée avant : je ne suis pas fan de l’écriture de C. Bobin. Pari donc demi gagné pour Soulages et rencontre sûrement sans lendemain avec C. Bobin

Gromptigris

Le 15/10/2019

"La nuit du cœur" m'avait déçu: Christian Bobin me semble être resté à l'extérieur de l'abbatiale Sainte-Foy de Conques; le dialogue avec le magnifique édifice n'a pas pris, me semble-t-il. J'ai ouvert "Pierre," avec un peu d'appréhension et y ai trouvé un livre plein, dense, personnel, joignant comme toujours la danse du papillon à l'épaisseur de l'existence humaine. Mieux: il me plaît de considérer "Pierre," comme un authentique et inégalable essai d'analyse philosophique sur le génie de Soulages. Il faut sans doute un poète pour commenter un peintre. Et plus le peintre est philosophe, plus le poète se doit de l'être aussi. Bobin n'a sans doute jamais été aussi poète philosophe qu'auprès de Soulages.