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Pedigree

Texte de la troisième édition (1958)
de Georges Simenon , date de sortie le 14 janvier 1998
Pedigree

Elle ouvre les yeux et pendant quelques instants, plusieurs secondes, une éternité silencieuse, il n'y a rien de changé en elle, ni dans la cuisine autour d'elle ; d'ailleurs, ce n'... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Pedigree

Elle ouvre les yeux et pendant quelques instants, plusieurs secondes, une éternité silencieuse, il n'y a rien de changé en elle, ni dans la cuisine autour d'elle ; d'ailleurs, ce n'est plus une cuisine, c'est un mélange d'ombres et de reflets pâles, sans consistance ni signification. Les limbes, peut-être ?

Y a-t-il eu un instant précis où les paupières de la dormeuse se sont écartées ? Ou bien les prunelles sont-elles restées braquées sur le vide comme l'objectif dont un photographe a oublié de rabattre le volet de velours noir ? Dehors, quelque part - c'est simplement dans la rue Léopold - une vie étrange coule, sombre parce que la nuit est tombée, bruyante, pressée parce qu'il est cinq heures de l'après-midi, mouillée, visqueuse parce qu'il pleut depuis plusieurs jours ; et les globes blêmes des lampes à arc clignotent devant les mannequins des magasins de confection, les trams passent en arrachant des étincelles bleues, aiguës comme des éclairs, du bout de leur trolley.

Caractéristiques

Titre Pedigree - texte de la troisième édition (1958)
Collection Le Livre de poche
Date de parution 14 janvier 1998
Nombre de pages 575 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 295 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-253-14280-5 - 9782253142805

4,5/5

mfrance

Le 27/09/2018

Que cache ce titre ? eh bien tout simplement l'histoire de la famille Simenon et accessoirement l'enfance et l'adolescence du jeune Georges et ce depuis la naissance de ce dernier jusqu'à sa seizième année. Le tout déguisé sous des noms d'emprunt. Exacte biographie, ce texte ? souvenirs de familles plus ou moins recréés, fantasmés, embellis par l'imagination fertile de l'écrivain Simenon ? Peu importe. On se plonge avec délices dans la vie foisonnante de Liège, au début du vingtième siècle. On en arpente les rues, en compagnie de Désiré aux longues jambes et d'Elise, les parents du jeune Roger, à peine né, en visite chez l'un ou l'autre des membres de leur nombreuse parentèle. On compatit aux malheurs des uns et des autres. On s'énerve de voir Elise pleurnicher pour un rien et on se rend compte peu à peu qu'elle s'en fait une force qui va lui permettre d'aller juste là où elle voulait aller, la maligne ! Quant au grand Désiré, lui, du moment qu'on le laisse tranquille avec son journal, tout va bien, la vie est belle ! Simenon écrit comme on respire, sans effort, naturellement... comme une évidence et le lecteur se coule avec délices dans le moule de cette prose qui enchante par sa fluidité, sa fausse simplicité, sa qualité d'évocation, son aptitude à restituer les émotions, le bruit et la fureur de la vie. Que le lecteur soit transporté dans les rues de Liège au moment de la Saint-Nicolas, dans les cimetières à la Toussaint, avec la foule les jours de ducasse, ou tout simplement dans la maison Mamelin avec Elise s'activant à son ménage et s'occupant de ses pensionnaires, il déguste avec gourmandise toutes les délectables tranches de vie que Simenon lui sert sans compter, y compris les émois du jeune Roger. Un texte magnifique remarquablement servi par le talent bouillonnant de Georges Simenon qui fait mouche avec son sens du mot juste, de la phrase percutante et l'aisance sidérante avec laquelle il conduit son récit tambour battant. Une œuvre à ne surtout pas laisser sombrer dans les oubliettes de la littérature !

dourvach

Le 23/10/2014

[ATTENTION, CRITIQUE PIEGEE AVEC NOTE EXPLOSIVE EN FIN DE TEXTE... à ne donc pas "liker" sans lire jusqu'au bout ! :-) ] Ce livre est d'une beauté inouïe : composé de ses belles pastilles d'espace-temps qui s'emboitent parfaitement, concentrés d'odeurs, de clair-obscurs d'intérieurs (presque "hollandais", de tant de picturalité rentrée !), d'échappées belles sur les petites places tranquilles de Liège au début du XXème siècle... D'enfance lointaine. De fêtes de quartier. Un pur monument de vérité. Et le pas tranquille de Désiré, père du narrateur, rythmant "l'action" lorsqu'il se rend au travail tous les matins --- réglé comme une horloge... Les jérémiades de la maman, qui assure le "ravitaillement", le ménage et la lessive... Les vies rendues passionnantes de ceux qu'on appelle -- ou appelait -- "les petites gens"... Simenon en est sorti, s'en est "échappé", même (passé des faits divers de "La Gazette de Liège" jusqu'à ce quai de gare qui le mènera à Paris !) et évoque "les siens" -- restés "là-bas" -- avec tendresse, sans une once de narcissisme ou de niaise complaisance. Un "roman des origines" dédié à son fils Marc... Un chef d'oeuvre de 1948... Toujours secret, toujours frais et immortel. [P.S. : ...mais quand je découvre être le tout premier à commenter cette oeuvre-là sur "Babelio" !! Quelle injustice !!! En même temps, c'est un honneur, et en même temps c'est extrêmement triste de le constater cet état de fait, face à l'importance littéraire d'une oeuvre aussi manifestement aboutie que "Pedigree" de SIMENON ! Comme un échec général... Car "l'instinct grégaire" est là et bien là, sur "babelio" comme ailleurs : dans les têtes, passent d'abord en boucle les "incontournables" ouvrages de Legardinier, Foenkinos, Nothomb, Trierweiler, Zemmour, etc. etc. Ce règne rageant et décourageant de l'insignifiance et du (très globalement) "NON-littéraire", partout... Cet insidieux conditionnement, sourd et pesant... Au fond, tant de lecteurs en France semblent aujourd'hui se f...tre royalement de la simple "survie" -- ou même de la simple connaissance -- de la Littérature (vraie) déjà existante !! Inégalités flagrantes dans la répartition de leurs efforts de simple attention pour tant de lecteurs moutonnisés à leur insu : terrible injustice faite à tellement d'oeuvres de valeur, oeuvres aujourd'hui "oubliées" (!!!) et qu'il nous faut tenter de réhabiliter sans cesse ! Et il nous suffira de pointer cette sorte d'injustice -- avec insistance, j'en conviens -- pour être taxés d' "élitistes"... Constat triste, triste, triste... et sans la beauté inerte des rues de Liège et des quais de la Meuse, juste troublée par les pluies de l'hiver ! :-) ]