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Par les soirs bleus d'été

de Franck Pavloff , date de sortie le 21 août 2019
« Pour rejoindre son fils, il ne fallait pas craindre d'être à la marge du réel. »

Dans le lieu-dit la Montagne Perdue, Détélina, une jeune femme hantée par la mémoire des mineurs de fond... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

« Pour rejoindre son fils, il ne fallait pas craindre d'être à la marge du réel. »

Dans le lieu-dit la Montagne Perdue, Détélina, une jeune femme hantée par la mémoire des mineurs de fond, veille sur son fils Léo, un enfant hors du commun, qui ne s'exprime que par un rituel minutieux de dessins et de couleurs. Quand arrive du Donbass, terre de combats, un étranger sur un side-car d'une autre époque, l'enfant se laisse peu à peu approcher. Mais que cherche cet homme qui bouscule leurs habitudes, ce frère d'exil qui rend leur quotidien plus lumineux ?

Caractéristiques

Titre Par les soirs bleus d'été
Editeur Albin Michel
Date de parution 21 août 2019
Nombre de pages 201 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 300 g
Support Broché sous jaquette
ISBN / EAN 978-2-226-44111-9 - 9782226441119

4,1/5

ManouB

Le 13/01/2020

Au cœur des Cévennes, dans un lieu-dit appelé "la montagne perdue", Détélina élève seule Léo, son fils "différent", qui ne s'exprime qu'à travers les couleurs et un rituel connu de lui seul... mais tellement rassurant. Le lecteur comprendra peu à peu au fil de l'histoire qu'il est autiste, bien que cela ne soit jamais dit précisément. Détélina travaille dans un gîte qui accueille de nombreux randonneurs venus profiter du cadre superbe qui les entoure. En parallèle, elle s'occupe de sa mère placée en institution et qui perd à présent les pédales, sa mémoire lui faisant défaut. De son passé Détélina sait très peu de chose. Son père était mineur, il est un jour reparti dans son pays de l'est et alors qu'il avait promis de revenir chercher Simone et Détélina, il n'est jamais revenu. Ou peut-être est-ce sa mère qui devait partir le rejoindre et qui ne l'a jamais fait ? Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle porte un prénom bulgare et que ce prénom est celui d'une plante porte-bonheur qui n'est autre que le trèfle à quatre feuilles. Si elle ouvrait la boîte de biscuits fermée solidement par un ruban, Détélina déterrerait les secrets dont sa mère n'a jamais voulu parler. Mais elle n'en fera rien, elle préfère embellir sa vie et rêver, ne s'étonner de rien comme le ferait Alice dans son pays des merveilles, honorer les anciens mineurs de fond en descendant dans les puits, en créant ses propres mises en scènes, en colorant différemment sa vie, comme son fils colore la sienne. C'est alors que son chemin croise celui de Stépan. Il vient d'une région minière de l'Ukraine, si petite (le Dombass) qu'un point rouge suffit à la recouvrir sur un globe terrestre. Il a connu l'horreur des combats à Avdiivka en 2014. A la mort de son père qui était mineur, il est venu jusqu'en France sur un vieux side-car. Lui aussi est à la recherche de ses racines et en particulier d'une femme (peut-être sa mère ?) que son père a laissé en France dans un lieu-dit appelé "la montagne perdue" et dont il n'a pour toute trace qu'une carte postale signée S...le reste du prénom est effacé. Il est heureux d'avoir trouvé du travail ici, même s'il sait que des lieux-dits portant ce nom, il y en a plusieurs sur le territoire français. Tous deux ont de nombreuses cicatrices à panser et beaucoup de choses à se dire. Mais parfois les mots ne disent pas tout des souffrances et de l'indicible, les couleurs, le silence, le partage permettent de mieux laisser le passé resurgir... L'auteur nous emmène au cœur des Cévennes, dans cette région tellement magnifique que le touriste oublie qu'elle a été autrefois, un des gisements houillers parmi les plus importants de France. Aujourd'hui les mines sont presque toutes fermées, mais la pollution reste bien présente et des parcours touristiques permettent, à ceux qui le désirent, de découvrir les vestiges et donc d'en savoir plus sur l'exploitation minière passée. C'est un roman à la fois ancré dans la réalité de la vie d'aujourd'hui, et empli de poésie, de mystère et de rêves. Les nombreuses références à "Alice au pays des merveilles" et le monde parallèle dans lequel vit le petit Léo, créent une ambiance particulièrement agréable. Les trois personnages principaux sont très attachants. Le petit Léo nous emporte dans ses jeux, dans ses rituels et dans sa propre vision du monde. Les parents de Détélina et de Stépan ont emporté leurs secrets avec eux et la fin du roman ne permettra pas de tout savoir sur leur histoire. De nombreuses questions restent donc en suspens. Détélina et Stépan, sont-ils frère et sœur de sang ou de cœur ? La similitude de leur histoire est troublante mais tout est suggéré et laissé libre à l'interprétation et au ressenti du lecteur. Qu'importe ce qu'ils ont vécu, l'important pour eux est d'avoir accepté de passer un instant, comme Alice, de l'autre côté du miroir... C'est un roman que j'ai trouvé lumineux et poétique, tout en couleur, en odeur, et en ressenti, parfait pour commencer l'année en douceur, dans un monde coloré teinté d'onirisme.

blandine5674

Le 30/11/2019

Pavloff donne l’impression qu’il vient tapoter doucement l’épaule du lecteur qui se retourne et à qui il dit « - Viens, je vais te conter une histoire. » Sûr, on y va, confiant. Y sort de son chapeau, un enfant qui vit dans son monde, à sa maman toute dévouée à lui, un bulgare en side-car de couleur sauterelle. Un gîte de montagne, des mines désaffectées, des pinceaux et peintures. Le tout en fait une belle palette de couleurs.

JML38

Le 08/11/2019

Un très beau roman qui envoûte par sa prose magnifiquement poétique, où le monde merveilleux d’Alice se mêle à celui de Détélina, lui permettant d’accompagner son fils Léo qui l’a « devancée dans la Maison du miroir ». Passionnée et hantée par l’histoire d’une époque révolue peuplée de mineurs de fond, dont un père inconnu parti vers des cieux plus radieux, Détélina s’est repliée sur elle-même, se consacrant à son fils avec sa logique d’enfant extraordinaire dans son univers coloré, et à sa mère pour qui elle est devenue la gentille demoiselle à l’odeur de calendula. « Elle est en solitude depuis longtemps », pour reprendre les termes de l’auteur, avouant à sa mère : « c’est étrange, j’aime des gens qui n’existent plus... ou comme toi, maman, qui existes si peu...ou comme Léo qui n’existe que pour lui...». Son fragile microcosme va cependant être bouleversé par l’arrivée de Stepan, sur un vieux side-car vert que Léo adopte et appelle «sauterelle». Un homme dont elle ne sait pas ce qu’il fuit ou ce qu’il recherche, avec ses souvenirs d’un autre pays minier meurtri par la guerre, ses cicatrices physiques et morales, ainsi qu’une carte postale d’un coin de France nommé Montagne Perdue, un trèfle à quatre feuilles et les poèmes de Rimbaud, en héritage du passé de son père. Je ne peux que vous inviter à vous laisser séduire par cet émouvant récit dans lequel « les merveilles d’Alice et les illuminations de Rimbaud vont à l’unisson à travers la Montagne Perdue », « territoire où viennent s’échouer des mémoires égarées ».

Laurouno

Le 31/10/2019

Un bien joli livre, plein de couleurs, de non-dits, de poésie rimbaldienne avec en balance la noirceur des mines ici (la Montagne Perdue) ou là-bas, à la frontière ukrainienne en guerre. quatre personnages en quête d’une mémoire assourdie: lui le Bulgare/Ukrainien en quête d’une mère française, elle femme au prénom bulgare du trèfle qui porte chance, porteuse de couleurs vives pour plaire à son fils puis en robe à fleurs pour plaire à cet homme, lui l’enfant fragile aux mille couleurs, elle une mère bien au-delà du miroir, incapable d’apporter des réponses mais le souhaitent-ils vraiment? Deux objets qui apprivoisent l’enfant: un side-car qui évoque une sauterelle, une roulotte aux couleurs vives. Et toujours en contrepoint la noirceur des mines et les ténèbres des origines. On a presque peur en lisant de fracturer ce monde fragile où les pas doivent être légers pour éviter les mines, où les poèmes de Rimbaud parlent au nom des personnages balbutiants, où le monde d’Alice est le seul à exprimer l’au-delà du miroir. A réserver à un jour de nonchalance, retour aux parfums et aux couleurs d’enfance, à la surface de la tristesse.

anniefrance

Le 07/09/2019

Ce livre avait tout pour me plaire: une superbe couverture extraite du Clair de lune de Paul Klee, un titre inspiré de Rimbaud, un auteur que j'aime beaucoup et que j'admire pour avoir écrit l'intemporel Matin Brun; à tout cela s'ajoute la Petite Cantate de Barbara. Trois personnages attachants: le petit Léo (qu'on imagine autiste, mais ce n'est pas dit) sa mère au prénom rare de Détélina (trèfle à 4 feuilles en bulgare), fascinée par la mine et Alice au pays des merveilles et l'étranger venu de l'est en side-car ancien: c'est Stépan imprégné de Rimbaud. Elle n'a pas connu son père et accompagne avec tendresse sa mère en fin de vie dans un Etablissement adapté. Lui vient de perdre son père et est à la recherche de sa mère avec très peu d'indices: un nom de lieu: la Montagne perdue et une carte postale difficile à déchiffrer. Détélina aime descendre dans la mine désaffectée où elle ajoute des photos d'elle nue aux vieilles photos de mineurs. Elle travaille dans un gîte d'étape (dans les Cévennes?)depuis cinq ans. Léo n'est qu'en partie scolarisé, c'est un enfant mystère, passionné par les couleurs, "il en savait plus sur le monde sensible qui l'entourait que la plupart des autres gamins"mais il supporte mal les contacts avec les autres.Pourtant Léo se laisse peu à peu apprivoiser par Stépan dont il aime le side-car militaire qu'il compare à une sauterelle. Détélina se méfie beaucoup au début de cet étranger venu d'Europe centrale (estonien?) la guerre civile lui a laissé de nombreuses cicatrices. Peu à peu les choses changeront. Il y a aussi la mère de Détélina, petite vieille douce et discrète qui ne reconnait plus sa fille qu'elle appelle Mademoiselle et dont elle aime le parfum de calendula. Deux personnages en quête de leurs origines qui ont de tels points communs que je les ai cru frère et soeur (j'ai craint la découverte d'un inceste involontaire) Le mystère persistera puisque Détélina n'ouvrira pas la boite qui contenait peut-être des réponses. Une belle écriture souvent poétique pour une jolie histoire pleine de mystères.