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Où je suis

de Valérie Tong Cuong , date de sortie le 23 mars 2016
Où je suis

Agnès est une chasseresse. Séductrice avisée, elle appâte, piège, capture, vampirise, puis prépare le sacrifice...

Elle n'a qu'une seule idée : faire payer aux hom... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Où je suis

Agnès est une chasseresse. Séductrice avisée, elle appâte, piège, capture, vampirise, puis prépare le sacrifice...

Elle n'a qu'une seule idée : faire payer aux hommes l'obscur drame qui a refroidi son âme quinze ans auparavant. Seulement voilà, c'est elle qui succombe. Juste. Ce prénom raisonne en elle comme une promesse. Et cette promesse suffira-t elle à lui redonner espoir ? à la rendre à la vie ?

« Le talent vertigineux de Valérie Tong Cuong, c'est de mêler dans son texte la langue violente et inspirée de la passion sans retenue, et celle de la mise à l'écart, polie, cravatée très haut. La langue qui fait semblant d'y croire et celle qui a déjà compris. Une très belle réussite. »
Daniel Picouly - Le Journal du Dimanche

Caractéristiques

Titre Où je suis
Editeur J'ai lu
Date de parution 23 mars 2016
Nombre de pages 154 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 90 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-290-12758-2 - 9782290127582

4/5

NicolasElie

Le 02/11/2016

Si tu croyais avoir ouvert un de ces bouquins pour jeunes filles en mal de romantisme, tu t'es gouré. Desproges, il en a parlé du viol. Avec ses mots. Avec son humour. Noir, l'humour. Tu te demandes pourquoi je commence cette chronique par Desproges ? Je t'explique. Souvent, le viol dans la littérature, c'est juste un prétexte pour raconter des trucs un peu gores, pour permettre à celui qui lit de fantasmer sur des scènes qu'il imagine en se disant que non, pas lui, il pourrait pas… J'ai dit celui, pas celle. C'est souvent vulgaire aussi. Forcément. Tu connais quelque chose de plus vulgaire que forcer un être humain à ne plus exister ? Donc quand tu tombes sur une pépite comme « Où je suis », t'admires. La maîtrise de l'écriture de Valérie, de cette langue qui a tendance à râper, à gratter juste là où ça fait mal. La suite de ma chronique, sur mon blog, t'as l'adresse...

lisamclivres

Le 10/04/2013

« Peut-on encore supprimer quelque chose de mort ? » Des mots qui résonnent tout au long de l’histoire, presque comme une litanie sombre et morbide. Une pensée constante, une évidence qui pourri jusqu’au plus profond de l’âme. Ces mots, ce sont Agnès qui les pensent, plus qu’elle ne les prononcent. Cette jeune femme au douloureux passé a cessé de se considérer vivante, et flirte dangereusement sur un fil avec d’un côté l’auto destruction et de l’autre, léthargie et torpeur. On comprend tout de suite que le personnage d’Agnès a été happée dans un tourbillon duquel elle ne sortira jamais, un mal être tel qu’il est peu probable de connaître une fin heureuse de l’histoire. A l’âge de 14 ans, un viol par cinq hommes pendant un séjour en camping va détruire Agnès et la faire basculer dans un monde ou seule la mort répare tout. Bien que ce soit le déclenchement de tout, Agnès passe de victime à bourreau, puis de victime à coupable. Les incompréhensions, les malentendus ne feront qu’attiser la douleur de cette plaie qui ne s’est jamais refermée. Et puis un jour, Agnès rencontre Juste. Un homme dont rien que le prénom donne de l’espoir, et qui va insuffler un nouveau sens à la vie d’Agnès. Mais cassée, blessée, au bord du gouffre, elle se rend compte qu’elle est « incapable de créer autre chose que [son] propre malheur ». Ce roman m’a fait penser à un bon café… il est court, noir et fort. Il se « déguste » lentement malgré sa taille, mais comme le café pourrait nous brûler, on tourne les pages lentement, pour en savourer chaque mot et pour assimiler toutes les saveurs du style et de l’histoire. Le style du récit est parfait pour nous impliquer directement dans l’histoire. La narration avec les dialogues rapportés nous donne vraiment l’impression d’écouter une histoire narrée à voix haute, et le travail d’introspection d’Agnès, sans trop nous en dire, nous permet de cheminer progressivement avec elle vers là où elle est menée mais également jusqu’aux endroits les plus obscures de son âme. Après avoir lu L’Atelier des miracles, j’ai acheté ce livre lors d’une rencontre avec Valérie Tong Cuong, et voici la dédicace qu’elle m’a offerte : «Le roman où l’on voit combien il est difficile parfois de distinguer la vérité de l’illusion… ». Je comprends maintenant. Comme il est difficile de s’épanouir dans ses sentiments lorsque notre perception des choses est faussée.