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Noir dehors

de Valérie Tong Cuong , date de sortie le 04 octobre 2017
Noir dehors

Un après-midi d'août étouffant à New York. Soudain, c'est la panne générale. Tout s'arrête. La ville qui ne dort jamais devient la scène chaotique où les plus extrêmes so... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Noir dehors

Un après-midi d'août étouffant à New York. Soudain, c'est la panne générale. Tout s'arrête. La ville qui ne dort jamais devient la scène chaotique où les plus extrêmes solitudes vont s'entrechoquer.

Il y a d'abord Naomi, la si jolie « pute à crack » enfermée dans un bar clandestin de Brooklyn, sur laquelle veille jalousement l'énigmatique Bijou. Il y a Simon Schwartz, l'avocat médiatique, au 36e étage d'une tour déserte du Financial District. Il y a Canal, ainsi baptisé depuis qu'on l'a trouvé, nourrisson, abandonné sur te trottoir de Canal Street à Chinatown.

En glissements progressifs vers la folie ou l'expiation, en monologues nerveux, ces personnages vont s'ouvrir à la liberté et se réveiller différents. Un roman choral superbement réussi : « short cuts » d'une plongée dans les ténèbres.

« Sur un rythme enlevé, nerveux, la romancière fait entendre, à travers ces voix qui se révèlent à elles-mêmes, les peurs, les incertitudes, les blessures de ces vies qui, à la faveur de cette nuit singulière, trouveront le chemin de la rédemption. »
Le Monde

Caractéristiques

Titre Noir dehors
Editeur J'ai lu
Date de parution 04 octobre 2017
Nombre de pages 189 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 108 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-290-13357-6 - 9782290133576

4/5

celinedr

Le 21/03/2018

Mon premier Valérie Tong Cuong. Et pas le dernier ! Noir dehors est un petit roman qui se lit très vite. Trois personnages : Simon, Naomi et Canal. De prime abord, ils n’ont rien en commun si ce n’est qu’ils vivent à New York. Quelles sont les chances pour que leur chemin se croisent ? Elles sont minces. Et pourtant, le destin, qui nous joue parfois de drôles de tours, les réunira. Enfin, drôle n’est peut-être pas le mot. Car, si la destinée en favorisera certains, elle en accablera d’autres . La responsable : Une panne générale d’électricité. Si c’est l’occasion pour que certains se serrent les coudes et développent leur altruisme, c’est aussi le moment où d’autres vont sombrer. Dès les premières pages, l’auteure plante une évidence : nous ne sommes pas tous égaux ! La misère côtoie le luxe, ce n’est pas une découverte. Simon, le grand avocat médiatisé ; Naomi la prostituée perdue ; Canal, l’illégal pour qui j’ai eu un grand coup de cœur. Leur histoire est racontée sans fioritures. Si les débuts s’apparentent à une simple et agréable narration, rapidement la tension monte crescendo jusqu’à atteindre une fin qui fait suffoquer. Je mettrais tout de même un petit bémol concernant l’épilogue que j’ai trouvé un peu « happy end ». Suite à tant de noirceur, j’avoue que, dans un premier temps, je ne l’ai trouvé que moyennement crédible. Puis, après réflexion, j’ai vu les choses différemment. Il n’est finalement pas si éloigné de la réalité. Parfois, dans la vie, après une bonne grosse averse, le soleil finit par percer. Un roman qui m’a très vite happée. Ce vent de panique qui souffle sur la ville. Ce sentiment d’impuissance qui envahit les « grands » comme les pauvres gens. Ici, pas de favoritisme social. Dans Noir dehors, les plus fragiles ont toutes leurs chances. Un peu de lumière dans l’obscurité.  

MissG

Le 29/08/2013

New York est une ville cosmopolite, emblématique du melting pot des populations : "C’était ça, New York. Des gens de toutes les couleurs, de tous les âges, de tous les genres.". Aussi, il ne serait pas aberrant d’y faire se rencontrer des personnes qui n’ont rien en commun entre elles. C’est ce que réussit brillamment Valérie Tong Cuong dans ce roman choral. C’est une chaude journée d’août à New York, chacun est à son travail, dans sa petite vie, sans forcément se soucier des autres et soudain, c’est la panne général d’électricité : "Mais c’est la panne, le hasard de la vie ou peut-être la volonté mystérieuse du Seigneur.", et alors tout l’ordinaire est bousculé. Naomi, une jeune fille prostituée de force dans un bar clandestin et veillée par Bijou, en profite pour s’échapper avec son amie. Simon Schwartz, avocat riche et arrogant, se trouve coincé au trente-sixième étage d’une tour du Financial District proche de Ground Zero, victime d’une cheville douloureuse, à penser à son amour virtuel, à détester sa femme bien réelle, à être indifférent ou presque à ses deux enfants, et ne devant son secours qu’à un veilleur de nuit. Quant à Canal, recueilli bébé par une famille de Chinatown et baptisé en l’honneur de l’endroit où il fut trouvé, Canal Street, il prend et découvre la liberté suite à un incendie qui ravage le magasin où il travaillait et vivait jusque là, ayant découvert par lui-même Confucius et guidant sa vie selon les préceptes du maître. Tous ces destins vont se croiser dans une église, accueillant des réfugiés de cette panne. Alternant les points de vue, Valérie Tong Cuong livre au lecteur les pensées les plus intimes de ces trois personnages, les faisant basculer dans l’introspection, la folie, la rédemption, se payant le luxe d’offrir au personnage de Noemi un coup de foudre sur celui de Canal : "Il avait les traits fins, peut-être vingt-cinq ou trente ans, et quelque chose d’aussi beau que naïf qui m’aurait fait du bien si j’avais eu la force d’être encore émue.". Construit sur la base de monologues, ce roman est un chant à la vie, avec pour toile de fond une ville de New York où, pour une fois, les destins ne font pas que se croiser mais se mêlent aussi les uns aux autres et où les personnes prennent le temps d’en rencontrer d’autres. C’est aussi le récit d’une entraide humaine qui tend vers la fraternité, la panne obligeant chacun à se soucier de l’autre. C’est de plus très bien écrit, dans un style qui reflète toute la complexité des sentiments humains. "Noir dehors" est non seulement l’œuvre qui m’a permis de découvrir Valérie Tong Cuong mais également de redécouvrir des quartiers typiques de New York dans une très belle histoire humaine racontée à plusieurs voix qui débouche sur un sentiment universel : l’amour, mais également l’espoir.