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Murène

de Valentine Goby , date de sortie le 21 août 2019
Le point de vue des éditeurs

Hiver 1956. Dans les Ardennes, François, un jeune homme de vingt-deux ans, s'enfonce dans la neige, marche vers les bois à la recherche d'un village. Croisant une ... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Le point de vue des éditeurs

Hiver 1956. Dans les Ardennes, François, un jeune homme de vingt-deux ans, s'enfonce dans la neige, marche vers les bois à la recherche d'un village. Croisant une voie ferrée qui semble désaffectée, il grimpe sur un wagon oublié... Quelques heures plus tard une enfant découvre François à demi-mort - corps en étoile dans la poudreuse, en partie calciné.

Quel sera le destin de ce blessé dont les médecins pensent qu'il ne survivra pas ? À quelle épreuve son corps sera-t-il soumis ? Qu'adviendra-t-il de ses souvenirs, de son chemin de vie alors que ses moindres gestes sont à réinventer, qu'il faut passer du refus de soi au désir de poursuivre ?

Murène s'inscrit dans cette part d'humanité où naît la résilience, ce champ des possibilités humaines qui devient, malgré les contraintes de l'époque - les limites de la chirurgie, le peu de ressources dans l'appareillage des grands blessés -, une promesse d'échappées. Car bien au-delà d'une histoire de malchance, ce roman est celui d'une métamorphose qui nous entraîne, solaire, vers l'émergence du handisport et jusqu'aux Jeux paralympiques de Tokyo en 1964.

L'AVIS Du libraire

"Sophie, Espace Culturel de Tourlaville :
Le corps, véritable personnage de ce roman ; sa réappropriation après un lourd traumatisme, sa sensibilité, sa mouvance, sa douleur, sa force... Une réflexion sur la liberté de disposer de soi. L'écriture est riche, d'une vitalité contagieuse, les images puissantes."

Caractéristiques

Titre Murène
Collection Domaine français
Editeur Actes Sud
Date de parution 21 août 2019
Nombre de pages 379 pages
Dimensions 22,00 cm x 12,00 cm
Poids 370 g
Support Broché sous jaquette
ISBN / EAN 978-2-330-12536-3 - 9782330125363

4,8/5

Ptitgateau

Le 28/12/2019

J'en étais déjà convaincue, et ce livre n'a fait que renforcer cette conviction : on devrait se lever chaque matin en remerciant le ciel d'être en bonne santé et valide comme ce fut le cas de François jusqu'à l'âge de 22 ans, beau jeune homme plein de vie qui perd ses bras suite à une électrocution. Ce roman très bien écrit, invite fortement le lecteur à réaliser ce que peut être le calvaire d'un homme sans bras, et qui, dans les années 50 ne peut espérer de prothèse efficace. Regard des autres, vie quotidienne réclamant une assistance pour chaque geste : se laver, s'habiller, manger… dépendance totale. On imagine alors l'état de déprime dans lequel François se retrouve après sa résurrection : il n'est pas mort, mais il n'est pas vivant non plus, ainsi se qualifiera-t-il de « non mort ». Comment recommencer à mordre à belles dents dans ce cadeau qu'est la vie quand le cadeau devient empoisonné. Ce récit, et c'est merveilleux, n'a rien de pessimiste : François va devoir s'adapter, et au terme d'un travail de deuil, deuil d'un corps valide, et avec bien des moments de découragement, apprendre à se réjouir d'une réussite aussi petite soit-elle, il va s'ouvrir aux autres, et sauver des proches qui partagent sa condition d'handicapé. Ce livre s'adresse à tout lecteur qui ne réalise pas ce que c'est d'être mutilé, de subir le regard d'autrui, d'être rejeté, de trouver sa sécurité au milieu d'autres personnes partageant une condition similaire (ce que François appellera un ghetto). Admirable la documentation de l'auteur, tant d'un point de vue médical que matériel, et de la psychologie d'une personne lourdement handicapée. Un livre que je recommande ! Challenge MULTI-DEFIS 2019

marina53

Le 02/12/2019

Hiver 1956... François Sandre, un beau jeune homme de 22 ans, est en pleine fleur de l'âge. Le corps et le cœur vaillants, il a exercé divers boulots manuels, à l'usine, aux vignes, à la forge. Et est amoureux de Nine depuis plusieurs mois. En ce mois de février, l'hiver sibérien gèle Paris et toute l'Europe. Aujourd'hui, il part pour les Ardennes donner un coup de main à son cousin, Georges, dans une scierie près de Charleville-Mézières. Il fait le trajet en camion, avec Toto. Malheureusement, le froid et la neige auront eu raison du dix tonnes. Stoppés en pleine campagne. François se charge d'aller chercher de l'aide, à Signy, tandis que Toto surveille le camion. La région lui étant inconnue, c'est en apercevant une voie de garage et des wagons immobiles que lui vient l'idée de grimper sur l'un d'eux afin de pouvoir se situer... C'est une petite fille, courant après un lièvre, qui apercevra la première le corps de François dans la neige. Transporté d'urgence avec les moyens du bord. Le médecin ne pourra que constater les graves brûlures. Haut de la poitrine, une partie de la jambe droite, le dos et surtout les deux bras, calcinés... François n'est pas mort. Mais, lui, se sent-il réellement, littéralement, viscéralement vivant, après que le chirurgien lui ait amputé les deux bras ? Comment vivre ainsi, à 22 ans, quand on est un jeune homme plein de vivacité, un jeune homme qui aime manier et toucher de ses mains, grimper aux arbres ? François n'a pas le choix puisqu'il n'est pas mort. Durant quelques années, l'on suit son long cheminement. De son hospitalisation à la découverte de la natation, un sport qui lui redonnera vie et espoirs et le métamorphosera. François, ce personnage sans bras, d'une incroyable richesse et humanité, nous émeut et nous étreint. Autour de lui, l'amour inconditionnel de ses parents et de sa petite sœur, la bienveillance de Nadine, l'infirmière, le soutien de la "tierce personne" et la main tendue et salvatrice de l'Amicale Sportive des Mutilés de France. Bien que le sujet soit sombre, ce récit irradie d'espoir, de vie, de lumière. Valentine Goby, de par son écriture dense et sensible, nous offre un roman étincelant et véritablement émouvant...

Kittiwake

Le 23/11/2019

Gros coup de coeur pour ce roman qui va me hanter longtemps! Pour l’histoire qu’il conte, une tragédie épouvantable qui vient faucher un destin prêt à éclore, et de la façon la plus terrible. Je me suis tellement glissée dans la peau de ce personnage, qu’après une séance de lecture, c’est avec beaucoup de bonheur que j’ai constaté que je disposais de deux membres supérieurs fonctionnels et sacrément utiles! On partage ses souffrances multiples, physiques et psychiques, on le soutient dans ses efforts, parfois vains, de repousser ses limites, et on suit à son entourage, blessé lui aussi de ne pouvoir l’aider sans l’humilier. L’auteur explore aussi les réactions de tous ceux qui de près ou de loin constatent le manque : les soignants, qui font ce qu’ils peuvent avec plus ou moins de délicatesse, limités eux-aussi dans leurs possibilités thérapeutiques (nous sommes dans les années 50), la famille, effondrée, aimante, envahissante parfois, les rencontres aléatoires, comme l’écrivain public, et puis la foule des témoins anonymes, dans la rue, entre dégoût et compassion… C’est aussi l’histoire d’une reconstruction, inouïe, presque qu’inconcevable mais qui advient, malgré tout, après les étapes de sidération, puis de révolte. Une reconstruction personnelle qui va jusqu’au plus tard jusqu’au prosélytisme, avec la volonté de tirer d’affaires d’autres blessés de la vie. Et si cette histoire m’a tellement cueillie, émue, bouleversée, c’est grâce à la magie de cette écriture, riche, envoutante, tellement juste. On ressent l’empathie qu’elle éprouve pour ses personnages, qui transparait parfois en clin d’oeil, lorsqu’elle s’excuse auprès d’eux de leur faire subir un tel sort. Une superbe découverte, et un classement dans mon top 3 personnel de cette année.

Fandol

Le 07/11/2019

Quel roman extraordinaire ! Je sors de cette lecture passionnante et émouvante complètement bouleversé. De la première à la dernière page, Valentine Goby que j’avais déjà appréciée dans Un paquebot dans les arbres, m’a fait vivre une histoire d’une importance primordiale pour celles et ceux qui se disent valides et j’ajoute que ce roman est aussi essentiel – une formidable bouffée d’oxygène – pour celles et ceux qui souffrent d’un handicap. Avec François Sandre, grand jeune homme, sportif, amoureux, qui adore l’escalade, j’ai vécu des moments si intenses que j’ai de la peine à trouver les mots justes, ces mots que l’auteure a si bien su agencer et faire vivre avec un souci de la documentation d’une précision remarquable. Tout débute au cours du terrible hiver 1956 dont je me souviens. L’intérieur des fenêtres était complètement gelé malgré les couvertures et les protections installées par mes parents… François part de Paris, passager d’un camion qui l’emmène chez un cousin, dans les Ardennes. Tombés en panne sur une route déserte, le chauffeur du camion l’envoie chercher du secours. François part, suit des rails, trouve des wagons immobilisés par le gel, grimpe sur l’un d’eux pour tenter de voir où il peut trouver de l’aide et une déflagration électrique le propulse sur le sol, un arc de 25 000 volts depuis la caténaire qui aurait pu le tuer ! C’est une fillette qui trouve ce corps brûlé au deuxième et au troisième degré. Un bras est carbonisé complètement, l’autre presque autant. Commence alors une période terrible tellement bien racontée par Valentine Goby, avec des déferlantes de mots, de phrases qui prennent aux tripes. Il faut vraiment lire tout ça ! Je dois tout de même révéler que François s’en sort, revient dans sa famille qui tient un atelier de couture mais il n’a plus de bras. Nous sommes à la fin des années 1950 et l’appareillage qu’on lui propose, il ne le supporte pas. Lui qui est très attiré par l’eau – quelle scène dans ce lac du col de la Loze, au-dessus de Méribel, où le Tour de France 2020 arrivera pour la première fois !… - découvre une murène, poisson sans nageoires, lors de la visite d’un aquarium en compagnie de Sylvie, sa sœur. Au passage, il faut que je salue Mum, sa mère, anglaise, qui fut d’une admirable patience durant son hospitalisation. Insensiblement, j’ai découvert les débuts de ce que nous appelons aujourd’hui le handisport, mal vu, pas accepté au début des années 1960. Ce qui était, au début, en France, réservé aux mutilés de guerre, s’étend peu à peu. C’est en regardant les Jeux Paralympiques de Rio, en 2016, que l’auteure a été épatée par Zheng Tao qui bat le record du monde du 100 m dos. Depuis 1960 et Rome, que de chemin parcouru ! Hommage vibrant s’il en est, Murène est un livre qui fait honneur à la littérature française, un livre qui redonne dignité et humanité à toutes celles et à tous ceux qui souffrent dans leur corps et trouvent dans le sport, à condition qu’on regarde comme des sportifs, une occasion de se sublimer et d’oublier leur différence.

Cancie

Le 04/11/2019

Février 1956, un hiver sibérien sévit à Paris. François Sandre, un grand et beau jeune homme de vingt-deux ans a la vie devant lui. Il vient de rencontrer Nine et ne rêve qu'à la serrer dans ses bras. Il rejoint ce jour-là, Porte de Clichy, Toto, un camionneur qui doit le conduire dans une scierie près de Charleville-Mézières, dans les Ardennes, pour aider Georges, un cousin. Mais le camion se retrouve immobilisé sur la route gelée et François part dans la neige chercher de l'aide. Toto attendra en vain... le corps de François est retrouvé inanimé au pied d'un wagon désaffecté au lieu-dit hameau de Bayle, près des rails d'une voie ferrée, sous une caténaire. Grièvement brûlé, il ne devra sa survie qu'à l'amputation de ses membres supérieurs. Magnifique écriture de Valentine Goby qui réussit à nous faire entrer dans la tête de François et à nous faire ressentir les souffrances de ce corps mutilé, à une époque où la chirurgie et la médecine en étaient encore à leurs balbutiements de même que les appareillages et prothèses, même si, avec les guerres, des progrès avaient été faits. Elle brosse également un très beau portrait de cette infirmière Nadine qui saura accompagner chacun de ses gestes de paroles lors de son hospitalisation. Puis, ce sera le retour à Paris, chez ses parents. François va devoir combattre pour affronter cette nouvelle vie où " Il ne pourra plus se brosser les dents, boutonner une chemise, se raser, cirer-lacer-délacer ses chaussures, enduire un mur, pincer la joue de Sylvia, boire une chope, attraper un ballon, écrire une lettre, sculpter un bâton, glisser la clé dans la serrure, déplier le journal, rouler une cigarette, tirer la luge, décrocher le téléphone, se peigner, changer un pneu de vélo, ceinturer son jean, se torcher, payer à la caisse, couper sa viande, se suspendre aux branches, tendre un ticket de métro, héler le bus, applaudir, mimer Elvis à la guitare, signer, serrer une fille contre lui, danser avec une fille, donner la main à une fille, passer les cheveux d'une fille derrière son oreille, dénouer un ruban, toucher l'oreille d'une fille, la cuisse d'une fille, le ventre d'une fille, le sexe d'une fille, son sexe à lui, se pendre, s'ouvrir les veines, se tirer une balle, même se foutre en l'air il ne peut pas." Terrible, bouleversant, les mots me manquent pour exprimer ce que j'ai ressenti à l'évocation de l'avenir qui lui est réservé. Mais une métamorphose, une mutation profonde va s'opérer lorsque, grâce à l'Amicale sportive des mutilés de France, il va pouvoir profiter de séances en piscine. Il faut dire que lors d'une visite à l'aquarium avec sa soeur Sylvia, la rencontre derrière une vitre, d'une murène, cette silhouette grossière, sans écailles ni nageoires pectorales et ventrales, d'apparence monstrueuse mais si gracieuse va le happer. À la suite de cette vision, il n'aura de cesse d'apprendre à nager. Cette murène va en quelque sorte lui réinventer un avenir. le sport va être pour lui l'occasion de se dépasser bien sûr, mais aussi de rencontrer d'autres gens, de discuter, de se trouver un travail... Ce sera une voix de salut, l'eau lui permettant de découvrir une nouvelle forme de sociabilité, ce sera une véritable renaissance. Il va de nouveau vivre, c'est à dire adhérer à l'existence. Valentine Goby, à travers ce roman va retracer tous les balbutiements du handisport, un pari incertain pour ces sportifs, avec toutes les difficultés rencontrées pour être crédibles, jusqu'aux jeux paralympiques de Tokyo en 1964. Cette dimension historique contribue beaucoup à la force de ce roman. Si ce roman est une totale fiction, Valentine Goby que j'ai eu la chance de rencontrer aux Correspondances de Manosque dit avoir été frappée par la beauté insolite de ce nageur chinois Tao Zheng triomphant aux jeux paralympiques de Rio en 2016. C'est cette image qui a tout déclenché ! Quel magnifique roman que Murène ! C'est un roman très riche, d'une grande sensibilité, d'une grande justesse de ton, dans un style dense et puissant sur un sujet pas facile qui sait nous faire partager la moindre émotion, le moindre découragement, le moindre espoir de François. C'est un roman qui continue à m'habiter, même une fois achevé.