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Miroir de nos peines

de Pierre Lemaitre , date de sortie le 02 janvier 2020
Miroir de nos peines

Avril 1940. Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu'elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d'... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Miroir de nos peines

Avril 1940. Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu'elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d'une période sans équivalent dans l'histoire, où la France tout entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches... Et quelques hommes de bonne volonté.

Il fallait toute la verve et la générosité d'un chroniqueur hors pair des passions françaises pour saisir la grandeur et la décadence d'un peuple broyé par les circonstances.

Secret de famille, grands personnages, puissance du récit, rebondissements, burlesque et tragique... Le talent de Pierre Lemaître, prix Goncourt pour Au revoir là-haut, est ici à son sommet.

Caractéristiques

Titre Miroir de nos peines
Editeur Albin Michel
Date de parution 02 janvier 2020
Nombre de pages 536 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 570 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-226-39207-7 - 9782226392077

4,8/5

Kittiwake

Le 22/01/2020

Dernier opus de la trilogie consacrée aux douloureuses périodes de la première moitié du 20è siècle, Miroir de nos peines se déroule sur la courte période qui fit entrer la France dans le conflit mondial, juste après la « drôle de guerre ». Comme dans les deux précédents tomes, le récit s’ouvre sur un épisode assez fort et déroutant. Les personnages sont à peine présent que l’un deux se suicide dans des circonstances intrigantes, devant Louise, la petite fille qui dessinait des masques pour Edouard, la gueule cassée d’Au-revoir là-haut, et qui est devenue une jolie jeune femme, institutrice et serveuse de restaurant à ses heures perdues. Mais au-delà du choc qui résulte de la violence de la scène, les révélations qui suivront modifieront le cours de son destin. Comme l’auteur aime à le faire, d’autres personnages entrent en scène, pour lesquels on se languira de faire le lien avec Louise. Raoul, la petite frappe, bonimenteur et escroc à la petite semaine, exerce ses talents sur la ligne Maginot, juste avant que l’assaut des allemands devienne une réalité qui confirme les doutes sur précarité de cette frontière tactique sensée être infranchissable. La suite des événements le conduira en prison puis sur les routes avec les millions de migrants de l’exode. Désiré, l’homme caméléon, qui revêt au gré des opportunités mille costumes, et adopte le ramage assorti au plumage. Ce personnage allège le propos tant ses outrances qu’il gère à merveille sont réjouissantes. On se doute que les destins se rejoindront sans tarder, c’est le piment qui ajoute au plaisir de parcourir cette version romancée de ces débuts de la seconde guerre mondiale. Seul regret, trilogie veut dire que nous n’aurons pas le bonheur de continuer à contempler l’histoire de notre pays, sous le prisme littéraire de Pierre Lemaitre. Dommage.

Kirzy

Le 15/01/2020

Quand tu te rends à une table étoilée pour la troisième fois, tu peux être tentée de chicaner, soupeser, couper les cheveux en quatre, bref comparer avec ce qu'on t'a servi la dernière fois. Ben là, même pas envie tellement la table est bonne chez Lemaitre ! Juste du plaisir à boulotter son histoire. C'est le genre de bouquin que t'emportes partout avec toi pour ne pas quitter les personnages, aux toilettes ( si si ), dans le métro ( même quand t'es grave collée contre la vitre dans un RER A bondé en pleine grève ) yes, tu dégaines, à chaque minute profitable. Pierre Lemaitre aime tellement ses personnages, qu'à la Balzac, il va piocher dans Au revoir là-haut le personnage secondaire de Louise Belmont, la fillette de dix ans qui s'était entichée d'Edouard Péricourt, la gueule cassée qui logeait chez sa mère impasse Pers dans le 18ème. Dans l'épilogue de ce premier opus, il était dit qu'elle n'eut pas de destin remarquable jusqu'à ce qu'on la retrouve en 1940. Elle a désormais 30 ans, institutrice et serveuse dans un troquet, et se voit offrir sur un plateau une scène d'ouverture absolument spectaculaire, qui fixe dans l'imagination du lecteur une empreinte puissante. Gabriel, le prof de mathématiques un peu falot devenu sergent-chef; son comparse caporal Raoul, l'attachant combinard sans scrupule ; la courageuse Louise qui court derrière ses secrets de famille ; Jules, le patron au coeur énorme de Louise, et surtout l'irrésistible Désiré, usurpateur génial au charisme fou qui revêt multiples identités au cours de l'épopée … tous formidablement campés, tous en mouvement dans cette France du printemps 1940 qui passe en quelques jours de la Drôle de guerre à la panique de la débâcle face à l'armée allemande. Tout le talent de conteur de Lemaitre s'exprime dans son art de tresser plusieurs arcs narratifs avec une vivacité remarquable, dans un rythme bondissant qui nous transporte de la ligne Maginot aux routes de l'Exode. Il sait injecter de la densité émotionnelle au bon moment tout en créant du suspense qui pousse à lire. C'est vraiment un des rares auteurs français qui maitrise à ce point ce sens du romanesque échevelé avec ces morceaux de bravoure comme la sabotage du pont de Tréguière. Sa façon de brosser un tableau de cette période historique est également réjouissante. Il s'empare d'événements réels complètement incongrus ou méconnus ( l'exode pénitentiaire de la prison parisienne du Cherche-Midi vers le camp de Gurs ou encore la destruction de billets d'une valeur de milliards de francs par la banque de France pour éviter que les Allemands ne s'en emparent ) et il s'amuse à en inventer des nouveaux complètement véridiques comme justement le sabotage du pont de Tréguière ou la vie dans le fort du Mayenberg. L'illusion est parfaite ! Sa description de l'Exode et ses Français qui fuient sur les routes l'avancée allemande est très réussie, on a l'impression, d'être avec eux. Et puis, comme toujours, on rit ! Peut-être un peu plus que dans les précédents tomes, dès que le personnage de Désiré apparaît. Mais on rit intelligemment car derrière la farce, pointe une réflexion sur la désinformation mise en oeuvre par le ministère de l'Information dans cette période d'hystérie et de panique tout schuss. C'est lors d'un cataclysme que l'on sait ce qu'on est, ce qu'on vaut, que l'ont doit être le meilleur et montrer à la hauteur des qualités humaines qu'on prétend avoir. Et là, la façon dont réagissent les personnages principaux ne laissent aucun doute au final et on ne les aime qu'encore plus. Je me suis régalée et sans doute, le plaisir aurait été total avec la présence d'un truculent « méchant » pour contrecarrer le destin de nos personnages. Ce destin, on devine assez vite ( un peu trop ) vers dans quelle direction il va aller, il y a peut-être moins de rebondissements sur le final comme dans ses autres romans. Une fresque réjouissante, savoureuse qui peut se lire indépendamment d'Au revoir là-haut et Couleurs de l'incendie mais ce serait vraiment dommage de ne lire que celui-là … Pierre Lemaitre est sans conteste un de nos plus grands écrivains !

migdal

Le 05/01/2020

Passionnant roman, ce Miroir de nos peines nous emmène du 6 avril au 13 juin 1940, en quatre couloirs narratifs, sur les pas de Louise, institutrice aussi coureuse que courageuse, Raoul, gaulois téméraire, débrouillard et insoumis, Fernand, garde mobile, chiffonnier à ses heures et Désiré, génial acteur polymorphe. Pierre Lemaitre est toujours aussi talentueux pour mettre en scène des héros attachants et les projeter dans des épisodes décrits avec un art cinématographique qui les rend inoubliables. Il sait parfaitement conjuguer la tragédie et la comédie et son scénario présente, hélas, bien des points d'analogie avec l'actualité ... j'imagine fort bien Alexandre Benalla incarner Raoul et Benjamin Griveaux jouer Désiré au ministère de l'information ;-) Jusqu'à la page 534, j'ai cru avoir le premier chef d'oeuvre de l'année entre les mains. Mais j'ai déchanté en page 535 en découvrant une bibliographie « comme il se doit » misogyne dans laquelle notre auteur oublie, par exemple, Valerie Tong-Cuong et son mémorable « par amour » et surtout omet « suite française ». Comment peut on évoquer l'exode sans penser à Irène Némirovsky qui a écrit les plus belles pages sur ces tragiques semaines du printemps 1940 avant d'entrer dans l'éternité en août 1942 à Auschwitz ? Comme Pascal décidément , « Je ne crois que les témoins qui sont prêts à se faire égorger » et je cours relire « suite française ».

sabine59

Le 03/01/2020

Lu passionnément en deux jours, voilà encore une réussite avec ce dernier volet de la trilogie des" Enfants du désastre "! Merci, Pierre, de me l'avoir trouvé dès le matin de sa parution, la libraire était en train de le mettre en rayon! " Couleurs de l'incendie" nous présentait l'époque trouble de l'entre deux-guerres. L'auteur a choisi ici la seconde guerre mondiale, mais sur une période très précise, et courte, d'avril à juin 1940. Le lien, très ténu, avec les personnages précédents, est Louise, jeune femme qui a connu et aimé , enfant, Édouard Péricourt , la gueule cassée du premier tome, frère de Madeleine. Je ne voudrais surtout pas gâcher le plaisir des futurs lecteurs, ce serait dommage. Je vous dirai seulement que j'ai intensément vibré en lisant cette histoire, picaresque, poignante, intimiste, universelle, eh oui, tout cela à la fois! Que les personnages ont éveillé en moi toute une gamme variée de sentiments, d'émotions: empathie,compassion, dégoût, admiration, curiosité... Ce début de guerre incertain, où bien vite, les allemands progressent en France, puis l'exode qui s'en suit, étaient pour l'auteur un terreau d'imagination fructueux, même s'il s'appuie aussi sur des faits véridiques. Pierre Lemaitre a l'art de faire vivre pour nous des êtres de papier aussi vrais que nature, Louise, Fernand, Jules, Raoul, Gabriel et tant d'autres. Et je vous laisse découvrir mon préféré, Désiré, l'homme-caméléon, vous verrez pourquoi je le surnomme ainsi... Quant à l'épilogue, il est savoureux... Alors, je n'ajouterai que quelques mots pour conclure: lisez ce livre, il vous transportera ! Miroir de nos peines, oui, mais aussi miroir de notre ravissement de lecteur!