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Les yeux rouges

de Myriam Leroy , date de sortie le 20 août 2020
Une trentenaire reçoit un message envoyé par un inconnu sur Facebook. Il marque le début d'un harcèlement qui ne cesse d'empirer, de l'insistance à l'agression jusqu'à l'accusation publique.
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La fiche détaillée

Résumé

Une trentenaire reçoit un message envoyé par un inconnu sur Facebook. Il marque le début d'un harcèlement qui ne cesse d'empirer, de l'insistance à l'agression jusqu'à l'accusation publique.

Caractéristiques

Titre Les yeux rouges
Auteur Myriam Leroy
Collection Points
Editeur Points
Date de parution 20 août 2020
Nombre de pages 153 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 98 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-7578-8041-8 - 9782757880418

4,1/5

croquemiette

Le 29/02/2020

La narratrice est une jeune journaliste, talentueuse et médiatisée, connue pour ses prises de position à la radio. Un jour, elle reçoit un message d'un certain Denis sur Facebook. Il est courtois et sympathique, se présente comme père de famille respectable. Elle reste bien sûr distante avec cet inconnu qu'elle ne connaît que de manière virtuelle. Mais petit à petit, il lui parle de lui-même, il la flatte et la complimente beaucoup et elle finit par se prendre au jeu et l'accepte comme ami sur Facebook. Très vite, elle finit par se lasser. Il devient un peu lourd, il insiste quand elle ne répond pas etc. Elle décide de le supprimer de la liste de ses amis, sans penser que ça aura plus de conséquences. Et là, s'ensuit un déferlement de harcèlement haineux sur les réseaux sociaux. Elle affronte alors le Denis de "Denis la menace", rageux et haineux, raciste et machiste, courtisé par toute une petite cour de gens médiocres, planqués derrière leur ordinateur ou leur portable. Il s'acharne sur elle. Photo-montages graveleux, insultes et s'en prend même à son compagnon, musicien dans un groupe de rock. Elle finit par ne penser qu'à ça. Elle a les yeux rouges, réaction épidermique liée au stress du harcèlement qu'elle subit. Ses proches ne la comprennent pas vraiment, on lui suggère de quitter les réseaux sociaux. Il faut dire qu'elle ne parle maintenant plus que de ça. Elle tente de trouver du réconfort auprès de praticiens en médecine douce. Elle tombe sur pas mal de charlatans aux pratiques douteuses, mais elle est désespérée et à la recherche d'une solution pour ses yeux. J'ai bien aimé lire ce roman. L'écriture est percutante et très actuelle, reprenant le style "chat" avec emoticons et abréviations utilisés sur les réseaux sociaux. L'héroïne n'est vue qu'à travers les autres personnages - Denis, la juge, ses amis... - ce qui la dépersonnalise à l'instar du harcèlement dont elle est victime. Cependant, tout est fait pour que nous prenions parti pour la victime. C'est blanc et noir, la gentille et le méchant. Or, la vérité n'est jamais aussi simple. L'héroïne, que l'on prend en empathie au début du récit, devient plus lointaine et désagréable avec ses amis et son copain. On apprend qu'un proche à elle a connu un décès dans sa famille et qu'elle n'a pas été présente en tant qu'amie. Elle est focalisée sur sa propre douleur, ce qui ne la rend pas très sympathique. La fin amène cependant une autre lecture possible. Myriam Leroy a elle-même été victime de harcèlement. Elle raconte donc l'horreur de ce qu'elle a vécu même si elle refuse de parler de récit personnel pour cet ouvrage. Le roman aborde de nombreux thèmes outre le harcèlement : la place des femmes, l'intolérance, l'impunité sur Internet, la violence digitale, la limite entre personnalité publique et vie privée... Sur un thème aussi intéressant et actuel que le cyber-harcèlement, j'aurais aimé une approche moins partiale.

M_a_r_c

Le 20/01/2020

Après Ariane, Les Yeux Rouges est le deuxième roman de Myriam Leroy. Elle y raconte le calvaire vécu par une jeune journaliste du service public, qu'un certain Denis prendra pour cible sur les réseaux sociaux, lui faisant vivre un véritable enfer. Les premiers messages que son tortionnaire adresse à la narratrice sont élogieux. A la limite de la flatterie même, alors qu'il se présente d'emblée comme un mari et un père comblé. Ceci explique sans doute que la narratrice cède devant son insistance et qu'elle finit par lui répondre. Des réponses toutefois insuffisantes aux yeux de Denis. Dont la frustration grandissante se muera rapidement en une colère dévastatrice, à laquelle il donnera libre cours sur la toile, dans une entreprise de dénigrement en règle. Il y a dans Les Yeux Rouges une narratrice, mais qui n'est là qu'en filigrane ; elle s'efface derrière les propos de son harceleur. Au départ, les critiques dont elle est la cible ne la bouleversent pas. Ou pas exagérément. Après tout, elle est une personnalité publique, ses mots aussi sont parfois tranchants. Elle est capable d'encaisser la critique, d'assumer un certain retour de manivelle. Progressivement toutefois, l'entreprise de sape menée par Denis la déstabilise. Un petit peu d'abord. de plus en plus ensuite. le mouvement s'accélère quand elle a l'impression de n'être prise au sérieux par personne. Les autorités, les collègues, les amis, même son compagnon, semblent ne pas comprendre le désarroi dans lequel la plonge les agissements de Denis à son encontre. Denis dont rien ne semble pouvoir calmer la fureur. Face au déferlement de haine 2.0 dont elle est l'objet, car Denis a derrière lui une belle troupe de « followers », des plus actifs aux plus passifs, face à l'incompréhension de ceux qui l'entourent, la narratrice se sent de plus en plus seule, de plus en plus désemparée. Sa vie bascule progressivement. Sous couvert de fiction, Myriam Leroy relate dans Les Yeux Rouges le harcèlement dont elle a été la victime il y a quelques années sur les réseaux sociaux. Et qui l'a très fortement marquée. Ce qu'on comprend sans peine. Son livre, pourtant, pose une série de problèmes… Tout d'abord, quel était l'objectif de Myriam Leroy en l'écrivant ? Dans une interview récente (https://www.7sur7.be/lire/je-ne-sais-pas-ce-qu-il-faut-faire-quand-on-est-harcelee-j-ai-tout-essaye-et-rien-ne-me-semble-satisfaisant~a6848cef/), elle affirmait que « Beaucoup de gens croient que l'écriture de ce livre a été une thérapie mais pas du tout. Pour moi, ce qui fait office de thérapie, c'est la thérapie. J'ai fait un travail romanesque sur un sujet qui me touche personnellement. Ça ne m'a pas fait du bien mais je n'aurais pas pu ne pas l'écrire. C'est un peu confus dit comme ça mais il y a quelque chose de l'ordre de l'évidence. » Mais quel besoin ? Quelle évidence ? Peu importe finalement. L'écriture était nécessaire à Myriam Leroy. Pour l'une ou l'autre raison dont il n'est pas question de discuter le bien-fondé. La publication s'imposait-elle pour autant ? Ceci amène au deuxième souci que pose l'ouvrage. S'il a été écrit pour faire réagir, pour porter sur la place publique le dossier du harcèlement – dont les femmes sont bien plus souvent que les hommes victimes – le discours de Myriam Leroy n'autorise pratiquement aucun débat, seulement d'opiner du bonnet à tout. Que pourrait lui répondre un individu émanant – comme moi – du groupe ultra-dominant des mâles blancs occidentaux sans être immédiatement cloué au pilori ? Qu'il y a plus grave ? Qu'il suffit de passer au-dessus de ça ? Que c'est là l'inévitable rançon de la gloire ? Qu'il faut assumer ses chroniques parfois acides et accepter de ne pas plaire à tout le monde ? Je caricature évidemment, chacune de ces questions mériterait, dans le cadre d'un véritable échange d'idées, d'être infiniment plus nuancée. Toutes les questions que je viens d'évoquer, Myriam Leroy les aborde dans son ouvrage. La conclusion est sans appel. Oser la moindre réplique vous fait basculer dans le camp sinon des oppresseurs, du moins de ceux qui tolèrent ou minimisent. Ce qui revient à peu près au même. Pas de nuance possible. Binaire. « On » ou « Off ». Méchant ou gentil. Poursuivre en affirmant que toute forme de harcèlement est évidemment inadmissible, qu'elle devrait être poursuivie mais qu'il faut peut-être raison – ou nuance – garder et intégrer, par exemple, que le sous-financement de la Justice oblige les magistrats et les forces de l'ordre à s'attaquer d'abord à des actes plus graves, c'est parler comme Myriam Leroy fait parler Denis, son harceleur dans son roman. Et se retrouver assimilé à celui-ci ou du moins à un de ses « complices », actif ou passif… N'ajoutons donc rien. Parce qu'il n'y a vraisemblablement rien à ajouter. Ou plutôt parce que l'acquiescement total excepté, tout ce qui sera ajouté se retournera contre son auteur. Il ne semble pas que Myriam Leroy souhaite un vrai débat. Ce qu'elle veut, c'est qu'on reconnaisse la gravité de ce qui lui est arrivé (et qui est incontestable !) et que son harceleur soit condamné (ce qui, des faits qui nous sont connus, semble largement mérité ; il vient d'ailleurs, en dehors de la fiction, d'être renvoyé devant le tribunal correctionnel). Mais à côté de cela et de la critique, assez dure, qu'elle fait de ceux qui ne l'ont pas suffisamment soutenue et aidée dans l'épreuve qu'elle a traversée, elle ne propose pas grand-chose. Elle se plaint. Elle critique. A raison. Mais ensuite… Rien… Et le débat, qui aurait pourtant été nécessaire, s'arrête faute d'avoir vraiment commencé. Les Yeux Rouges m'ont rappelé deux livres. Rien Ne S'Oppose A La Nuit, de Delphine de Vigan. Et Vernon Subutex, de Virginie Despentes. Deux écrivaines avec lesquelles Myriam Leroy partage peut-être, à mes yeux, certaines choses. Mais avant cela, les Yeux Rouges m'ont mis mal à l'aise. En cours de lecture ainsi qu'en écrivant cette critique, que je préférerais presque laisser au fond d'un tiroir… Pourtant, et j'en terminerai avec cette note un peu moins sombre, j'y ai retrouvé la même écriture fluide et agréable que dans Ariane. Servie par une maîtrise assez intéressante du style « 2.0 », que Myriam Leroy utilise avec talent dans son ouvrage pour essayer de transmettre son ressenti au lecteur. Mais c'est malgré tout un sentiment de malaise qui domine de bout en bout.

AnneClaire29

Le 26/12/2019

Il s'appelait Denis et il a fait vivre un véritable enfer à une journalise de la radio pendant plus de trois ans. Comment ? En se croyant impuni derrière son écran d'ordinateur. Le début de l'histoire est somme toute banale avec un message en privé envoyé par Denis à la journaliste sur son compte Facebook puis d'autre suivrons. Cette dernière va répondre rarement mais quand même, cela permet d'entretenir un lien... enfin surtout pour Denis. Et puis, ils ont une quarantaine d'amis en communs donc elle l'accepte comme "ami" sur son compte. Les messages sont cordiaux mais très vite Denis devient insistant pour qu'ils se rencontrent dans la vraie vie devant un verre, un café, un déjeuner ou un dîner. Les propositions évoluent au fil des messages, mais cela en tout bien tout honneur car il est marié et n'a aucunes intentions cachées ! Mais dans ces messages Denis instille aussi de sa vie, de ses ressenties sur ce qu'il pense, sur ce qu'elle a dit dans son émission radio, ... Ces messages pourrissent la vie de notre journaliste, lui sapent le moral. Ses amis lui disent de le virer, qu'elle ne risque rien, alors elle l'enlève de ses contacts une fois puis une seconde fois. Et là sa vie devient un enfer et sa santé physique et moral en pâtissent, Denis l'a prend en grippe, poste des messages haineux, la dénigre, trafique des photos d'elle. Il fait de sa vie un harcèlement perpétuel sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter surtout). C'est la journaliste qui nous relate de A à Z ce qu'elle a vécu. Comment elle a essayé de tenir Denis à distance sans le rejeter car elle sentait que tout ça pouvait partir en vrille. Comment elle a essayé par tout les moyens de trouver un médecin pouvant soigner ses maux dont ces yeux qui deviennent perpétuellement rouges lorsque le harcèlement s'installe, et combien de charlatan elle a puis rencontrer et qui ont profiter de la situation ou essayer. C'est un roman dans l'air du temps mais aussi qui fait réfléchir mais qui fait peur aussi car la justice est bien pâlichonne dans les réponses judiciaires qu'elle peut donnée. Par contre, je n'ai pas vraiment compris les 4 dernières pages. Est-ce qu'il faut les voir comme une victoire de Denis qui arrive à ses fins (et alors là c'est à glacer le sang) ou est ce que tout cela est une affabulation (mais alors quid des preuves données pour les plaintes et aux avocats) ?!

chocoladdict

Le 24/09/2019

Denis s’ennuie au travail, Denis s’ennuie aussi dans la vie. Denis pense que c’était mieux avant, qu’aucune femme n’est à la hauteur de sa mère. Il exècre Marion Cotillard et tape sur les médias, les émigrés, le cinéma français, les politiques. …Denis fait une fixette sur une journaliste radio et la contacte via Facebook pour une interview pour son blog. Au début il la flatte, il se confie. L’obsession semble progressive, le harcèlement commence à petits pas puis va crescendo dans Les yeux rouges. Myriam Leroy, qui a été victime de ce harcèlement, choisit un procédé stylistique particulier pour faire vivre aux lecteurs son harcèlement : elle raconte l’histoire en adoptant toujours la voix d’une tierce personne. Celle de Denis, celle des amis à qui elle se confie, celle de son amoureux, celle des avocats, celle des policiers quand elle porte plainte…Cela donne l’impression qu’elle est extérieure, instrumentalisée, que chacun réfléchit à sa place, lui dit comment réagir tout en minimisant les faits. Les yeux rouges : La victime, un peu coupable, non ? Je me suis surprise en tant que lectrice à finir par penser « Pourquoi ne quitte-t-elle pas les réseaux sociaux ?' » (Comme l’a fait Christophe Willem, après avoir reçu des dizaines et des dizaines de messages homophobes) comme si, en somme, c’était elle la coupable. L’idée selon laquelle elle a forcément un peu provoqué ce défoulement, déferlement de haine chez Denis revient dans la bouche de ses amis. Elle est quand même un peu responsable comme quand on entend d’une femme violée qu’elle avait du s’habiller d’une manière provocante. La jeune femme est cernée, elle reçoit menaces de viol et de mort (mais son mec s’en fout et ses amis lui conseillent de ne pas y prêter attention !). Le passage sur son dépôt de plainte auprès de la police est aussi stupéfiant que les réponses de la justice. Alors son corps craque. Baladée de spécialistes en spécialistes (chacun se disant capable de la guérir), l’auteur suggère combien la souffrance peut devenir une formidable machine à faire du fric. » Tous ces charlatans qui se nourrissent à la mamelle de la détresse humaine.« . Les yeux rouges : Des émoticons et de la haine A travers Les yeux rouges, Myriam Leroy montre bien comment la parole sous couvert de pseudonymes, d’avatars et d’une profusion d’émoticons, s’autorise à être haineuse. Denis considère sa victime comme quelqu’un qui lui appartient, quelqu’un sur qui il a des droits, quelqu’un sur lequel il se projette du fait qu’elle soit une personnalité publique. On pourrait conclure pour se rassurer qu’il est dérangé mais chacun de ses -excusez-moi du terme- « dégueulis verbaux », est suivi d’une déferlante de commentaires parfois encore pires. Il y aussi une phrase que j’ai trouvé particulièrement frappante dans ce roman, car l’argument de la misère sexuelle revient très souvent dans les discours pour expliquer (ou justifier ?) les agressions des femmes par les hommes : Il faut dire que les statistiques que j’avais pu tirer de mes expériences personnelles d’enquiquinement dans la rue ou sur internet, montraient que les hommes vexés deviennent hargneux, mauvais, qu’ils se mettaient à mordre la main à laquelle une seconde auparavant ils réclamaient une caresse, et que tous vous diront que c’est la faute à Jenny, à Agathe, à cette fille qui lui avait fait croire à 14 ans qu’elle voulait bien alors qu’elle voulait pas, tous vous diront qu’au fond d’eux ils sont toujours ces petits garçons humiliés par ces filles méchantes et calculatrices, et tout en reprenant leur refrain sur cette épidémie de diablesses nous porterons un regard bienveillant sur ce que nous appellerons la « misère sexuelle » de ces pauvres bougres, comme si la sexualité des garçons était un dû et que ne pas s’y soumettre conduisait forcément à des drames dont ils n’étaient pas tout à fait responsables. Les Yeux Rouges m’a laissé à la fois sans voix et pleine d’interrogations sur l’état de notre société. La littérature peut-elle changer les choses ? En tout cas vous verrez forcément le harcèlement 2.0 différemment en refermant ce roman implacable et suffocant.

Bazart

Le 15/09/2019

Une chroniqueuse de radio publique ( dont on connaitra jamais le nom) reçoit un message facebook émis par un certain Denis, qui alimente parralèlement une page " Denis la menace", dans lequel il donne ses coups de gueule contre l'ehstablissement et le politiquement correct. Marié, père d'un fils de 50 ans, punk anar de convictions, Denis semble plutôt courtois dans ses premiers échanges à l'égard de son interlocutrice, si ce n'est qu'il semble afficher déjà une drague sexiste un peu lourdaude et qu'il a le mauvais goût d'illustrer tous ses propos d'émojis particulièrement puérils. Sauf que rapidement, devant le peu de réaction de la jeune femme, Denis va devenir une véritable menace qui va rendre notre journaliste de plus en plus craintive et apeurée. Les yeux rouges raconte une histoire très contemporaine de harcelement en ligne. La romancière belge Myriam Leroy, à qui cette tragédie est vraiment arrivée il ya quelques années, raconte de façon vraiment singulière ( tout en discours rapporté ) le mécanisme implacable du harcèlement en ligne, mettant le lecteur dans une position particulièrement incorfortable.. La violence virtuelle fait elle aussi mal que la violence physique? Peut-on blâmer la lacheté et le manque d'implication des proches, des institutions ( judiciaires, policières, médicales) qui n'ont jamais vraiment pris le pouls d'un phénomène récent assez impalpable? Est-ce que la liberté d'expression véhiculée par les réseaux sociaux n'engendre t elle pas un reflux de haine et de discours xénophobe et liberticide qui était mieux enfoui auparavant? Est ce que l'affaire Weinstein, dont les effets va permettre de lutter plus efficacement contre ce harcèlement odieux dont sont vicitimes les femmes? Dans « Les yeux rouges », Myriam Leroy installe son histoire sans aucune ostentation, avec une énergique et efficace sobriété, ajoute au délétère, au toxique de la situation. Dans ce récit bref et implacable, Myriam Leroy tente de répondre à ces interrogations sans jamais porter de jugement et de réponses toutes faites. Surtout, elle dénonce ce mécanisme insidieux et implacable de l’agression tellement humiliante de ce harcèlement en ligne et pose un regard indirect qui lui donne une dimension mi ironique mi distanciée et instaure un climat aussi opressant que paranoïaque. Un excellent roman, dont la sélection dans les 15 romans du prix Médicis fait bien plaisir et semble totalement méritée ...