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Les sept mariages d'Edgar et Ludmilla

de Jean-Christophe Rufin , date de sortie le 28 mars 2019
Les sept mariages d'Edgar et Ludmilla

Sept fois ils se sont dit oui. Dans des consulats obscurs, des mairies de quartier, des grandes cathédrales ou des chapelles du bout du monde. Tantôt pieds ... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Les sept mariages d'Edgar et Ludmilla

Sept fois ils se sont dit oui. Dans des consulats obscurs, des mairies de quartier, des grandes cathédrales ou des chapelles du bout du monde. Tantôt pieds nus, tantôt en grand équipage. Il leur est même arrivé d'oublier les alliances. Sept fois, ils se sont engagés. Et six fois, l'éloignement, la séparation, le divorce...

Edgar et Ludmilla... Le mariage sans fin d'un aventurier charmeur, un brin escroc, et d'une exilée un peu « perchée », devenue une sublime cantatrice acclamée sur toutes les scènes d'opéra du monde. Pour eux, c'était en somme : « ni avec toi, ni sans toi ». À cause de cette impossibilité, ils ont inventé une autre manière de s'aimer.

Pour tenter de percer leur mystère, je les ai suivis partout, de Russie jusqu'en Amérique, du Maroc à l'Afrique du Sud. J'ai consulté les archives et reconstitué les étapes de leur vie pendant un demi-siècle palpitant, de l'après-guerre jusqu'aux années 2000. Surtout, je suis le seul à avoir recueilli leurs confidences, au point de savoir à peu près tout sur eux.

Parfois, je me demande même s'ils existeraient sans moi.

Caractéristiques

Titre Les sept mariages d'Edgar et Ludmilla
Collection Blanche
Editeur Gallimard
Date de parution 28 mars 2019
Nombre de pages 373 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 384 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-07-274313-9 - 9782072743139

3,5/5

motspourmots

Le 01/04/2019

On a tellement dit que Jean-Christophe Rufin est un conteur né qu'il ne faut pas s'étonner que le titre de son nouveau roman ait des allures... de conte. De toute façon je ne m'étonne plus de rien avec lui. Je déguste sur le champ. Je savoure. Et je me précipite lorsque les éditions Gallimard invitent quelques privilégiés à rencontrer cet écrivain dont j'admire la plume autant que le regard affûté et enrichi par une diversité d'expériences de vie. L'occasion d'apprendre que le prochain livre est déjà bien avancé ; cet homme écrit décidément plus vite que son ombre et ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre. Mais revenons à Edgar et Ludmilla. Les histoires d'amour font partie intégrante des romans de Jean-Christophe Rufin, ses personnages de femmes, à l'image de l'Aphanasie du Tour du monde du roi Zibeline sont loin de la figuration, quelle que soit l'époque à laquelle il situe ses intrigues. Mais il me semble que c'est la première fois qu'il bâtit un roman entier à partir du couple, qu'il en fait la vedette à part entière de cette histoire qui s'étend sur la deuxième moitié du 20ème siècle. Ceci dit, c'est encore un moyen de mieux parler du monde qui nous entoure et de ces décennies d'après-guerre qui ont contribué à façonner à la vitesse grand V la société que nous connaissons actuellement. Edgar et Ludmilla sont très jeunes lorsqu'ils se rencontrent de façon totalement improbable. Edgar, apprenti reporter-photographe part en expédition en ex-URSS avec trois compagnons, leur voiture dûment escortée par les guides soviétiques. L'apparition de Ludmilla, entièrement nue et grimpée dans un arbre sur la place d'un village du fin fond de l'Ukraine reste gravée dans son cerveau (et son cœur) au point qu'il retourne la chercher quelques mois plus tard. Ce sera leur premier mariage. Nous sommes dans les années 60, le jeune couple sans le sou s'installe à Paris et c'est le début d'une sorte de tourbillon en forme de montagnes russes, alternant périodes de réussite et dégringolades, de mariages et de séparations. Il faut dire qu'Edgar a la bosse des affaires et n'est pas trop regardant sur les méthodes. Ludmilla quant à elle parvient à travailler ses aptitudes vocales jusqu'à faire une belle carrière de cantatrice. L'homme d'affaires et l'artiste. Parfait pour explorer les chemins de la vie intime autant que sociale. Avec ces deux-là, on ne s'ennuie pas un instant, il faut dire que le rythme suit la frénésie des années 80 et que l'on s'amuse à retrouver des ambiances, voire des personnages alors très en vue. Le milieu des affaires, l'émergence des "people", la starification des artistes, voilà ce qui sert de toile de fond à cette magnifique histoire d'amour. Car il s'agit bien d'amour et d'une interrogation sur le mariage, le couple et les nouvelles façons de le faire vivre. Chacune des unions d'Edgar et Ludmilla sert à illustrer les contraintes, les difficultés auxquelles se heurte cette entité fragile qu'est le couple, constituée de deux individualités soumises à des forces parfois contraires. Être en phase durant une vie entière alors que tout change autour de vous, et que vous-mêmes évoluez en vieillissant, quelle gageure. Encore une fois, la plume de Jean-Christophe Rufin fait mouche. Notre histoire récente, pourtant vécue prend des allures de conte s'appuyant sur des personnages attachants et sans doute inoubliables. Il y a beaucoup de tendresse, d'indulgence aussi dans le regard que pose sur eux l'écrivain, des sentiments inspirés, à en croire sa postface, par une situation qui ne lui est pas tout à fait inconnue. Je ne peux qu'inciter tous ceux qui me lisent à se laisser mener par la plume élégante de l'auteur et à se glisser dans les pas de ce couple hors du commun pour un périple des plus réjouissants.

ChezLaurette

Le 30/03/2019

Après m'être plongée pour mon plus grand bonheur dans la touffeur qui règne dans Le Collier rouge, j'ai rencontré Edgar et Ludmilla dont les sept mariages nous sont contés par Jean-Christophe Rufin. Sept mariages : tout un programme, d'autant plus quand ces engagements nous font traverser toute la seconde moitié du XXème siècle. Edgar, mi-séducteur, mi-escroc, rencontre Ludmilla en URSS. Une fois leurs bagages posés en France après leur premier mariage, il tentera de se faire une place dans le monde des affaires ; elle essaiera de briller en tant que cantatrice. Au fond, chacun cherchera à faire entendre sa voix tout en espérant s'accorder à celle de l'autre. La communication dans le couple : clé du bonheur conjugal ? Les Sept mariages d'Edgar et Ludmilla ne sauraient être réduits à une morale ou à une leçon de vie. Bien au contraire. Tantôt un caprice, un jouet, une arme, tantôt un rapprochement, une réconciliation, une déclaration, le mariage se teinte de mille nuances pour nous faire apprécier l'énigme que forme chaque couple. Si la partition est rythmée par les mariages et les séparations qu'on devine au titre de l'oeuvre, j'ai eu quelques difficultés dans les premiers chapitres à voir où l'auteur voulait m'emmener. Et puis, je me suis laissée subjuguer par le personnage de Ludmilla (contrairement à Edgar qui, je l'avoue, m'est resté antipathique ; j'ai du mal à pardonner aux séducteurs-menteurs, que voulez-vous...). J'ai perçu dans sa personnalité un petit je-ne-sais-quoi de la tumultueuse Zelda Fitzgerald, de l'ambitieuse Maria Callas, et de la magnétique Elizabeth Taylor, toutes ces figures féminines épatantes qui jonglaient chacune à leur manière avec l'amour sans jamais renoncer à leur construction personnelle. Des destins à la fois festifs et tragiques toujours en quête du bonheur. Le point fort de ce roman est l'équilibre entre un profond ancrage des personnages dans une époque et une fulgurante pulsion de vie qui traverse tout le livre... soit les deux ingrédients qui m'avaient fait succomber au charme du Collier Rouge ! Une recette qui fonctionne et qui — je l'espère — sera inscrite au menu des prochains écrits de Jean-Christophe Rufin. Par ailleurs, j'ai été particulièrement touchée par sa postface qui démontre qu'il demeure un auteur bienveillant et attentif à ses lecteurs. Humilité, honnêteté et humanité, trois qualités au service de sept mariages dans un roman ... il ne vous reste plus qu'à lui dire oui !