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Les gratitudes

de Delphine de Vigan , date de sortie le 06 mars 2019
« Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? Un vrai merci. L'expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette.

À qui... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

« Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? Un vrai merci. L'expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette.

À qui ?

On croit toujours qu'on a le temps de dire les choses, et puis soudain c'est trop tard. »

Après Les Loyautés, Delphine de Vigan poursuit dans Les Gratitudes son exploration des lois intimes qui nous gouvernent.

Caractéristiques

Titre Les gratitudes
Editeur Lattès
Date de parution 06 mars 2019
Nombre de pages 172 pages
Dimensions 21,00 cm x 13,00 cm
Poids 218 g
Support Broché sous jaquette
ISBN / EAN 978-2-7096-6396-0 - 9782709663960

4,7/5

sabine59

Le 22/03/2019

Je savais que ce livre allait être éprouvant. Mais il est aussi touchant, très juste. Et l'écriture sensible exprime au plus près les ressentis de chacun. J'ai reconnu en Michka, personnage si attachant, la même fragilité , le même désarroi que celui de ma tante, quand elle est entrée en maison de retraite. J'ai reconnu ce parcours angoissant vers le vide, celui des mots qu'on cherche, qu'on finit par ne plus dire, du corps qui s'affaisse... L'humour lié à l'aphasie de Michka allège un peu le propos. Surtout quand les mots qu'elle substitue aux autres se révèlent si bien adaptés finalement au contexte. Si drôles, si émouvants. Mais il n'arrive pas à atténuer la tristesse qui se dégage de cette fin de vie, vécue comme un fardeau. " Je suis en train de perdre", confie Michka. Oui, il s'agit bien de perte. D'autonomie, de dignité, d'espoir... J'ai beaucoup aimé aussi l'humanité de l'orthophoniste, Jérôme, et la tendresse de Marie envers celle qui l'a aidée à vivre. Sa gratitude... Je sais que ce livre, je ne le prêterai pas à ma petite maman, il est trop plombant, j'aime imaginer qu'elle restera chez elle. Je l'imagine très fort...

Ladybird123

Le 20/03/2019

On devrait pouvoir dire merci à tous ces gens qui ont compté, traversé notre route, ceux qui passent pour nous faire contourner le talus épineux et nous offrent des roses comme un bouquet de sourires. On devrait recevoir un sms qui nous avertirait, demain ton père, il va mourir. Pour pas te dire ah c’est dommage. Michka c’est une vieille dame, non, pas une personne âgée, elle préfère faire partie des vieux Michka, c’est plus fier. Elle est tendre, intelligente, sensible, un peu maladroite parce qu’elle fait tomber les mots dans le trou. Elle n’en peut rien, elle souffre d’aphasie, les mots se perdent en chemin, ils se carambolent l’un contre l’autre, ils rigolent entre eux les coquins, tiens tu veux un merci et bien non, voilà merdi, tu veux un d’accord, nous on préfère d’abord, t’es en cloque non t’es en cloche, tu veux un fauteuil roulant, prends plutôt un fauteuil croulant mais si tu me parles d’un film qui s’appelle la merditude des choses, on t’offre la mercitude, tu le mérites bien Michka. La petite vieille avec tous ces trous dans la mémoire, toutes ces choses qu’elle perd et qu’elle ne retrouve plus, elle finit par avoir la frousse d’être toute seule chez elle. C’est Marie, une aide à la personne qui va lui trouver une place dans une maison de retraite. Avec Jérôme l’orthophoniste, ils vont être au petit soin pour Michka. Ils vont apprendre surtout à écouter l’aïeule car même si ses mots trébuchent, elle a le cœur au bout des lèvres Michka. On n’a plus le temps pour les regrets, les rancœurs, les histoires qui finissent mal. Michka elle veut du bonheur. Et puis va pour la merditude, va pour la mercitude, va pour les gratitudes. Le temps passe trop vite, faut pas les oublier nos vieux, faut tendre ses bras, faut sourire, faut pas pleurer surtout, non gamin reviens, tu lis Delphine de Vigan et tu en as plein la figure de cette tendresse toute dégoulinante, de cet amour moelleux comme un cœur au soleil. Et ça fait un bien fou. Tu donnes, tu reçois, c’est pas plus compliqué. On essaie les gratitudes ?

Ziliz

Le 09/03/2019

« Vieillir, c'est apprendre à perdre. » Perdre des gens qu'on aime, forcément, c'est mathématique. Mais aussi ses facultés physiques et mentales : « Perdre ce qui vous a été donné, ce que vous avez gagné, ce que vous avez mérité, ce pour quoi vous vous êtes battu, ce que vous pensiez tenir à jamais. Se réajuster. Se réorganiser. Faire sans. Passer outre. N'avoir plus rien à perdre. » A 80 ans passés, Michka perd quelque chose. Quoi ? Elle ne sait pas exactement. La mémoire, les mots. Et cet effacement la terrorise : « Et puis ça ne sert à rien tout ça, je sais très bien comment ça va finir. A la fin, il n'y aura plus rien, plus de mots, tu comprends, ou bien alors n'importe quoi, pour remplir le vide. » Dans son Ehpad, trois personnes viennent lui rendre visite. On fait la connaissance de deux d'entre elles : Marie, une jeune femme qui lui doit beaucoup, et Jérôme, l'orthophoniste. Ce roman pourrait être une pièce de théâtre tant les mots y sont importants, et le décor volontairement minimaliste. J'ai commencé par trouver le propos trop léger. C'est sous-estimer Delphine de Vigan. Elle démarre en douceur, sur le ton de l'anecdote autour de sujets rebattus (personnes âgées, fin de vie, enfance, famille), et fait monter la tension, éveille l'empathie, suscite l'émotion. Ses personnages lui ressemblent, et cela me touche, comme Marie ici - les cheveux en bataille, les yeux cernés, femme douce au passé douloureux, fragile et en proie aux doutes mais déterminée. Malgré le tragique de l'histoire, on arrive à sourire, notamment avec ces 'jeux' de mots. Lesquels méritent qu'on s'y arrête, parce qu'ils en disent long sur les souffrances et traumatismes de Michka : « C'est à cause des mots, je t'ai dit. C'est la nuit que... ça se terre... ça se perd, quand je n'arrive pas à m'endormir, je sais bien que c'est à ce moment là qu'ils s'enfouillent, qu'ils s'enfuitent, j'en suis sûre, mais il y a rien à faire, des wagons entiers… ». Des wagons... Je ne suis sans doute pas la première et ne serai pas la dernière à conclure avec un MERCI à l'auteur pour sa sensibilité, et pour les échos que je trouve en la lisant. Parce qu'on oublie parfois de le dire - c'est l'un des sujets de ce roman, d'où le titre.

Bookycooky

Le 07/03/2019

“Michka a largué les amarres “, elle part en maison de retraite avec sa petite bouteille de whisky cachée sous ses pulls. L'attend une nouvelle vie rétrécie mais parfaitement réglée. Elle a heureusement Marie, qui l'aime, la regarde, l'écoute. Mais la jeune femme est impuissante face à cette femme cultivée, intelligente, réduite par un âge qu'elle peine à accepter. "Mais je t'ai apporté des livres en gros caractères, tu as essayé ? -Lesquels ? -Les livres que je t'ai apportés la dernière fois. Écrits en gros. -En gros ? C'est pour les vieux ça… Je les ai prêtés au type." Et puis arrive Jérôme , l'orthophoniste. Il vient aider Michka, car les mots "s'enfouillent... s'enfuitent", elle les perd la nuit, elle en réinvente le jour. Jérôme lutte pour les récupèrer , car "sans le langage, que reste-t-il ?" Et il y a les gratitudes.....aux personnes qui nous ont vraiment aidés à vivre, à survivre, au prix de sacrifices..... De Vigan trouve à nouveau un sujet lourd, délicat et émouvant, avec des touches autobiographiques, qu'elle traite avec subtilité et légèreté, agrémenté d'un zeste d'humour, juste ce qu'il faut. J'ai lu les derniers chapitres la gorge nouée, que vous dire de plus. J'aime ce qu'elle écrit. Je terminerais sur une note personnelle que je partage avec De Vigan ( et sûrement avec beaucoup d'entre vous), puisque les citations ci-dessous sont du livre. Je trouve injuste qu'on termine nos vies de la sorte, réduite, dépendante, une décrépitude qui fait mal, très mal à l'intéressé, mais tout autant à ses proches. le pire c'est la lucidité......et je sais malheureusement de quoi je parle. "Comment est-ce possible ? Est-ce vraiment ce qui nous attend tous sans exception ? N'y a-t-il pas une déviation, un embranchement,un itinéraire bis qui permettrait d'échapper au désastre ? " J'espère toujours, et je doute que nos enfants prendront autant soin de nous que nous en avons pris de nos grand-parents, et prenons encore actuellement de nos parents...... "Vieillir, c'est apprendre à perdre".

La_Bibliotheque_de_Juju

Le 07/03/2019

D'abord, « merci » Delphine de Vigan d'avoir écrit ce livre. Il y avait déjà LES LOYAUTES. Et cette première page gravée en moi. Delphine de Vigan continue l'exploration de ces sentiments intimes et peu évoqués en littérature. Ici les gratitudes, celles qui nous construisent, celles qui restent intacte tout au long d'une vie. J'étais déjà déjà conquis par cette idée mais je ne m'attendais pas à ce déferlement d'émotions qui m'ont traversé à la lecture de cette pépite. Michka est une vieille dame qui ne peut plus rester seule. Elle doit quitter sa vie et s'installer là où on va vivre lorsque la vieillesse frappe trop fort à la porte et entre dans nos vies par effraction. Avec pertes et fracas. Auprès d'elle, il y a Marie, la petite voisine devenue femme, toujours présente, tellement précieuse. Et Jérôme, orthophoniste qui va tenter de l'aider à retrouver ses mots qui peu à peu se font la malle. Je me suis fait cueillir. Je me suis senti trébucher. Je me suis fait toucher en plein coeur. Au beau milieu de ces choses que l'on ne dit pas. Ces choses qui en général ne se racontent pas. Sur la vieillesse. Sur le grand âge. Sur ce drôle de naufrage. Les mots de Delphine de Vigan. Sincères et cruels comme l'existence. Cette écriture sans effets de manche, sans artifices. Précise, émotionnelle et universelle. Et tellement émouvante. Tellement forte. Chacun d'entre nous porte en lui cette fameuse gratitude. Chacun d'entre nous ne s'est pas senti à la hauteur de ce qui lui a été offert. Chacun d'entre nous est éternellement reconnaissant à quelqu'un ou quelque chose. Ce livre. Oh, ce livre. Ce livre est un immense coup de coeur. Un beau. Un vrai. Quel bonheur de lecture. Je vous parle souvent de livres que j'ai aimé. Celui-ci m'a bouleversé. Car je porte, moi aussi dans mon coeur une Michka et cette gratitude infinie. Vous me pardonnerez Delphine de mêler quelques mots personnels à ce modeste billet. Parceque parler d'un livre que l'on a aimé profondément peut mener à un peu parler de soi. Sans pudeur aucune. Avec tellement de pudeur. Car Michka, c'est peut être un peu aussi ma Janine. Là sur la photo. Je veux ici lui dédier ma liberté. Je lui dédie ma folie douce et mes éclats de vivre. Ce courage insensé de n'être que soi. Qu'elle soit écrit quelque part. Je lui dédie mes mots, ici et à venir. Qu'elle ne lira pas. Mais qu'elle inspirera. Et surtout je dépose ici un peu de tout cet amour. Pour qu'il m'en reste encore un peu. Pour qu'il s'envole un peu plus haut. A la hauteur de ce qu'elle fut, de ce qu'elle reste. Pour moi et pour toujours. Avec toutes mes gratitudes. Merci mamie de la ferme.