Prêt à feuilleter

Le fer dans la plaie

de Jean Carrière , date de sortie le 25 mai 2000
Depuis toujours Jean Carrière, dont le père était chef d'orchestre et la mère pianiste, rêvait de donner à son amour de la musique la liberté de s'épanouir dans un livre...

"La fosse... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Depuis toujours Jean Carrière, dont le père était chef d'orchestre et la mère pianiste, rêvait de donner à son amour de la musique la liberté de s'épanouir dans un livre...

"La fosse d'orchestre commençait à se remplir de musiciens. Quand ils accordèrent leurs instruments, je me sentis emporté par toutes ces sonorités qui me soulevèrent le cour de tendresse. Enfin le chef d'orchestre apparut sur l'estrade de son pupitre et, se courbant pour saluer les auditeurs, il souleva une tempête d'applaudissements et de cris : il devait avoir un public qui se serait fait tuer pour lui. Quelques minutes plus tard, il leva sa baguette dans un silence religieux : on eût dit que nous allions assister à la messe. Quelle messe ! Ce ne fat pas une musique ordinaire qui emplit l'opéra, mais une rumeur à la fois légère et profonde, une rumeur qui m'empoigna le cour, et que je reconnus tout de suite : Pelléas et Mélisande, le chef d'ouvre de Debussy."

Une ouvre peut-elle ensorceler des êtres et les pousser à vivre les passions qu'elle exprime.. ?

Caractéristiques

Titre Le fer dans la plaie
Editeur R. Laffont
Date de parution 25 mai 2000
Nombre de pages 324 pages
Dimensions 22,00 cm x 14,00 cm
Poids 389 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-221-08541-8 - 9782221085417

2/5

Floccus

Le 14/10/2015

« Au diable le soleil, au diable l’espèce humaine, j’aurais souhaité être un caillou. » (1101) « Le fer dans la plaie » est un roman singulier mais somme toute peu surprenant dans la vie littéraire de Jean Carrière. Son affinité viscérale avec la musique trouve ici son expression la plus épurée. « En quête d’intemporalité », il tente une fusion entre « Pelléas et Melisande », la vie et l’écriture. Cette dernière est plus fluide que d’habitude, coule, comme libérée, toutes vannes ouvertes, sorte de réconciliation avec les élans les plus spontanés de l’auteur : les États-Unis, Debussy, le sexe des femmes. Il n’arrive cependant pas à transmettre la sève de qui le porte. La mise en scène est maladroite, appuie lourdement sur une fin tragique, va puiser chez Lovecraft. Ses élans rageurs sont empreints de naïveté tendre mais vont tout de même jusqu’au meurtre d’un intrus secondaire. Ce qui pose problème dans le scénario est balayé d’un revers de main. L’argent coule à flot, Quentin, Alyson et David, en enfants gâtés « incapables de se plier aux règles sociales » mais ne crachant pas sur les mannes financières, peuvent s’adonner à une vie oisive, torturée, et à des déplacements en avion sans compter. « Cette folie de désincarnation et de changement d’identité ne reposait que sur des pétales de roses éparpillés au-dessus d’une tombe. » (1047) On sent bien que ce qui lui tient à cœur n’est pas dans ses maladresses, qu’il fouisse dans l’intime, dans l’aspiration à la plénitude, « le désir secret d’être perdu aux confins de la réalité ». Ce roman mal fichu m’aura filé entre les doigts comme un brouillard, laissant derrière lui une impression de raté en même temps qu’un certain envoûtement. « J’éprouvais la sensation vertigineuse d’être passé de l’autre côté, sur la face invisible de l’univers. Je ne faisais plus de projet, je me fichais éperdument de l’avenir, comme si mon existence tout entière se résumait en moi. » (1054)