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Le ciel par-dessus le toit

de Nathacha Appanah , date de sortie le 22 août 2019
Loup, un adolescent lunaire, est emprisonné pour avoir provoqué un accident de voiture. Pour lui venir en aide, Phénix, sa mère, et Paloma, sa soeur, renouent. Des souvenirs douloureux de l'enfance de la... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Loup, un adolescent lunaire, est emprisonné pour avoir provoqué un accident de voiture. Pour lui venir en aide, Phénix, sa mère, et Paloma, sa soeur, renouent. Des souvenirs douloureux de l'enfance de la première affluent, retraçant la trajectoire d'une lolita livrée par ses parents à la convoitise des adultes et dévoilant la violence nichée au coeur d'un quartier pavillonnaire.

L'AVIS Du libraire

"Valentin, Espace Culturel de Montceau les Mines :
Nathacha Appanah dresse avec une infinie délicatesse le portrait d'une famille déchirée forcée de se rapprocher à la suite d'un événement dramatique. La douceur du regard de l'auteur se traduit par une écriture élégante et raffinée qui parvient à nous faire ressentir les regrets et les peines de chacun sans les opposer, en leur restituant toute leur humanité et complexité."

Caractéristiques

Titre Le ciel par-dessus le toit
Collection Blanche
Editeur Gallimard
Date de parution 22 août 2019
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 178 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-07-285860-4 - 9782072858604

4,4/5

Kirzy

Le 18/10/2019

°°° rentrée littéraire 2020 #32 °°° 125 pages seulement. 125 pages d'extraordinaire délicatesse pour raconter une famille cabossée. 125 pages oxymoriques où la noirceur côtoie la poésie, la douleur la poésie. Une douceur ouatée déchirée de rudesse pour plonger dans l'intime d'un triangle familial. Natacha Appanah tisse à partir de lambeaux de vie de chacun un texte incroyablement lumineux qui garde jusqu'au bout une ligne claire, vivante et elliptique. D'abord il y a la mère, Eliette devenue Phénix, le personnage le plus déchirant : les passages qui éclairent sur les traumatismes vécues durant son enfance m'ont secouée, bruts, crus, d'autant plus terribles qu'ils l'accompagnent adulte puis mère, la déchirent toujours et se transmettent à ses enfants, inéluctablement, irrémédiables dégâts qui s'en suivent. Paloma, la fille aînée, qui a décidé que pour vivre il fallait qu'elle fuit le plus loin possible de cette mère en souffrance, quitte à abandonner son petit frère et à être torturée par les affres de la culpabilité. Le fils, le frère, Loup, adolescent étrange et décalé, emmuré dans ses détresses. Le choc de son incarcération reconstitue le trio, avec peut-être la résilience au bout, peut-être un horizon moins sombre, peut-être. Et quelle écriture ! Eblouissante. Il n'y a pas un mot de trop, aucune phrase banale pour meubler. Juste de l'humain qui vibre et bruisse de toute la palette des émotions, comme dans cette scène où la mère et la fille se retrouvent après dix ans sans se voir, pour rendre visite à Loup : « Il y a ce regard échangé de loin. C'est la mère qui avance vers la fille parce que cette dernière est pétrifiée – par cette beauté, par cette vague d'motions qui l'atteint, par le poids de ces dix années, par la difficulté ) être m'enfant de sa mère – et toujours le coeur qui bat, le ventre qui tourne, l'esprit qui se débat pour trouver les mots qui conviennent, mais en réalité c'est autre chose qui prend le dessus et ça ressemble à un début, à quelque chose qui s'ouvre et qui offre on en sait quoi, on en sait pas encore comment mais on espère que ça ressemblera à de la tendresse et, pour l'instant, ça leur suffit. » « Il était une fois » commence ce roman, comme un conte atemporel et universel sur la famille, la filiation, l'hérédité de la transmission des traumatismes. « Il était une fois » le conclut de façon puissance et vibrante comme un hymne à la vie, aux possibles. Bouleversant.

berni_29

Le 28/09/2019

Que dire d’un ciel immense qui s’échappe, une vie humble a autant besoin de ciel que les autres, de la lumière, un chemin pour savoir où on est et où aller. Le ciel par-dessus le toit est un magnifique roman écrit par Nathacha Appanah, il évoque par son titre ce très beau poème de Paul Verlaine ; j’ai appris que Verlaine l’avait écrit en prison, lorsqu’il tenta de tuer son amant Arthur Rimbaud. « Le ciel est par-dessus le toit, si bleu si calme ! ». C’est à quelque chose près le décor que nous découvrons de cette famille ordinaire, presque comme les autres. Le roman, cependant, démarre dans la cellule d’une maison d’arrêt. Comment comprendre ce qui a amené celui qui est ici, Loup, un enfant presque encore. « Un arbre par-dessus le toit berce sa palme ». Nous découvrons ce fait divers presque anodin qui conduit Loup en prison, mais l’auteure nous amène à découvrir à travers ses propres mots ce qui l’a amené à cela, remonter le chemin dans l’autre sens. Justement, revenons un peu en arrière, lorsque la mère de Loup était encore une enfant, une petite fille, elle s’appelait alors Éliette. Plus tard elle changera de nom, devenant Phénix, comme une être ressuscitée ou qui veut tout simplement rayer d'un trait l'autre pan de sa vie. Plus tard elle aura deux enfants, Paloma et Loup. « La cloche, dans le ciel qu’on voit Doucement tinte. Un oiseau sur l’arbre qu’on voit Chante sur sa plainte ». Il y a cette scène d’entrée, la petite fille idéale, qui chante très bien, qui joue à chaque fois son rôle de petite fille modèle, de poupée à la perfection, docile parmi les autres, elle chante admirablement bien, fait la fierté des siens des autres, et puis brusquement sur cette scène de repas de Noël, c'est le repas de Noël de l'entreprise où travaille son père, au lieu de chanter, c’est un cri qui sort d’elle, c’est même plus qu’un cri, c’est quelque chose de plus profond, de viscéral, de guttural, d’effroyable, quelque chose qui ressemble aux ténèbres, à la nuit, au vide. Quelque chose qui l’entraîne en hôpital psychiatrique. Un lieu carcéral. Déjà... Le cœur de Loup s’emballe souvent. C’est un enfant dont le cœur est comme cela, un cœur qui s’emballe, il a sans doute de bonnes raisons. Parfois certains enfants ne savent pas distinguer le réel de l’imaginaire. Loup est de ces êtres totalement fragiles. Loup n’a qu’une seule obsession, retrouver sa sœur Paloma, quitte à rouler à contre-sens sur cette entrée d'autoroute, ce qui lui vaudra de se retrouver devant un juge... Loup n'a peut-être jamais su trouver les bons chemins, prendre les bonnes directions... Et cet oiseau qui chante sa plainte, qui est-il ? La mère ? Paloma, la sœur de Loup qui cherche à protéger celui-ci, à le retrouver ? ou bien Loup lui-même ? « Mon Dieu ! Mon Dieu ! La vie est là, Simple et tranquille. Cette paisible rumeur-là Vient de la ville ». Il y a quelques temps, j’ai découvert que Paul Valéry avait une définition originale de l’inspiration et l’accordait non pas à l’auteur mais au lecteur. J’adore cette idée. Rebondissant sur cette idée, je me suis pris d’empathie pour ce récit. J’ai aimé la poésie qui se dégage de cette très belle écriture, douloureuse forcément mais apportant une infinie douceur. C’est sans doute, je crois, la magie de ce texte... Les personnages de ce roman semblent en retrait, silencieux, absents de ce qui les anime. Phénix, reconvertie à la vie, ne veut surtout pas reproduire ce qu’elle a vécu lorsqu’elle était enfant. Ses enfants sont libres, elle les laisse libres, ainsi. J’ai adoré ce livre, cette ambiance que je viens de décrire m’a totalement emporté, ému aussi. Mais derrière la poésie de l'écriture viennent aussi des questions douloureuses, l'enfance meurtrie, maltraitée, les non-dits, l'indifférence, ce trop plein d'amour ou pas assez qui peut déjà tout décider de ce qu'adviendra la vie d'après. " Qu’as-tu fait, ô toi que voilà Pleurant sans cesse, Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà De ta jeunesse ? " Peut-être que le ciel par-dessus les toits, le ciel derrière les murs, les barreaux des prisons, le ciel derrière nos peaux, nos coeurs, nous éclairent et nous engloutit à la fois. Parfois les liens du coeur peuvent transcender les blessures de l'enfance. Il suffit alors d'une écriture, celle d'un livre, d'une auteure, notre émotion qui vient à sa rencontre, pour rendre le ciel si bleu si calme.

frconstant

Le 09/09/2019

*** Chronique de la rentrée 2019 # 6 *** Je me laisse toucher le coeur par les mots de Nathacha Appanah. Ma main caresse le livre fini comme une main frôle un plant de lavande, de menthe ou de thym, pour le simple bonheur de dégager des arômes et de s'en imprégner. Les mots de cette autrice concentrent toutes les saveurs de la vie : l'amertume et la douceur, les aigreurs et le sel de toutes ces microdécisions qui filent la vie, la tissent ou la déchirent, assurant la pérennité des liens familiaux ou les cassures revendiquant l'éloignement de ses composants à jamais. C'est avec de mots simples que Nathacha Appanah reconstruit, pour le lecteur, la vie disloquée de Eliette devenue Phénix, de Paloma, sa fille qui s'enfuira sur fond d'une promesse de retour lancée à Loup, ce frère démuni des codes habituels de vie qui, sur un coup de tête, à moins que ce ne soit de coeur, prendra la voiture qu'il ne peut conduire et se trompera de sens à l'entrée de l'autoroute. Un enchaînement de circonstances qui juxtaposent les pièces d'un puzzle sans image dont personne ne pouvait ou voudrait rêver. Ce livre, au titre saluant Verlaine et la mélancolie qui règne sous le toit de toute prison, est le récit d'une vie cauchemardesque qui se reconstruira peu à peu sur la force même de liens capables de transcender les blessures et de recréer la plus grande valeur qui soit, le tissu familial qui berce chacun dans ses peines comme dans ses joies. Le lecteur choisira son accroche : Phénix, Paloma ou Loup. Ce dernier, par son mal être, la pauvreté des mots dont il dispose, l'incompréhension un peu brutale des gendarmes venus l'interpeller et la décision du juge visant à l'écrouer m'a particulièrement touché. Mais mon coeur s'est aussi gonflé de nostalgie pour le temps de la fausse innocence des parents de Eliette, la rage de celle-ci à renaître Phénix sous le masque de tatouages occultant sa couleur d'enfance et son corps à jamais balafrés par un baiser forcé d'adulte. J'écoute les mots, j'entends les combats. Je circonscris les maux qui déchirent, les claques qui ferment les portes, les dits ou non-dits qui larguent les amarres. Je distingue dans l'âpreté des combats la dignité et les forces d'attraction qui surpassent tout ! Et si, par-dessus tout cela, le ciel bleu et calme pouvait ne pas être qu'un mensonge… Si la persistance du bleu du ciel était la clé qui apaise les bleus du corps et re-suscite à la vie ? Lire Nathacha Appanah, accompagner, ne fusse que 125 pages, Phénix, Paloma et Loup, c'est accomplir le chemin de croix de bien des vies et entendre l'invitation à chanter, malgré tout, l'amour et la solidité des liens familiaux pouvant se tresser, se re-tresser. Un hymne à la joie à venir, la joie à reconstruire, l'amour à réexpérimenter au-delà des échecs. Voir ce ciel par-dessus le toit, croire en une invitation, une devise de vie à choisir et suivre, voilà le message laissé au creux des pages par Nathacha Appanah ! Un futur prix de la rentrée littéraire 2019 ? On peut le souhaiter !

sabine59

Le 06/09/2019

" Le ciel est , par-dessus le toit, Si bleu, si calme! Un arbre, par-dessus le ciel, Berce sa palme" Ce poème de Verlaine, écrit en prison, sert de fil conducteur au dernier roman de l'auteur. J'avais eu un très gros coup de coeur pour " le dernier frère ". Celui-ci, même s'il m'a moins bouleversée, m'a beaucoup plu aussi. Toujours cette magnifique écriture, sensuelle, poétique, qui nous prend en otage consenti... Toujours des personnages meurtris, si beaux dans leur isolement, leur singularité. Ils sont trois: Phénix, la mère, Paloma, la fille, Loup , le fils. Liés et séparés à la fois. Les retours en arrière nous montrent ce qui a conduit Loup à être, comme Verlaine, emprisonné, à contempler le ciel, par-dessus le toit.... Phénix s'appelait alors Eliette. Poupée si belle qui dit oui, de la petite enfance à onze ans. Petite princesse maquillée que ses parents exhibent, qui sourit, chante sur scène . Se tait, et un jour crie son chagrin. Poupée qui dit non. Puis s'en va. Errance...Puis deux enfants, qu'elle ne sait pas aimer. Paloma, fragile, presque effacée, qui décide de partir, adolescente. Laissant Loup seul, , étrange garçon qui n'arrive pas à contrôler ses émotions... Un trio touchant, berçant sa nostalgie de ce qui n'a pas pu exister entre eux, espérant un rapprochement, peut-être. Des êtres malmenés par la vie, si émouvants... Un très beau roman.

hcdahlem

Le 29/08/2019

Le ciel derrière les barreaux Nathacha Appanah nous revient avec un court roman qui transcende le banal fait divers pour en faire un réquisitoire contre une justice aveugle et un chant d’amour maternel et fraternel. C’est l’un de ces faits divers qui ne font que quelques lignes dans le journal, une de ces affaires qui encombrent les tribunaux. Un cas banal: «Loup avait eu l’idée de prendre la voiture de sa mère et de conduire jusqu’ici. Loup savait qu’il n’avait pas le droit de conduire mais sa sœur lui manquait tellement, c’est tout. Il n’avait pas le permis, il avait conduit prudemment jusqu’à l’entrée de la ville où il s’était trompé de sens. Après, il y a eu tous les bruits, les cris, sa voiture dans le fossé. Et sa crise de nerfs quand les policiers sont arrivés, aussi. Ce matin peut-être ou il y a dix minutes: le juge l’a placé en mandat de dépôt au quartier mineurs, à la maison d’arrêt de C.» Avec son joli sens de la construction, Nathacha Appanah va alors nous proposer de revenir en arrière, de retracer la généalogie qui a conduit Loup dans cette prison depuis ses grands-parents. Un couple sans histoires, acharné à se fondre dans la foule. Un couple ordinaire qui regarde grandir la petite Eliette. «Jusqu’à maintenant la vie était comme elle est si souvent, ni extraordinaire ni triste, de ces vies travailleuses, sans grande intelligence ni bêtise, de ces vies à chercher le mieux, le meilleur mais pas trop quand même, on ne voudrait pas attirer le mauvais œil. Souris, Eliette, lui disent tout le temps ses parents et aussi Viens dire bonjour, Eliette et quand il y a un dîner à la maison, Chante-nous À la Claire fontaine, Eliette.» Mais l’adolescente ne veut pas de cette vie, ne veut pas être présentée comme bête de foire. Eliette se révolte au fur et à mesure que son corps se transforme, jusqu’à ce jour où un baiser forcé la traumatise. C’est alors que tout va dérailler. Eliette a 16 ans quand l’enfance s’en va. Mais «comment faire pour naître à nouveau?» Son rite de passage va consister à mettre le feu à la maison et à se faire appeler désormais Phénix. Et faire de sa liberté nouvelle une nouvelle aliénation. Très vite, trop vite, elle se retrouve mère de deux enfants, Paloma et Loup qu’elle va élever en montant une petite entreprise de pièces détachées. Le jour où Paloma décide elle aussi de couper les ponts, elle n’entrevoit pas les conséquences de sa colère. Elle assure à Loup qu’elle reviendra le chercher très vite. Dix ans après, elle n’est toujours pas rentrée. C’est quand elle apprend que son frère est derrière les barreaux qu’elle a envie de tenir sa promesse. Comme dans Tropique de la violence et En attendant demain, l’écriture de Nathacha Appanah transcende ces vies cabossées en chant d’amour. En faisant jouer les contrastes entre le sordide et la beauté, à ce ciel au-dessus de la prison. «Qu’est-ce que ça fait ici, cette beauté-là, cette couleur qui fait penser à la mer, au ciel?» Ça fait d’autant plus mal que ce ciel la rapproche de sa sœur, tout aussi sensible à ce ciel, regardant la nuit fondre «sur le jour en laissant des trainées roses et mauve orange. Ce ciel, par-dessus les toits, ressemble à un morceau de soie chatoyant». Un adjectif qui va bien aussi à l’écriture de Nathacha, même si elle n’en reste pas moins efficace dans son réquisitoire contre ce pays qui oublie «ces gens-là, les pauvres, les réfugiés, les sans paroles, les mères célibataires, les alcooliques, les drogués, les moins que rien, les chutés, les tombés, les mal-nés, les accidentés».