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La petite conformiste

de Ingrid Seyman , date de sortie le 22 août 2019
Esther est une enfant de droite née par hasard dans une famille de gauche, à Marseille, au mitan des années 70. Chez elle, tout le monde vit nu. Et tout le monde - sauf elle - est excentrique.

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La fiche détaillée

Résumé

Esther est une enfant de droite née par hasard dans une famille de gauche, à Marseille, au mitan des années 70. Chez elle, tout le monde vit nu. Et tout le monde - sauf elle - est excentrique.

Sa mère est une secrétaire anticapitaliste qui ne jure que par Mai 68. Son père, Juif pied-noir, conjure son angoisse d'un prochain holocauste en rédigeant des listes de tâches à accomplir. Dans la famille d'Esther, il y a également un frère hyperactif et des grands-parents qui soignent leur nostalgie de l'Algérie en jouant à la roulette avec les pois chiches du couscous. Mais aussi une violence diffuse, instaurée par le père, dont les inquiétantes manies empoisonnent la vie de famille.

L'existence de la petite fille va basculer lorsque ses géniteurs, pétris de contradictions, décident de la scolariser chez l'ennemi : une école catholique, située dans le quartier le plus bourgeois de la ville.

La petite conformiste est un roman haletant, où la langue fait office de mitraillette. Il interroge notre rapport à la normalité et règle définitivement son sort aux amours qui font mal. C'est à la fois drôle et grave. Absurde et bouleversant.

« J'avais mon rond de serviette chez les Robert, les Lafond et les Barthélemy de Saizieu. Chez eux, je menais la vie de château, une existence sans représailles, faite de gâteaux au yaourt confectionnés par des mères au foyer et par ailleurs profs bénévoles de catéchèse, de dîners en famille sans les couilles de mon père avec des miettes de pain dessus (on ne mangeait jamais nu chez les Robert), de parents qui s'aimaient sans briser d'assiettes sur les murs et jamais en levrette sur le clic-clac du salon. »

L'AVIS Du libraire

L'avis de Solenne de l'Espace Culturel de Seclin :
"L'histoire d'une famille pleine de folie dans ce que cela peut avoir de plus merveilleux ainsi que de plus triste. Refermer ce livre, c'est avoir envie de le relire pour comprendre un peu plus les personnages et leur destin qui ne tient qu'à un fil."

Caractéristiques

Titre La petite conformiste
Auteur Ingrid Seyman
Editeur P. Rey
Date de parution 22 août 2019
Nombre de pages 188 pages
Dimensions 22,00 cm x 15,00 cm
Poids 272 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-84876-754-3 - 9782848767543

4,2/5

Ziliz

Le 02/02/2020

Pour parodier un titre de film : tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents... conformistes. Comme la plupart des enfants, la petite Esther rêve de 'normalité', de stabilité. Sage, pudique, discrète, elle est terriblement gênée par la nudité de ses parents à la maison, leurs ébats du dimanche après-midi dans le salon devant 'L'Ecole des Fans', et leurs crêpages de chignon fréquents... Esprit soixante-huitard es-tu là ? Oui, chez les Dahan, en ces années 70-80. Cela dit, le père présente un curieux mélange de lâcher-prise peace love et de rigueur maniaque. Descendant de juifs pieds-noirs, toujours nu chez lui, petit banquier BCBG dehors, il fait des listes, les récite, à l'envers, à l'endroit, astique les meubles inlassablement, s'avère claustrophobe, hypocondriaque, tyrannique. Un doux dingue, finalement pas si doux. En tout cas assez flippant pour sa femme et leurs deux enfants, témoins de scènes de plus en plus surréalistes. Cette histoire tragicomique m'a fait penser à l'excellent roman 'La vraie vie' (Adeline Dieudonné). Et, dans une moindre mesure, à 'Interdit' (Karine Tuil) et 'Profession du père' (Sorj Chalandon). Si l'ambiance est pesante lorsque la fillette redoute les crises paternelles et l'image donnée à l'extérieur, le ton pertinent et plein d'humour est particulièrement réjouissant, notamment lorsqu'il est question de choc des cultures. L'auteur nous immerge dans 'nos' années d'enfance (1970-1980's), alors que les notions de gauche et de droite étaient (apparemment) moins floues, que Mitterrand apparaissait comme le sauveur, et que certains précurseurs, traumatisés par une éducation religieuse, s'affranchissaient 'déjà' de la religion catholique. Ce drame familial est une preuve supplémentaire que dans tous les milieux, (presque) 'toutes les familles sont psychotiques', comme dirait Douglas Coupland (titre d'un roman de 2002). De 'Un peu' à 'A la folie'. • sélection prix du roman Cezam 2020 •

Apikrus

Le 02/02/2020

« Je suis née d'une levrette, les genoux de ma mère calés sur un tapis en peau de vache synthétique. » Ce n'est pas mon cas, puisque les peaux de vaches que possédaient mes parents étaient sur le dos de leurs propriétaires, elles-mêmes dans l'étable ou paissant dans les prés. A propos de dos, au moment de ma conception, je suppose que celui de ma mère était sur un matelas à ressorts, à 50 mètres d'un troupeau de vaches. Loin de moi la prétention d'imiter Hugo, pas plus l'auteur que le chroniqueur de Babelio, mais je constate que ce roman m'amène à me poser des questions pré-existentielles… La première phrase de ma chronique débute ce roman et en donne fidèlement le ton. Pas celui de la vulgarité - il n'y a en pas dans ce livre - mais un ton détaché et plein d'humour, avec lequel Ingrid Seyman raconte la tragédie que furent les années d'enfance d'Esther. L'histoire se déroule à la fin des années 1970. Ce récit montre qu'en France la fracture sociale n'est pas une nouveauté, même si d'autres mots la désignaient, comme « lutte des classes » pour les adeptes d'interprétations simplistes de nos sociétés, ceux-là même qui n'aspirent qu'à imiter les plus riches qu'ils dénigrent tant. Esther souffre en effet des différences sociales entre sa famille et son environnement scolaire. Ce n'est malheureusement pas son seul motif de souffrance psychologique. Cette tragi-comédie mêle habilement humour et gravité, pour le grand plaisir du lecteur.

Kittiwake

Le 20/11/2019

Elle est drôle la demoiselle, née dans une famille de hippies décomplexés, mais rêvant de cols Claudine, et d’une maison bien rangée, où elle pourrait inviter ses camarades de classe sans craindre que ses parents ne déambulent en tenue d’Adam et Eve. Les situations cocasses abondent, tant des univers peu faits pour se croiser s’entrechoquent ici au gré des rencontres inévitables. Les personnages sont hauts en couleur : un père barjo (on comprendra plus tard pourquoi), qui voudrait être juif, une mère qui n’est pas à une contradiction près et effectue sans vergogne le grand écart entre ses principes et ses actes, un petit frère hyperactif et assez destructeur. le quotidien est mouvementé chez les Dahan. C’est drôle tout ça. Mais si tout le début du roman est une comédie habile et une satyre sociale sur fond d’histoire politique , le ton change lorsque la jeune fille perçoit les tenants et aboutissants de cette situation familiale bancale. Excellent roman, écrit avec une belle inspiration et qui incite à se conforter dans l’idée que si, sous les pavés, la plage, sous l’humour peut se cacher le mal-être.

Heloise7163

Le 01/11/2019

Coup de cœur pour ce court premier roman qui nous plonge dans les années 70-80. Esther est née dans une famille de soixante huitards, anticonformistes, libertaires, adeptes du nudisme et de la levrette. Dès son plus jeune âge elle déteste leur mode de vie et rêve d’une existence traditionnelle et rangée, à l’instar de ses camarades de classe. Elle nous raconte son quotidien avec ses mots d’enfant, c’est charmant, très drôle parfois, bien qu’elle souffre profondément de l’attitude dysfonctionnelle de son père et souhaite qu’il disparaisse d’une façon ou d’une autre. Au fil des pages et des années, l’atmosphère familiale s’alourdit pour aboutir à une tragédie. Ingrid Seyman a parfaitement réussi à nous faire ressentir les souffrances de cette famille à travers les mots et les sentiments d’une enfant. Cela donne un résultat plein de légèreté apparente et de profonde émotion. Je le recommande chaleureusement.

hcdahlem

Le 26/09/2019

La petite fille qui ne voulait pas grandir Dans «La petite conformiste», un premier roman qui met en scène une enfant qui regarde comme un jeu ses parents se déchirer, Ingrid Seyman réussit une émouvante plongée dans la France des années 70-80. Dès les premières lignes, le ton est donné: «Je suis née d’une levrette, les genoux de ma mère calés sur un tapis en peau de vache synthétique. Je n’en suis pas certaine mais j’ai de fortes présomptions. D’abord parce que mes parents étaient aux sports d’hiver lorsqu’ils m’ont conçue. Surtout parce qu’ils n’ont jamais caché leur passion pour cette position. Pour tout dire, j’associe le générique de L’École des fans au tempo crescendo de la première levrette qu’il me fut donné de surprendre. Je sais que tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents soixante-huitards qui faisaient de la « gymnastique » dans leur chambre tous les dimanches après-midi, tandis que leur gamine, collée devant Jacques Martin, rêvait de raies sur le côté et de socquettes en dentelle. Moi, oui.» Esther est cette «petite conformiste» qui va grandir au sein d’un couple anticonformiste. Son père Patrick est un juif pied-noir qui oublie souvent qu’il est juif, mais ne peut oublier l’Algérie française et cette ville de Souk-Ahras qu’il a été contraint de quitter pour se retrouver à Marseille. C’est en compagnie d’Elizabeth qu’il va essayer de construire une nouvelle vie. Cette Babeth qui aime les levrettes et mai 68, cette secrétaire qui va lui donner deux enfants, Esther puis, trois ans plus tard, Jérémy. Qui aurait pu ne jamais arriver. Car l’harmonie du couple vacille: «J’ignore les raisons qui poussèrent Elizabeth à se séparer de mon père alors que j’avais trois ans. Je sais par contre que cette séparation ne dura pas. En lieu et place du divorce de mes parents, j’eus un frère.» Ingrid Seyman réussit parfaitement à se fondre dans l’esprit de cette enfant espiègle et bien innocente pour retracer la chronique familiale, pour raconter à sa façon les années Giscard, puis les années Mitterrand. Après avoir appris à connaître certains membres de la famille, la tante – qui déteste son père – et la grand-mère Fortunée – qui ne voit pas d’un bon œil l’idée de partir en vacances en Algérie – Esther va brosser un panorama savoureux des relations sociales, en commençant par son parcours scolaire dans une école privée catholique. Arrivée à Jeanne d’Arc, elle se sent mise sur la touche: «Autour de nous, tout le monde se connaissait. Des filles en robes marine se racontaient leurs vacances. Et des mères en tailleur s’invitaient à boire le thé au bord de leur piscine sur le coup des 15 heures. Personne n’avait l’accent marseillais.» Fort heureusement pour elle, Agnès – qui va devenir sa meilleure amie – va lui permettre de découvrir les nouveaux codes de ces familles si différentes de la sienne. Des codes qu’elle va vouloir intégrer jusqu’à se faire baptiser, au grand dam de son père. Au fil de ces années où elle cherche sa place et tente de comprendre comment fonctionnent ses parents, entre une permissivité déclarée – on se promène tout nu dans la maison, Patrick se prend pour Jacques Brel, Babeth ne veut pas que sa fille saute une classe par souci d’égalité républicaine – et un traumatisme qui est loin d’être soldé, Esther va se construire grâce à ses amies, quitte à se fâcher contre elles quand le racisme sourd dans les conversations de leurs parents. Il n’y a guère que les séparations successives de ses parents – qui finissent toujours par se rabibocher – qu’elle prend comme un jeu, peut-être aussi pour se rassurer et rassurer son petit-frère. À l’image de ce dossier trouvé dans un placard et dont elle pressent qu’il renferme quelque chose de grave, elle préfère ne pas savoir, continuer sa vie de petite fille. Mais il est des jeux dangereux, comme l’épilogue de ce roman écrit d’une plume allègre va nous le rappeler. Et nous fermer passer de la comédie à la tragédie.