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Là où les chiens aboient par la queue

de Estelle-Sarah Bulle , date de sortie le 12 septembre 2019
Là où les chiens aboient par la queue

Dans la famille Ezechiel, c'est Antoine qui mène le jeu. Avec son « nom de savane », choisi pour embrouiller les mauvais esprits, ses croyances baroques... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Là où les chiens aboient par la queue

Dans la famille Ezechiel, c'est Antoine qui mène le jeu. Avec son « nom de savane », choisi pour embrouiller les mauvais esprits, ses croyances baroques et son sens de l'indépendance, elle est la plus indomptable de la fratrie. Ni Lucinde ni Petit-Frère ne sont jamais parvenus à lui tenir tête. Sa mémoire est comme une mine d'or. En jaillissent mille souvenirs-pépites que la nièce, une jeune femme née en banlieue parisienne et tiraillée par son identité métisse, recueille avidement. Au fil des conversations, Antoine fait revivre pour elle l'histoire familiale qui épouse celle de la Guadeloupe depuis la fin des années 40 : l'enfance au fin fond de la campagne, les splendeurs et les taudis de Pointe-à-Pitre, le commerce en mer des Caraïbes, l'inéluctable exil vers la métropole...

Intensément romanesque, porté par une langue vive où affleure une pointe de créole, Là où les chiens aboient par la queue embrasse le destin de toute une génération d'Antillais pris entre deux mondes.

Caractéristiques

Titre Là où les chiens aboient par la queue
Collection Piccolo
Editeur Liana Levi
Date de parution 12 septembre 2019
Nombre de pages 296 pages
Dimensions 18,00 cm x 12,00 cm
Poids 212 g
Support Broché
ISBN / EAN 979-10-349-0175-3 - 9791034901753

4,4/5

Fandol

Le 09/05/2019

Quand nous parlons d’un coin perdu, il arrive que nous disions qu’il est seulement ravitaillé par les corbeaux… mais en Guadeloupe - Estelle-Sarah Bulle me l’a appris grâce au titre de son premier roman - on dit : « Cé la chyen ka japé pa ké », Là où les chiens aboient par la queue ! Ce titre ne laisse pas indifférent et attire logiquement l’attention sur un livre qu’il faut lire pour sortir un peu de notre hexagone. L’autrice, née en France, explore la vie dans cette île dont sa famille est originaire et que notre pays a réussi à conserver malgré les tentatives indépendantistes durement réprimées, bien évoquées au cours du roman, tentatives bien peu répercutées en métropole. Ce coin perdu, c’est Morne-Galant où vit la famille Ezechiel dont nous suivons le cours au travers de la vie des trois enfants d’Hilaire et Eulalie : Apolonne que tout le monde appelle Antoine, Lucinde et Petit-Frère. C’est la fille de ce dernier qui recueille les détails de la vie de sa tante, Antoine, principalement mais les avis de Lucinde et de Petit-Frère sont très intéressants car ils apportent un autre point de vue. Antoine – difficile de se faire à ce prénom pour une jeune fille de seize ans – quitte Morne-Galant, toute seule pour aller vivre à Pointe-à-Pitre. À sa nièce, elle raconte son enfance, le mariage de ses parents, la mort de sa mère en janvier 1947, et sa vie pleine de débrouillardise, de croyances religieuses et de superstitions. De temps à autre, la nièce prend la parole : « Les jeunes Antillais nés à Sarcelles, La Courneuve, Villeurbanne ou dans les faubourgs de Pointe-à-Pitre et de Fort-de-France étaient à la fois mieux protégés et en butte aux mêmes difficultés que ceux issus de l’immigration africaine ou maghrébine. » Cela mérite réflexion et c’est pour cela que j’ai aimé ce livre. Il m’a permis aussi de comprendre l’évolution d’une île où quelques Blancs, jaloux de leurs privilèges, exploitaient ou exploitent encore les richesses humaines et naturelles locales. Antoine parle aussi de la période de l’Occupation, du régime de Vichy, des voyages faits par de Gaulle sur place, du béton qui s’impose et du travail qui se fait de plus en plus rare. Les expressions savoureuses ne manquent pas et nous devrions les adopter pour enrichir notre vocabulaire. J’ai aussi bien apprécié les phrases en créole que l’autrice n’a pas manqué de traduire pour aider à la compréhension pas toujours évidente. Si Antoine est devenue un vraie Parisienne, elle est restée profondément marquée par la Guadeloupe et l’histoire de sa famille, une histoire bien racontée, décortiquée, analysée par une autrice qui a réussi un très bon premier roman.

palamede

Le 05/01/2019

La famille Ezéchiel fait partie des descendants d'esclaves souvent exploités par les blancs, les békés avec qui toute alliance était impensable. Sauf que dans les années quarante, Hilaire Ezéchiel épouse Eulalie Lebecq, d'une famille bretonne de petits colons blancs, et donne naissance à une descendance mixte. Des enfants qui à l’age adulte bien qu'attachés à la Guadeloupe voudront la quitter pour la métropole, vivant un déracinement. Avec des personnages forts comme Antoine, une tante libre et entreprenante, sa nièce, Estelle-Sarah Bulle, née à Créteil, raconte un peu son histoire personnelle et familiale. Elle le fait dans une langue joyeuse, imaginative et colorée qui nous embarque dans les croyances, les joies et les souffrances, les soumissions et les révoltes, d'une île à la beauté envoûtante (quelque peu abîmée par les constructions de béton des années soixante). Une île — dont le passé commun avec la France a commencé au XVIIe siècle avec la déportation massive par les Français d'esclaves noirs africains — inoubliable sous la plume épatante d'Estelle Sarah Bulle. Challenge MULTI-DÉFIS 2019 Challenge PLUMES FÉMININES 2019

Sebthocal

Le 05/11/2018

Morne-Galant, c'est un village au bout d'un chemin où il n'y a rien, à part des vaches et quelques habitants : « Encore aujourd'hui, les Guadeloupéens disent de Morne-Galant : « Cé la chyen ka pa japé pa ké. » Je te le traduis parce que ton père ne t'a jamais parlé créole : « C'est là où les chiens aboient par la queue. » Elle, la narratrice, est d'origine guadeloupéenne mais ne connaît rien de la culture créole, sa tante Appolone va se charger de lui faire le récit de ses origines entre mythes et réalités. Elle est « celle qui relie le passé au présent, la Guadeloupe à Paris, comme une racine souterraine et pleine de vie ». Appolone ou Antoine, « son nom de savane » choisi pour éloigner les mauvais esprits. D'une verve sans pareille, elle lui conte l'histoire de la famille Ezechiel. le grand-père Hilaire marié à une « béké », une blanche d'un village fermé de colons bretons, les Blancs-Matignon. Mais à Morne-Galant, la vie devient vite plate et morne pour une jeune fille pleine d'ambition et farouchement indépendante comme Antoine. Dès ses 16 ans, quittera son village natal pour la capitale, Pointe-à-Pitre, et ses bidonvilles qui accueillent les travailleurs antillais employés par les Français. Avec pour tout bagage un parapluie rouge, une robe élimée et un mouchoir usagé, elle fera vite l'apprentissage des hiérarchies et des conventions sociales. Retranscrite dans une langue imagée et fleurie, la vie d'Antoine devient un voyage à travers l'histoire de la colonisation de ce petit bout de terre et de ses relations avec la République française et ses promesses d'un avenir meilleur. Qu'à cela ne tienne, elle partira sur le territoire métropolitain pour y chercher ses espoirs et sa liberté. Mais c'est le béton sans odeur et sans âme des grands ensembles qui l'accueillera alors. Entre Morne-Galant et Créteil, c'est une histoire conflictuelle et passionnée à laquelle nous invite à parcourir Estelle-Sarah Bulle. Une histoire d'origine et d'exil, de promesses et d'espoirs déçus ou accomplis. Partir quand on n'a pas les moyens de continuer à vivre où l'on est. Partir en n'étant plus tout à fait d'ici, ni jamais vraiment de là-bas. Une histoire de liberté, de douleur et d'identité. Un premier roman plein de poésie dans une langue pleine de fantaisie qui fait danser les mots et les idées d'une prose lyrique et facétieuse à travers soixante ans d'histoire franco-antillaise. Lu en octobre 2018. Retrouvez mon article sur Fnac.com/Le conseil des libraires :

iris29

Le 04/11/2018

Coup de coeur absolu pour ce roman qui sous couvert de raconter l'histoire d'une famille guadeloupéenne sur deux générations, raconte aussi l'histoire de cette île des années 40 à nos jours. Cette histoire placée sous d'autres cieux, pourrait être aussi la votre, celle d'enfants qui quittent le foyer parental pour aller à la ville, rêvant d'un meilleur avenir. L'exode rural et le père qui ne comprend pas. Ça pourrait ressembler aussi à la votre : celle d'enfants qui s'envolent pour la capitale, Paris, rêvant d'anonymat, de liberté, de culture. Oui, mais voilà, Estelle-Sarah Bulle nous raconte celle d'une famille qui est certainement très largement inspirée de la sienne, les anecdotes émaillent ce récit comme autant de pépites, de diamants qui ont le goût de la vérité. Beauté des mots, images venues d'ailleurs avec des insertions de créole, cette auteure saura vous emmener , dans le passé mais aussi au soleil, dans une Guadeloupe qui n'existe plus. On est fin des années 40 et certains Antillais se souviennent encore des traces de fouet sur le dos de leurs parents… On est fin des années 40, et Hilaire tombe amoureux d'Eulalie, une blanche. Ils auront trois enfants , des métis . Deux filles, Antoine et Lucinde et puis Petit-frère. C'est la fille de ce dernier qui rassemblera les souvenirs de cette fratrie pendant une dizaine d'années, et nous livrera ce récit. Les hommes bien gentils mais en dessous de tout, les femmes un peu fofolles mais débrouillardes . Ceux qui avaient du bien et qui n'ont pas su le garder, ceux qui se retroussent leurs manches et qui vont chercher ailleurs ce qu'ils ne trouvent pas sous le soleil... Sans bruit, et au delà de la famille Ezechiel, Estelle-Sarah Bulle parle aussi de l'histoire avec un grand H, de politique, d' incompétence politique, d'accaparation des richesses , de révolte de la jeunesse matée dans un bain de sang, de racisme . Et j'ai refermé ce roman il y a quelques minutes , la tête pleine de réflexions diverses sur la famille, les barres d'immeubles, Paris, ce qu'on perd, ce qu'on gagne, le petit lopin de terre à avoir . La tête pleine d'images de 1940, de paysages qui n'existent plus, de mots créoles, de soleil et de personnes si résistantes . Un roman réussi, c'est quand tu y penses encore, longtemps après … Et j'ai refermé ces pages , le coeur un peu serré. … #9835; le Coeur grenadine #9835; ( Merci à Bookycooky et à son billet...)

Bookycooky

Le 10/09/2018

C'est l'histoire d'une famille guadeloupéenne sur deux générations. Une fresque colorée, reconstituée à travers les propos recueillis de deux soeurs et de leur petit frère, par Eulalie, la fille de ce dernier. C'est aussi l'histoire de la Guadeloupe, cette île, où tout a été importé ("Même cette canne autour de nous n'était pas là, c'est une plante importée, comme presque tout ici."), le pays du « Nèg kont' Nèg » et des marabouts. Originaire de Morne-Galant, un bled que les guadeloupéens appellent l'endroit "où les chiens aboient par la queue" ( un trou perdu), les trois enfants finissent tous par « s'exiler » en France. Français sur papier, ils appartiennent pourtant à un autre monde, les "immigrés de l'intérieur ", que la nièce, née et grandit en France, aimerait connaître et comprendre. "Tu viens me voir, et tu te demandes où est notre place, à nous qui venons d'un entre-deux du monde.....”. lui dit Antoine. Remontant aux années 40, c'est elle l'aînée, "on bel ti fanm", qui entame cette histoire avec l'histoire de ses parents et sa fuite de la maison à seize ans, pour Pointe-à-Pitre..... En contrepoint, nous écoutons le frère et la soeur cadette raconter leur propre histoire, jusqu'à leur arrivée à Paris dans les années 60. Début 70 entre en scène, la nièce. Bien qu' Antoine lui dit "tu as toujours vécu en métropole, tu ne sais pas vraiment ce qu'est le racisme", sa condition d'antillaise n'en restera pas moins modifiée. Une des premières phrases qu'elle entendra toute petite sera "Ça va, c'est qu'une Négresse". Comme souvent dans les romans polyphoniques, les faits ne s'accordent pas, les points de vue différent....., mais dans ce riche terreau, le fond de vérité y est, de la misère et la pagaille bigarrées de la Guadeloupe aux tours de bétons grises et quartiers monocolores de la banlieue parisienne, deux générations d'antillais pris entre deux mondes, sur fond de racisme latent. Lequel est le meilleur ? Surtout que le premier a fini par être “civilisé”, par le second. " et le père d'Eulelia, en dira, "j'ai quitté un nulle part pour un autre nulle part". Le sel de ce récit truculent et lucide, est sa superbe prose fluide, très colorée, parsemée d'expressions créoles (prendre un toufoukan dans les venelles / fouteurs de manjékochon / ses « sa ki ta'w ta'w ....). L'écrivaine dit " le créole est une langue très riche, très imagée, très poétique, où l'on peut puiser à l'infini. J'ai donc pu m'amuser avec ce matériau sans le maîtriser complètement.". Eh bien l'amusement est trés réussi ! J'ai aimé le personnage d'Antoine, femme loufoque, indépendante, qui n'a pas froid aux yeux, se moque du qu'en dira-t-on, parle aux esprits et super débrouillarde, dans un monde où elle n'est pourtant pas du tout à son avantage ! Bref j'ai beaucoup aimé ce livre, un premier roman qui a déjà remporté le prix littéraire Stanislas et est en lice pour celui de la Fnac ! "Noirs, Blancs, Indiens, Chinois, Syriens, nous nous savions tous liés, entremêlés, mais nous avions honte de cette créolité qui était pourtant la seule réalité, la seule histoire de l'île."