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La mort de Brune

de Pierre Bergounioux , date de sortie le 04 novembre 1997
«Le temps qu'on dit passé s'attardait encore, au milieu de ce siècle, dans les petites villes enfouies au coeur du pays. Sa lumière morte, son air éteint, ses drames anachroniques, sa misère, ses tenaces... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

«Le temps qu'on dit passé s'attardait encore, au milieu de ce siècle, dans les petites villes enfouies au coeur du pays. Sa lumière morte, son air éteint, ses drames anachroniques, sa misère, ses tenaces noirceurs encombraient la vie de chaque jour. L'heure qui montait au cadran de l'histoire hésitait, au loin. Quinze années durant, peut-être, la nuit mérovingienne, le regard d'une dame du temps du roi François, les catins et les roués de la Régence, le spectre d'un maréchal d'Empire assassiné hantèrent le paysage immobile. Une clarté soudaine, insolite et verte, les éclipsa un beau soir, sans retour, et l'instant qui nous était destiné, le présent, a fait son entrée.»

Caractéristiques

Titre La mort de Brune
Collection Folio
Editeur Gallimard
Date de parution 04 novembre 1997
Nombre de pages 135 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 92 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-07-040295-9 - 9782070402953

3/5

DanD

Le 24/12/2017

La mort de Brune. Bergounioux traite encore une fois du passage du temps. Ce qu'il laisse dans ses souvenirs, comment lui il moule ces souvenirs, les raisonne, et comment ils le conditionnent. Et moi je suis encore une fois seduit. C'est de son enfance a Brive-la-gaillarde qu'il nous entretient cette fois-ci. Des choses et des gens qui ont entoure son enfance. Des rues de Brive, de ses maisons, des grands batiments municipaux, des citoyens provinciaux qu'il y croisait. Comment il les voyait alors et comment ce regard a change –ou pas, cela aussi arrive – une fois adulte. Le chapelier dont la silhouette entrevue de nuit lui faisait peur; le boucher qui, a sa surprise emerveillee, cachait un melomane; le photographe-peintre qui repetait a l'infini la nature environnante; l'agent du fisc passant des journees a la bibliotheque municipale pour ecrire la biographie d'un cardinal natif du lieu et tombe dans l'oubli. Mais aussi les nouveaux venus, des espagnols qui rendaient le petit quartier ou ils etaient regroupes criard, vivant et colorie, contrastant avec la terne grisaille du reste de la ville. Et les batiments emblematiques, dont l'hotel Labenche, tour a tour dispensaire, ecole, conservatoire de musique et bibliotheque municipale. Batiments qui gardaient le souvenir d'anciens Brivois – de celebre memoire en leur petite patrie – dont le general bonapartiste Brune, assassine a Avignon par une foule survoltee. Mais ce n'est pas que son regard qui change. Le temps est passé et tout a vraiment change, jusqu'au paysage que peignait inlassablement le photographe de son enfance et qui s'est encombre de nouveaux lotissements. La vie de Brive, le rythme de cette vie, a change. Et on sent Bergounioux un brin nostalgique de cette athmosphere provinciale ou, enfant, il etouffait. Reste l'ecriture de Bergounioux. Qui faconne son enfance et la rend pour nous lecteurs dure et en meme temps sableuse et tendre comme les pierres dont est construite la vieille Brive. Qui nous fait concevoir l'immobilite du temps telle que ressentie par un enfant, et de suite après eprouver la contrainte, imperative, cruelle, mais aussi benie, du changement. Un style au parfum lourd, qui vous happe et vous saoule legerement. Un style etourdissant. Il a sur moi un effet probant: je suis sorti de cette lecture tout songeur, et oui, un peu etourdi.