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L'homme qui pleure de rire

de Frédéric Beigbeder , date de sortie le 02 janvier 2020
Octave Parango a travaillé dans la publicité durant les années 1990 et dans la mode durant les années 2000. Il est désormais humoriste à 8h55, le jeudi matin, sur la plus grande radio nationale de... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Octave Parango a travaillé dans la publicité durant les années 1990 et dans la mode durant les années 2000. Il est désormais humoriste à 8h55, le jeudi matin, sur la plus grande radio nationale de service public.

clôt la trilogie d'Octave Parango sur les aliénations contemporaines : après la tyrannie de la réclame puis la marchandisation de la beauté féminine, Frédéric Beigbeder s'attaque à la dictature du rire.

Une satire réjouissante des dérives de notre société de divertissement.

Caractéristiques

Titre L'homme qui pleure de rire
Editeur Grasset
Date de parution 02 janvier 2020
Nombre de pages 316 pages
Dimensions 21,00 cm x 13,00 cm
Poids 378 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-246-81923-3 - 9782246819233

4,2/5

lesjolismotsdeclem

Le 21/02/2020

Il y a deux auteurs qui m’auront marqué à mon entrée dans l’âge adulte. Bret Easton Ellis et Frédéric Beigbeder. Mon premier, de l’autre côté de l’atlantique . Il dépeint les travers d’une jeunesse dorée dépravée, revenue de tout. De la côte est à la côté ouest. Il écorne, égratigne voire même écorche à vif l’image du rêve américain, vaste miroir aux alouettes sous psychotropes. C’est cru, nauséeux et nauséabond. Un pur délice. Mon second quant à lui est un noctambule avéré, issu du Paris aisé et bourgeois. Il dépeint les mœurs françaises aux vitrioles, surtout les élites de la bien-pensance – dont il fait lui même parti – en revisitant avec un cynisme certain et une hauteur embrumée ses expériences professionnelles et personnelles. La parution des romans de ses auteurs est toujours pour moi un moment d’allégresse, certaine que je vais passer un moment particulier et suspendu, dans une bulle désabusée du monde contemporain. C’est dans cet état d’esprit que j’ai entamé ma lecture de l’Homme qui pleure de rire, de Frédéric Beigbeder. « Octave Parango a travaillé dans la publicité durant les années 1990 et dans la mode durant les années 2000. Il est désormais humoriste à 8h55, le jeudi matin, sur la plus grande radio nationale de service public. L’homme qui pleure de rire clôt la trilogie d’Octave Parango sur les aliénations contemporaines : après la tyrannie de la réclame puis la marchandisation de la beauté féminine, Frédéric Beigbeder s’attaque à la dictature du rire. Une satire réjouissante des dérives de notre société de divertissement. » Un smiley comme titre de couverture. C’est osé. Un affront à la beauté des mots d’un titre. C’est très bien pensé. Il y a quelque chose de pathétique dans ce petit personnage visage, impersonnel, de travers, les larmes aux yeux. Sans contexte aucun. Un smiley comme ponctuation finale. Un hommage 2.0 à l’Homme qui rit, de Victor Hugo. L’histoire part de son éviction de France Inter, suite à une absence de chronique. Un suicide professionnel en direct, devant des collègues désabusés. Et un public … médusé ? habitué ? cela, nous ne le saurons pas. Nous investiguons sur la genèse de ce fiasco, heure par heure, dans la nuit parisienne. Fantôme de ce qu’elle a été, sa superbe envolée, sa liberté perdue. Sur fond de transmutation de l’ordre en place, la révolte des gilets jaunes en second plan. Des délinquants qui mettent la ville lumière à feu et à sang. Frédéric Beigbeder revient avec nostalgie et quelques facéties, sur les cinquantes années de sa vie. Celui qu’il a été, jeune arrogant aux verbes hauts, à la blague potage et au menton comme étendard. Fondateur du Caca’s Club. Haute institution festive parisienne, basée sur l’entre soi. Ses nuits parisiennes. L’évolution des mœurs. Paris comme chimère de son passé de célibataire, flash-back en noir et blanc d’une époque révolue, mis en parallèle de sa vie de parent au bord de l’océan, qu’il compare à un dessin animé en technicolors pixelisé. Avec L’Homme qui pleure de rire, Frédéric Beigbeder tire un majestueux point final (?) aux aventures de son double littéraire, Octave Parango, avec une plume plus acerbe et qui, je trouve, gagne en qualité au fil des années. La cinquantaine a cela de bon chez lui. Après tout. Belle lecture à vous !

Zarps

Le 26/01/2020

Quand j'ai vu le titre du nouveau roman de Beigbeder, j'ai levé les yeux au ciel. Quand j'ai entendu que ce livre était un pamphlet contre France Inter, je me suis interrogée. Mais comme je lis cet auteur depuis mes 14 ans et la découverte de Nouvelles sous ecstasy, j'ai ouvert son dernier livre. C'est l'histoire d'une nuit parisienne, et d'un chroniqueur qui court vers son suicide radiophonique. La chronique d'une mort médiatique annoncée, et en direct. A 8h55, il y aura une page blanche face à lui. C'est surtout l'histoire du double de l'écrivain, Octave Parangon, qui se découvre d'une autre époque. Un temps de fêtes et de frivolités, aux mœurs légères, d'une certaine insouciance. Comme Fitzgerald, Beigbeder danse sur les ruines de sa jeunesse, matérialisées par celles encore fumantes du Fouquet's. Un autre temps, avant Me too, avant les Gilets jaunes, avant une conscience d'un monde qui fout le camp. C'est aussi l'avènement d'un temps qu'il ne comprend pas bien, celui où l'expression des sentiments se résume à un alignement d'emojis. Aristocrate désargenté, chroniqueur mondain (mention spéciale à la remise de légion d'honneur à Michel Houellebecq) il joue un rôle qui est aujourd'hui tellement loin de son quotidien de père de famille installé avec femme et enfants au pays Basque. Être chroniqueur sur France Inter, pardon France publique, c'est un rôle qu'il endosse de mauvaise grâce. Il n'aime pas ce traitement de l'actualité, où tout est tourné en dérision. Il n'aime pas ce ricanement permanent qui ne laisse jamais la place au dialogue. Comment répondre à un satiriste qui a écrit une chronique au cordeau sans passer pour le rabat-joie de service ? Il n'aime pas cette manière qu'à la radio la plus écoutée de France de créer une distance avec ceux qui l'écoutent et encore plus ceux qui ne l'écoutent pas. Il est bien dommage de réduire cette réflexion sur les médias à un simpliste "Beigbeder règle ses comptes". Si le personnage vous insupporte, ce roman ne vous réconciliera pas avec lui. Mais si vous appréciez la plume de Beigbeder, foncez, c'est un bon cru !

viou1108

Le 21/01/2020

La couverture se résume à un smiley, une émoticône qui penche la tête en riant aux larmes. Puisqu'il faut bien un titre en toutes lettres, ne serait-ce que pour référencer le livre, le petit bonhomme qui rit en pleurant a été traduit par "l'homme qui pleure de rire". Je ne suis pas familière de l'oeuvre de Frédéric Beigbeder, ni du personnage people et médiatique, ni de l'homme (quand les deux ne se confondent pas), mais j'ai cru comprendre que cet opus mettant en scène Octave Parango, son double littéraire, venait clore une trilogie, après "99 francs" et "Au secours pardon". Après la pub dans les années 90 et la mode dans les années 2000, voici qu'Octave Beigbeder s'attaque à l'humour des années 2010 et à sa tyrannie : "l'humour est une dictature parce qu'il n'autorise jamais de droit de réponse", et en particulier à l'humour des chroniqueurs radiophoniques du service public : "L'humour des insolents chroniqueurs de France Publique consiste à saper les fondements de la démocratie en se faisant passer pour son dernier rempart". C'est là qu'il faut indiquer (personnellement, ça m'avait totalement échappé à l'époque) que Frédéric Parango a sabordé en beauté sa carrière de chroniqueur humoriste de la matinale de France Inter/Publique, un beau matin de novembre 2018. Arrivé en studio après une nuit blanche de débauche, sans avoir rien préparé, il avait tenté de meubler ses trois minutes et quelque d'antenne avec beaucoup de vent et de vide, sous le regard consterné et crispé des autres animateurs (j'ai regardé le podcast de cette séquence, et le mépris agressif de ceux-ci m'a interloquée. J'ai essayé de transposer la scène sur La Première – RTBF, mais je ne suis pas arrivée à imaginer la même pression féroce. Trouvez-moi naïve si vous voulez). Aussitôt éjecté de la chaîne, Octave/Frédéric décide d'en tirer un livre, dans lequel il raconte la fameuse scène et les heures qui l'ont précédée, ceci devant peut-être expliquer cela, mais de toute façon argument irrecevable pour la matinale "la plus écoutée de France". Et nous accompagnons donc Octave au fil de la nuit, au terme d'une journée qui a vu des "gilets fluo" enflammer les Champs-Elysées. de bars en boîtes de nuit, il erre entre alcools, drogues et tentatives de séduction, et son esprit vagabonde de réflexions sur les gilets jaunes, sur l'humour obligatoire et dévastateur, sur les médias et les réseaux sociaux, en digressions nostalgiques sur son passé orgiaque aux antipodes de sa vie actuelle de papa-gâteau convaincu. Avec virulence, Octave Parango règle ses comptes avec son ex-employeur et ses ex-confrères spécialistes ès dérision. "L'homme qui pleure de rire" est en réalité un homme qui pleure d'être obligé de rire, et le smiley de la couverture a un côté effrayant. Difficile pour moi de faire la part des choses entre le vrai, l'exagéré et l'inventé, mais ce Frédéric/Octave m'a paru sincère (trouvez-moi dupe si vous voulez), bien qu'assez barbant avec toutes ces références à un certain milieu parisiano-culturo-médiatique qui ne me parle pas. le bougre est parvenu à me toucher, avec son humour désespéré, son inadaptation à l'air du temps, son côté ado-qui-ne-veut-pas-grandir, ses difficultés existentielles à concilier sa sempiternelle image de dandy parisien et sa vie rangée de père de famille dans le sud-ouest. Octave/Frédéric écrit/parle avec lucidité, poésie parfois, et un sens aigu de la formule. Pas exactement optimiste sur le monde comme il va, "l'homme qui pleure de rire", derrière son masque de clown, voudrait simplement pouvoir pleurer de joie. En partenariat avec les Editions Grasset via Netgalley. #Lhommequipleurederire #NetGalleyFrance

Christophe_bj

Le 10/01/2020

C’est une nuit d’errance d’Octave Parango, qui n’a pas encore écrit la chronique qu’il doit faire sur « France Publique » le lendemain, dans l’ouest de Paris, pendant les émeutes des « gilets fluo ». J’avais vu sur You Tube la déconfiture de Beigbeder devant les regards consternés des animateurs lors de la matinale de France Inter, lorsque, devant lire sa chronique du jeudi, il apparut qu’il n’avait rien préparé du tout et essayait en vain de meubler le temps qui lui était imparti. Je m’étais dit qu’il n’usurpait pas sa réputation de désinvolture et de j’menfoutisme. Dans ce livre, il transfigure cet épisode et contredit sa réputation, sinon dans le fond – car il lui plaît souvent de l’entretenir –, du moins dans la forme, car il s’agit d’une prose très travaillée, souvent brillante et pleine d’esprit et de verve. Les formules fusent, étincelantes : « le mouvement #MeToo a considérablement rallongé le délai entre la rencontre et la pénétration. Tout le malheur des hommes vient de ce que Harvey Weinstein n’a pas su demeurer seul au repos dans sa chambre. » (p. 130). « Le 14 Juillet, fête nationale française, est l’anniversaire d’une manifestation interdite par la police. C’est pourquoi en France les insurrections sont sacrées. On ne touche pas au droit à la colère dans notre pays. La Révolution est notre ADN, notre République est née d’un foutoir violent organisé par une bande d’émeutiers qui ont libéré une prison avant de guillotiner le roi et sa femme. » (p. 200). Le premier tiers, sur l’invasion de nos sociétés par l’humour et ce qu’il appelle assez justement le « comico-populisme », est très convaincant, pertinent, profond et souvent désopilant : « Les hommes politiques se bousculent pour passer chez Cyril Hanouna sans comprendre que bientôt, Cyril Hanouna prendra leur place. Le bouffon du roi, c’est sain ; le bouffon qui devient le roi, c’est un nouveau système : le comico-populisme. […] Le rire sardonique prépare l’élection des clowns maléfiques avec l’appui des réseaux sociaux. » (pp. 62 et 64) La critique de France Inter est géniale et hilarante – et fait mouche. Il s’éloigne ensuite de cette thématique pour relater des souvenirs de jeunesse, nous faire vivre en direct ses expériences de drogue et se lamenter sur son âge. Ce n’est qu’aux deux tiers du livre qu’il s’essouffle et l’on se dit que l’ouvrage aurait gagné à avoir cent pages de moins. Bien sûr, on pourrait s’appesantir sur le paradoxe du livre : il utilise les recettes de la Société du spectacle debordienne qu’il dénonce, dont il est un des membres les plus actifs et dont il a tant profité, à la manière du paradoxe de ce smiley en guise de titre (« Les ennemis de l’intelligence auront gagné quand les romans auront pour titre ces petits visages à la géométrie stupide », p. 125). Mais ne boudons pas notre plaisir de lecture !

Agathethebook

Le 02/01/2020

Je n’avais pas écouté la radio. Une amie dans la journée m’a téléphoné : « Ton idole a foiré sa chronique ce matin, il n’avait rien préparé, apparemment ils vont le virer ». J’avais souri. Pourquoi quitter France Inter comme tout le monde ? Tôt ou tard, il en ferait un livre. N’est-il pas génial et improbable, ce smiley imprimé sur la couverture jaune côtelée des éditions Grasset ? Ceux qui critiquent avant d’avoir lu doivent bien avouer qu’ils n’ont jamais vu ça. Quiconque parvient à raconter son suicide a le droit d’imposer son audace. Oui, il s’agit bien d’un suicide en direct. Il est venu sans feuille, juste avec une jolie gueule de bois, et il n’a rien dit, ou pas grand chose. Comme il le dit lui-même, il aurait dû ne pas venir. Oui mais voilà, Frédéric Beigbeder est trop bien élevé ou pas assez, et surtout, il n’avait plus envie de faire rire. C’est un secret pour personne : Octave Parango, son double littéraire, n’est pas vraiment un modèle de vertu. C’est lui qui arpente Paris les mercredis soirs en poussant le chroniqueur à sortir, regarder les filles et ingurgiter un panel de substances illicites —chacun se prépare comme il peut avant de passer à l’antenne. Le job était le suivant : faire l’aller-retour à Paris pour 3 minutes de chronique hebdomadaire, rivaliser d’inventivité pour maintenir l’audience et son statut d’« humoriste le plus écouté de France ». Vraisemblablement, il n’y prenait plus de plaisir, et ce livre explique pourquoi. Regardez de plus près cet émoticône qui « pleure de rire », vous donne-t-il vraiment envie de sourire ? Non, on dirait le mélange d’un clown et d’un masque de Scream. Il est grotesque et effrayant. « La drôlerie est devenue obligatoire » et toutes les époques et les sujets ne s’y prêtent pas. Octave se remémore avec nostalgie ses années folles, où le ton était libre, sans doute beaucoup plus qu’aujourd’hui. À travers cette déambulation nocturne, Octave revient sur son passé, ses rencontres, ses soirées, fait des détours par le monde de la politique, celui de la radio et de la littérature. Ce livre est un grand cri de résistance, non seulement contre l’uniformisation de l’humour et de ses codes, mais aussi contre le temps qui passe et la bienséance. Beigbeder n’a jamais autant été Beigbeder, drôle, subversif et en phase avec son Octave intérieur. Il l’avoue avec humilité, même auprès de la plus belle femme du monde, ce n’est pas évident de faire le grand-écart des vies, de célèbre dandy parisien à celle du papa de Tchoupi dans le Sud-Ouest… Le dilemme est répandu, « il y a un Octave qui sommeille en tout homme. C’est lui, qui, le soir de Noël, a envie de finir la prune cul sec. » Ce texte raconte la peur universelle du bonheur, il explore les forces destructrices et créatrices qui s’agitent en chacun de nous. Sincérité et pudeur se disputent le propos de l’inadaptation au réel. Source inspirante de liberté et d’audace que je n’ai jamais retrouvée chez personne, Frédéric Beigbeder n’ose pas, il sur-ose. Il ne se met pas à nu, il nous offre son squelette aux rayons X. Il ne se drogue pas, il invente un paradis perdu. Il ne se suicide pas, il sublime sa part sombre. Ce n’est pas exagéré, c’est surréaliste. Rien n’est grave après tout, tant que cela sert la littérature. Demeure l’éternelle question : peut-on tout oser dans la vie si c’est pour l’écrire un jour ?