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Jubilations vers le ciel

de Yann Moix , date de sortie le 21 janvier 1998
A douze ans, Nestor a connu Hélène et a aussitôt décidé qu'elle serait son amoureuse. Pendant quarante ans, il essaiera de la séduire. Cette variation sur l'amour, mélange de délicatesse et de... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

A douze ans, Nestor a connu Hélène et a aussitôt décidé qu'elle serait son amoureuse. Pendant quarante ans, il essaiera de la séduire. Cette variation sur l'amour, mélange de délicatesse et de brutalité, à travers un amour fou mais impossible, a obtenu le Prix Goncourt du premier roman et le prix François Mauriac de l'Académie française.

Caractéristiques

Titre Jubilations vers le ciel
Auteur Yann Moix
Collection Le Livre de poche
Date de parution 21 janvier 1998
Nombre de pages 220 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 140 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-253-14374-X - 9782253143741

3,3/5

Diegocuesta

Le 27/02/2017

On peut dire ce qu'on veut de ce roman, mais pas qu'il manque de style ! Il y a une verve inimitable, baignée de toutes les références littéraires de Yann Moix encore jeune lorsqu'il écrit ce premier roman (qui gagnera quand même le Goncourt du premier roman et qui sera cité régulièrement par Jean d'Ormesson ou encore Patrick Busnel comme un grand premier roman). Il y a un peu de tout, et personnellement je garde une préférence pour Anissa Corto, que je trouve plus maitrisé, plus naturel et qui finalement conserve la même thématique : celle de l'obsession. Le narrateur est amoureux obsédé d'une fille de sa classe ; il la poursuivra jusqu'à sa mort. A croire que la simple essence de la vie de ce garçon, le seul but de sa vie est la poursuite de cette femme. Il y a beaucoup, beaucoup de très belles pages ; beaucoup aussi de pages très crues et pornographiques. Un véritable ovni littéraire donc, jubilatoire comme le dit le titre. Ne cherchez pas de suspense, Yann Moix n'écrit jamais pour ses lecteurs, il écrit pour lui, pour développer une psychologie folle et des réflexions inédites sur fond de Michel Polnareff.

RiffMacKaulaye

Le 24/11/2016

Une fois qu'on est entré dans l'univers et qu'on a "accepté" le style (car Yann Moix possède un style dans ce premier roman), on passe un moment de lecture très agréable avec des scènes marquantes.

Zebra

Le 16/10/2012

Avec ce livre, je suis allé de surprises en surprises. Je précise, de bonnes en mauvaises surprises. Dommage, quand il existe tant d’excellents ouvrages en librairie ou en bibliothèque ! Pour tout avouer, j’ai même été tenté de refermer ce livre dans les pages 170-180 (le livre compte 302 pages), en plein épisode « Kama Sutra » : c’est tout dire ! L’avant dernier chapitre (« Encore un mois, encore un an ») rachète un peu le tout : voici enfin le moment où Hélène prend la plume et raconte avec simplicité sa vie sentimentale et amoureuse. Courant d’amant en amant, déçue par les uns comme par les autres, elle s’épanouit enfin à 50 ans entre les bras de William « adorable, comme à son habitude, [répondant] avec son accent anglais de petit garçon qui ne comprend pas la question que le professeur vient de lui poser ». La note finale de ce chapitre vous attristera : à 50 ans, Hélène « sait [enfin] comment être heureuse parce qu’elle connaît les pièges de la vie ». C’est heureux pour elle, mais sa jeunesse est derrière elle. Quant à son avenir, lisez la suite. Le dernier chapitre (« Épilogue : Je t’aime ») est franchement pénible. Hélène est décédée à l’âge de 62 ans. Yann Moix ne nous épargne rien : « décrépitude », « cimetière de Montargis », « cortège », « fourgonnette couleur de suie », « Totengräber » (fossoyeurs en allemand), « dépouilles », « souvenirs de glaise » … Cette danse macabre s’achève dans la nécrophilie : Nestor (en fait, Yann Moix) « touche le bois du cercueil » avant de déposer un baiser sur « la face immobile », sur « le masque blanchâtre et sec d’Hélène [qui a] la fixité des choses définitives ». Les « lèvres [de Nestor] baisent maintenant la verdure de [la] muqueuse dissoute » alors que lui revient en tête l’image du squelette et des os d’Osiris. Que dire du reste du livre ? Si vous aimez la pornographie, le verbe cru et l’image des corps en chaleur, alors vous serez servis : « Hélène est une véritable experte en matière de fellation. Extirpant le cône lumineux de la moite chaleur du slip, elle en épluche la corolle d’ivoire, caressant d’abord de la main les veinules gonflées d’un rouge brillant très pur. Des lèvres ensuite, doucement, mais sûrement, elle humecte la fleur pastel en forme de flamme. La langue foudroie la tige, en mouille de salive toutes les façades. […] Sa belle vigueur maintient la dragée haute … ». N’en jetez plus ! C’est vulgaire, voire obscène et on est à mille lieux du talent déployé par Patrick Grainville dans « La caverne céleste ». Si la scatophilie et la coprophagie ne vous répugnent pas, vous serez passablement éblouis : « Le trou d’Hélène a la rondeur du cercle. Emmerdé de taches crépusculaires aux pourtours, il a la gueule bouillante d’une lune posée sur la moire du lac à minuit. […] Il expose ses croûtes, sa matière en strates séchées superposées. […]. Avec l’ongle je gratte un peu, je sculpte, je crée des formes auxquelles le hasard n’aura pas songé. Je raye la couche excrémentielle … Je lape et déguste les desserts ignobles … ». Amis de la poésie, bonsoir ! Pour le reste, soyez indulgents surtout si vous êtes experts-comptables ou cadre dans quelque entreprise que ce soit, ou même retraité. Aux premiers, Nestor, jalousant leur réussite et leur pouvoir, envoie piques sur piques. Il voue les seconds aux gémonies dans la mesure où les cadres représentent pour Yann Moix un pur produit d’une société ouvertement dénoncée comme haïssable (lisez ce qu’il dit à propos des émissions de télés, des chanteurs de variétés, des soirées gloubi-boulga destinées à infantiliser les masses). Quant aux retraités, qui courent - sur le tard et pour quelques années encore - après le bonheur, Yann Moix les rabaissent au rang de quasi-cadavres, déambulant au milieu de la belle jeunesse, affichant outrageusement leurs trognes et leurs souvenirs d’un autre temps. Le début du livre est séduisant (j’ai indiqué qu’il y avait de la surprise dans l’air). Avec sa sensibilité à fleur de peau, Yann Moix nous plonge tout de suite dans un univers de sentiments poussés à l’extrême. Son inventivité en matière de vocabulaire n’est pas sans rappeler les bonnes pages de Rabelais : il y a du souffle et de la puissance évocatrice dans ces lignes. Mais au fil des chapitres, la fièvre qui habite Nestor (il ne vit que pour admirer Hélène et en faire sa femme) se mue en une passion obsessionnelle : on quitte l’idéalisation de l’enfance heureuse de Nestor, enfance passée aux côtés de la petite écolière, pour s’en aller vers du harcèlement et de la filature amoureuse, Nestor poursuivant sa belle sans relâche, à tous les âges de sa vie et dans toutes les situations. En avançant dans votre lecture, vous serez probablement gênés par le portrait féminin d’Hélène, non pas tant par sa précision que par son angle d’approche : pour Nestor, Hélène n’est qu’un corps sans caractère, sans personnalité, décérébré. Bref, une nature morte au service de l’homme. Une folie qui met mal à l’aise, surtout si on y ajoute le côté névrotique de l’histoire. Au final, ce livre ne se lit pas comme une offrande. Certes, l’écriture est intéressante et assez originale, mais la légèreté du scénario, l’absence de suspense, l’outrance de certaines descriptions, la dénonciation injustifiée de certaines pratiques sociétales, la femme fantasmée et idéalisée comme pur objet du désir masculin, la froideur du propos et les répétitions (en boucles infinies et névrosées) des mêmes mots et des mêmes expressions affadissent voire enlaidissent l’ouvrage. Vous avez entre les mains une curiosité dont vous pouvez tenter la lecture … en diagonale.