Prêt à feuilleter

Dix-sept ans

de Eric Fottorino , date de sortie le 16 août 2018
Dix-sept ans

« Lina n'était jamais vraiment là. Tout se passait dans son regard. J'en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qu... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Dix-sept ans

« Lina n'était jamais vraiment là. Tout se passait dans son regard. J'en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qui fanait son visage. Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d'humeur, ces sautes d'amour. »

Un dimanche de décembre, une femme livre à ses trois fils le secret qui l'étouffe. En révélant une souffrance insoupçonnée, cette mère niée par les siens depuis l'adolescence se révèle dans toute son humanité et son obstination à vivre libre, bien qu'à jamais blessée.

Une trentaine d'années après Rochelle, Éric Fottorino apporte la pièce manquante de sa quête identitaire. À travers le portrait solaire et douloureux d'une mère inconnue, l'auteur de Korsakov et de L'homme qui m'aimait tout bas donne ici le plus personnel de ses romans.

Caractéristiques

Titre Dix-sept ans
Collection Blanche
Editeur Gallimard
Date de parution 16 août 2018
Nombre de pages 262 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 277 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-07-014112-8 - 9782070141128

4,4/5

Iboo

Le 05/02/2019

Conquise par la critique qu'en avait posté Lolokili, j'ai sauté sur ce livre sans même me poser la question de savoir s'il s'agissait ou non d'un roman autobiographique. Au cours de ma lecture, il m'est apparu comme une évidence qu'il ne pouvait en être autrement. Il me semble, en effet, qu'un auteur, aussi talentueux soit-il, ne pourrait nous transmettre avec une telle intensité, des sentiments, des blessures, des ratages, s'il ne les a pas lui-même vécus, ressentis, éprouvés. Ce livre transpire à toutes les pages de vies volées, de rendez-vous manqués, de non-dits, de cris désespérés et d'amour. Surtout d'amour. Et quelle belle écriture ! Touchée. J'en ressors sincèrement émue.

Lolokili

Le 11/01/2019

Longtemps les origines d'Éric Fottorino, et plus encore son lien avec sa mère, n'auront été que secrets, mensonges ou souvenirs fragmentaires. "Korsakov" ou "L'homme qui m'aimait tout bas" (pour ne citer qu'eux), désarmants hommages à ses deux pères, témoignent de cette quête d'identité sans trêve qui relie la plupart des oeuvres de cet auteur sensible et discret. Ici le voilà qui convoque à nouveau le secours de l'imaginaire et des mots pour comprendre l'histoire de sa vie, explorant pour la première fois son sujet sans doute le plus complexe et le plus douloureux : sa mère, le "profil perdu" qui manque à sa mosaïque familiale. S'affranchissant des absences et des non-dits, Fottorino emprunte à l'artifice du roman pour mettre en lumière et réinventer sa "petite maman", celle qu'il côtoie depuis toujours mais dont il ignore tout. Celle qui, à l'âge de dix-sept ans, donna clandestinement le jour à cet enfant pas vraiment prévu au programme. Plus que jamais l'on comprend combien, pour cet auteur, ses mots et leur magie sont une essentielle respiration de vie, et en l'occurrence ici sa seule façon d'exprimer un amour filial irrémédiablement entravé par un lourd passif de mutisme émotionnel. « Ce livre est traduit du silence »… merveilleuse formule pour un message bouleversant, le plus lumineux moment de grâce que j'aie pu découvrir de cet auteur à ce jour.

Cancie

Le 10/01/2019

Dix-sept ans, titre du livre d’Éric Fottorino, est également l’âge qu’avait sa mère quand il est né. Dix-sept ans est un très beau roman autobiographique. Cet auteur en avait déjà commis d’autres mais sur son père ou plutôt ses pères (naturel et biologique) avec L’homme qui m’aimait tout bas. Un dimanche de décembre, donc, se retrouvent dans la maison familiale acquise au début des années 1980, à vingt minutes de La Rochelle, conviés par leur mètre à déjeuner, Éric, ses deux frères plus jeunes, plus exactement ses demi-frères, François et Jean, leurs compagnes et enfants. Éric est venu avec Sylvie et leur fille Apolline (11 ans), leur fils Théo étant retenu à Bordeaux pour un tournoi de foot avec les poussins Girondins. Dès le début du repas, leur mère, Lina, annonce qu’elle souhaite parler à ses fils et à eux seuls. Stupeur ! « Ce déjeuner était un Waterloo. » Elle va alors leur dévoiler ce secret qu’elle a tu jusque-là, à savoir que, très jeune, à 23 ans, le 10 janvier 1963, elle a accouché d’une petite fille qu’elle a été forcée d’abandonner dès sa naissance. Si François et Jean, ses frères, sont très émus à l’annonce de cette révélation, Éric, lui, reste de marbre. Il rentre chez lui croyant que tout allait bien mais en fait, ne cesse de se poser des questions sur son désamour pour sa mère. Il tente de reprendre ses cours à la fac mais en véritable automate. Il annonce alors aux siens qu’il a décidé de partir quelques jours à Nice où il s’envole. Et c’est à Nice où le narrateur Éric est né, qu’il va tenter de résoudre l’énigme de son existence et percer le mystère de cette mère quand elle avait dix-sept ans. Pour cela, il va arpenter les rues de Nice, monter jusqu’au village d’Ascos où elle logeait, marchant à sa rencontre, dans ses pas. Il va peu à peu comprendre qu’on l’a dépouillé de son identité, qu’on lui a volé sa mère, son père et même sa judéité. Cette quête du passé va lui permettre de retrouver la paix avec lui-même. C’est un roman très personnel dans lequel il réajuste la réalité au grè de sa plume, un roman touchant, émouvant, bouleversant, écrit avec beaucoup de justesse, de poésie et beaucoup d’amour. Quelle écriture ! C’est un véritable cri d’amour pour sa mère, un roman qui, bien que très personnel, touche tout un chacun par l’universalité des sentiments. La dernière phrase de cet ouvrage est absolument magique et m’a bouleversée !

Piatka

Le 21/11/2018

« Être abandonné, avoir été abandonné, qui peut dire ce qui fait le plus mal ? » Un dimanche, une mère révèle à ses trois fils qu'elle a accouché d'une petite fille qu'on lui a enlevé aussitôt. C'était en 1963, elle était déjà « fille-mère », c'était plus que n'en pouvait supporter sa famille, sa propre mère surtout qui a organisé l'abandon, avec la complicité de l'église et sans la consulter bien sûr. Commence alors pour l'ainé, le « narrateur batard », une quête difficile mais devenue nécessaire : qui était cette enfant de dix-sept ans qui en aout 1960 l'a mis au monde clandestinement à Nice ? Sa mère, cette inconnue. Refaire le chemin, sans juger, vers Nice, tenter de remonter le temps vers son enfance à Bordeaux, entre autre. Se rapprocher de sa mère adolescente, de ses souffrances, de ses pères aussi, naturel et d'adoption. Chercher à comprendre. Se heurter à l'incompréhensible. « J'essayais de recoller nos vies. » « On s'en était sortis vivants. Vivants, mais pas indemnes. » Ce roman, largement autobiographique, est d'une grande sobriété. Il dit sans fioritures les ravages des non-dits, le poids des secrets au sein d'une famille, leurs répliques même cinquante ans plus tard. Son authenticité, sa justesse de ton font sa force. C'est l'hommage émouvant d'un fils à sa mère mais aussi le témoignage rapporté d'une époque pas si lointaine où les carcans de la société pouvaient briser des vies en toute impunité. Commencé dans la brutalité de la révélation d'un secret, il s'achève par une délivrance, une ébauche d'apaisement et de tendresse entre un fils et sa maman. C'est peut-être cela en définitive que j'ai envie de retenir au-delà de la quête personnelle de l'auteur : le pouvoir d'apaisement et de libération des mots, plus forts que les maux, magistralement démontré par Eric Fottorino.

palamede

Le 29/10/2018

« Et puis tout d'un coup je me suis mis à pleurer pour rien. Ce rien, c'était notre vie disparue sans que je te serre contre moi, petite maman, sans ces gestes que tu avais tant attendus puis qu'à la longue tu avais cessé d'espérer, comme on ferme la lumière dans une pièce déserte où nul ne viendra plus. » Ne plus aimer d'avoir trop aimé. Puis se réconcilier avec son histoire et aimer à nouveau. Un parcours difficile qu'Eric Fottorino va accomplir sur les traces de ses pères, adoptif et naturel, et de Lina, sa mère surpassée pendant trop longtemps par sa propre mère aux yeux de l'enfant qu'il a été. À Nice, Ascros, Bordeaux, Condéon, Barbezieux... Éric Fottorino va retrouver seul puis avec sa mère ces lieux de bonheurs, de chagrins, de drames familiaux. Pour combler sa quête identitaire et renouer le dialogue avec sa chère mère, ces étapes sont indispensables ; car il lui faut comprendre ce qui lui a échappé de sa famille et de son enfance. Légitimement, comme tout un chacun, Eric Fottorino cherche à savoir avec quoi et avec qui il s'est construit. Et ce n'est pas facile quand on a une mère, fille-mère (comme on disait à l'époque) à l'adolescence à deux reprises, et deux pères, Moshé de Fès et Michel de Tunis, qui « portaient en eux les germes de toutes les haines ... : les séquelles de la colonisation, l'intolérance religieuse, l'antisémitisme français, le rejet des basanés. » Une autofiction émouvante et sincère, qui, si elle révèle l'intime, contrairement à d'autres ne règle pas ses comptes.