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Deux soeurs

de David Foenkinos , date de sortie le 21 février 2019
Deux soeurs

Du jour au lendemain, Étienne décide de quitter Mathilde, et l'univers de la jeune femme s'effondre. Comment ne pas sombrer devant ce vide aussi soudain qu'inacceptable ? Quel ave... Lire la suite
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La fiche détaillée

Résumé

Deux soeurs

Du jour au lendemain, Étienne décide de quitter Mathilde, et l'univers de la jeune femme s'effondre. Comment ne pas sombrer devant ce vide aussi soudain qu'inacceptable ? Quel avenir composer avec le fantôme d'un amour disparu ? Dévastée, Mathilde est recueillie par sa soeur Agathe dans le petit appartement qu'elle occupe avec son mari Frédéric et leur fille Lili. De nouveaux liens se tissent progressivement au sein de ce huis clos familial, où chacun peine de plus en plus à trouver un équilibre. Il suffira d'un rien pour que tout bascule...

David Foenkinos dresse le portrait d'une femme aux prises avec les tourments de l'abandon. Mathilde révèle peu à peu une nouvelle personnalité, glaçante, inattendue. Deux soeurs, ou la restitution précise d'une passion amoureuse et de ses dérives.

Caractéristiques

Titre Deux soeurs
Collection Blanche
Editeur Gallimard
Date de parution 21 février 2019
Nombre de pages 172 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 226 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-07-284184-2 - 9782072841842

3,7/5

ninachevalier

Le 02/04/2019

David Foenkinos change de registre aimant surprendre son lecteur. Il nous immisce d’abord dans un couple en crise, en train de se déliter /se fracasser soudainement et nous rend témoin de la rupture d’autant plus brutale, violente, pour Mathilde que l’été ils parlaient mariage. Aucun signe décelé, pas de préavis. La première partie se focalise sur Mathilde, professeur de français, la montrant dans son milieu professionnel.On la devine pleine d’abnégation, très investie et désireuse de transmettre sa passion pour Flaubert. On la voit dans son rapport avec ses élèves, ses collègues. Sabine, sa collègue la plus proche, la loser sentimentale l’envie, la jalouse même.Quelle ironie quand le lecteur, lui, connaît la réalité ! L’autre facette de Mathilde c’est celle d’une femme délaissée, aux abois, qui voit son couple partir à vau l’eau, en proie à une douleur indicible, guettant un texto.Comment mener sa classe, poursuivre l’étude de « L’éducation sentimentale » sans rien laisser paraître ? Le romancier excelle à plonger son héroïne dans un engrenage hors contrôle, la faisant disjoncter. Tout bascule pour l’enseignante avec le cadeau de Matéo,( cet élève considéré comme un « fayot », avec qui elle avait lié une relation privilégiée) et ses paroles maladroites qu’elle prend pour de la provocation. Son dérapage va la conduire dans des méandres bien sombres et aux mensonges : « Une erreur dans un océan de perfection, et c’est l’erreur seule que l’on regarde ». David Foenkinos décrypte la rupture sous deux angles. Pour Étienne, «  le bourreau » qui a choisi de quitter Mathilde, il aborde cela comme une renaissance, une liberté retrouvée. La compagnie d’Iris, l’ex revenue, est si magique, que « même un mauvais film l’enchante », que même «  la pluie ne mouille plus ». Pour Mathilde, «  la victime de ghosting» (1), totalement anéantie, c’est le scénario « Mourir d’aimer » qui l’habite. La vérité imparable, elle l’apprend de Benoît, l’ami d’Étienne. Véritable couperet. Comment va-t-elle survivre à cette absence si prégnante, à ce naufrage amoureux, elle qui a mis le turbo à sa souffrance ? Elle nage, non pas dans le bonheur comme le pense Sabine, sa collègue, mais dans un total marasme. Sa voisine psychiatre va-t-elle pouvoir lui apporter une aide ? L’auteur soulève la question : Que reste-t-il d’un amour ? Un kaléidoscope de souvenirs comme autant d’éclats de frustration ( La Croatie!) et de beauté mêlés. Des souvenirs « qui souffrent de la garde alternée des mémoires » ! La phrase : «  Elle perdait toute sa vie », par l’usage de l’imparfait traduit l’inéluctable fugacité de cet amour. Toutefois, à la fin de l’acte I, le lecteur quitte les deux sœurs confiant, car Mathilde est prise en charge par Agathe , cette sœur qui n’hésite pas à prendre un jour de congé pour apporter du bien-être à sa cadette. Il apparaît vite qu’elles n’ont guère d’affinités, déjà dans leur enfance leurs rapports étaient conflictuels, « des montagnes russes ». La disparition de leurs parents avait toutefois resserré leurs liens : «  une forme d’alliance nécessaire à la survie de la famille ». Mais la remarque glissée par le narrateur nous met en alerte : «  Tout prendrait bientôt une tournure différente ». Cette fois leur rapprochement a été initié grâce à la naissance de la fille d’Agathe, Lili, dont raffole la tante. Si Mathilde, férue de littérature, lit à haute dose, peut-être trop, elle constate que les livres manquent dans le foyer de sa sœur et le déplore. N’avance-t-on pas que plus tôt un enfant est entouré de livres, plus vite il sera «  un grand lecteur »? Ici David Foenkinos aborde la place accordée, dès l’enfance, à la lecture au sein d’une famille. La transmission de parents à enfants est primordiale. La partie 2 nous immerge dans le duo formé par Agathe et Frédéric, un couple modèle, heureux qui, faute de solution, va recueillir Mathilde. Ce qui n’est pas sans perturber leur intimité. Cette dernière manifeste une fibre maternelle certaine pour pouponner sa nièce dont elle occupe la chambre. On suit au quotidien, ce trio d’adultes, mais la présence d’une tierce personne ne risque-t-elle pas de faire exploser le couple, d’autant que Mathilde se révèle intrusive, arbore un décolleté aguicheur un soir ? Et si leur cohabitation en huis clos se transformait en un trio amoureux ? L’entomologiste des coeurs féminins confirme son talent de se glisser dans le corps et l’âme de ses héroïnes et dresse deux portraits très fouillés de femmes. L’auteur explore la relation sororale et s’attache à la jalousie que l’on voit poindre entre Agathe et Mathilde. Gouffre délétère dangereux. La jalousie,« mécanisme fascinant qui vient brouiller toutes les cartes dans une histoire d’amour », telle la définit Amélie Nothomb. Et on peut devenir monstrueusement jalouse ! Suspense. Avec la même justesse et sensibilité, il autopsie le couple. Hugo, collègue de Frédéric, réalise qu’il ne plaît pas aux femmes. Son ex l’a quitté pour une femme. Iris, de retour d'Australie a " repris sa place impériale" dans le coeur d'Etienne. Frédéric, lui, manifeste un certain trouble devant Mathilde, vraie Ophélia «  en chemise de nuit blanche, cheveux longs détachés » et son aveu a de quoi le déstabiliser. Toutefois, il témoigne son amour à sa femme par un geste délicat ( mèche replacée derrière l'oreille). Le romancier soulève cette injonction au bonheur (douce chimère) dont on est abreuvé sur les réseaux. Peut-on devenir méchant à force de souffrir? D’autre part, peut-on être heureux au détriment de sa sœur, sans une once de culpabilité ? » Il souligne le lien des lieux avec les êtres. Si l’héroïne de Philippe Besson dans «  Se résoudre aux adieux » fait un pèlerinage sur les lieux visités avec l’être aimé, Mathilde, au contraire, désire les éviter et raye les quartiers de Paris liés à Étienne, à leur bonheur révolu. Par contre elle est envoûtée par la magie de sa balade nocturne avec le mari de sa sœur, au retour d’un concert. David Foenkinos fait une incursion dans le domaine de l’intelligence artificielle, « au coeur du métier de Frédéric », sujet auquel s’intéresse Mathilde afin de pouvoir mieux comprendre le travail de son beau-frère. Elle a même lu La guerre des intelligences de Laurent Alexandre, ce qui ne peut que le flatter. Il met en exergue le pouvoir des livres : si on leur prête un effet thérapeutique, si les « livres prennent soin de nous » (2), comment interpréter l’assertion de l’écrivain : « On ne pouvait pas être heureux quand on avait trop lu. Tous les malheurs venaient de la littérature. » ? Néanmoins Mathilde, qui nourrit la même passion pour Flaubert que Marie-Hélène Lafon (3), suscite la curiosité de lire ou l’envie de relire L’éducation sentimentale . Si les aficionados d’Amélie Nothomb traquent dans ses romans son mot fétiche « pneu », ceux de David Foenkinos guettent ce qui fait son ADN, à savoir une constante, les mots : « la Suisse, cheveux, deux polonais…). Récurrent également le nom de la protagoniste Mathilde Pécheux que l’on retrouve dans le film Jalouse. Quant aux notes de bas de page, si certains s’en accommodent plus ou moins mal, d’autres, à juste raison, crient «  au génie ». Le scénariste sème des références cinématographiques et nous offre des travellings sur ses personnages arpentant Paris by night, dignes du cinéma de Woody Allen. Après la réussite de l’adaptation du Mystère Henri Pick, on attend celle de «  Deux soeurs ». A souligner également le côté théâtral de certaines scènes : Mathilde déclamant le prénom d’Iris telle une litanie ou Mathilde en train de faire cours à une classe imaginaire. Le cameraman centre son objectif sur les gestes : le cruel, le tendre. Malgré l’ombre de l’absente en filigrane à la fin du roman, l’auteur séduit toujours par son style d’écriture et ses tournures inattendues comme : « arnaque au zygomatique ou «  Le coeur de l’autre est un royaume impossible à gouverner » ! David Foenkinos signe un roman intimiste au dénouement tragique et glaçant. Un choc terrassant. L’empathie que l’on éprouvait pour Mathilde se transforme en sidération, voire en incompréhension. Il dépeint avec précision, comme au cordeau l’érosion et l’inconstance des sentiments, les griffes acérées de la rupture et la jalousie, le tout exacerbé par la souffrance du deuil amoureux et la spirale du malheur. Un sentiment de vacuité totale, d’échec. C’est la gorge serrée que l’on referme ce thriller psychologique bien vertigineux. Parmi les livres qui l’aident à vivre, Agathe Ruga confie : «  L’oeuvre de David Foenkinos est presque un être cher. La Délicatesse me réconforte. Charlotte me fait pleurer. Le potentiel érotique de ma femme me fait rire ». N’oublions pas Le mystère Henri Pick, adapté à l’écran par Rémi Bezançon. une comédie séduisante. (1) ghosting : néologisme issu de l’anglais ghost (=fantôme) : virer un amour, un ami sans explication, rompre sans un mot. (2) Les livres prennent soin de nous de Régine Detambel (3) Flaubert Par Marie-Hélène Lafon- Buchet-Chastel Les auteurs de ma vie

Annette55

Le 31/03/2019

Mathilde enseigne le français dans un lycée, la passion pour son métier l’habite... Elle vit une histoire d’amour avec Étienne depuis cinq ans, ils parlent de se marier et d’avoir un enfant . Las ! Soudain Étienne retrouve son grand amour : Iris partie à l’étranger, quitte brutalement et sans explication Mathilde. Comment ne pas sombrer dans le désespoir ? Lors de cette belle première partie l’auteur autopsie avec son talent habituel, son écriture simple et sensible l’effondrement de Mathilde. Elle est dévastée par la douleur, ravagée,.Cette rupture devient vite un cauchemar.Elle vit les affres d’une séparation.Et Qui n’en en a pas vécu une? Chagrin, stupeur, souffrance intense, sentiment de rejet, manque , incompréhension, prostration, déchéance , dégoût de soi et des autres , vide absolu et mal être , une petite mort.... Lors de la deuxième partie : Changement , Agathe sa sœur , mariée avec Frédéric , une petite fille Lili l'héberge dans un petit appartement . Le huit - clos s’avère pesant et lourd, promiscuité, non - dits , petits coups en douce ....Mathilde se coupe du monde et sombre dans la dépression...Une bascule surprenante .... Pour le lecteur cela se transforme en un thriller psychologique mal digéré , Mathilde devient un monstre , le final est aussi glaçant que surprenant . Il montre que désespoir et souffrance peuvent se muer non seulement en « descente aux enfers » mais en « folie » par une femme trahie après avoir cru au bonheur. Une mise en abime d’un traumatisme: la passion amoureuse et ses dérives ... J’aime bien cet auteur mais c’est vraiment un livre à part .... Relisez plutôt « Charlotte » un livre à la beauté ineffable.......lu et critiqué il y a longtemps que je n’ai pas oublié .....  

MademoiselleBouquine

Le 01/03/2019

J'aime David Foenkinos. De tout mon coeur. Extrêmement non-objectivement. Cet amour a commencé avec - et est en grande partie dû à - Charlotte, qui m'a saisie et bouleversée il y a déjà plus de quatre ans de cela - gloups, le temps file -, et s'est poursuivi avec le temps, les mots, les interviews, et même une rencontre assez fantastique en chair et en os, l'année dernière. Et voici venu le dernier paru de l'écrivain, Deux Sœurs, un titre volontairement simple et intrigant, un regard insondable de la part du reflet de la jeune femme sur le bandeau, et cette magistrale couverture de la collection Blanche à laquelle je voue toujours une fascination irrationnelle (non, je ne me refais pas). Ca commence bien. Deux Sœurs, c'est l'histoire de Mathilde, une Parisienne bien sous tous rapports, prof de français passionnée par son métier, fiancée à Etienne, avec qui elle file le parfait amour depuis plus de cinq ans. Projets de mariages, rapports humains riches avec ses élèves, vie tranquille et paisible. Circulez, y a rien à voir. Tout ça, ça ne nous intéresse pas, nous autres lecteurs de romans. Nous, ce qu'on veut, c'est du conflit. Et le conflit survient. Le conflit s'appelle Iris, il revient tout juste d'une expatriation de cinq ans en Australie, et surtout, il a vécu une histoire d'amour aussi passionnelle qu'inoubliable avec Etienne avant que celui-ci ne rencontre Mathilde. Iris est de retour. Iris s'impose. Etienne n'a jamais pu oublier Iris. Alors ce qui devait arriver arriva. Etienne s'en va. Et Mathilde demeure, seule avec les lambeaux de la vie qu'elle avait cru pouvoir construire pour son couple. Une rupture, ça chamboule. Bien sûr. Mais parfois, ça chamboule vraiment beaucoup. Comme c'est le cas pour Mathilde. En l'espace de quelques heures, ce n'est pas uniquement une relation qu'elle perd, c'est un équilibre, un projet d'avenir - voire un plan sur la comète -, un regard qu'elle posait sur elle-même, une compagnie, une vibration qui lui assurait que quoi qu'il arrive, elle serait et demeurerait aimée. Désormais, elle n'a plus rien, si ce n'est la solitude d'un appartement qu'elle va de toute façon devoir quitter, le vide des soirées à combler seule, et le désœuvrement d'une existence qu'elle n'est plus capable de porter de ses seuls bras. Il lui reste un pilier, une source de réconfort qui s'offre à elle, quand bien même elle l'a un peu négligée avec les années. Agathe, sa grande sœur, qui vit avec son mari et sa toute petite fille Lili dans un petit appartement, et qui lui offre le gîte et le couvert, le temps qu'elle reprenne pied. Mathilde s'installe, évidemment qu'elle s'installe, elle n'a de toute façon plus le choix, et puis après tout, la famille, c'est la famille. Petit à petit, des routines s'instaurent, des dynamiques de pouvoir aussi. Mathilde se fait à un nouvel ordre des choses, et se forge une place dans la vie de famille de sa sœur, entre tante bienveillante, baby-sitter de secours, et squatteuse un peu amorphe. Un équilibre qui ne saurait s'éterniser... On connaissait David Foenkinos dans des registres intimistes, délicats, poétiques, élégiaques et ironiques, on l'a même vu explorer l'enquête avec Le Mystère Henri Pick, et on le découvre désormais verser dans un ton bien plus sombre et glaçant que ce qu'il révèle habituellement. C'est un renouvellement audacieux, surprenant, et surtout tout à fait réussi. L'écrivain prend un plaisir non dissimulé à brosser les traits de ses personnages, mettant ainsi en place les éléments déclencheurs d'une histoire dont on sait qu'elle se muera tôt ou tard en tragédie, avant de donner un grand coup dans la machine dramatique pour la laisser ébranler la mécanique des rouages du destin. (Avouez, ça rend bien comme image) On tourne les pages avec fébrilité et impatience d'en découdre, d'autant plus que le récit est fractionné en de très courts chapitres, ce qui pousse à l'extrême le vice bien connu du "encore un chapitre, encore un de plus, juste un...", et résultera pour vous en un engloutissement vorace du roman, d'une traite, comme cela a été le cas pour votre humble servante. La plume de Foenkinos est comme toujours vive, joueuse, fluide, et on se laisse très vite prendre au jeu des portraits, des descriptions, des situations dont on devine très bien comment elles vont dégénérer. Le résultat s'avère quelque peu confus à démêler : il est indéniable que l'on suit le récit avec un plaisir non dissimulé, et que chaque page tournée ne fait qu'accroître le désir du lecteur de parvenir au dénouement de cette sacrée histoire. Cependant, à trop vouloir tirer la corde du roman noir, du tragique, des sentiments sombres, tortueux et inavouables, force est d'avouer que Foenkinos verse parfois du côté du caricatural. Sans rien dévoiler de l'intrigue, disons simplement que certains points de bascule s'opèrent bien brutalement, certains comportements s'apparentent quelque peu à des facilités dans la mesure où ils paraissent tout de même très surprenants de la part de personnages dont la personnalité ne laissait pas transparaître quoi que ce soit de relié à de tels actes. Le roman est en réalité bien court pour un récit d'une telle intensité et d'une telle violence, et sa progression peut paraître à plus d'un titre accidentée. Deux options s'offrent alors au lecteur, l'une aussi légitime que l'autre : regretter ce manque de subtilité et cette volonté presque grossière de pousser le récit vers les confins du supportable en termes d'horreur et de tension relationnelle, ou choisir d'y voir une parodie volontaire, une sorte d'exercice de la part de l'écrivain en somme, qui s'amuserait à s'emparer d'un genre bien connu, le thriller psychologique intimiste, pour le manipuler à son gré et en faire un texte qui pourrait presque en devenir drôle tant il exploite à fond le registre, jusqu'à en trouver les limites. En l'absence du principal concerné, je m'abstiendrai de tout jugement définitif, et ne peux donc conclure qu'en réaffirmant le plaisir de lecture qu'a malgré tout été Deux Sœurs, quand bien même on peut s'accorder à trouver le fond du récit un peu inconsistant, et s'interroger sur ce qui subsiste de cette histoire de déceptions jalouses et de remords acides une fois le point final posé.

FleurDuBien

Le 26/02/2019

Je me réjouissais à l'idée de déguster (bah oui, c'est une dégustation 173 pages, sinon c'est une gloutonnerie), le dernier Foenkinos, et j'ai été... déçue. J'adoooooooore cet auteur, mais là, le rendez-vous avec l'auteur et le livre n'a pas eu lieu. Le sujet déjà. Durant la première partie, c'est d'une rupture très douloureuse dont souffre Mathilde. Le verbe "souffrir" n'est presque pas assez fort pour décrire le cauchemar qu'elle vit après que son compagnon l'a quitté. On a tous connu (enfin je l'espère pour vous), une rupture très difficile. On sait ce que c'est, et nous sommes donc dans l'empathie pendant cette première partie. Ici, les sentiments sont très bien décrits, les affres d'une séparation on connaît, douleurs et compagnie, l'envie de mourir, le dégoût de tout, les pèlerinages douloureux et mortifères, on se refait le film les yeux au plafond jusqu'au moment où le gentil médecin de famille vous donne un médoc pour dormir (Merci le Stillnox, quoique le Rohypnol fut bien plus efficace, dommage ils l'ont interdit ;-)). Durant la seconde partie, une autre composante se met en place, faisant de Mathilde la locataire de sa soeur, de son mari et d'un bébé. Et puis là, patatras la crise, on arrive dans du n'importe quoi, on se doute de la fin, Mathilde devient limite un monstre, on ne la reconnaît pas et certains passages sont lourds et surtout inintéressants. C'est caricatural et mal écrit. Je suis très déçue. J'ai cru lire un thriller, mais même pas un bon ! Désolée d'avoir été un peu dure, mais si vous aimez les bons Foenkinos, lisez plutôt Charlotte, et vous verrez bien la différence. PS : "Qui aime bien châtie bien".

Cetsak

Le 24/02/2019

Un livre emprunté les yeux fermés car j apprécie la belle plume delicate de Foenkinos ... eh bien je dois avouer que là, pour le coup, mon ressenti après avoir tourné la deniere page est mi-figue mi-raisin.... L auteur nous livre un roman qui emprunte le ton de la tragédie ... tragédie annoncée dès la première ligne : « Au tout départ, Mathilde perçut quelque chose d étrange sur le visage d Etienne. C est ainsi que l histoire commença d une manière presque anodine ; n est-ce pas le fait de toutes les tragédies ? ». Alors oui, il s agit bien d une tragédie moderne : on retrouve un huis clos caractéristique et un personnage central confronté à un conflit intérieur immense dont la destinée semble irrémédiable. Mais parce qu il y a un mais dans mon raisonnement, je n ai pas été totalement conquise notamment par la dernière partie du roman qui, a mon sens, était trop prévisible et l épilogue ne m a pas vraiment semblé être en adéquation avec l évolution psychologique du personnage principal .. Cependant, il en reste, tout de même, une lecture agréable dans son ensemble. Une histoire dans le style du thriller psychologique, l histoire d un destin brisé. Le destin de Mathilde qui vit une rupture amoureuse qui lui ai simplement insupportable. J ai, d ailleurs, particulièrement, apprécié la manière dont l auteur transmet, avec beaucoup de justesse, la souffrance terrible de Mathilde et son rapport au monde extérieur complètement chamboulé. De très belles réflexions ponctuent le récit : « Quand vous souffrez, tout le monde vous considère comme un produit explosif. Vos interlocuteurs s approchent de vous en espérant que le fil rouge et le fil bleu qui sont en vous ne vont pas leur faire exploser une bombe au visage. » Au final, pas le meilleur roman de Foenkinos, pour moi mais une lecture qui reste intéressante et le plaisir de retrouver une belle écriture fluide et délicate ...