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Cora dans la spirale

de Vincent Message , date de sortie le 14 août 2019
Après avoir donné naissance à une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez Borélia. La compagnie d'assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetée par un groupe qui promet de la... Lire la suite
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La fiche détaillée

Résumé

Après avoir donné naissance à une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez Borélia. La compagnie d'assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetée par un groupe qui promet de la moderniser. Cora aurait aimé devenir photographe. Faute d'avoir percé, elle occupe désormais un poste en marketing qui lui semble un bon compromis pour construire une famille et se projeter dans l'avenir. C'est sans compter qu'en 2010, la crise dont les médias s'inquiètent depuis deux ans rattrape brutalement l'entreprise. Quand les couloirs se mettent à bruire des mots de restructuration et d'optimisation, tout pour elle commence à se détraquer, dans son travail comme dans le couple qu'elle forme avec Pierre. Prise dans la pénombre du métro, pressant le pas dans les gares, dérivant avec les nuages qui filent devant les fenêtres de son bureau à La Défense, Cora se demande quel répit le quotidien lui laisse pour ne pas perdre le contact avec ses rêves.

À travers le portrait d'une femme prête à multiplier les risques pour se sentir vivante, Vincent Message scrute les métamorphoses du capitalisme contemporain, dans un roman tour à tour réaliste et poétique, qui affirme aussi toute la force de notre désir de liberté.

Caractéristiques

Titre Cora dans la spirale
Collection Cadre rouge
Editeur Seuil
Date de parution 14 août 2019
Nombre de pages 457 pages
Dimensions 22,00 cm x 15,00 cm
Poids 523 g
Support Broché sous jaquette
ISBN / EAN 978-2-02-143105-6 - 9782021431056

4,6/5

hcdahlem

Le 12/11/2019

Tous les visages de Cora Dire que le nouveau roman de Vincent Message a pour thème l’entreprise serait trop réducteur. À travers le portrait de Cora, il dessine aussi la complexité de la vie d’une femme d’aujourd’hui et détaille notre société. Brillant! C’est à la page 270 de ce somptueux roman que Vincent Message nous en livre la clé: «Je rêve d’un monde où on se raconterait les vies humaines les unes après les autres, avec assez de lenteur, d’incertitudes et de répétitions pour qu’elles acquièrent la force des mythes. Fidèle à l’utopie, je rêve d’une société où on aurait les moyens de faire ça, et où on n’aurait rien de plus urgent à faire. Mais je sais bien, en fait, qu’on ne sait pas qui a vécu sur terre. On ne connait pas les noms.» En suivant les méandres de ses personnages – et en particulier le parcours de Cora – il s’approche de cette ambition. Au fil des pages, d’une densité peu commune, on voit Cora de plus en plus nettement, comme si des jumelles que l’on règle jusqu’à voir une image parfaite. Côté famille, rien de particulier à signaler, si ce n’est l’usure du couple et la lassitude croissante, après la naissance de Manon, à trouver du temps pour elle et pour Pierre, son mari. Cora est davantage dans la gestion du stress, essayant de mener de front sa carrière chez Borélia, sa vie de famille et ses loisirs, la photographie et l’opéra. À l’image du monde dans lequel elle évolue, elle est constamment en mouvement, alors qu’elle aimerait avoir du temps pour réfléchir, pour comprendre. Par exemple comment la société d’assurances qui l’emploie, fondée par Georges Bories en 1947 sous le statut d’une mutuelle appelée Les Prévoyants et qu’il dirigera durant 32 ans avant de laisser les rênes à son fils Pascal, est aujourd’hui contrainte de restructurer. Pourquoi la gestion par croissance interne et le rachat au fil des ans de quelques petites mutuelles n’est aujourd’hui plus suffisante. Pourquoi, après le rachat de Castel, dont la culture d’entreprise est différente, il va falloir lancer le programme Optimo avec l’aide d’un cabinet-conseil et élaguer sévèrement les effectifs. Vincent Message a construit son roman avec virtuosité, convoquant un journaliste qui aimerait raconter la «vraie histoire» de Borélia afin de nous livrer un regard extérieur sur ce qui se trame et laissant ici et là des indices sur cet épisode dramatique que l’on découvrira en fin de lecture. D’ici là, le romancier nous aura entrainé sur bien des sentiers et nous aura offert quelques digressions propres à enrichir le récit – un séminaire en Afrique, une femme qui se jette sur les voies à la station Oberkampf, un rendez-vous manqué à l’opéra, une escapade à Fécamp, une autre dans les sous-sols de la capitale – sans que jamais la fluidité de la lecture en soit affectée. Les liaisons sont logiques, la phrase suit allègrement son cours tout en enrichissant constamment le récit, en complexifiant le portrait de Cora. Quand elle cède aux avances d’un chef de service sans vraiment le vouloir, puis quand elle se retrouve dans les bras de Delphine Cazères – engagée pour mettre en œuvre le plan Optimo – et découvre l’amour entre femmes. Sans oublier son engagement pour régulariser la situation de Maouloun, le réfugié de Tombouctou qui est venu à son secours après une chute à la Gare saint-Lazare. Oui, Cora Salme, née le 18 mai 1981, dans le XVe arrondissement de Paris est une femme d’aujourd’hui, confrontée à une société de la performance, à des enjeux qui la dépassent, à un avenir qui – contrairement à celui de ses parents – est pour le moins anxyogène. Et s’il fallait lire ce roman comme un constat. Celui qu’il est désormais envisageable que l’homme, à coups de «progrès», ne finisse par se détruire. Comme l’aurait dit Romain Gary, au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable.

Cacha

Le 28/10/2019

Cora, jeune femme ambitieuse qui souhaite mener de front carrière, amours et maternité, va être entrainée, comme le souligne si bien le titre, dans une spirale indicible. Nous découvrirons seulement à la fin quel est le narrateur de ce récit fictionnel retraçant les années les plus marquantes de la vie de cette humaine parmi les autres. L'auteur mêle les thèmes très actuels du harcèlement au travail, des migrants, de la place des femmes dans la société,... Ce roman m'a dérangée, sa lecture m'a hantée et j'avoue que j'ai eu du mal à apprécier vraiment le personnage principal (j'ai compris pourquoi au milieu de l'histoire), que j'ai trouvé assez égoïste. Mais il m'a aussi bouleversée et c'est pourquoi j'ai mis toutes ces étoiles, que j'attribue en général aux livres aptes à transformer ma vie. L'écriture est impeccable, par ailleurs.

Bazart

Le 20/10/2019

La fiction n'en finit plus en cette rentrée 2019 de nous donner des nouvelles du monde de l'entreprise et dans 99% des cas, elles ne sont guère reluisantes. Après avoir imaginé un monde où des extra-terrestres décident de coloniser la Terre- trame lamba de SF, dans Défaite des maitres et des professeurs ( notre critique) Vincent Message nous livre ainsi une plongée haletante et éprouvante dans le monde de l'entreprise un peu comme l'a fait récemment une formidable BD ou un non moins formidable film suisse. Très souvent, ces oeuvres stigmatisent l’hyper compétitivité du monde du travail, à la fois au niveau individuel (un employé par rapport aux autres) et collectif (la rentabilité d’une entreprise par rapport aux autres) qui entraine souvent la perte d'une partie de notre humanité. Le texte de Vincent Message, qui n'a jamais travaillé dans une telle société mais qui a énormément interrogé de personnes du milieu pour cimenter sa fiction, est très ancré dans le réel et sur les jeux de pouvoir à l'intérieur de ce monde de l'entreprise où les mots optimisation, restructuration, délocalisation ne font que broyer l'individu. Dans "Cora dans la spirale", on peut voir combien la situation que vit Cora employée dans une société d'assurances est à la fois banale et terrifiante . Si la description de cette descente aux enfers qu'on imagine inéluctable est racontée d'un oeil distancié, voire clinique, on aime l'empathie du romancier pour son perssonage principal qui tente de garder sa part d'humanité dans un système de management qui n'en possède aucunement. On est un peu comme en apnée devant la spirale du titre qui emporte une Cora qui n'en peut mais et qui tente en vain de se raccrocher à sa bouée familiale pour se protéger des flots professionnels qui la noient. "Ce que les gens possèdent, je ne sais pas vous, mais moi mon expérience, c’est que cela les rend fiers. Et les assurances servent à cela : à ce qu’ils soient certains que ce qu’ils acquièrent en travaillant parfois très dur, ils vont le garder pour de bon. Certains que s’ils le perdent, on les dédommagera. Que la propriété privée est une chose solide, parce que c’est un droit naturel, et je dirais presque un droit sacré. " Une lecture qui n'est évidemment pas un feel good movie, mais qui est assurément salutaire et essentielle pour comprendre notre société actuelle.

Verdure35

Le 03/10/2019

Voilà, il me semble un des plus beaux romans de la rentrée. Au coeur, l'entreprise et la violence économique. Cora est une jeune femme qui est chargée de marketing dans une grande société d'assurances , familiale en ce temps . Elle part en congé maternité et à son retour se trouve prise dans une restructuration , l'entreprise est rachetée par un groupe à la politique managériale beaucoup plus dure pour ne pas dire sauvage en plus d'un déménagement à la Défense. Tout doucement Cora va se sentir harcelée, des injonctions contradictoires, voire des brimades vont la fragiliser, les postes à supprimer sans ménagements auront raison de ses valeurs et elle va perdre pied. Son mari, sa fille , sa maison lui faisaient comprendre déjà qu'elle avait perdu le plaisir de vivre comme elle voulait, y ajouter une expérience sexuelle nouvelle pour elle , plus son désir d'aider les plus malheureux vont finir par avoir raison de sa santé physique et mentale. Une tension extrême traverse ce roman , on pressent un grand danger: il sera pire que ce que le lecteur peut imaginer. C'est Matthias, un homme qui raconte cette histoire, on connaîtra plus tard son identité. Ce roman , dense, est à la fois un roman social, une enquête, une chronique familiale. Il montre à quel point l'intime et le professionnel sont liés, le portrait des personnages est poussé au plus profond. Un roman qui ne risque pas de se faire oublier.

motspourmots

Le 19/08/2019

"Je rêve d'un monde où on se raconterait les vies humaines les unes après les autres, avec assez de lenteur, d'incertitudes, et de répétitions pour qu'elles acquièrent la force des mythes. Fidèle à l'utopie, je rêve d'une société où on aurait les moyens de faire ça, et où on n'aurait rien de plus urgent à faire" Ce passage se trouve à peu près au milieu du livre, en ouverture d'un chapitre 9 époustouflant, et il résume à lui seul l'ambition du troisième roman de Vincent Message. Lorsque j'en ai lu le pitch, juste avant l'été, j'ai su qu'il serait mon premier achat de la rentrée, pour deux raisons. La première, le thème abordé, celui de l'influence du capitalisme sur la société et de ses implications dans la vie quotidienne, notamment en termes de souffrance. La deuxième, la confiance que j'avais en Vincent Message, son regard, son écriture. Il faut dire que l'échantillon dégusté via Défaite des maîtres et possesseurs était tout simplement brillant (si vous ne l'avez pas lu, faites-le). Donc, premier acheté, dévoré dans la foulée. Promesses tenues et bien plus que ça. Tous mes post-it y sont passés, ce roman est une superbe réussite. Cora, c'est moi, c'est vous. Une jeune femme comme tant d'autres croisées le matin dans les transports en commun, se rendant sur son lieu de travail avec l'envie de bien faire, d'être utile, pas toujours bien réveillée ni bien lunée mais dotée d'une réelle aptitude au bonheur. Dans l'idéal, elle aurait choisi la photographie. Elle a essayé d'ailleurs, vendu quelques reportages à des magazines mais la précarité l'a assez vite rebutée, autant que le regard un poil condescendant porté sur elle par ceux qui ont un "vrai" travail. Alors, c'est le secteur des assurances. Moins violent que la finance. Plus en phase avec sa fibre sociale. Cora aime son travail au marketing chez Borelia, un groupe plutôt familial qui est en train de changer de braquet, la crise de 2008 est passée par-là. Cette année 2010 est une sorte de carrefour pour Cora. Ellle est partie en congé maternité juste au moment de l'annonce du rachat et de la mise en place d'une nouvelle direction. Elle revient lestée de nouvelles contraintes mais bien décidée à s'insérer dans cette nouvelle organisation et à participer à son niveau à la construction du nouveau Borelia. Seulement, les méthodes de management qui se mettent en place n'ont plus rien à voir avec la structure qu'elle connaissait. Très vite, des consultants extérieurs auditent, analysent, chassent les coûts, empilent les chiffres qu'ils alignent sur des power point. Déménagement dans une tour à La Défense, open space, augmentation des charges de travail, pression permanente... Pour Cora, tout s'accélère, elle est entrée dans une spirale qui tord le temps, la maintient dans un état de stress permanent, l'éloigne de tous les moments de plaisir et centres d'intérêts qui nourrissaient sa vie. Jusqu'au drame. La force de Vincent Message c'est la façon dont il ancre sa narration dans le quotidien, en prenant son temps et en ne négligeant aucun détail. Loin d'être rébarbative, cette forme crée au contraire les conditions parfaites de l'identification. Il met pour cela en scène un chroniqueur, Mathias chargé de relater cette histoire de nombreuses années après, en enquêtant minutieusement auprès de chacun des protagonistes car "il n'y a rien de plus complexe que les questions de causalité. Il faut que confluent beaucoup de ruisseaux pour qu'on donne le nom de fleuve à ce cours d'eau qui file vers la mer. Il faut un nombre incalculable de changements de pression dans une masse d'air pour que les cyclones et les anticyclones forment là-haut leurs spirales qui montent ou qui descendent". Et ce qu'il parvient ici à mettre en évidence avec une incroyable clarté, c'est la complexité de ce système qui broie impitoyablement les individus, par une multitude d'actes qui finissent par sembler parfaitement normaux, ou contre lesquels on a fini par renoncer à se révolter. Sa toile de fond est criante de vérité. J'y ai reconnu les méthodes et les situations expérimentées moi-même dans ces années-là, dans ces sociétés de service qui finissent par attacher plus d'importances aux chiffres qu'aux individus qui sont pourtant leurs raisons d'exister. Rien n'est oublié, tout y est minutieusement intégré, on sent que l'auteur a dû passer un temps fou à écouter et amasser son matériau. Et surtout, son récit est totalement incarné à chaque échelon, professionnel ou personnel de l'entourage de Cora. Mais ce qui fait ici littérature, c'est la façon dont la narration s'empare du récit de vie pour lui donner une dimension à la fois poétique, tragique et mythique, entre le paradis et les enfers. Loin du questionnement terre à terre ou du roman militant, il nous parle de vie, de bonheur et surtout de liberté, qui implique de fuir toute forme d'aliénation. J'ai lu ce roman dans une sorte d'apnée, complètement immergée dans la spirale aux côtés de Cora. Il dit tant de notre société. Il dit tant de nous. Il parvient à englober l'être humain dans toutes ses dimensions, si compliquées à faire cohabiter harmonieusement. La force d'un grand roman.