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Compléments du non

de Aurore Lachaux , date de sortie le 22 août 2019
Compléments du non

Parler, mais parler de quoi au juste avec son père ? Parler de politique, du travail, voilà ce qui nous a occupés à l'âge adulte. Parler de nous frontalement était imp... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Compléments du non

Parler, mais parler de quoi au juste avec son père ? Parler de politique, du travail, voilà ce qui nous a occupés à l'âge adulte. Parler de nous frontalement était impossible. Là où nous pouvions nous rejoindre c'était sur une conception commune du travail, enfin du vivant un peu, des humains dans les relations qu'ils nouent avec les autres et qui les occupent quand même à peu près dix heures par jour.

À la mort de son père, la narratrice retourne sur les lieux qui les ont fabriqués tous deux : maisons d'enfance, travail. Occasion pour elle d'interroger le parcours de cet ingénieur dans l'aéronautique licencié à la fin des années 80 et réaffecté à un emploi de bureau. À travers son expérience, la narratrice aura assisté à un changement fondamental : le remplacement des savoir-faire techniques par les techniques de management...

Marchant dans les pas de son père, la narratrice est la légataire d'une mémoire et d'une colère de classe.

Traitant du monde du travail de manière frontale, Aurore Lachaux nous propose un premier roman percutant, émouvant et drôle.

Caractéristiques

Titre Compléments du non
Collection Bleue
Date de parution 22 août 2019
Nombre de pages 115 pages
Dimensions 19,00 cm x 12,00 cm
Poids 136 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-7152-5344-5 - 9782715253445

3,3/5

Orelius

Le 23/02/2020

Avis assez mitigé.. L'auteure a un style intéressant avec quelques fulgurances; elle est parfois proche de Virginie Despentes dans sa manière crue d'ausculter les choses (et son humour aussi), mais il y a quelques longueurs et digressions dans un style un peu trop je-veux-faire-littéraire-parce-que-moua-j'ai-fait-lettres. L'ensemble est agréable mais un peu décousu, mais je pense que c'est voulu. Elle égrène plein de petites touches, impressions, souvenirs, et en creux se dessine bien sûr l'absence, la mort du père. Auteure à suivre.

fertiti65

Le 06/10/2019

J'avoue avoir lâché ce roman qui pourtant à un thème intéressant. C'est un premier roman, sans doute autobiographique. Aurore Lachaux raconte la vie de son père et par extension de sa famille. Ce père qui est ingénieur dans l'aéronautique va être licencié à la fin des années 80 et est réaffecte à un emploi de bureau. Peu de temps après, pendant les fêtes de Noël, il se pend dans son garage. A son enterrement, la DRH vient au nom de l'entreprise mais sa fille la congédie brutalement comme l'a été son père durant son licenciement. Beaucoup de pudeur entre le père et sa fille mais ils se rejoignent dans la lutte du monde du travail. L'écriture de cette auteure n'est pas commune, c'est percutant et dérangeant. Mais elle s'éparpille et à certains moments, on perd le fil. Dommage.

Bazart

Le 10/09/2019

La fiction ( cinématographique ou littéraire) n'en finit plus de nous donner des nouvelles du monde de l'entreprise et dans 99% des cas, elles ne sont guère reluisantes. Très souvent, ces œuvres stigmatise l’hyper compétitivité du monde du travail, à la fois au niveau individuel (un employé par rapport aux autres) et collectif (la rentabilité d’une entreprise par rapport aux autres) qui entraîne souvent la perte d' une partie de notre humanité. Dans la lignée de la formidable BD "Le travail m'a tué " qu'on a présenté il y a quelques semaines et avant de vous parler prochainement d'un premier long métrage formidable sur ce sujet , quelques lignes sur un premier roman d'une quadragénaire professeur de lettres, Aurore Lachaux qui a eu la chance de voir son manuscrit envoyé par la poste être publié par Mercure de France en cette rentrée littéraire. Comme pour la BD "Le travail m'a tué ce court roman, qu'on imagine très autobiographique, d'Aurore Lachaux sonde l'inhumanité du monde du travail non pas pour les salariés qui sont au bout de la chaîne, mais sur les fameux cols blancs, ces cadres qui subissent également l'aliénation et des méthodes de management peu amènes dictées par les adeptes de l'ultra libéralisme. En effet, la narratrice ( l'auteur?) est la fille d'un de ces ingénieurs qui ne comptent pas ses heures , qui travaillent dans l'industrie aéronautique et qui va se voir remercier après s'être battu contre l'adversité et des procédés qu'il jugeait largement contre productif. A la mort de celui ci, survenu peu de temps après son licenciement, la narratrice va sentir monter en elle une source colère contre ce système, et notamment contre cette représentante des DRH, qui ,peu de temps après avoir sommé son père de dégager de l'entreprise, va aller à l'enterrement de ce dernier pour tenir un discours toute en hypocrisie et mielleux à souhait. "On déposera comme chez les anciens, ces Grecs, un bouquet d’asphodèles au tombeau et des volets roulants et on fera un rideau qu'abaissera le monsieur aux clés." Une colère que la narratrice va laisser mûrir pour amener son discours et sa réflexion sur une déambulation qui devient au fil des pages, plus apaisée, moins centrée autour du travail, pour au final dessiner un très bel hommage à son paternel , porté par une écriture intelligente et une plume pleine de pudeur , d' élipses et de non dits. Bref la charge anticapitaliste, nécessaire mais attendue du début du livre va progressivement se muer en un beau cri d''amour à un père qui visiblement était un homme bien, catégorie qu'il est bon ton de louer en ces jours... Une jolie découverte qui risque hélas de passer un peu inaperçue en cette jungle de la rentrée littéraire .