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A la recherche du temps perdu

Volume 1, Du côté de chez Swann
de Marcel Proust , date de sortie le 11 mars 1988
Du côté de chez Swann

À la recherche du temps perdu !

Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin ... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Du côté de chez Swann

À la recherche du temps perdu !

Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté...

Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles
mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.

Caractéristiques

Titre A la recherche du temps perdu - Volume 1, Du côté de chez Swann
Auteur Marcel Proust
Collection Folio. Classique
Editeur Gallimard
Date de parution 11 mars 1988
Nombre de pages 708 pages
Dimensions 18,00 cm x 12,00 cm
Poids 356 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-07-037924-8 - 9782070379248

4/5

Nastasia-B

Le 28/08/2012

Le croyant dit "Je crois que..." Le savant dit "Je sais que..." Le critique d'une œuvre littéraire, lui, a une position un peu intermédiaire, pas évidente à tenir, car il possède une conviction invérifiable et imparable relevant de sa propre idiosyncrasie, probablement plus proche de celle d'un croyant que de celle d'un savant. Mais, dans le même temps, un critique doit être capable d'expliquer cette vision personnelle par une suite d'arguments tangibles ou crédibles, plus ou moins vérifiables ou falsifiables et, si possible, admis du plus grand nombre ou disons simplement, du plus grand nombre possible. Aussi, sa position relève-t-elle plus, par cet aspect, du travail d'un scientifique. En somme, le critique a le droit de tout dire, pour peu qu'il soit en mesure de l'argumenter de façon tant soit peu convaincante. Le critique dit donc "J'aime parce que" ou "Je n'aime pas parce que". Certes, certains arguments sont plus frappants que d'autres mais on ne pourra probablement pas taxer d'illuminé de mauvaise foi un critique ayant déroulé un éventail cohérent d'arguments liés au texte et concourant à son amour ou à son désamour de l’œuvre littéraire qu'il critique. Si je vous écris que j'aime "Du côté de chez Swann" parce que ma grand-mère s'appelait Madeleine, okay, c'est un argument, mais pas franchement décisif, car non seulement il vient tout seul et que de plus on peut avouer sans honte qu'il est de peu de retentissement parmi les quelques malheureuses âmes qui n'ont jamais connu ma grand-mère. Par contre (attention je vais essayer de faire une phrase à la Marcel Proust), si vous dites que vous avez été émus par l'habile capture de la sensation sur notre être et de son immense pouvoir à susciter ou à ressusciter les moments révolus qui ont marqués des pans entiers de notre existence, éveillant au passage, par-ci par-là, quelques bouffées de nostalgie, en précisant deux ou trois passages du texte particulièrement significatifs à vos yeux à propos de cette qualité de l’œuvre, on pourra alors certes ne pas partager votre vision ou votre émotion de lecture, mais on ne pourra certainement pas vous taxer de mauvaise foi, de partialité ni d'être aucunement bonimenteur ni affabulateur. Vous avez compris que si j'ai pris la peine d'un si long préambule sur la difficulté d'être critique, c'est que justement, pour le coup, avec Proust je sèche complètement. Ce que je sais, c'est que j'ai bien aimé. Pas adoré, mais vraiment bien aimé. Or, ceci dit, je me sens totalement incapable de dire pourquoi ou d'en dire plus. Force m'est de reconnaître que bien que ce livre possède un statut très particulier pour moi, qu'il revêt une vraie importance, je suis incapable d'en parler aux autres. Preuve probablement qu'il a touché quelque chose d'intime ou que ma pudeur inconsciente m'interdit d'extérioriser. Telle une toile dans un musée, dont on sait qu'elle nous plait, mais on ne saurait l'expliquer à qui que ce soit. La toile a cependant l'avantage de l'immédiateté ce qui n'est pas le cas d'une œuvre écrite de l'envergure et de l'ampleur de ce livre. C'est un mystère même pour moi. J'ai bien deux ou trois idées sur la question mais je ne me convaincs pas moi-même. Il est vrai que j'ai lu Du Côté De Chez Swann il y a bien trop longtemps maintenant et qu'une relecture s'imposerait très certainement, mais tout de même. J'ai l'impression de ne pas avoir tant oublié que cela et que ce n'est pas un défaut de mémoire qui m'empêche d'en dire plus et mieux sur ce livre. Je ne me l'explique pas, c'est ainsi, il faut accepter parfois de ne pas tout comprendre de son propre fonctionnement ni d'être en mesure de tout expliquer. Je sais seulement que ce livre a eu un effet sur moi. Après sa lecture, je n'ai jamais plus eu peur d'aucun livre, aussi gros et impénétrables soient-ils. Après la lecture de "Du côté de chez Swann", je me suis dit que je n'étais peut-être pas totalement hermétique aux choses de la littérature, pensée qui était assez solidement ancrée en moi auparavant. Me voilà donc bien fine, avec au creux des mains un livre pas si petit que ça, que j'ai passé un certain temps à lire, dont je puis affirmer que je l'ai bien aimé et avec tout cela, je suis pourtant incapable d'expliquer pourquoi. C'est bête, n'est-ce pas ? Certes mais c'est mon ressenti, ce qui signifie, plus que jamais, pas grand-chose.