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A la demande d'un tiers

de Mathilde Forget , date de sortie le 21 août 2019
À la demande d'un tiers

« La folie n'est pas donnée à tout le monde. Pourtant j'avais essayé de toutes mes forces. »

Elle ne pleure jamais au bon moment, ressasse pendant des... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

À la demande d'un tiers

« La folie n'est pas donnée à tout le monde. Pourtant j'avais essayé de toutes mes forces. »

Elle ne pleure jamais au bon moment, ressasse pendant des heures son mépris pour Bambi, et seule sa peur des requins lui prouve quelle a bien un coeur. Rien de grave en apparence. Jusqu'au jour où l'internement forcé de sa soeur en hôpital psychiatrique réveille les questions enfouies sur la mort de leur mère.

Un ton acide et décalé, un roman d'une étincelante noirceur.

Caractéristiques

Titre A la demande d'un tiers
Editeur Grasset
Date de parution 21 août 2019
Nombre de pages 154 pages
Dimensions 21,00 cm x 13,00 cm
Poids 192 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-246-82047-5 - 9782246820475

4,3/5

Cannetille

Le 27/12/2019

La narratrice est assaillie par l'angoisse : sa mère a été longtemps enfermée en hôpital psychiatrique avant de se suicider quand ses deux filles étaient enfants. Récemment, elle a dû se résoudre à faire interner sa soeur après une crise de délire paranoïaque. Et elle-même montre des signes de fragilité : obsession maniaque de l'ordre, phobie, difficultés relationnelles… Elle entreprend alors une recherche sur la maladie de sa mère, tentant de percer l'omerta familiale et médicale. Exhumer les vieux secrets l'aidera-t-elle à mieux vivre ? La personnalité compliquée de celle qui mène le récit jette le trouble dans l'esprit du lecteur qui se prend aussi à douter. Un doute qui va vite devenir le motif en filigrane de ce livre : celui qui inquiète le lecteur quant à la santé psychologique de la narratrice, celui qu'ont toujours eu les médecins quant à la véritable folie de sa mère, celui que n'avaient pas certains membres de la famille qui se sont pourtant tus. Acide et percutant, le texte frappe par la justesse des détails et des ressentis : choisis de façon apparemment décousue, ils dessinent un ensemble saisissant de véracité, que l'on n'aurait aucune peine à accepter comme biographique. Les courts chapitres ne cessent de prendre le lecteur au dépourvu, instaurant un rythme qui le happe sans répit. Jamais larmoyant, le ton oscille constamment entre émotion et dérision, faisant naître le rire des perpétuels décalages du personnage principal et transformant le drame en une tragi-comédie ouverte sur l'espoir. Ce singulier roman sur l'enfance blessée et les désordres laissés par la difficile relation à une mère est une réussite sur tous les plans : touchant, drôle, terriblement juste, il révèle une plume aussi délicate que percutante et une maîtrise de la construction romanesque qui me feront guetter les prochains romans de l'auteur. Coup de coeur.

hcdahlem

Le 10/10/2019

Ma mère, ma sœur, Bambi et moi Une mère qui se jette dans le vide et un vide qui se creuse autour de ses deux filles. Mathilde Forget nous offre un premier roman où le cocasse le dispute au tragique, où Bambi pleure et où Glenn Gould travaille sans jouer. Mathilde Forget était jusque-là plus connue comme auteure, compositrice et interprète de chansons douces-amères. Toutefois, après avoir suivi un master de création littéraire – comme quelques autres primo-romanciers de cette rentrée – elle a choisi de faire un détour vers le roman. Et le coup d’essai est plutôt réussi. Dès l’exergue, la description de la scène durant laquelle Bambi apprend la mort de sa mère, le lecteur comprend que la mort et l’absence vont rôder dans ces pages où, en bonne logique les fêlures de l’enfance vont donner des adultes fêlés. D’autant plus fêlés que leur éducation protestante leur a appris qu’il n’était pas de bon ton d’exposer ses sentiments, de se plaindre. N’ayant plus sa mère qui s’est suicidée en se jetant d’une tour, la narratrice va se tourner vers Suzanne, sa sœur aînée, persuadée que ces trois années de plus étaient garantes de décisions plus judicieuses : «Il me paraissait évident qu’elle avait des connaissances supplémentaires […] elle était mieux renseignée pour ne pas se faire avoir.» Bien vite cependant, elle va se rendre compte que derrière les principes éducatifs et derrière les vérités «qui arrangent tout le monde», il existe une version différente qui éclaire différemment la perception que l’on peut avoir des gens ou des événements. Et si Suzanne peut se tromper, alors elle aussi peut se tromper et être trompée. Le temps des explications est venu. Commençons par celle de Walt Disney sur l’absence quasi systématique des mères dans ses dessins animés: «elle impose au personnage principal de prendre ses responsabilités et donc de grandir plus vite, ce qui permet de raconter une vie entière en seulement 90 minutes, durée courante d’un film. Raconter la vie d'un faon qui n'aurait pas perdu sa mère prendrait trop de temps.» Poursuivons par celle sur les causes de la mort de sa mère qu’elle trouve, après avoir entendu plusieurs diagnostics de ses médecins, en volant son dossier médical. Terminons par Suzanne qui, après des crises successives, va finir à l’asile psychiatrique. D’un drame Mathilde Forget fait une tragi-comédie en n’hésitant pas à ajouter ici un détail incongru et là une comparaison inattendue, à jouer de références cinématographiques et de parfums d’enfance. C’est dur et doux à la fois, c’est émouvant et cocasse, c’est maîtrisé et joyeusement foutraque. C’est réussi!

Fleitour

Le 20/09/2019

J'ai plongé dans le livre de Mathilde Forget, comme dans un aquarium géant, je n'en suis sorti qu'à la dernière page, là où elle a écrit, page 155, je remonte à la surface, comme si je ne l'avais pas quitté des yeux. Son histoire, est si proche de mon histoire, que ses mots j'imagine les avoir prononcés un jour. Et pourtant chaque itinéraire de vie est forcément différent. Il y a pour moi à travers son témoignage comme un mystère, un quelque chose qui rapproche les enfants qui ont perdu leur mère. Elle ne pleure jamais au bon moment, comme c'est juste, comme cette phrase colle à la peau de Mathilde, elle dira elle-même, page 76, " j'ai voulu pleurer pour réhabiliter mon coeur". C'est tout l'attirail affectif lui même qui fut débranché, car on lui a retiré son coeur. Elle fait cette déclaration sublime, et "mon coeur s'est littéralement effondré dans ma poitrine pour finir au fond de mon ventre". La suite s'écrit avec une limpidité de glace, "j'ai grandi en observant de loin mon chagrin sur les joues de ma soeur". Quand il lui faut dessiner pour la Fête des Mères, ce petit quelque chose, qui est une fête de douceur et de tendresse, la maîtresse l'invite à montrer à son père, qu'il est devenu pour elle sa vraie mère. Mais tout cela sonne faux, alors elle dessine des loups avec une tête de requin, puis elle souligne ; " Victor ( et non papa ) est une bonne mère". Le plus poignant est l'épisode où elle téléphone aux pompiers, par ce que la peur la serre, voir sa soeur Suzanne faire une bêtise comme la maman. Elle l'accompagna à l'hôpital, le Ruisseau. Je pense à la petite fille qui retournait voir Suzanne et qui l'apercevait dans l'encadrement d'un petit sas, découpé dans la porte. Sa soeur comme une petite bête dangereuse d'un zoo. Car "il faut être en bonne santé pour que le psychiatre vous parle, et être respecté". Comment partager un tel drame, demain on lui dira, "tu n'as pas de coeur". Mathilde n'a pas de coeur, elle a grandi trop vite. Walt Disney a bien raison avec des enfants qui ont perdu leur mère ça va beaucoup plus vite pour apprendre la vie, on ne s'embarrasse plus du coeur. Mais Suzanne comment la ramasser, comment la retrouver, combien d'années a-t-il fallu pour la reconstruire, combien d'années pour un frère ou pour une soeur passé par les électrochocs. Ici la mode n'est qu'une saison celle de la nuit. "Sa mère était de garde toutes les nuits, elle travaillait dans les cimetières", lança un jour Mathilde par dérision. La lumière est diffuse dans la nuit," avec Victor elles peuvent parler de tout. de tout, sauf de la mort de Pauline. Ses yeux rouges l'en empêchent". le récit édifie un témoignages profond, d'une indescriptible justesse, où les mots percutent, rien n'est déplacé, tout d'un bloc. Il y a dans le regard des enfants meurtris une violence retenue, un calme feutré, une douceur farouche où la moindre étincelle peut déclencher la foudre, susceptible jusqu'à mourir pour les siens. L'image du requin, incarne tout à la fois l'étincelante écriture fluide de l'auteure, et l'indéfectible besoin de survie, d'humour et d'espoir.

Kittiwake

Le 11/09/2019

C'est une jeune femme fragile qui se confie tout au long de ces pages, où elle se souvient de son enfance, des épreuves qui l'ont jalonnée, et de ce qu'elle sait des maux qui semblent avoir frappé les femmes de sa lignée. Et pourtant c'est sa soeur qui constitue le point de départ de la narration, alors qu'un épisode de délire paranoïaque s'empare d'elle et la conduit à la demande de sa soeur vers l'hôpital psychiatrique. C'est l'occasion de mener une enquête à la recherche de ce qui était arrivé à leur mère, douée pour le piano mais qui dut renoncer à sa passion pour des raisons mystérieuses. #ÀLaDemandeDunTiers #NetGalleyFrance Enquête familiale donc, qui laisse la place au doute sur la personnalité de la narratrice, très ambiguë, aux confins de la folie, elle aussi. Elle rapporte avec une logique enfantine, qui flirte avec le fonctionnement d'un pensée autistique, dans la recherche d'une immuabilité des repères, avec une analyse parfois figée dans son mécanisme des relations qu'elle entretient avec son entourage. L'écriture est efficace, le ton est persuasif, et l'on garde jusqu'à la fin le doute sur ce qui nous est conté. Pas de lassitude à la lecture, en raison de cette ambiance de suspicion, qui donne aux révélations distillées au gré des chapitres un rythme apparement décousu et pourtant parfaitement maîtrisé. Un premier roman prometteur.

Eve-Yeshe

Le 08/09/2019

Curieux roman ! La narratrice est obligée de faire interner sa sœur aînée Suzanne, toutes les deux s’affrontent dans un corps à corps violent, avec des couteaux à proximité et ce sont les pompiers qui vont devoir les séparer et emmener Suzanne. Comment ont-ils fait pour savoir, devant ces deux corps intriqués, emmêlés que c’était Suzanne qu’il fallait emmener ? Notre héroïne se pose alors des questions sur la maladie mentale, sur le rôle des mères dont le déclenchement éventuel d’une pathologie, ce qui l’entraîne à se demander pourquoi leur mère s’est suicidée quand elles étaient enfants. Sous-entendu, qui est responsable quand une personne au suicide et à qui doit-on en vouloir ? Elle va donc partir à la recherche du dossier médical de sa mère, ce qui n’est pas une mince affaire, secret médical ou pas, pour savoir ce qui s’est réellement passé, s’il y a un secret de famille sous-jacent. Mathilde Forget nous livre tout un florilège de réflexion, sur les relations entre sœurs, l’aînée a-t-elle forcément un ascendant sur la cadette, sur les relations avec le père, les grands-parents. Cette quête est loin d’être sinistre à la lecture, car elle est émaillée de détails ou d’évènements drôles : les réflexions sur les requins (est-ce qu’ils s’éloignent vraiment si on les regarde dans les yeux ?) Ou encore les références à Bambi qu’elle déteste car chaque fois qu’on en parle à l’école, les autres élèves se retournent vers elle et compare les deux situations… Sans oublier les allusions à Hannibal Lecter, (derrière le tueur en série, il faut chercher la mère…) ou au syndrome de cœur brisé, ce qui permet à l’auteur de se livrer à une étude détaillée dudit syndrome, à la signification du mot japonais pour le désigner… Ce roman court mais intense, qui au passage est le premier de l’auteure, m’a déroutée car je m’attendais à une réflexion sur l’hospitalisation à la demande d’un tiers et tout ce qui s’y rapporte : la difficulté de faire interner quelqu’un contre son gré, la procédure, la culpabilité de la personne qui doit signer… Mathilde Forget a une écriture incisive, avec des phrases courtes, qui peuvent être percutantes parfois. Cette lecture, peu poussive, me laisse un sentiment mitigé : je ne suis pas certaine d’avoir aimé ce livre, mais il m’a fait réfléchir donc pas une mauvaise pioche finalement. Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m’ont permis de découvrir ce livre et son auteure. #ÀLaDemandeDunTiers #NetGalleyFrance