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J'ai tué : et autres récits

Et autres récits
de Mikhaïl Afanassievitch Boulgakov , date de sortie le 28 janvier 2010
J'ai tué

Qu'est-ce qui a poussé l'élégant et raffiné docteur Iachvine à assassiner délibérément l'un de ses patients ? Qui est cet homme qui s'est joint à un groupe pour visiter une vie... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

J'ai tué

Qu'est-ce qui a poussé l'élégant et raffiné docteur Iachvine à assassiner délibérément l'un de ses patients ? Qui est cet homme qui s'est joint à un groupe pour visiter une vieille demeure russe ? Pourquoi est-il presque nu ?

Tantôt graves et profonds, tantôt loufoques et légers, ces quelques textes révèlent toute l'étendue du génie de l'auteur du Roman de monsieur de Molière.

Caractéristiques

Titre J'ai tué : et autres récits - et autres récits
Collection Folio. 2 euros
Editeur Gallimard
Date de parution 28 janvier 2010
Nombre de pages 104 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 72 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-07-040324-0 - 9782070403240

3,8/5

Myrinna

Le 13/09/2019

Mikhaïl Boulgakov est le Molière russe dont il était un fervent admirateur. Cependant, je le trouve moins drôle que l’illustre français. On dit souvent tragédie à la grecque mais la littérature russe n’est pas mal non plus. D’ailleurs, je ne pourrais pas citer une œuvre russe qui se termine bien, enfin à ma connaissance. Revenons à ce monsieur Boulgakov que j’apprécie tout de même pour son écriture et ce livre qui fait l’objet de ma critique. Celui-ci est découpé en 3 nouvelles dont la première s’intitule : Le Brasier du Khan. « Le Brasier du Khan » dénonce le régime à travers la déchéance d’un prince. La chute de cette histoire risque de vous surprendre. La 2ième nouvelle, l’Île pourpre », la plus longue à mon désarroi qui dénonce le colonialisme mettant en parallèle le conflit des bolcheviks et les Monarchistes. Nouvelle clairement historico-politique mais plus vieillissante. Et enfin la dernière qui porte le nom du livre : « J’ai tué ». Celle-ci est la meilleure des trois, enfin à mes yeux. J’ai tué nous donne l’occasion de réfléchir sur la question : Dois-je soigner à tout prix même si cela remet en cause mes valeurs morales ? Dans quel cas de figure, un médecin peut refuser d’exercer son métier alors son but est soigner ses patients.

Gustave

Le 29/06/2014

Une anthologie terriblement révélatrice de la pensée de Boulgakov. Je viens de terminer la Locomotive ivre et autres récits, et j'y avais été surpris de lire un certain nombre de passages sympathiques sur les bolcheviks (même s'il se moque d'eux le plus souvent), ce qui m'avait paru contradictoire de la part de cet auteur que j'avais connu autrement plus antisoviétique... En fait la clé de cette apparente contradiction nous est livrée par deux des trois nouvelles de ce recueil, J'ai tué et l'Ile Pourpre, le Brasier du Khan étant un récit à part. Le Brasier du Khan semble être l'une des premières oeuvres d'imagination pure de Boulgakov. Le récit se déroule dans un ancien palais d'une famille de nobles russes descendants de Mongols: la soudaine réapparition du dernier prince de ces lieux, et sa disparition tout aussi mystérieuse à la fin de la nouvelle n'est pas sans faire penser au personnage de Woland, du Maître et Marguerite, expert en apparitions et disparitions soudaines... Quant au motif du brasier engloutissant les archives familiales, qui ici symbolise l'impuissance du prince à ressuciter un passé fastueux perdu pour toujours, il connaîtra également sa fortune dans le Maître et Marguerite, à travers la phrase cultissime: "Les manuscrits ne brûlent jamais!" C'est vrai qu'entretemps Boulgakov aura lui-même fait une expérience similaire, ayant brûlé un premier jet de ce qui allait être son chef-d'oeuvre ultime... L'île Pourpre et J'ai tué éclairent d'un jour nouveau la pensée profonde de Boulgakov. En ce qui concerne J'ai tué, on y découvre que pour être antisoviétique, Boulgakov se sent avant tout Russe: aussi préfère t-il les bolcheviks de Lénine, qui demeurent malgré tout des compatriotes, aux nationalistes ukrainiens de Petlioura...D'où le meurtre du colonel de cette même armée, au comportement par ailleurs tyrannique et inhumain, en particulier envers les Juifs (il est vrai que les indépendantistes ukrainiens étaient souvent fanatiquement antisémites, même si Petlioura, leur chef tenta d'empêcher les pogromes et que les tsaristes de Dénikine étaient loin d'être exemplaires en la matière...). Le docteur Iavchine va jusqu'à affirmer qu'il attendait avec impatience l'arrivée de l'Armée rouge, afin que Kiev soit libérée de l'armée ukrainienne (en fait Boulgakov aurait pu faire un très bon médecin chez les séparatistes pro-russes dans l'actuelle Crimée ou dans l'est de l'Ukraine...). Quant à l'île Pourpre, un conte censé décrire la Révolution russe, ses libertés qu'il prend avec la réalité historique sont éloquents...La sympathie de Boulgakov envers l'ancien régime tsariste est évidente, lorsqu'il compare la révolution de 1917 à une catastrophe naturelle, à savoir une éruption volcanique...En somme, l'effondrement de l'ancien régime est vu comme un cataclysme survenu alors que tout allait bien (la réalité est bien entendu plus complexe que cela). La suite réserve bien des surprises: comme dans la vraie histoire, il y a bien une guerre civile russe, sauf que cela se termine par...une réconciliation générale entre Russes rouges et Russes blancs...Faut-il y voir ici l'image de ce que Boulgakov aurait souhaité, ou une concession à la censure soviétique? Toujours est-il qu'il passe ici sous silence une réalité qui fut des plus sordides: Terreur rouge d'un côté, Terreur blanche de l'autre, les deux ayant causé plus de morts en trois ans qu'en un siècle de répressions exercées par le tsarisme... Si l'on réduisait l'île Pourpre à sa dimension politique et historique, les approximations sont suffisamment nombreuses pour la disqualifier. La liberté que permet la littérature permet au contraire de faire de cet aveuglement, volontaire ou non, de Boulgakov, un récit porteur d'une vérité: le désir de transcender par la satire et la parodie une des périodes les plus tragiquement et absurdement sanglantes de l'histoire de la Russie. Et encore, Boulgakov est mort avant la Seconde Guerre mondiale, qui demeure la pire épreuve subie par le peuple russe, avec la terreur stalinienne...

Malaura

Le 09/01/2012

« Le brasier du Khan » relate le retour incognito d’un prince déchu dans son ancien domaine transformé en musée du peuple après la Révolution d’Octobre, sa prise de conscience et sa rage devant le constat que son ancien monde ne reviendra plus, jusqu’à la décision démente de transformer en brasier tout le passé flamboyant des « Russes blancs » auxquels il appartient, en faisant brûler le palais. « L’île pourpre » est une fable politique construite sur le mode de la parodie. Dans ce pastiche imaginé sur le modèle des romans d’aventures de Jules Verne, une île peuplée de trois tribus - les nègres rouges, les nègres blancs et les nègres fieffés - devient le cadre de guerres de clans et d’enjeux politiques, de changements de règne et de conduites irrationnelles à l’image du grand carnaval que deviendra « l’Union soviétique ». Sous le couvert de la cocasserie, cette nouvelle insolite dans laquelle la violence côtoie un humour absurde et décalé, illustre la situation frisant l’incohérence de la Russie après la Révolution d’Octobre, les nègres rouges représentant le peuple et les bolcheviks, les nègres blancs figurant les nobles et les orthodoxes, et les nègres fieffés, les libéraux démocrates. Quant à la dernière et superbe nouvelle « J’ai tué », celle qui donne son titre au recueil, elle est la confession d’un élégant médecin, avouant à des confrères amis, le meurtre perpétré sur un séparatiste pendant la guerre civile en Ukraine. Révélant plusieurs aspects autobiographiques - Boulgakov était lui-même médecin de formation - cette nouvelle, remarquable d’intensité, dévoile toute la violence du conflit civil ukrainien, la brutalité et l’injustice des autorités militaires conduisant le médecin Iachvine à prendre position et à commettre un acte irréparable allant pourtant à l’encontre de ses convictions humaines et de sa profession : l’assassinat d’un haut gradé de l’armée ukrainienne. Sept ans après les faits, il relate à ses amis le déroulement de cette terrible nuit de février 1919 à Kiev où, témoin des exactions, massacres, pogroms, réquisitions arbitraires, commis par les séparatistes sous le commandement de leur leader Petlioura, lui, le médecin impliqué, l’intellectuel érudit, en était arrivé à tuer un homme. Ces trois histoires extraites des « Œuvres : nouvelles, récits, articles de variétés » sont une bonne entrée en matière à la découverte de l’œuvre de Mikhaïl Boulgakov (1891-1940), grand satiriste de la Russie des années 1920, dont l’œuvre la plus célèbre reste sans nul doute « Le maître et Marguerite » qui relate le bouleversement causé par l’ingérence du diable dans la vie des moscovites. Trois nouvelles très différentes les unes des autres aussi bien par le style que par la façon d’aborder les thèmes au centre des préoccupations de Boulgakov et qui permettent ainsi d’apprécier les multiples facettes narratives de l’auteur au détour de sujets centrés principalement sur la guerre civile, la fin de la Russie impériale, le bolchevisme ou le sentiment de responsabilité. La constatation attristée de l’irrationalité du Nouvel Ordre né de la Révolution Russe est l’une des constantes de l’œuvre abondante de Mikhaïl Boulgakov. Très vite qualifié de « contre-révolutionnaire », sans soutien, il est la représentation la plus effarante de l’écrivain frappé d’ostracisme qui voit tous ses ouvrages censurés et donc sa vie même réduite à néant par le pouvoir en place. Ce n’est qu’après sa mort, en 1940, que le public découvre peu à peu l’ampleur de sa littérature et l’érige au rang des plus grands auteurs russes du XXe siècle. Pour autant, même frappé du sceau de la censure, il continue d’écrire dans l’ombre, témoignant du non-sens et de l’absurdité qui régissent cette nouvelle « Union soviétique » capable de « détruire les anciens rapport sociaux » avec toute la paranoïa et la schizophrénie dont elle a fait montre au fil des années. Pourtant, ce médecin de formation devenu journaliste, écrivain, librettiste et auteur de théâtre n’est point au départ un adversaire farouche du communisme naissant. La nouvelle « Le brasier du Khan » pointe les responsabilités des russes blancs abusant de leurs privilèges qui ont conduit à la Révolution et à la chute du tsarisme. Celle de « J’ai tué » souligne pour sa part, l’impatience fébrile et pleine d’espoir dans laquelle se sont trouvés les habitants de Kiev en attendant l’arrivée imminente des bolcheviks dans la ville. Il n’y a que « L’île pourpre » pour révéler, sous le comique de situation et sous forme de parodie de la littérature de propagande, toutes les aberrations nées du nouveau système politique. Ces trois récits nous font donc pénétrer dans l’univers à la fois sombre et léger d’un écrivain enthousiasmant, au talent de conteur exceptionnel, capable en quelques mots, en quelque phrases bien senties, de camper des décors et des situations, de peindre des portraits d’une écriture très visuelle, quasi cinématographique dans la façon de découper les histoires en plans rapides et sur un rythme endiablé. Un auteur incontournable de la littérature russe du siècle dernier.

brigetoun

Le 24/03/2011

trois nouvelles - le heurt de deux mondes et l'ancien, en sa forme la plus opulente et chargée d'histoire et d'histoires qui refuse de mourir - une fable sur l'oppression, la lutte, sous l'oeil froid d'un lord anglais, si ferme dans son droit qu'il en semble un peu cruellement sot, en place des dieux - un récit de guerre emportant un être raisonnable, confronté à brutalité, cruauté, absurdité, et sa victoire qui est acceptation de la violence au nom du droit.