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Voleurs d'encre

de Alfonso Mateo-Sagasta , date de sortie le 28 septembre 2011
Dans le Madrid du siècle d'or, Isidoro Montemayor supervise un tripot où viennent s'encanailler de nobles dames. L'établissement appartient à son maître, Francisco Robles, qui est par ailleurs éditeur et... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Dans le Madrid du siècle d'or, Isidoro Montemayor supervise un tripot où viennent s'encanailler de nobles dames. L'établissement appartient à son maître, Francisco Robles, qui est par ailleurs éditeur et emploie aussi Isidoro comme rédacteur-correcteur. Robles ne décolère pas. Il a publié le Don quichotte ; mais un certain Alonso Fernández de Avellaneda vient de sortir au nez et à la barbe de cervantès une suite au chef-d'oeuvre.

Une suite qui n'est autre qu'un livre à clés, diffamatoire envers plusieurs personnalités ; dont cervantès lui-même. Décidé à découvrir qui se cache derrière ce pastiche, Robles envoie Isidoro à la recherche d'Avellaneda.

Une enquête picaresque au coeur de grandes oeuvres littéraires, dont les pages peuvent receler de brûlants secrets. À condition de savoir les interpréter...

« [Une] plume alerte et ironique. »

Sabrina Champenois, libération

Caractéristiques

Titre Voleurs d'encre
Traducteur Denise Laroutis
Collection Rivages-Noir
Editeur Rivages
Date de parution 28 septembre 2011
Nombre de pages 676 pages
Dimensions 17,00 cm x 11,00 cm
Poids 354 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-7436-2272-5 - 9782743622725

4,5/5

latina

Le 18/12/2017

Vite ! Voici l’heure de retrouver Isidoro Montemayor, « ancien soldat, correcteur d’imprimerie, ange gardien de tripot et gazetier », narrateur de cette histoire se passant au Siècle d’Or espagnol, siècle de Cervantès, de Lope de Vega, de Quevedo, de Tirso de Molina (et son fameux Don Juan), de Gongora... Et puis...déception : je me suis souvenue que j’avais fini de lire ce roman truculent, plein de verve et de vie, d’odeurs nauséabondes et de nourriture succulente, de femmes affriolantes ou décrépites, d’hommes à la noble allure mais cruels et égocentriques, d’écrivains en quête d’admiration ou tout simplement de silence, de petites gens buvant, rotant, déféquant, accouchant, urinant, suant. Oui, suant, car il fait chaud à Madrid, en ce mois d’août 1614 ! Eh oui, je dois me résoudre à me défaire de cette atmosphère particulière, qui parle à la fois d’art, celui de la littérature, mais aussi de guerres, de luttes intestines, d’intrigues, de tortures, de meurtres, de jeu, de beuveries, d’arrachage de dents à vif, de diabète et d’hémorroïdes. « Je ne cesse de demander à don Miguel de m’écrire une seconde partie, la suite des aventures de ces deux toqués » dit le libraire Roblès, éditeur de la première partie du « Don Quichotte » de Cervantès. Et il charge son commis, préposé au tripot semi-clandestin dont il est le patron, Isidoro Montemayor (ou plutôt « don » Isidoro Montemayor, aimerait-il se faire appeler) de retrouver l’horrible imposteur, Avellaneda, qui a osé écrire une seconde partie à ce Quichotte, coupant l’herbe sous le pied de Cervantès, son auteur attitré. Cet impudent a osé critiquer Cervantès et le style de son hidalgo ! Il faut le retrouver ! Et voici notre Isidoro dans les couloirs, les ruelles, les gargotes, les palais, les places inondées de soleil, les chemins poussiéreux, à la recherche de l’introuvable, le multiple Avellaneda. Qui se cache sous ce pseudonyme ? Et pour quelles raisons ? Par jalousie ? Par haine ? Pour une raison politique ? amoureuse ? La vie de Cervantès est fouillée, mais celle de ses contemporains également, et à vrai dire, c’est là que je me perds un peu...beaucoup, même. Les envies de pouvoir me passent au-dessus de la tête, les complots, les préparations de guerres de toutes sortes, tout cela m’a emberlificotée dans un tissu d’intrigues dont je ne suis sortie qu’en me raccrochant aux petites gens et à leur vie quotidienne. Et là, je peux dire que je me suis bien amusée ! Quel bagou, quel entrain, quelle autodérision, quelle ironie, pour décrire la vie, tout simplement. La vie à Madrid, quand même ! La vie où l’on côtoie Cervantès et les plus grands écrivains de cette époque, de surcroit ! Adiós, Isidoro Montemayor, je vous laisse conter fleurette, lire, boire et manger à l’aise. «En un lugar de la Mancha, de cuyo nombre no quiero acordarme, no hace mucho tiempo que vivía un hidalgo... »

ClaireG

Le 03/12/2017

Madrid – 1605, Francisco Roblès, éditeur du roi, publie le Don Quichotte de Cervantès. L’histoire de cet idéaliste, redresseur de torts remporte un vif succès et remplit les poches de Roblès. Près de dix ans plus tard, paraît la suite des aventures du preux chevalier. Scandale ! Ce deuxième volume est né de la plume d’un certain Alonso Fernandez de Avellaneda, que personne ne connaît, et est édité par un autre que Roblès qui, fou de rage, veut tirer l’affaire au clair. En ce temps-là, toute publication devait recevoir l’autorisation de l’Eglise avant d’être éditée et Cervantès était malade et incapable de fournir la suite promise. Roblès désigne alors l’un de ses correcteurs et gazetier, Isidoro Montemayor, pour enquêter sur ce crime de lèse-majesté. Le jeune homme a participé à la guerre des Flandres, connaît du monde et s’intéresse à tout, à commencer par la gargote obscure – deuxième bureau de Roblès – où viennent se faire plumer quelques nobles avides de sensations fortes pris par la passion du jeu. Les renseignements glanés lui permettent d’orienter ses recherches et il comprend rapidement qu’Avellaneda est un pseudo qui pourrait correspondre à Lope de Vega, écrivain et poète madrilène qui se frotte régulièrement à Cervantès, ou le sévère Luis de Gongora, poète célèbre qu’apprécie le père de Don Quichotte, ou le très érudit Francisco Quevedo ou encore Garcilaso de la Vega. La liste est longue des usurpateurs possibles d’autant que cette suite fait des allusions significatives à tous ces écrivains et à Cervantès lui-même. Isidoro rend visite à Miguel de Cervantès, alité, faible, aiguillonné par l’annonce de cette tromperie littéraire mais qui s’interroge autant que lui sur l’identité du roublard. Lame d’acier dans la ceinture ou dans la manche, il sillonne les rues sombres, les tripots, les palais, les églises, rencontre ces personnages de renom, sans détours. Il sème la curiosité parmi les écrivains, les gens d’église et les nobles, chacun ayant de bonnes raisons de craindre une riposte. Il en apprend beaucoup plus que s’il faisait des ronds de jambe et des entourloupettes. Sa vie n’en est pas simplifiée pour autant et souvent, il doit son salut à la ruse et à son sixième sens. Toutes les impasses contre lesquelles il bute, nous font découvrir la vie bouillonnante des uns et des autres et fournissent à l’auteur l’occasion de détailler les mœurs des gens du peuple comme les intrigues des gens de Cour. Le Siècle d’or espagnol regorge de dramaturges, d’écrivains, de poètes et le développement de la culture populaire prend un formidable essor. Les troupes de théâtre et les marionnettistes animent régulièrement les réceptions des nobles car les luttes d’influence des Grands d’Espagne font florès tant dans les salons que dans les jardins somptueux. Ce roman picaresque, jubilatoire et frémissant, montre l’importance qu’a eue la littérature espagnole des XVIe et XVIIe siècles sur le roman moderne. Il donne aussi de Madrid une vision de cette vie grouillante où les cris, les interpellations, la puanteur, où la misère et la richesse, où les bagarres et les bastonnades, l’Inquisition et sa suspicion, sont partie intégrante de cette Espagne conquérante au pinacle de sa grandeur. Les détails historiques sont plus difficiles à saisir si on ne connaît pas le duc d’Osuna, le duc de Lerma ou Don Alonso de Contreras – ce qui est mon cas. Les détails sont partout, la visite chez le dentiste est une démonstration effrayante du savoir-faire de l’époque et on aurait peur de mettre les pieds chez le médecin mais la restitution historique est d’un réalisme parfait et on y apprend même les conditions de détention de Cervantès dans les geôles d’Hassan Pacha à Alger. Rien n’est laissé au hasard ou aux approximations. Que ce soit auprès des libraires et des imprimeurs, dans les bordels ou dans l’apothicairerie d’un couvent, dans les salons des princes ou dans les recoins d’une église, Isidoro Montemayor ne néglige aucune piste pour retrouver l’usurpateur de Cervantès. Alfonso Mateo Sagasta, que je découvre une nouvelle fois grâce à Pecosa, est un écrivain espagnol spécialisé dans le roman historique et policier historique. Il a obtenu, en 2006, pour Voleurs d’encre, le prix international du roman historique de Saragosse. A découvrir.