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Ordesa

de Manuel Vilas , date de sortie le 14 août 2019
« Mon coeur ressemble à un arbre noir couvert d'oiseaux jaunes qui piaillent et me perforent la chair. » Tel est l'autoportrait brut et sans tabou d'un écrivain confronté à la disparition de ses parents.... Lire la suite
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La fiche détaillée

Résumé

« Mon coeur ressemble à un arbre noir couvert d'oiseaux jaunes qui piaillent et me perforent la chair. » Tel est l'autoportrait brut et sans tabou d'un écrivain confronté à la disparition de ses parents. Assailli par les fantômes de son passé, il retrouve espoir dans le souvenir baigné de lumière jaune de leur amour et de la beauté d'antan. À travers l'évocation d'une famille modeste, c'est alors la peinture d'une certaine Espagne qui se révèle à nous dans toute sa complexité. L'appartenance à une classe sociale, l'éducation, l'alcoolisme ou encore la paternité sont autant de sujets traités ainsi de façon personnelle et collective à la fois.

Profondément sincère, bruyamment intime, merveilleusement écrit dans une langue à la fois poétique et crue, Ordesa se lit comme la catharsis d'un deuil impossible, celui de la mort de nos parents et de la fin d'une époque, expérience pour le moins universelle.

Phénomène de librairie en Espagne, Ordesa a été désigné Meilleur livre de l'année par les grands quotidiens El País et El Mundo, imposant Manuel Vilas comme un écrivain majeur de la littérature espagnole.

Caractéristiques

Titre Ordesa
Auteur Manuel Vilas
Traducteur Isabelle Gugnon
Editeur Ed. du sous-sol
Date de parution 14 août 2019
Nombre de pages 398 pages
Dimensions 23,00 cm x 17,00 cm
Poids 528 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-36468-397-6 - 9782364683976

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3,4/5

gabriel1807

Le 19/08/2019

Bouleversant

Ce livre est l'autobiographie de Manuel Vilas traitant en particulier de sa relation avec la disparition de ses parents. C est un livre très personnel, brutal mais poétique. On y ressent tout au long la douleur de l'écrivain. Le lecteur y est plongé dans une intimité émotionnelle qui peut être dérangeante.

Marco et Bene

Le 18/08/2019

Bouleversant . Émouvant . Réaliste

Une lecture assez éprouvante, non pas par la dureté du récit (quoique, parfois...), mais par le contexte estival qui «dénotait» avec la profondeur de cette autobiographie. Bouleversant, c'est le mot, l'auteur sait mettre en relief les sentiments qui traversent les orphelins, et se livre sans tomber dans le pathos. J'ai aimé ce roman, c'est un bel ouvrage.

Bianca29

Le 15/08/2019

Sombre . Émouvant

J'attendais beaucoup de la lecture de ce livre, sacré meilleur roman par plusieurs quotidiens espagnols. Ordesa est un récit autobiographique de Manuel Vilas, écrivain et auteur espagnol, qui se trouve confronté à la mort de ses parents. Avec le peu d'éléments qu'on lui a laissés, et ses souvenirs, il tente de retracer l'histoire d'une famille où les non-dits étaient de mises. Chacun semblait vivre dans sa bulle, et ne se disait jamais "Je t'aime". Le narrateur semble reproduire ce schéma avec ses deux fils, qu'ils voient s'éloigner petit à petit. Ordesa est un roman émouvant, poétique et intimiste, mais parfois monotone et répétitif, et au final bien déprimant. L'auteur s'enlise dans son obsession de la mort et livre une vision sombre du monde et de sa vie. J'ai cependant apprécié de très beaux passages, notamment sur sa relation à l'alcool.

clarisse

Le 13/08/2019

Intéressant . Sombre . Trop long

Première lecture de cet auteur, livre intéressant mais long à lire pour ma part. Beaucoup de détails, le "je" est omniprésent, la description des émotions, des sentiments, liés à la famille sont présents tout au long du récit. L'écriture est plutôt poétique, une narration prenante et pertinente. Touchée par la vie et sa philosophie, je le conseille aux passionnés de littérature espagnols.

yalta10

Le 10/08/2019

Compliqué . Émouvant . Réaliste

Introspection d'une vie suite au décès d'un parent. Un livre très bien écrit avec un vocabulaire adéquat aux différentes situations. Une sorte de visite guidée en Espagne...

3,2/5

Arthore

Le 17/11/2019

Manuel Vilas a voulu dans ce livre désigné "meilleur livre de l'année par les quotidiens El Pais et El Mundo, nous faire partager ses émotions liées à la disparition de ses parents, ce qu'il a dit ou aurait voulu leur dire; ce qu'il a fait ou n'a pas fait avec eux. Le déclic : la mort de son père, le ressenti d'une souffrance qui va le faire commencer à écrire ce livre. "Je pensais que mon état d'âme était dû à une vague reminiscence d'un fait survenu dans le nord de l'Espagne, un endroit très montagneux appelé Ordesa, un souvenir jaune, la couleur jaune envahissait Ordesa, et derrière Ordesa se dessinait la silhouette de mon père au cours d'un été en 1969. Que les objets et les êtres virent au jaune signifie qu'ils ont atteint l'inconsistance, ou le ressentiment. La douleur est jaune, voilà ce que je veux dire." Oui l'auteur se met à nu dans ce livre, n'évite aucun tabou, aucun reproche. Oui il décrit une certaine Espagne cependant assez personnelle. Je n'ai pas compris le pourquoi dithyrambique de certaines critiques. Passer une centaine de pages, les qualificatifs déprimants et décousus prennent le pas sur le reste. Oui l'on peut vivre avec ses fantômes mais de là à en faire plus de 350 pages... Il y a trop de bons livres cette année pour en faire la recommandation Certes, il venait dans ma pile juste après un coup de coeur : Le bal de folles!!

Macabea

Le 03/11/2019

Ordesa est un livre fortifiant, où l'auteur fait preuve d'un courage et d'une honnêteté désarmante en revisitant son passé, sans l'idéaliser et sans se raconter des histoires. Il l'approche avec lucidité et humour. Pour lui, la vérité crue, ou blessante, est toujours préférable au mensonge berçant de l'illusion. Il convoque ses souvenirs : ‘le souvenir allume une lampe', écrivait Borges. Il raconte son histoire, celle de ses parents, son enfance, son adolescence, en les enquêtant à partir de sa situation présente : celle d'un cinquantenaire désabusé, divorcé, ex-alcoolique. Mais son récit dense, serré, loin d'être un lamento inlassable, un mea culpa plombant et improductif, est un est appel d'air bienfaisant et salutaire. Il y a plein de passages à mourir de rire, d'autres, cinglants ; des envolées lyriques inattendues à couper le souffle, des situations cocasses et insolites. Un mélange bien assemblé de registres et de genres, dans une langue souple et coulante, très agréable à lire, même en français. Il refuse le dualisme : le noir et blanc et discourt sur tout sans complexes, ni fausses hontes. Il nous parle de la mort, du sentiment de déracinement, de la perte de repères liés au vieillissement. Son récit est à la fois élégiaque, lyrique, comique, caustique, dramatique, pathétique et réaliste. C'est en quelque sorte un exutoire, qui lui permet de suppurer et de soulager la douleur et de parvenir ainsi à faire le deuil. Pour Vilas, ce récit est une lettre d'amour et de reconnaissance à ses parents disparus. Une voix rafraîchissante, intelligente et sensible. Sublime, en restant toujours modeste et terre à terre. J'ai pensé souvent en lisant ce livre, à ce que disait Genet à propos de la lecture : "si je n'écris pas Les Frères Karamazov en même temps que je lis, je ne fais rien." Je lisais une page et puis je m'arrêtais pour méditer, soupeser. C'est une lecture qui m'a beaucoup apportée, qui m'a pris du temps, le temps qu'il faut, parce qu'il parle de choses essentielles, d'une manière en même temps simple et complexe: vigoureuse. Cela faisait très longtemps que je n'avais lu un ouvrage aussi fort et bouleversant. Si la vérité, dont nous parle ce livre nous tient en haleine, du début jusqu'à la fin, c'est parce que, comme dirait Joan Manuel Serrat, « nunca es triste la verdad, lo que no tiene es remedio. »

delphp

Le 14/10/2019

#10025; Présélection jury Grand Prix des lectrices ELLE 2020 #10025; "Il songe a présent à cette classe moyenne, à ce type d'auteur qui empeste l'échec et qu'on évoque également comme "le garçon qui se débrouille bien", sauf que le garçon en question a déjà plus de cinquante ans. Mais peu importe, car le monde entier, globalisé, s'achemine vers des lieux où les hiérarchies sont versatiles, misérables, déliquescentes, et puent le vieux, des lieux où, au bout du compte, plus rien ne signifie rien, et ça, c'est nouveau." Mieux vaut être prévenu, si vous ouvrez Ordesa, c'est pas très cotillons comme lecture... Manuel Vilas a la cinquantaine franchement dépressive, un peu alcoolique, et fait avec Ordesa le constat de son incapacité à faire le deuil de ses parents, lesquels lui ont transmis pour seul héritage le sentiment d'incarner l'échec dans la société espagnole. Dans un récit chaotique, fait de pastilles de souvenirs accolées sans ordre les unes aux autres, Manuel Vilas se livre dans une impudeur brute, met au jour la détresse et le désespoir d'un homme qui n'a pas su, ou pu, communiquer avec ses parents, et qui, peut-être pour cette même raison, ne sait pas comment vivre sans eux. Pas de résilience donc, mais de la rage, des cris, des larmes et une forme de sarcasme qui met un peu mal à l'aise tant il est l'expression d'un mal être qui ronge son auteur. En revenant sur l'histoire (compliquée) de ses parents, Manuel Vilas évoque aussi l’histoire de son pays et celle d'une classe moyenne basse invisible, ces millions d'hommes et de femmes qui n'auront laissé aucune trace dans l'histoire, pas même une tombe pour s'y recueillir. Manuel Vilas livre le malaise de ces laissés pour compte: "L'Espagne n'a rien donné à mes parents. Ni l'Espagne franquiste, ni l'Espagne monarchique". Un sujet passionnant, donc, mais alourdi à mon sens par la détresse de l'auteur, sa rage non maîtrisée, à laquelle on essaie de s'accrocher, sans pouvoir, à mon sens vraiment s'identifier. Il est délicat cependant de se prononcer définitivement tant il est certain que les niveaux de lecture de ce récit sont nombreux, dont l'accès dépend probablement de l'histoire personnelle et de l'empathie de chaque lecteur. A titre personnel, je me suis trouvé peu d'atomes crochus avec cet auteur, sentiment renforcé par une écriture typique de la littérature espagnole, ou sud-américaine: très ampoulée, imagée... à laquelle je préfère l'épure, ainsi qu'une construction saccadée, volontairement incohérente, qui m'ont rendu le tout assez pénible, pour dire vrai. Tant pis pour moi, mais il est certain que ceux qui sauront passer la forme pour entrer en contact avec l'auteur trouveront là le récit poignant d'un homme blessé.

Kirzy

Le 27/09/2019

°°° Rentrée littéraire 2019 #24 °°° Comment puis-je autant aimer un livre qui semble tout faire pour se rendre mal aimable ? Un chaos narratif assumé où les digressions semblent divaguer erratiquement en faisant fi de toute chronologie ... Un narrateur dépressif, embourbé dans sa solitude, quinqua bourré d'alcool et de cachetons, au désespoir si profond que toute empathie immédiate est impossible alors qu'il pleure la mort de ses vieux parents dont il ne se remet pas. Ce texte très singulier ne se laisse pas facilement apprivoiser, il exige dès les premières pages une lecture concentrée et surtout un lâcher prise total. Très rapidement, j'ai été happée par le flot des mots qui construisent une cathédrale élégiaque dans laquelle l'auteur déverse toute sa rage intranquille et la douleur dévorante de son deuil, comme si j'étais directement plongée dans cet esprit en pleine tempête. Son impudeur est saisissante : «  Mon coeur ressemble à un arbre noir couvert d'oiseaux jaunes qui piaillent et me perforent la chair dans une sorte de martyre. Je comprends le martyre qui consiste à s'arracher sa chair pour être plus nu ; le martyre est un désir de nudité catastrophique. » Ici aucun désir de polissage ou de retenue. Manuel Vilas s'abandonne totalement au sentiment de désastre. Il livre ses tripes en offrandes au lecteur sans se soucier de l'image qu'il renvoie, ruminant le drame en toute anarchie dans l'espoir d'une catharsis apaisante qui n'arrive jamais. le moindre détail, la moindre photographie, un lieu, un simple objet peuvent faire surgir un souvenir à la fois banal et poignant sur ses parents et sa famille : l'odeur de l'huile d'olive, une cigarettes blondes fumée jusqu'au filtre, la vallée pyrénéenne d'Ordesa. Il sait trouver les mots, entre amertume exaltée et humour féroce, sans que la lecture ne soit plombée de désespérance, magie de l'écriture.. Certaines pages sont absolument splendides et sondent dans nos coeurs notre propre histoire. «  Je suis dans la salle de bains, je me brosse les dents et sens derrière moi un être qui marche dans mes pas. Ce sont les restes de mon père et de ma mère défunts, ils s'accrochent à ma solitude, s'incrustent dans mes cheveux, leurs minuscules molécules fantomatiques suivent le parcours de mes mains et de mes pieds dans la salle de bains, tiennent à mes côtés la brosse à dents, me regardent en faire usage, lisent la marque du dentifrice, observent la serviette, touchent mon reflet dans le miroir ; quand je me mets au lit ils 'allongent près de moi, quand j'éteins la lumière, je les entends murmurer. Ce ne sont pas toujours eux ; ils sont parfois accompagnés de fantômes malades, de fantômes sales, horribles, furieux, malins ou bénins, peu importe, la condition de fantôme transcende le bien et le mal. Des fantômes de l'histoire de l'Espagne, qui est elle aussi un fantôme. Ils me caressent les cheveux pendant que je dors. » Mais si ce récit est devenu un best-seller en Espagne, s'il y a été sacré Meilleur roman 2018, c'est aussi qu'à travers cette intimité rageusement dévoilée, c'est toute une époque qui revit, celle d'une province espagnole ( Huesca ) dans les années 1960 – 1970, à l'heure du franquisme déclinant, celle d'une famille de «  classe moyenne basse » , de parents nés après la Guerre d'Espagne, hantés par la peur du déclassement. Celle des oubliés, des invisibles, des aliénés au système, de ceux dont on ne parle pas : «  l'Espagne n'a rien donné à mes parents. Ni l'Espagne franquiste, ni l'Espagne monarchique. Au moins sous le franquisme, ils étaient jeunes, c'était au moins ça.  » Se dessine ainsi une oeuvre inclassable, profonde, d'une sincérité totale, un hommage bouleversant à des parents qui deviennent au fil de la lecture les tiens. Un livre difficile d'accès, qui ne plaira pas à tous, mais qui moi m'a profondément plu. Lu dans le cadre du jury Grand Prix des Lectrices Elle 2020 ( n°9 )

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Le 17/09/2019

Vous aimez les chroniques méchantes ? Vous allez être servis ! Je viens de sacrer Ordesa, livre de l'année dans la catégorie lectrice en colère. Il y en a toujours un ou deux chaque année pour me faire sortir de mes gonds, cette fois, pas de chance, ça tombe sur un livre de la sélection de novembre du Grand prix des lectrices Elle, catégorie Document. Débuté sans aucun a priori négatif, bien au contraire, il ne m'a fallu qu'une vingtaine de pages pour déchanter complètement. J'ai eu l'impression de lire du Jaenada à la sauce Angot : c'est déprimant, mégalo, décousu car digressif avec un souci du détail qui tourne à l'absurde. Jugez plutôt : "Je ne sais même pas en quelle année est morte ma grand-mère. Peut-être en 1992 ou en 1993, en 1999 ou en 2001, ou alors en 1996 ou en 2000, dans ces eaux-là." Ai-je le droit de lui dire que très sincèrement on s'en fout ? Et quand ce ne sont pas des considérations de dates ou de vocable (ma grand-mère est-elle plutôt la mère de mon père ou ma grand-mère ? Vous avez 2 heures !) qui me font bouillir, c'est l'usage de la troisième personne du singulier par l'auteur pour parler de lui-même qui me fait définitivement péter une durite. Je ne vais pas vous résumer le sujet de ce livre car très sincèrement je n'en ai pas la moindre idée, je me suis tellement énervée sur le style ampoulé, prétentieux, pseudo intello, enfin tout ce que je déteste en littérature, que tout le reste m'a échappé. J'ai eu l'impression de lire du vide complété de vide écrit par un auteur sous anxiolytiques à la recherche d'un public pour effectuer sa psychanalyse à moindres frais. Et par moments je peux vous garantir que j'en aurais bien pris moi aussi des petites pilules pour faire redescendre ma tension car là, elle a atteint des sommets ! Je n'ai même pas réussi à aller au bout de ce livre, j'en étais tout bonnement incapable, sous peine de me le traîner pendant des lustres et de sombrer dans une panne de lecture à la sortie, ce que je ne peux absolument pas me permettre en ce moment. Evidemment, cet avis brut de décoffrage va complètement à l'encontre de l'avis général puisque Ordesa est salué par la critique (la vraie, celle qui sait apprécier la littérature, la vraie) et fait partie entre autres de la sélection du Prix Médicis Etranger. Mais ça n'est pas une nouveauté que de reconnaître que je n'ai pas bon goût en matière de livres "époustouflants".