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Les belles endormies

de Yasunari Kawabata , date de sortie le 01 janvier 2000
Dans une étrange maison de prostitution, les <<Belles Endormies>>, parées de leurs charmes, attendent des <<clients de tout repos>>, des hommes dans leur grand âge. Ainsi Eguchi y... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Dans une étrange maison de prostitution, les <<Belles Endormies>>, parées de leurs charmes, attendent des <<clients de tout repos>>, des hommes dans leur grand âge. Ainsi Eguchi y passera des nuits inoubliables, admirant les splendeurs offertes et évoquant en de longues méditations entrecoupées de rêves les femmes qui ont marqué sa vie. Mais ces <<Belles>> ne seraient-elles pas, comme dans certaines vieilles légendes, des <<avatars de quelque Bouddha>>, comme cette <<dame d'Eguchi>> que célèbre un fameux nô du XIVe siècle ?

Ecrit en 1970, deux ans avant sa mort, Les Belles Endormies demeure le chef-d'oeuvre incontestable de Yasunari Kawabata. L'écrivain japonais, prix Nobel de littérature en 1968, y décrit avec minutie ce pavillon des délices où règnent trouble et fascination. En de brèves phrases où reviennent sans cesse et jusqu'à l'obsession les mots les plus simples, il dépeint la solitude d'un homme qui conserve la lucidité et le détachement d'un esthète.

Caractéristiques

Titre Les belles endormies
Traducteur René Sieffert
Editeur Albin Michel
Date de parution 01 janvier 2000
Nombre de pages 224 pages
Dimensions 16,00 cm x 22,00 cm
Poids 758 g
Support Relié
ISBN / EAN 2-226-09033-9 - 9782226090331

3,3/5

Harioutz

Le 16/08/2019

Tout d'abord quelques extraits ..... "Ne cherchez pas à réveiller la petite. Car quoi que vous fassiez pour essayer de la réveiller, jamais elle n'ouvrira les yeux ... Elle est profondément endormie et ne se rend compte de rien", répéta la femme. "Car la fille dort tout d'une traite, et du début à la fin elle ignore tout. Même avec qui elle aura passé la nuit ... N'ayez donc aucune inquiétude." .../... "C'est une belle fille ! Et d'ailleurs, nous ne recevons ici que des clients de tout repos ..." .../... "Voici la clef, reposez-vous à votre aise. Si par hasard vous n'arriviez pas à vous endormir, vous trouverez un somnifère à votre chevet." .../... Et pourtant, pouvait-il exister chose plus horrible qu'un vieillard qui se disposait à coucher une nuit entière aux côtés d'une jeune fille que l'on avait endormie pour tout ce temps et qui n'ouvrirait pas l'oeil ? .../... "Des clients de tout repos", avait dit la femme, et il était vraisemblable en effet que ceux qui venaient dans cette maison étaient tous "des clients de tout repos". Celui qui avait indiqué la maison à Eguchi était lui-même un vieil homme de cette sorte, un vieillard qui déjà avait cessé d'être un homme. .../... Le vieil Eguchi toutefois, grâce à la pratique constante des plaisirs, n'était pas encore ce que la femme appelait "un client de tout repos", mais il pouvait l'être de par sa propre volonté, selon l'humeur du moment, selon le lieu, ou encore selon la partenaire. .../... Peut-être était-ce une des pitoyables consolations des vieillards que de s'abîmer dans le souvenir des femmes d'un passé à jamais révolu, en tripotant une belle qui ne pouvait s'éveiller de son profond sommeil. Au delà de ces extraits, et en ayant lu certaines autres critiques, je m'interroge sur le sentiment qui surgit en moi dès les premières pages : pardonnez mon vocabulaire inhabituel, mais ce qu'il se passe entre "ces vieux qui ne bandent plus et des jeunes filles vierges droguées" (attouchements divers et variés) ne peut aucunement être qualifié de poétique ! J'avais déjà réagi vivement à l'évocation émue de ce roman par un membre, lors du pique-nique Babelio de juin, et la lecture m'a confortée dans ma première intuition : où peut-être la poésie dans le fait de se frotter à de très jeunes filles, voire des fillettes, leur mettre les doigts dans la bouche, les toucher, les explorer pour se remémorer une vie sexuelle qui n'est plus ? Il est fait usage de leur corps, contre de l'argent, un usage dont elles ignorent tout, puisque étant droguées, elles n'en gardent aucun souvenir ... Si la femme, tout comme l'homme, est un sujet sexuel, elle n'est pas un objet sexuel ... et, de surcroît, une jeune fille ou une fillette, n'est pas une femme. "Une personne ayant un trouble de la préférence sexuelle envers les enfants (pré-pubères ou au début de leur puberté) est décrite comme étant pédophile" ... nous sommes très loin de la poésie.

palamede

Le 02/12/2015

Passer la nuit à regarder une jeune fille endormie, repenser à une vie désormais derrière soi, aux femmes aimées, filles, maitresses ou mère, à la mort, c’est ce que le vieil Eguchi, lucide et sans tristesse, fait depuis qu’il a découvert la maison des belles endormies. Car ces adolescentes, rendues inconscientes par l’effet d’un sédatif, livrées aux regards d’hommes âgés, sont des sujets d’admiration propres à la méditation. Une réflexion, quelquefois teintée d’érotisme, induite par la contemplation de leur jeunesse et de leur beauté qui leur permet, tel l’acte d’amour, sans oublier la finitude humaine, de prolonger la vie.

Piatka

Le 03/09/2013

Quel choc émotionnel et littéraire ! Un vrai chef-d'oeuvre ! En poussant la porte d'une mystérieuse demeure japonaise, le vieil Eguchi, soixante-sept ans, sait juste qu'il va passer la nuit auprès d'une jeune fille endormie, plongée dans un profond sommeil par une drogue puissante qui garantit son inconscience pour la nuit. L'expérience le trouble certes, tant l'inconscience de l'adolescente le prive d'un quelconque échange, mais rapidement les souvenirs et les sensations affluent à la faveur d'une odeur corporelle, la position d'une main, le galbe d'un sein aperçu sous la couverture...quantité de petits détails qui trouvent un écho puissant dans sa mémoire. Lui qui venait là sur les conseils d'un ami par curiosité, persuadé de ne pas faire encore partie " des clients de tout repos ", de ne pas être " un vieillard qui déjà a cessé d'être un homme ", se retrouve submergé par des souvenirs agréables des femmes qui ont marqué sa vie, il se laisse alors aller à de subtiles réflexions sur l'existence, la mort. La force de vie qui émane de ces belles endormies, loin de le désespérer en lui faisant prendre conscience de sa propre décrépitude, le stimule, l'invite à rêver, il renouvelle d'ailleurs l'expérience plusieurs nuits avec des endormies différentes qui suscitent des méditations variées. Sa réticence initiale vaincue, cela devient agréable pour lui, c'est indéniable, comme un voyage au coeur de lui-même, suscité par la seule présence passive d'une jeune beauté offerte. J'ai retrouvé ici les thèmes chers à KAWABATA, premier prix Nobel de littérature japonais en 1968 : la beauté, la solitude, la mort, que j'avais découvert dans Tristesse et Beauté, autre magnifique roman à l'écriture dépouillée et poétique. J'apprécie tout particulièrement la façon si subtile mais sans chichis avec laquelle il nous fait partager toutes les expériences d'Eguchi, avec finesse, et même tendresse aussi, sans aucune vulgarité. Ce qui étant donnée l'histoire, n'était pas évident. J'avoue avoir redouté une débauche de perversions malsaines dans cette histoire singulière à la lecture de la quatrième de couverture : il n'en est rien. Ce n'est pas à la débauche mais à la méditation que les clients, comme les lecteurs sont invités. Mêlant érotisme, beauté et mort, KAWABATA en dégage une belle méditation intemporelle sur la vie, le désir, un hymne touchant ! Un bel hommage selon moi à la beauté des femmes.