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Le meurtre du commandeur

Volume 1, Une idée apparaît
de Haruki Murakami , date de sortie le 03 octobre 2019
Le Meurtre du Commandeur

Quand sa femme lui annonce qu'elle souhaite divorcer, tout s'effondre. Artiste en panne d'inspiration, le narrateur ressent
le besoin de s'éloigner du monde pou... Lire la suite
 

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La fiche détaillée

Résumé

Le Meurtre du Commandeur

Quand sa femme lui annonce qu'elle souhaite divorcer, tout s'effondre. Artiste en panne d'inspiration, le narrateur ressent
le besoin de s'éloigner du monde pour se retrouver. Il s'exile alors au coeur des montagnes, dans une maison isolée, ancienne propriété d'un artiste de génie, Tomohiko Amada. Un jour, le narrateur reçoit une proposition alléchante de Wataru Menshiki, un riche homme d'affaires qui lui demande un portrait. Mais quelque chose chez l'homme résiste à la représentation. Une nuit, il découvre un tableau dans le grenier, une oeuvre d'une grande violence, le meurtre d'un vieillard, comme tirée du Don Giovanni de Mozart. C'est Le Meurtre du Commandeur. Cette peinture obsède le narrateur, et va le pousser aux frontières du réel.

Caractéristiques

Titre Le meurtre du commandeur - Volume 1, Une idée apparaît
Editeur 10-18
Date de parution 03 octobre 2019
Nombre de pages 544 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 306 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-264-07418-8 - 9782264074188

4,2/5

Kittiwake

Le 11/03/2019

Le Meurtre du commandeur est un tableau, extrait de sa cachette dans les combles d’une maison que le narrateur occupe à titre gracieux, en l’absence de son propriétaire, perdu dans les affres de la sénilité, lui qui fut un peintre célèbre. Les deux ont pour point commun d’être peintres. C’est la fin de son mariage qui a provoqué chez notre conteur (très bavard et peu avare de détails de sa vie quotidienne) cette volonté d’isolement dans la montagne. Après un début laborieux, encombré d’éléments insignifiants et inintéressants (le nombre de sucre dans le café ou la description détaillée du remplissage d’un verre de whisky, incluant l’ouverture du frigo pour en extraire les glaçons!), le fantastique auquel l’auteur nous a accoutumé surgit, en pleine nuit à la faveur d’un son de clochette mystérieux. C’est le début de manifestations de plus en plus étranges, qui n’étonnent pas plus que cela notre portraitiste dont l’inspiration semble s’éveiller à la faveur de la rencontre d’un voisin singulier. Le titre est ambigu : comme si l’auteur voulait nous faire part lui aussi de sa peine à la trouver, cette idée. Certes cette idée sera un personnage à part entière au cours du roman. Il n’en est pas moins que le doute subsiste. L’intérêt de récit réside dans l’analyse de la naissance d’une oeuvre picturale, qui prend vie à partir de quelques traits tracés sur une toile blanche pour devenir une entité autonome, qui raconte sa propre histoire et que découvre l’artiste lui-même. Bien entendu, ce tome appelle la lecture du deuxième, puisqu’on a là que la mise en place des personnages et l’intrigue surnaturelle ne fait que s’ébaucher. Rendez-vous donc au deuxième opus.

missmolko1

Le 23/02/2019

Quel plaisir de retrouver Murakami et son univers par contre, je ne comprends toujours pas pourquoi ce roman est vendu en deux tomes alors qu'il ne constitue qu'un seul dans d'autres pays. D'autant que la cision est faite un endroit que j'ai trouvé vraiment mal choisi. Notre narrateur est un peintre qui s'installe, à la suite de son divorce dans une maison perdue dans les montagnes pour faire le point sur sa vie. Mais il reçoit une offre très lucrative en échange de faire le portrait d'un homme énigmatique : Wataru Menshiki. Les deux hommes vont commencer à se rencontrer régulièrement et à faire connaissance. Comme dans la plupart des romans de l'auteur japonais, on retrouve ici l'univers onirique et a la limite du fantastique qui lui est bien caractéristique. Je n'ai pas autant aimé ce tome que le tome 1 de 1Q84 mais pourtant c'est prenant. Le milieu artistique et celui de la peinture s'ouvre un peu plus à nous et le narrateur est plutôt attachant même si j'espère en découvrir d'avantage par la suite. Ici Murakami prend le temps d'installer ses personnages et son intrigue et l'action commence véritablement à la moitié du roman. Il me tarde donc de connaître la suite.

sabine59

Le 19/01/2019

Encore subjuguée ici par l'univers étrange et addictif de l'auteur... Le narrateur nous entraîne dans son monde pictural: d'abord portraitiste reconnu de manière confidentielle, il erre pendant quelques mois à travers le Japon, suite à sa séparation avec sa femme Yuzu . Pour aboutir, grâce à un ami connu aux Beaux-arts, dans une maison isolée d'un célèbre peintre, où il espère trouver son propre style. L'inspiration ne vient pas, jusqu'à la rencontre troublante avec un homme singulier et mystérieux, Menshiki... Voilà pour la trame de l'histoire. Mais on sait qu'avec Murakami, la réalité est sujette à réinterprétation, la dimension fantastique distordant les faits, le temps prête aussi à confusion, les objets deviennent symboliques. Ce premier tome m'a plu, intriguée, cependant je n'ai pas adhéré à certains détails, notamment la façon dont l'Idée s'est incarnée, cela m'a gênée, j'ai même trouvé cela assez grotesque par moments et les rappels répétés de certains souvenirs étaient un peu lassants. Il reste que, sans vraiment savoir l'expliquer, j'aborde toujours les oeuvres de l'auteur avec délectation, curiosité, et que je m'attache à ses personnages un peu perdus, tourmentés, je les suis avec passion dans leur quête existentielle. Et j'aime la poésie qui se dégage des paysages, des pensées, la délicatesse d'observation des comportements humains. Merci, Pierre, pour ce beau cadeau de Noël ! Le deuxième tome m'attend.

Bruidelo

Le 07/01/2019

Mais qu'est-ce qui fait que c'est si prenant, si bon de se plonger dans ce roman? Pas facile de saisir ce qui me plaît tant chez Murakami, c'est quelque chose de subtil, dans l'atmosphère du livre, dans l'écriture, dans les réflexions des personnages... Il y a de la douceur et de la profondeur, de l'humour aussi - L'«Idée» qui prend la forme du Commandeur m'a bien fait rire avec sa drôle de façon de parler (et bravo à la traductrice, Hélène Morita), surprenante et réjouissante, en décalage avec ce que sa dimension fantastique et poétique pourrait faire attendre. Beaucoup de choses mystérieuses aussi. Des mystères qu'on pourrait qualifier d'ordinaires: Pourquoi la femme du narrateur décide-t-elle de le quitter? Des mystères qui ont leur rôle dans la trame narrative: Pourquoi Tomohiko Amada a-t-il dissimulé son tableau représentant le meurtre du Commandeur dans le grenier? Des mystères poétiques, troublants: Que penser de l'étrange rencontre avec l'homme sans visage du prologue dont le narrateur nous dit: « je savais bien que non, ce n'était pas un rêve. Si c'en était un, ce monde lui-même dans lequel je vivais était également fait de l'étoffe des rêves. »? Et puis il y a les mystères de la création bien sûr - Qu'est-ce qui fait qu' « Une Idée apparaît »? Qu'est-ce que peut bien être cette chose qui tend la main vers l'artiste et appuie sur l'interrupteur caché à l'intérieur pour mettre en route le courant? Une fois encore c'est bon de se laisser glisser, flotter dans cet univers singulier d'une apparente simplicité, d'une si belle étrangeté qui semble naturelle, qui n'a rien de déroutant tant elle sonne juste et profond. Murakami a une façon bien à lui de tisser le quotidien bien réel et l'invisible qui me charme et m'emporte.

sandrine57

Le 29/11/2018

En se mariant, le narrateur avait mis de côté ses prétentions artistiques pour devenir un portraitiste sans génie mais de bonne renommée. Mais quand, après six ans d'un mariage sans nuage, sa femme lui annonce qu'elle veut divorcer, il quitte Tokyo et se lance sur les routes pour une errance existentielle qui le mène à Odawara dans la maison d'un peintre célèbre, Tomohiko Amada, spécialiste de la peinture traditionnelle japonaise, le nihonga. Là, sur une montagne isolée de tout et de tous, il décide d'abandonner les portraits pour se consacrer à l'art véritable. Difficile pourtant de trouver l'inspiration, d'autant que le cours paisible de sa nouvelle vie est perturbé par des phénomènes étranges. C'est d'abord un voisin mystérieux, Wataru Menshiki, qui lui commande son portrait contre une somme exubérante. Mais le visage de l'homme semble insaisissable et reste hermétique à son pinceau. C'est ensuite une cloche qui le réveille toutes les nuits à heure fixe, un son d'outre-tombe qui attise autant sa curiosité que son inquiétude. C'est aussi un tableau peint par Amada caché dans le grenier, intrigant car complètement différent de l'ensemble de son œuvre. Et puis surtout c'est cette idée qui apparaît, au sens concret du terme. Une idée qui s'est incarnée dans un petit personnage issu du tableau et que lui seul peut voir... Murakami serait-il intouchable ? A peine son livre paru, les critiques dithyrambiques se sont multipliées, tout le monde crie au chef-d'oeuvre, évoque un livre hypnotique, envoûtant...Parce qu'il est de bon ton d'encenser le prolifique auteur japonais ou parce que c'est tout simplement le cas ? Un peu des deux sans doute. On n'ose égratigner le mythe parce qu'on aime sa plume, son univers onirique. Et il y a dans Le meurtre du commandeur cette touche si personnelle, ces descriptions précises du monde qui est le nôtre, puis ce lent glissement vers l'incertain, l'imprévu, l'incongru, le surnaturel. Il n'en demeure pas moins que ce n'est pas un chef-d'oeuvre. Le rythme est lent, le style répétitif jusqu'à l'ennui et on peine à croire à la métaphore de l'idée incarnée dans un personnage du tableau d'un grand maître japonais. D'un autre, on aurait même pu dire que ça frôle le ridicule... Et pourtant, on s'y laisse prendre ! Quitte à s'ennuyer, autant le faire sur les routes japonaises ou dans une maison isolée sur la montagne, avec la musique de Mozart en fond sonore et en compagnie d'un peintre qui renaît de ses cendres.