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Le papier tue-mouches

de Elizabeth Taylor , date de sortie le 01 novembre 1998
Petites chroniques du quotidien où les enfants occupent une place de choix. Le thème du voyage raté permet à l'auteur de glisser dans les bagages de ses personnages des sachets d'humour noir.
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La fiche détaillée

Résumé

Petites chroniques du quotidien où les enfants occupent une place de choix. Le thème du voyage raté permet à l'auteur de glisser dans les bagages de ses personnages des sachets d'humour noir.

Caractéristiques

Titre Le papier tue-mouches
Traducteur Nicole Tisserand
Editeur Rivages
Date de parution 01 novembre 1998
Nombre de pages 219 pages
Dimensions 17,00 cm x 11,00 cm
Poids 138 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-7436-0347-X - 9782743603472

5/5

CaroleDetain

Le 07/08/2017

le recueil de nouvelles, le papier tue-mouche, de Élisabeth Taylor Ce recueil est un mélange de tendresse et de cruauté. La nouvelle Irrésistibles vandales : un couple marié depuis longtemps, les enfants sont grands, comment fait-on pour être ensemble ? Comment se respecte t on l’un l’autre ? Comment le mari t il respecte la pusillanimité , la timidité , le retrait , la discrétion de sa femme ? Comment la femme réussit à s’ouvrir (à aller vers des enfants) grâce à son mari ? L’ouverture ici est apportée par les enfants des autres , des enfants défavorisés, qui m’ont fait rire par leur réflexion par le réalisme de leurs attitudes par leur incongruité ils sont loin d’être des enfants modèles. Mais la douceur est rare . Le recueil est surtout tissé d’une douleur discrète et aiguë. De la violence presque dans la nouvelle Sœurs . L’une est âgée , l’autre décédée. La sœur décédée fut un écrivain connu . La sœur âgée est conventionnelle. Elle n’a jamais rien compris jamais rien compris à celle qui fut écrivain. Mais celle qui fut écrivain fut-elle si délicate ? De la cruauté, intense, dans la nouvelle Hôtel du commerce. Une femme est fortunée mais un peu « simple » pour gérer , seule, sa vie . Elle a une tutrice , une femme plus âgée dont le fond de l’âme est autoritaire. Le drame interviendra . Il fondra sur celle qui est discrete et humble . Et l’amour des gens « simples », justement, et si bien décrit. Cette nouvelle est celle de la violence des plus forts , des plus grossiers, des moins subtils, au quotidien. Œuvre de chair : un couple , en vacances , tous deux sur le retour d’âge. La femme est mariée, son époux est resté à la maison. L’homme est veuf. Chez lui il vit seul. Cette nouvelle est le récit d’un bon caractère , celui de la femme , qui vivra bien l’idylle de ses vacances. L’homme, lui, la vivra moins bien . Il retrouvera sa solitude . C’est la vie. Elizabeth Taylor raconte la vie dans sa réalité banale, et profonde. Crêpes flambées, une nouvelle qui se situe en Tunisie. Un jeune couple londonien y passe ses vacances. La difficulté de vivre à deux nous y est contée. Le désir de vivre à deux , la subtilité, la délicatesse nécessaire pour y parvenir, le bon caractère qu’il faut déployer… Le regard de l’auteur est fin , réaliste , sur ce type d’existence. La nouvelle raconte la désillusion : on ne retrouve pas le pays tel qu’on l’avait vu et vécu la première fois. Mais de façon sous-jacente n’est-ce pas aussi la désillusion du couple qui est présent ? La désillusion relative à l’histoire que l’on se raconte sur son propre couple sur sa propre vie ? De la compassion aussi de la part de l’auteur pour l’autochtone , qui lui aussi raconte des histoires, se raconte des histoires, de façon plus maladroite, moins subtile, plus triste apparemment. Mais les deux tristesses, celle du couple anglais , celle du Tunisien , se rejoignent. Elles sont mêlées. La nouvelle Miss A et Miss M décrit l’enfance, sa sensibilité les réactions d’une petite fille élevée seule avec sa mère . Elle décrit ce que représente la période des vacances dans un calme village d’Angleterre. La nouvelle est aussi presque insoutenable de cruauté. Tout comme la dernière , Le papier tue-mouche dont la chute cingle le lecteur par sa noirceur réaliste. D’une maison à l’autre : un village d’Angleterre, encore. Les récits d’Élisabeth Taylor sont « baignés » d’Angleterre. Une écolière s’y promène, à l’âge où l’on est encore original, direct, transparent, où l’on donne , on parle, on communique, pendant le temps des vacances scolaires. La petite écolière crée du lien entre les villageois . Elle passe dans les cuisines de chacun. Elle s’intéresse à la cuisine. Et elle parle. Et elle raconte. La vie des autres. Et chacun s’intéresse. Mais l’intermède ne durera pas. À long terme, l’enfant va grandir. À court terme, elle reprend l’école. La vie… dans son quotidien… Dans ce recueil, Elizabeth Taylor raconte l’injustice de l’existence . Ne pas se fier à la finesse , à la dentelle , de son écriture. C’est bien la cruauté discrète , celle qui ne fait pas de vagues , qu’elle nous décrit, parsemée de-ci delà de compassion, aussi…

Woland

Le 20/02/2012

Devastating Boys Traduction : Nicole Tisserand Ce recueil de onze nouvelles réserve sans doute moins de "chutes" que "Cher Edmund." Pour autant, il ne lui est en rien inférieur. "Irrésistibles Vandales", première histoire du lot, qui donne son titre à l'édition anglaise, est le récit, tout en suggestions et en délicatesse, du séjour de deux petits Noirs, Sep et Benny, issus des quartiers difficiles de Londres, chez un couple de notables ruraux dont le mari a des opinions nettement "labour." C'est surtout l'épouse, Laura, qui va s'occuper d'eux tout au long de la quinzaine qu'ils passent dans la paisible campagne anglaise. D'abord maladroits, tantôt se voulant supérieurs parce que "urbains", tantôt feignant l'indifférence aux joies qu'ils découvrent, Sep (pour Septimus) et Benny finiront, à la fin de l'histoire, par se révéler de simples enfants en mal d'affection et d'attention. Et Laura, tout d'abord parniquée par leur arrivée, les verra la quitter avec nostalgie. La troisième nouvelle, "La Grande Perche", met aussi en scène un personnage de couleur, Jasper, qui a trouvé un modeste emploi à Londres et envoie régulièrement une grande partie de son salaire à sa mère, restée au pays avec ses deux petites soeurs. Simple et sans malice, Jasper est aussi de ces gens qui, sous n'importe quelle latitude et dans n'importe quelle circonstance, sont heureux de vivre. Les pages qui lui sont consacrées reflètent admirablement cet art de la vie qu'il cultive avec naturel, sans même s'en rendre compte. Nostalgie encore avec "Eloges", où la première vendeuse du rayon de vêtements pour dames d'un grand magasin londonien, Miss Smythe, arrive au jour de sa retraite. Une retraite qu'elle attend évidemment avec impatience. Mais sur le chemin du retour, le soir, chez elle, dans le train de banlieue, elle réalise que c'est aujourd'hui pour la dernière fois qu'elle croisera tel voyageur ou tel autre que, peu à peu, au fil de toutes ces années, elle avait appris à connaître. Qu'importe ! Après un bref moment d'abattement, Miss Smythe redressera la tête et partira vers sa retraite ... "Oeuvre de Chair" est un petit bijou de tendresse et de sensualité dont les héros, Phyl, épouse en vacances d'un propriétaire de pub londonien, et Stanley, un homme seul, se rencontrent et sympathisent lors d'un voyage organisé. Ce sont des gens tout ce qu'il y a de plus ordinaires, tous deux gros buveurs et gros mangeurs, tous deux sur le retour, tous deux bruts de décoffrage si l'on peut dire (quoique Phyl soit plus raffinée) et c'est sans doute pour cela qu'ils nous touchent. Leur romance n'aura peut-être pas la fin souhaitée par Stanley mais il se dégage de ce récit une telle douceur et une telle authenticité que le lecteur ne s'en plaindra pas. Pas plus que Phyl d'ailleurs. "Miss A. et Miss M." prouve, avec élégance et cruauté, que dans un couple, fût-ce celui de deux êtres du même sexe, l'un aime toujours plus que l'autre et risque son coeur et parfois sa vie au jeu de la passion. Le tout est raconté par une adolescente qui, sans trop l'analyser, a, selon l'expression consacrée, "le béguin" pour un professeur qu'elle admire bien à tort, Miss A. "Crêpes Flambées" se déroule dans un pays maghrébin où deux touristes anglais, de retour pour les vacances, recherchent en vain un groupe d'Arabes avec lesquels ils avaient sympathisé l'année précédente. Finalement, ils tombent sur le chef du groupe, Habib, qui leur affirme être devenu chef-cuisinier dans un hôtel-restaurant de luxe. Mais quand nos deux héros s'y pointent pour lui faire une surprise, pas d'Habib à l'horizon ... Empreinte de tristesse malgré les couchers de soleil radieux qu'elle dépeint en parallèle, cette nouvelle révèle que son auteur avait pris le temps d'étudier la société patriarcale maghrébine. Viennent ensuite les nouvelles "à chute" : 1) "L'Excursion à la Source", où deux Anglaises en vacances en France finissent par trouver ce qu'elles cherchaient l'une et l'autre, la première, Gwenda, autoritaire et intéressée, la seconde, la lumineuse Polly, avide d'absolu. 2) "D'une Maison A L'Autre", de loin la plus drôle, la plus ironique du lot, où une petite concierge en herbe, la jeune Kitty, actuellement en vacances, va d'une maison à une autre dans le petit village qu'elle habite, colportant les rumeurs les plus exactes comme les plus exagérées et jouant ainsi le rôle d'une gazette locale vivante. 3) "Soeurs" révèle la regrettable histoire familiale de Mrs Mason, femme discrète et plutôt collet monté, qui a eu la malchance d'avoir pour soeur une extravertie de quelque talent, devenue romancière célèbre. Dans son oeuvre, la romancière n'a cessé de modifier le profil général de la famille qui était la sienne, mentant et déformant sans vergogne et prêtant notamment au personnage de Mrs Mason des comportements et des paroles d'une incorrection effarante - comportements et paroles qu'elle n'a évidemment jamais eus ni tenues. 4) "Hôtel du Commerce" voit deux jeunes Anglais en voyage de noces prendre pension pour un soir dans un hôtel où leurs voisins de chambre vont leur servir durant la nuit une sérénade d'insultes et de reproches conjugaux avant, au matin, de ... mais chut ! 5) et enfin l'inquiétant et accablant "Papier Tue-Mouches" dont on comprend vite pourquoi l'éditeur français a choisi de lui donner l'honneur du titre principal. Pour le résumer, disons simplement que, si les victimes de Michel Fourniret et de son horrible compagne avaient lu cette nouvelle glaçante et glacée, elles seraient peut-être toujours en vie. Elizabeth Taylor était un grand écrivain, croyez-moi. ;o)