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Désir de mort

de Joseph Sheridan Le Fanu , date de sortie le 06 mai 2010
Désir de mort

Elle n'a pas eu beaucoup de chance dans sa jeunesse, la pauvre Ethel Ware ! Après avoir successivement perdu sa soeur, sa mère, son père et sa fortune, elle se retrouve pauvre e... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Désir de mort

Elle n'a pas eu beaucoup de chance dans sa jeunesse, la pauvre Ethel Ware ! Après avoir successivement perdu sa soeur, sa mère, son père et sa fortune, elle se retrouve pauvre et solitaire. Recueillie par un riche aristocrate, elle va vite subir les persécutions du neveu de celui-ci, Richard Marston, un inquiétant séducteur qui ne songe qu'à profiter de sa candeur pour s'emparer de l'argent du vieillard. Pourra-t-elle échapper au complot machiavélique qui se trame contre elle ?

C'est un monde particulièrement sombre que nous dépeint l'écrivain irlandais dans cette oeuvre inédite en France. Ecclésiastiques intrigants et avides, univers corrompu des salons et des bals, côte sauvage où se produisent d'horribles naufrages, manoirs inquiétants perdus au fond des montagnes : tous les ingrédients du roman « gothique » sont ici réunis pour créer autour de l'innocente jeune fille une atmosphère d'angoisse et de terreur.

Caractéristiques

Titre Désir de mort
Traducteur Patrick Reumaux
Editeur Phébus
Date de parution 06 mai 2010
Nombre de pages 362 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 442 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-7529-0457-7 - 9782752904577

4/5

carolectrice

Le 05/01/2020

Il s'agit du dernier roman de l'auteur irlandais Sheridan Le Fanu, né en 1814, et qu'on compare souvent à Wilkie Collins. Et c'est vrai que leurs univers sont similaires, des jeunes femmes innocentes et pures de la bonne société sont la proie d'hommes malfaisants, attirés par l'appât du gain... "Je m'appelle Ethel Ware. Ma petite personne n'offre pas le moindre intérêt : vous en serez juge. J'aurai quarante-deux ans le 1er mai 1873, et je suis toujours célibataire. Je n'ai pas l'air, me dit-on, de la vieille fille que je suis. On ne me donne pas trente-cinq ans et, assise devant le miroir, je vois bien que mes traits n'ont rien de maussade ni de revêche. Qu'est-ce que cela peut faire ? Évidemment, je ne me marierai jamais et, en toute honnêteté, je me moque bien de plaire à quelqu'un. Si j'avais le moindre souci de mon physique, j'aurai probablement un pire aspect." C'est sur ces mots durs que s'ouvre la confession de la narratrice Ethel Ware, au soir de sa vie, alors qu'elle a assisté, impuissante, à la lente déréliction de son existence... Alors qu'elle vit paisiblement dans la campagne galloise, elle perd sa sœur chérie suite à un refroidissement, puis sa chère gouvernante Laura Grey disparaît sans un mot. Elle voit rarement ses parents, qui mènent de leur côté une existence mondaine au rythme des saisons londoniennes. Au fur et à mesure de son isolement, d'inquiétants personnages (sûrement des papistes !) aux desseins aussi sombres que leurs yeux resserrent leur toile autour d'elle... Et les vautours se rapprochent encore davantage quand son seul soutien masculin, son père, se suicide, au désespoir de se voir ruiné par d'odieuses manigances... Elle se rapproche alors de sa mère, qui succombe à son tour. Littéralement jetée à la rue, elle est finalement recueillie par un amoureux éconduit de sa mère, mais son séduisant neveu refait surface, bien décidé à avoir sa part de l'héritage du vieux bonhomme... Ethel, qui ne peut plus compter que sur elle-même, sera-t-elle assez forte ? Vous l'aurez compris, l'intrigue ne brille pas par son originalité mais plutôt par l'atmosphère sombre que l'auteur met en place subtilement, centrée sur la condition des femmes de cette époque, à la merci des prédateurs de leur entourage, servie par une écriture fluide et sans chichis, qu'on se surprend à dévorer avidement pour découvrir quelle morale va l'emporter...

Titine75

Le 05/10/2011

“Dieu merci, j'ai passé mon enfance dans un endroit tranquille, loin du tumulte effrayant du monde. Dans le paysage, pas de rôdeurs ; peu de capital ; aucune entreprise ; les bonnes gens, assoupis ! Les changements catastrophiques qui, ailleurs, apportent un impitoyable lot d'oubli sont ici impensables. Je regarde un paysage aussi immuable que le ciel lui-même. L'été arrive, puis disparaît ; l'automne fait tomber les feuilles, l'hiver voit venir la neige. Toutes choses demeurent ici telles que mes yeux arrondis de petite fille les ont contemplées, avec un naïf et délicieux étonnement, quand le monde s'est pour la première fois offert à eux. Les arbres, la tour, l'échalier, les pierres tombales mêmes sont mes premiers amis. Je tends les bras vers les montagnes comme si je pouvais les serrer contre mon coeur. Et, dans la trouée entre les vieux arbres, le grand estuaire s'étend vers le nord, de plus en plus large, pour se perdre à l'horizon de la haute mer.” C'est à l'automne de sa vie qu'Ethel Ware, l'héroïne du roman de Sheridan Le Fanu, décide de jeter un oeil sur son passé tourmenté. Son enfance se déroule dans le superbe paysage gallois de la propriété familiale appelée Malory. Les journées s'y écoulent paisiblement, au milieu du paysage tant aimé par Ethel. Les parents sont très souvent absents, préférant le tumulte de la vie mondaine à l'isolement de la campagne. Ethel partage la propriété avec sa soeur Nelly, leur gouvernante Laura Grey, la vieille intendante Rebecca et un jeune jésuite, Mr Carmel, locataire d'une aile de Malory. Le calme, la tranquillité ne vont malheureusement pas durer et le ciel d'Ethel va terriblement s'assombrir. Ses malheurs débutent avec la mort de sa jeune soeur suite à un refroidissement. Le destin semble ensuite s'acharner sur la pauvre Ethel. Joseph Sheridan le Fanu est un grand spécialiste du roman gothique et il sait utiliser tous les ingrédients nécessaires à sa composition. La jeune Ethel Ware voit son paisible destin totalement basculer. Elle doit seule faire face à la mort de ses proches et à la misère. Bien entendu, un ennemi terrifiant et séduisant se tient sans cesse dans l'ombre et met en place des plans machiavéliques pour nuire à l'innocente jeune femme. Le paysage gallois devient lui-même inquiétant ; le château de Malory est isolé, les éléments se déchaînent sous la forme d'une terrible tempête. Ajoutez à cela des moines étranges et suspicieux et vous obtiendrez une ambiance parfaite pour un roman gothique où chaque rencontre semble dangereuse. Le Fanu sait parfaitement distiller l'angoisse, le mystère. Le suspense augmente page après page pour piéger le lecteur. Sheridan Le Fanu est un excellent conteur qui sait nous mener par le bout du nez. De plus il y a dans “Désir de mort” une tonalité très sombre. Il se dégage du récit d'Ethel une très forte mélancolie. Sa vie s'est arrêtée avec les nombreux bouleversements décrits dans le roman. A 42 ans, lorsqu'elle commence ses mémoires, elle ne semble attendre que la mort. Le passé, la tristesse occupent seuls ses journées. On est loin des fins heureuses de Mary Elizabeth Braddon ! Sheridan Le Fanu est pour moi un auteur classique, vers lequel je me tourne avec plaisir lorsque l'envie me vient d'un roman gothique de qualité.