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Agnès Grey

de Anne Brontë , date de sortie le 11 avril 2018
Élevée au sein d'une famille unie mais pauvre - qui n'est pas sans rappeler la fratrie Brontë -, Agnès Grey, 18 ans, fille d'un pasteur d'un village du Nord de l'Angleterre, décide de tenter sa chance... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Élevée au sein d'une famille unie mais pauvre - qui n'est pas sans rappeler la fratrie Brontë -, Agnès Grey, 18 ans, fille d'un pasteur d'un village du Nord de l'Angleterre, décide de tenter sa chance dans le monde en devenant gouvernante.

Caractéristiques

Titre Agnès Grey
Auteur Anne Brontë
Collection Archipoche
Editeur Archipoche
Date de parution 11 avril 2018
Nombre de pages 275 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 180 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-37735-137-4 - 9782377351374

3,5/5

PhilippeCastellain

Le 15/05/2017

Anne est la moins connue des trois sœurs Brontë. Elle était la plus jeune, il s'en fallut de quelque mois qu'elle ne soit aussi la première à mourir. Elle ne connut guère sa mère, morte quand elle avait un an, ni ses deux sœurs ainées Maria et Elizabeth, morte quand elle en avait cinq. Elle ne connut pas non plus les internats où faillirent succomber les deux autres. Mais la tuberculose finit par faire son œuvre également sur elle, alors qu'elle n'avait encore écrit que deux romans. ‘Agnès Grey' est le premier des deux. Très autobiographique, il raconte ses douloureuses expériences de (très) jeune gouvernante dans diverses familles de la bonne société anglaise. La fin heureuse en revanche, relève hélas de la fiction… D’emblée, on constate que son style littéraire n'a strictement rien à envier à celui de ses deux sœurs. Elles sont passées par le même creuset. Des esprits fins, subtiles, délicats, brillants. Et, dans le cas de la pauvre Anne, ou Agnès comme elle a préféré se désigner, condamnée par la pauvreté à évoluer dans un milieu rustre et grossier. Malgré leur fortune, ses employeurs sont des brutes à peine patinées d'un verni de courtoisie. Tout le monde la tient pour quantité négligeable, y comprit les domestiques – qu'elle est pourtant la seule à considérer comme des êtres humains et pas des machines à servir. Quand aux enfants dont elle s'occupe, on pourra constater qu'hier comme aujourd'hui l'absence d'éducation produit les mêmes résultats. Seul changement notable, les petites brutes modernes ne sont Dieu merci plus assez dégourdies pour dénicher les oisillons. S'ils l'étaient, ils leur arracheraient sans doute les ailes avec autant de plaisir. S'y ajoute, bien sûr, une solide morale victorienne. Anne Brontë se fait visiblement une haute idée du métier d'éducateur, mais guère si différente d'aujourd'hui. Certaines leçons morales ont changées (une fille ne doit pas trainer avec les palefreniers et les piqueurs) d'autres sont toujours valables (ne pas épouser un homme uniquement pour son argent). La religion est son principale refuge et soutien moral – ce qu'on peut comprendre, pour quelqu'un qui a grandi au milieu des deuils. On reconnait bien le talent des soeurs Brontë quand bien même le récit, plus autobiographique, voir cathartique, n'a pas la fulgurance des ‘Hauts de Hurlevent' ou la puissance de ‘Jane Eyre'.

Gwen21

Le 13/11/2014

S'il existe un dénominateur commun aux romans écrits par des femmes de lettres anglaises entre la fin du XVIIIème siècle et le milieu du XIXème siècle - les fameuses périodes géorgienne et victorienne - c'est bien la qualité d'écriture. Le style en est si caractéristique qu'on pourrait presque les croire tous issus de la même plume mais ce ne serait pas leur rendre justice car ils sont vraiment tous différents les uns des autres. Ce qui les différencie ainsi, c'est la subtile combinaison de la sensibilité et du talent de leurs auteurs. Pour le cas très particulier de la fratrie Brontë, il existe un autre facteur de différenciation, c'est l'approche dramatique. Ainsi, si Charlotte et Emily ont respectivement donné dans le drame noir ("Jane Eyre") voire très noir ("Les Hauts de Hurle-Vent"), Anne, quant à elle, a préféré préserver son héroïne des pires "souffrances", lesquelles ne s’avéreront ni insurmontables ni de nature à dénaturer sa personnalité. Et pourtant, la célèbre famille Brontë semble avoir eu le drame dans la peau ! Si nous nous penchons quelques instants sur la destinée de ses membres, nous constatons qu'aucun des enfants Brontë n'a fait de vieux os. Les aînées, Maria et Elizabeth, sont décédées avant l'adolescence, Charlotte n'a pas atteint la quarantaine, Branwell - le seul petit gars - a cassé sa pipe tout juste passé les trente ans, Emily l'a imité au même âge et quant à Anne, notre auteur, elle ne les aura jamais atteints ! Intéressons-nous de près à "Agnès Grey", un roman conçu comme le journal intime d'une gouvernante, fille de pasteur, placée dans différentes riches maisons, parvenues ou aristocratiques. Ses divers postes lui fournissent d'innombrables exemples de la piètre qualité des mœurs et des vertus des classes aisées de la société britannique de l'époque et, de ce fait, son récit est une source sociologique précieuse. J'ai déjà mentionné en introduction que l'écriture était très belle et, en effet, on sent que l'auteur est bel et bien issue d'une famille de lettrés. Née la benjamine et ne souhaitant sans doute pas déroger à la tradition, Anne a donc pris la plume à son tour et s'est plu à témoigner de l'existence souvent rude et toujours ingrate des gouvernantes, de ces femmes qui sans faire partie de la classe des domestiques n'en étaient pas moins considérées comme des "gens de maison", c'est-à-dire que leur statut n'était pas digne d'intérêt pour la société qu'elles fréquentaient. Aujourd'hui, on dirait pour faire court qu'elles avaient "le cul entre deux chaises". Anne Grey ayant elle-même exercé l'emploi de gouvernante, elle peut donc en parler avec justesse et précision. Son lecteur devient alors le spectateur privilégié du quotidien d'Agnès, son héroïne, malmenée par ses élèves, méprisée par ses employeurs, humiliée par le cercle de leurs familiers, etc. Même sans connaître sur le bout des doigts la biographie d'Anne Brontë, on peut facilement comprendre qu'une grande part du récit d'Agnès fait écho à sa propre expérience. Mais, rassurez-vous, notre auteur est une femme au cœur d'artichaut et les jours sombres d'Agnès pourraient bien finir par virer au rose... Je n'ai pas été transportée par ma lecture. Le tempérament d'Agnès, sa morale, sa bigoterie, ses choix, son impuissance et ses mines de chien battu m'ont souvent tapé sur le système et quoiqu'elle mette en lumière avec réalisme le quotidien des gouvernantes, l'attitude de notre héroïne m'a plutôt ennuyée. De plus, le récit n'est jamais illuminé par quelques notes d'humour ou par quelques considérations intellectuelles - éléments qui font toute la supériorité de Jane Austen, soit dit en passant. Dans l'ensemble, le récit d'Agnès reste très prosaïque, moralisateur et mortifiant. Il n'en aurait pas fallu beaucoup plus pour transformer son journal en "évangile selon Agnès Grey" or, sans en espérer cinquante, quelques nuances auraient été appréciables...