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Un rôle qui me convient

de Richard Russo , date de sortie le 24 février 1998
Un humour mordant pour cette satire des rivalités et des petites intrigues qui sévissent dans une université américaine.
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La fiche détaillée

Résumé

Un humour mordant pour cette satire des rivalités et des petites intrigues qui sévissent dans une université américaine.

Caractéristiques

Titre Un rôle qui me convient
Auteur Richard Russo
Traducteur Jean-Luc Piningre
Editeur Quai Voltaire
Date de parution 24 février 1998
Nombre de pages 430 pages
Dimensions 23,00 cm x 15,00 cm
Poids 535 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-912517-03-6 - 9782912517036

4,5/5

viou1108

Le 20/05/2013

William Devereaux fils (Hank pour les amis) a bientôt 50 ans, est marié, a deux filles dont l’une en train de divorcer, une mère envahissante, un père prodigue, un poste de directeur du département de Lettres d’une obscure université de Pennsylvanie, des allergies et une prostate défaillante. Il a également à son actif un roman de jeunesse qui a eu assez de succès pour qu’on lui en parle encore 20 ans plus tard. Propriétaire d’un chien nommé Occam (comme le rasoir), d’un humour pince-sans-rire ravageur et d’une propension irrésistible à la vacherie, Hank est généralement considéré comme un guignol par ses collègues, jamais très sûrs d’eux quand il s’agit de distinguer entre moquerie et gentillesse, bluff et vérité. A première vue, rien de bien palpitant dans tout ça : crise de la cinquantaine et démon de midi, problèmes de famille et de santé, popote interne des campus américains avec aberrations administratives, alliances stratégiques et coups bas inclus, étudiants ados attardés, manipulations médiatiques et questionnement autour du « qu’avons-nous fait de nos rêves de jeunesse ? ». Et pourtant, moi, ça me plaît beaucoup. D’abord parce que c’est Richard Russo, un des grands auteurs américains actuels à mes yeux. Ensuite, pour l’ambiance, très différente de celle du Déclin de l’empire Whiting, et très jouissive : le narrateur fait tourner son entourage en bourrique, et manie l’autodérision à tour de bras. Parfois subtil, parfois franchement hilarant (demandez à mes voisins de métro), l’auteur se moque de tout ce petit monde qui a la fâcheuse tendance de ne tourner que sur lui-même. Le « héros » de cette histoire, qui cache sous son costume de clown de service des questions existentielles, rappelle, par sa lucidité, son mal-être et ses problèmes de tuyauterie, celui de L’épopée du buveur d’eau de John Irving (un autre de mes chouchous). Enfin, bref, j’aime ces auteurs qui écrivent des histoires aux personnages consistants et attachants, qui les racontent simplement mais avec style, sérieusement mais sans oublier la légèreté et le sourire.

le_Bison

Le 27/02/2012

La miction (du latin mingere, « uriner »), l’action d’uriner, désigne l’élimination d’urine par la vidange de la vessie. Comme beaucoup de fonctions liées à la génitalité humaine, la miction est désignée par de nombreux termes familiers et argotiques, en particulier pisser. Quel bonheur de commencer une chronique par une telle définition. Imaginez donc un roman traitant de ce sujet si sensible et si délicat qui encombre de façon incongrue toutes les perspectives des hommes mûrs. Se retrouver seul devant ses responsabilités ses choix professionnels et familiaux son urinoir et attendre que cela vienne, écouter le silence à la recherche d’un bruit furtif, signal d’un caillou projeté sur la faïence de cette cuvette, libération d’un urètre bouché, nouvelle vie qui démarre. Je me retrouve dans un campus universitaire américain, des plus classiques et banals. Rien de prestigieux, juste un trou perdu de Pennsylvanie, en compagnie de William Henry Devereaux fils, un professeur quinquagénaire en proie avec sa prostate, avec ses disciples, avec ses collègues et le budget de son service. Folie du monde, furie des hommes, des femmes et des entre-deux, tous se déchaînent sur ce pauvre Hank. Ce dernier n’est pas en reste, et tous les coups bas, et attaques verbales sont les bienvenus pour rabaisser ses collègues et pour mettre à l’honneur une carrière professionnelle complètement ratée dans une existence totalement médiocre. Constat d’échec d’un quinquagénaire pour lequel sa vie lui a totalement échappé et pour lequel la seule porte de sortie pour gagner un pouce d’honneur semble être la dérision, l’ironie et la mauvaise foi. Rien ne me sera épargné, à mon grand ravissement, jusqu’à imaginer un William Henry Devereaux fils tordre le coup à une oie devant les caméras d’une télévision locale chaque jour que Dieu fait, jusqu’à l’obtention de son budget par l’administration universitaire. 430 pages de pur bonheur, de fous rires et de répliques totalement déjantées. Un drôle de portrait de l’Amérique profonde et une critique acerbe de son système universitaire. J’ai adoré ce William Henry Devereaux fils, excellentissime dans la mauvaise foi et la mise en boite de ses collègues. Protagoniste admirable, je n’ai cessé de sourire de ses actions, de le suivre rampant, tel un espion, dans les faux plafonds jusqu’à l’espionner dans les toilettes, seul face à son urinoir et ses pensées. Est-ce que tous les romans de Richard Russo ont cette dérision co(s)mique ? Pas sûr, mais sa plume, drôle et désabusée, m’a enchanté avec sa verve désopilante. Un pur délire, un surprenant délice. Drôle, caustique, désopilant, désabusé...