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Le sang des cieux

de Kent Wascom , date de sortie le 02 mai 2014
Le sang des cieux

Suivant les pas d'Angel Woolsack, jeune prédicateur qui cherche sa place au sein d'un monde neuf et violent, Le Sang des cieux est une véritable épopée moderne autour du... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Le sang des cieux

Suivant les pas d'Angel Woolsack, jeune prédicateur qui cherche sa place au sein d'un monde neuf et violent, Le Sang des cieux est une véritable épopée moderne autour du mythe de la Frontière. Kent Wascom rend compte de l'énergie et de la sauvagerie, de l'esprit pionnier et de la ferveur religieuse d'un pays en formation, où tout était possible. Récit fulgurant, sombre et puissant, ce premier roman parfaitement maîtrisé est aussi une touchante histoire d'amour.

« Abordant un chapitre méconnu de l'histoire des États-Unis [la cession de la Louisiane à l'orée du XIXe siècle], ce premier roman de Wascom restitue l'esprit des pionniers et des hors-la-loi et l'atmosphère de ferveur religieuse régnant dans ces États du Sud. [...] Sa peinture d'une ère sauvage, primitive, et son portrait sensible d'âmes "noyées dans le sang du paradis", sont une réussite totale. » Publisher's Weekly

« Wascom est un véritable artisan. Chacune de ses phrases, longues et sinueuses, charrie la couleur, l'odeur du sang, des os, de la sueur, et la virtuosité archaïque de sa langue. » Boston Globe

« Chaque phrase du premier roman de Kent Wascom m'a frappé, tant par la beauté que par la laideur qu'elles véhiculent. À la différence de la plupart des romans, il ne nous livre pas un aperçu de la vie. Il est la vie même. » Esquire

Caractéristiques

Titre Le sang des cieux
Auteur Kent Wascom
Traducteur Eric Chédaille
Editeur Bourgois
Date de parution 02 mai 2014
Nombre de pages 517 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 522 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-267-02654-2 - 9782267026542

4,7/5

monromannoir

Le 18/06/2018

Depuis quelques années on observe une résurgence du western, genre littéraire populaire par excellence, dont les premiers récits de conquête et de bravoure ont contribué à l’essor du rêve américain avant que ne débarquent dans les années 70, des auteurs s’ingéniant à démystifier cette épopée sanglante en révélant un contexte historique beaucoup moins glorieux. Ainsi par le biais d’une ligne éditoriale davantage orientée sur le réalisme de cette époque, on découvre avec les éditions Gallmeister des auteurs comme Glendon Swarthout (Homesman ; Le Tireur), Bruce Holbert (Animaux Solitaires) et Lance Weller (Wilderness ; Les Marches De l’Amérique) qui participent à ce que l’on désigne désormais comme étant des western crépusculaires dépeignant avec force, la douleur d’un nouveau monde qui se bâtit dans un flot de sang et fureur. Dans ce même registre, à la fois sombre, sauvage et emprunt d’une terrible brutalité, Kent Wascom nous livre avec Le Sang Des Cieux un texte puissant, mais passé totalement inaperçu, narrant la période trouble de la cession de la Louisiane au début du XIXème siècle, un territoire qui englobait un quart des Etats-Unis actuelle en s’étendant de la Nouvelle-Orléans jusqu’au confins des états du Montana et du Dakota du nord, sur fond de spéculation foncière et de conflits féroces avec le gouvernement espagnol. En 1861 Angel Woolsack se tient sur le balcon de sa demeure de la Nouvelle-Orléans en observant l’effervescence d’un peuple prêt à en découdre en faisant sécession avec les états confédérés. Mais l’homme vieillissant n’a cure de ces velléités guerrières car il sait bien que cet enthousiasme guerrier ne durera pas et se désagrégera dans la fureur des combats à venir. Au crépuscule de sa vie il ne lui reste que l’écho furieux de ses souvenirs, d’une jeunesse tumultueuse où le jeune prédicateur endossera le rôle de bandit pour devenir fermier tout en menant des campagnes belliqueuses contre les espagnols. Une existence jalonnée de drames et de coups d’éclat sanglants où les fantômes de ceux qu’il a aimé et de ceux qu’il a honnis, hantent encore sa mémoire. Car dans le fracas de cette sarabande belliciste, Angel Woolsack, le vieil esclavagiste dévoyé, se souvient de chaque instant de cette vie dissolue. Les dés sont jetés et les jeux sont faits au détour de ce prologue somptueux où chacune des phrases savamment travaillées scellent les destins de celles et ceux qui ont composé l’entourage d’Angel Woolsack tout en enveloppant le lecteur dans l’étouffante épaisseur d’un de linceul poisseux et sanguinolent au travers duquel on perçoit cette rage guerrière et cette ferveur religieuse qui a animé la destinée d’un personnage hors du commun. Ponctué de chapitres aux consonances bibliques, Kent Wascom nous entraîne, au terme de ce prologue crépusculaire, dans une longue analepse où la fiction côtoie les faits historiques pour mettre en scène l’effervescence d’un monde qui reste à conquérir. Car dans le fracas des armes, l’incertitude des combats à mener on observe la rude vie de ces pionniers évoluant dans contexte à la fois sauvage et mystique. Dans un tel univers, c’est avec une certitude qu’il puise dans une foi inébranlable qu’Angel Woolsack va donc façonner son destin au gré de d’amitiés fraternelles et de trahisons parfois meurtrières en maniant aussi bien le Verbe que le sabre pour parvenir à ses fins en s’associant aux frères Kemper dont il empruntera le nom. Du Missouri où il officie comme prêcheur aux rives du Mississippi où il travaille comme batelier, du côté de Natchez où il devient bandit c’est finalement dans les aléas de la conquête de la Floride occidentale convoitée tour à tour par les espagnols et les colons américains qu’Angel Woolsack et les deux frères Kemper vont tenter de s’arroger quelques territoires au gré de négociations hasardeuses et de campagnes féroces permettant d’entrevoir la complexité des rapports régissant les différentes nations se disputant l’immensité des terres composant la Louisiane de l’époque. Mais au-delà de la férocité des enjeux et des conquêtes d’un pays en devenir, de cet impressionnant tableau d’une contrée sauvage qui se bâtit dans la douleur des sacrifices et la cruauté des exactions, Kent Wascom parvient à mettre en scène un récit épique emprunt de fureur mais également d’une terrible humanité que l’on distingue notamment au travers de cette relation amoureuse qu’entretiennent Angel Woolsack et Red Kate, jeune prostituée farouche qui devient épouse et mère d’un enfant mentalement déficient tout en assistant son mari dans sa soif de conquête. Il émerge du texte de Kent Wascom une force bouleversante, presque organique, où la cruauté et la violence côtoient la douleur des désillusions en accompagnant le lecteur au fil des pérégrinations de ce prêcheur mystique devenu marchand d’esclaves sans illusion, de cette jeune proie fragile basculant dans la défiance d’un redoutable prédateur vieillissant qui n’aura cesse de vouloir asservir le monde à sa portée. Le Sang Des Cieux devient ainsi la terrible parabole d’un monde en mutation qui broie les âmes vertueuses pour mettre en avant celles et ceux qui vont façonner l’Amérique de demain. Un premier livre, un tour de force, une véritable démonstration. Kent Wascom : Le Sang Des Cieux (The Blood Of Heaven). Christian Bourgeois éditeur 2014. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Eric Chedaille. A lire en écoutant : Hurt interprété par Johnny Cash. Album : American IV: The Man Comes Around. American Recording Compagny 2002.

bdelhausse

Le 20/04/2018

Voilà le genre de livre à cheval entre fiction et réalité qui permet d'appréhender un peu notre monde actuel, de jeter un éclairage sur le monde tel que nous le connaissons. Ken Wascom s'attache à nous montrer lun des éléments fondateurs des Etat-Unis d'Amérique. Nous sommes aux alentours de 1800, les USA ne sont pas encore formés. Les dissenssions sont nombreuses, on prend, on se sert en terres, on se sert en esclaves, on règle les choses en duel ou avec quelques dizaines de ruffians à qui on fournit un semblant d'uniforme et un drapeau... Ken Wascom situe l'action autour d'un élément reconnu comme fondateur des USA: la vente de la Louisiane (1803). En 1793, le Traité de Madrid annexe le bassin du Mississipi, et en 1810 il y aura la création de l'éphémère République de Floride Occidentale. C'est d'ailleurs le combat d'hommes déterminés, dépourvus de scrupules, que Wascom raconte. Les Frères Kemper, dont la tête fut mise à prix par les Espagnols et qui furent souvent trahis par leurs anciens partenaires. Wascom mélange donc fiction et réalité. Les Frères Kemper, la bannière à 2 étoiles et 7 lignes blanches et bleues, le Sénateur Smith, le général Wilkinson, le Colonel Aaron Burr... ont tous existé. Wascom invente Angel Woolsack, prédestiné à devenir prédicateur et terminant en marchand d'esclave. Wascom se limite à 5 années de rapines, de magouilles, d'entourloupes et de règlements de comptes de deux frères Kemper et d'Angel Woolsack. Les Frères Kemper étaient trois, en réalité, et Wascom incorpore Woolsack au rang de frère de sang. Destin fabuleux ou misérable, le lecteur aura à choisir. Angel Woolsack peut être tour à tour considéré comme un pur produit de son époque, cherchant à profiter de ce que l'on peut saisir à portée de main, ou comme une ordure de la pire espèce. La langue est très belle. C'est dur, sans pitié, comme l'époque, comme les territoires à découvrir. Il y aune poésie brute et brutale dans les mots de Wascom. Le Sang des Cieux, c'est le crépuscule, le moment où l'horizon s'illumine de rouge et éclaire les esclaves dont Woolsack commence à faire commerce (dernière page du roman). C'est un point fort du livre. Wascom rend un salaud attachant. J'ai été scotché à la deuxième page par ce "sale type", dont j'ai voulu connaître le destin, tout en sachant que cela n'allait pas être "joli-joli". J'ai été saisi, oui. J'ai même ralenti le rythme de ma lecture à mesure que je me rapprochais de la fin du livre... pas envie que cela se termine. Rayon négatif, pas de carte, pas de notes historiques, rien qui permette à un lecteur (européen) de saisir la pleine portée des événements racontés par Ken Wascom. J'imagine que tout Américain (surtout en Louisiane) de 40-50 ans ni'gnore rien des personnages et des événements, mais ce n'était pas mon cas. Un peu de contexte (que j'ai été cherché sur Wiki...) aurait été le bienvenu. Par ailleurs, j'aurais bien fait l'économie des 40 dernières pages. Elles n'ajoutent rien de particulier au récit. Il y a des choses qui arrivent, des oreilles qui se coupent, des coups de hache... mais franchement (et bien qu'elles dégagent cette poésie violente, fulgurante) tout est dit quand Woolsack et son épouse doivent quitter Pinckneyville suite à la mort de leur enfant, d'une intoxication au plomb. Ce roman permet d'appréhender l'attachement des Américains au second Ammendement de la Constitution et au port d'armes... même si en 200 ans les choses sont supposées avoir évolué.

encoredunoir

Le 09/08/2017

« Sorti de rien, de quasiment nulle part, j’ai sillonné cette nation avant même qu’elle n’existe. À présent qu’elle n’est plus, je suis encore moins encombré de mes origines. Nos semences furent disséminées aux quatre coins du pays neuf par l’haleine de Dieu soufflée entre ses dents serrées de colère. Et si la terre avait une face pour les ténèbres et la lumière et de l’eau pour l’arroser, alors nous étions les mouches bleues qui foulaient cette contenance d’un lieu grêlé à l’autre, sans jamais nous poser longtemps sur tel ou tel écoulement de pus. […] Pour l’instant et pour ce qu’il me reste à vivre, j’ai un fils auquel enseigner ce que je sais : tirer au fusil, monter à cheval, et le Verbe du Seigneur. Il apprendra sa délinéation, celle de notre race prédatrice, comme je l’ai apprise au pied d’un fou de Dieu, partant d’une jeunesse sous la férule de Père prêcheur vers des mondes par nous bâtis. » En ce tout début de XIXè siècle, orphelin de mère, Angel Woolsack traverse avec son père, prêcheur baptiste illuminé, la Louisiane encore française, c’est-à-dire cette longue étendue de terre qui part du golfe du Mexique pour rejoindre dans une grande diagonale le Canada du côté de l’actuel Montana. S’installant finalement dans la communauté de Chit, dans le Missouri, où les hommes, pour échapper aux indiens et aux tornades vivent dans des maisons creusées sous la terre, père et fils dominent bien vite les Chitites par la force de leur Verbe et plus encore après l’arrivée du diacre Kemper et de son colosse de fils, Samuel. C’est dans le sang, celui d’une communauté voisine que Père prêcheur juge hérétique, puis dans celui d’Emily, premier amour dramatique d’Angel, et enfin dans celui du crime parricide, que se forge le jeune homme qui, à peine entré dans l’adolescence, allie avec un talent qui tient pour lui du don du Ciel, force de la prédication – de ce Verbe douloureusement extrait de lui par son père – et violence sauvage. Jeté sur les routes avec Samuel, dans l’idée de retrouver le frère ainé de ce dernier, Reuben, parti faire fortune le long du Mississipi, Angel va faire sienne la famille Kemper et s’installer sur la frontière aussi mouvante que disputée entre Louisiane française, Floride occidentale dominée par les Espagnols, et jeunes États-Unis. Dans une recherche constante de fortune mais surtout d’imposition de leur volonté de fonder un nouvel État et de laisser libre cours à la violence qui les habite, à leur haine des papistes, planteurs et autres ennemis de Dieu ou n’importe quels freins à leur expansion, ceux qui sont maintenant trois frères, tentent de trouver leur place dans un monde en construction qui ne veut pas d’eux. Si Angel Woolsack devenu Kemper est détenteur du Verbe, Kent Wascom, ne l’est pas moins. L’auteur possède un incroyable talent d’écriture. Crue, sinueuse, violente, habitée, la plume de Kent Wascom donne à cette histoire de fous de Dieu, de pionniers habités par des rêves trop grands dans la période troublée des négociations autour de la cession de la Louisiane française et du conflit américano-espagnol, un souffle épique d’une rare puissance. Récit de destruction et de construction – d’un monde, d’un pays, d’une identité – histoire d’amour autant que de violence, Le sang des cieux est un de ces rares livres dont on sentirait presque physiquement la palpitation. C’est un tour de force, un roman habité, un grand livre.