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La trilogie de Deptford

Volume 1, L'objet du scandale
de Robertson Davies , date de sortie le 05 janvier 1998
L'objet du scandale

Dunstan Ramsay est un délicieux excentrique. Ce professeur d'histoire, pourvu d'une jambe de bois et d'une passion encombrante pour la vie des saints, passerait totalement in... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

L'objet du scandale

Dunstan Ramsay est un délicieux excentrique. Ce professeur d'histoire, pourvu d'une jambe de bois et d'une passion encombrante pour la vie des saints, passerait totalement inaperçu s'il ne possédait un secret. Au moment de prendre sa retraite, il passe aux aveux et révèle le rôle étrange qu'il n'a cessé de jouer pendant toute sa vie - ou plutôt au cours de ses multiples existences. Depuis son enfance, il exerce sur les autres une curieuse influence : des événements apparemment innocents (une bataille de boules de neige, un tour de cartes enseigné à un enfant) revêtent soudain une signification redoutable. En déchiffrant son passé. Ramsay découvre que le merveilleux est là, à portée de la main, et que les lois invisibles qui gouvernent le destin des hommes sont aussi implacables que celles de l'univers physique.

L'Objet du scandale est le premier volume de La Trilogie de Deptford (Le Manticore et Le Monde des merveilles). Comme Mikhaïl Boulgakov ou Dino Buzzati, Robertson Davies est l'inventeur d'un monde où le naturalisme et le génie visionnaire peuvent espérer se réconcilier.

Caractéristiques

Titre La trilogie de Deptford - Volume 1, L'objet du scandale
Traducteur Arlette Francière
Collection Rivages-Poche
Editeur Rivages
Date de parution 05 janvier 1998
Nombre de pages 415 pages
Dimensions 17,00 cm x 11,00 cm
Poids 213 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-7436-0289-9 - 9782743602895

4,7/5

Colchik

Le 24/03/2018

Quel curieux livre ! Son style semble hors du temps. Ce pourrait être un ouvrage de la fin du XIXe siècle, du début du XXe, de l’entre-deux guerres…qu’importe puisqu’il est tout cela à la fois et qu’il raconte la vie d’un homme sur presque un siècle. L’objet du scandale est un titre paradoxal pour un livre qui nous déroule le fil d’une vie on ne peut plus conformiste, celle de Dunstan Ramsay, professeur d’histoire, invalide de guerre et hagiographe distingué. Je crois que le titre anglais du roman est bien plus révélateur du rôle mystérieux joué par Ramsay, celui de cinquième emploi : c'est le personnage qui, à l'opéra précipite l’action entre les principaux protagonistes du drame. Dunstan Ramsay est un homme secret, aux abords rigides, et dont la vie semble aussi peu passionnante que les ouvrages sur les saints qu’il écrit. Mais, il refuse l’image terne que donne de lui l’un de ses confrères le jour de son départ en retraite. Il entreprend donc de faire le récit de son passé. Tout commence à Deptford, dans un comté rural du Canada anglophone. Mme Dempster, la jeune et fragile épouse du nouveau pasteur méthodiste, accouche prématurément suite à la peur qu’a déclenché une boule de neige qu’elle a reçue et qui était destinée à Dunstan Ramsay. Cet incident anodin va lier à jamais les destins de Mary Dempster, de Paul Dempster son fils, de Dunstan Ramsay et du lanceur de boule de neige, Boy Staunton. Le mystère vient d’entrer dans la vie de Ramsay, en même temps que le merveilleux incarné par la conduite étrange de Mme Dempster. Est-elle une sainte, un être bienveillant dépêché par Dieu et faiseur de miracles ? La faiblesse de son esprit est-elle le signe d’une élection divine particulière ? Ramsay, élevé dans la rigueur presbytérienne, se met en traquer sur tous les continents les créatures étranges que sont les saints. Mais, le mystère n’est jamais loin : il n’a jamais révélé qui était le lanceur de la malencontreuse boule de neige et ce secret précieusement gardé va peser sur les protagonistes de l’histoire. Qu’est devenu Paul Dempster ? Est-ce le magicien dont Ramsay croise la route en Autriche ? La magie et l’illusion peuvent-elle remplacer le mystère et le vaincre pour accomplir la vengeance ? L’habileté de Robertson Davies est de jongler avec les contrastes, de nous présenter des personnages taillés comme des bouchons de carafe, ils réfléchissent la lumière selon que les doigts qui les tiennent les rapprochent ou les écartent de la lumière. Les destins s’accomplissent et les hommes n’en sont que les maillons involontaires. Ce livre possède aussi tout l’humour nécessaire à ceux qui doutent que la maîtrise de leur existence passe par leurs propres mains.

sandrine57

Le 16/03/2017

Par une fin d'après-midi exceptionnellement enneigée dans le village canadien de Deptford, Dunstable Ramsey et Percy Boyd Stauton, deux garnements d'une dizaine d'années, ennemis de toujours, rivaux perpétuels, se disputent au sujet d'une luge. Prudent, Dunstable préfère rendre les armes et rentrer chez lui mais Percy le poursuit de ses foudres et l'attaque d'une boule de neige au lancer parfait. Dunstable l'évite, Percy rate sa cible mais touche Mary Dempster, la jeune épouse du pasteur baptiste. Touchée à la tête, elle s'effondre dans un cri et, plus tard, met au monde prématurément un petit Paul, malingre et fragile. Traumatisée, Mary perd la tête et devient la risée du village qu'elle choque par un comportement parfois inconvenant. Les deux garçons se gardent bien de raconter leur implication dans cet événement fâcheux et Percy finit même par oublier sa participation active. Mais il n'en va pas de même pour Dunstable qui s'attache au petit Paul et à sa pauvre mère, s'occupant de l'un et de l'autre avec ferveur et un intense sentiment de culpabilité. Quand bien des années plus tard, alors qu'il s'apprête à quitter l'enseignement après plus de quarante ans de bons et loyaux services, Dunny Ramsay se retourne sur son passé et évoque Mary, qu'il a fini par voir comme une sainte, Paul qu'il a initié à la magie et qui, très jeune, s'est enfui avec un cirque de passage, la première guerre mondiale qui l'a laissé gravement brûlé et amputé d'une jambe, sa passion pour les saints auxquels il a consacrés plusieurs livres très estimés et ses rapports complexes avec Boy Stauton qui lui ravit la belle Leola mais devînt son ami, son conseiller financier en même temps qu'un des hommes d'affaires les plus riches du pays. Une délicieuse causerie, à la fois érudite et drôle, sur le hasard, les coïncidences et l'influence que l'on peut exercer, sans y penser, sur son prochain. Un peu à la manière de John Irving, Robertson Davies promène son personnage, de l'enfance à la maturité, à travers les mystères de la vie, ces moments anodins qui ont d'énormes conséquences. Une boule de neige fait boule de neige, décidant de l'existence toute entière d'un garçon qui pourtant l'a évitée, de celle qui a été percutée et de ses proches et bien sûr de celui qui l'a lancée, même s'il croit pouvoir y échapper. Grâce à son narrateur, à la fois excentrique, bienveillant et attachant, L'objet du scandale est un livre original et séduisant, une exploration de l'âme humaine, du bien et du mal, du poids des convenances et de la religion, dans un Canada qui traverse le XXè siècle, attaché à la Couronne d'Angleterre mais l'esprit d'entreprise américain chevillé au corps. Une lecture passionnante, sans temps morts, à l'humour de bon aloi, une très belle découverte et un auteur à découvrir.

Sachenka

Le 30/11/2014

Quelle agréable découverte! Je dois admettre que la littérature canadienne anglophone m'est presque inconnue et encore plus Robertson Davies. Donc je suis content de m'être lancé dans L'objet du scandale, le premier tome de sa trilogie de Deptford, qui doit son nom au petit village imaginaire d'Ontario du début du 20e siècle d'où sont originaires les personnages principaux. Dès le début du roman, Dunstable Ramsay et Percy Boyd Staunton se disputent. Ramsay, jugeant plus sage de ne pas entrer en conflit, décide de rentrer mais Staunton le poursuit et lui lance des balles de neige. L'une de ces balles atteint Mary Dempster, la très jeune femme enceinte du pasteur du village, qui accouche prématurément de Paul peu de temps après puis perd la raison. Cet événement hantera les deux garçons toute leur vie et fera en sorte qu'ils garderont contact malgré les chemins très différents qu'ils prendront. Aussi, l'histoire des deux garçons croisera celle de la grande Histoire. Première guerre mondiale, dépression, etc. Ramsay, le narrateur, tente de s'occuper du petit Paul Dempster qui disparaitra, va se battre en Europe où il perd une jambe, revient au Canada pour devenir un universitaire assez cérébral, s’intéressant à la vie des saints homme. Un peu de mysticisme. Mais toujours le sentiment de culpabilité qu’il ressent à l’endroit de Mary Dempster, dont il continue à s’occuper après la mort du pasteur, le retient prisonnier. Il va jusqu’à idéaliser la femme, la confondant avec la vierge Marie. Heureusement, une certaine amitié/rivalité complexe avec Staunton, devenu un homme d’affaires prospère et un politicien en pleine ascension, le ramène toujours à la réalité. Il développe aussi des relations avec le fils de ce dernier, David Staunton, devenu son pupille, puis avec le magicien Magnus Eisengrim. L’écriture de Davies me fait beaucoup penser à celle de John Irving : des personnages intéressants, originaux mais surtout complexes, qui combattent des démons intérieurs et dont les destins s’entrecroisent. On ne peut que se sentir concerné par leurs histoires. Malgré quelques moments magiques, l’ensemble du récit demeure très réaliste. Tellement que j’avais presque l’impression de lire une autobiographie. L’auteur sait décrire aussi bien la vie rurale du début du siècle dernier que les horreurs de la guerre et les pérégrinations d’un universitaire. Bref, une grande œuvre! Il en va de même pour les deux tomes suivants, que j’ai déjà dévorés. La narration passe alors à David Staunton puis à Magnus Eisengrim qui, en plus de raconter l’histoire de leur point de vue, comblent les trous et permettent de tout comprendre.