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Là où se trouvait la mer

de Rick Bass , date de sortie le 18 mars 1999
L'histoire se déroule dans Swan Valley, région perdue du Montana habitée par une douzaine de personnes dont Mel, une jeune femme qui étudie les loups et Old Dudley, son père, un magnat du pétrole qui... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

L'histoire se déroule dans Swan Valley, région perdue du Montana habitée par une douzaine de personnes dont Mel, une jeune femme qui étudie les loups et Old Dudley, son père, un magnat du pétrole qui vient à bout de tous ses géologues. Matthew et Wallis sont deux d'entre eux. Et Wallis va être chargé de prospecter du pétrole en plein coeur de novembre.

Caractéristiques

Titre Là où se trouvait la mer
Auteur Rick Bass
Traducteur Anne Wicke
Collection Fictives
Editeur Bourgois
Date de parution 18 mars 1999
Dimensions 23,00 cm x 14,00 cm
Poids 790 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-267-01487-4 - 9782267014877

4/5

Bruidelo

Le 06/01/2020

Ensevelis dans la neige du Montana, dans un monde de silence blanc. Un monde sauvage dans lequel Rick Bass fait planer comme une menace en y introduisant un personnage décapant, le vieux Dudley, manipulateur, dominateur, destructeur - fascinant. Un vieux fou, d’une richesse inestimable, ayant découvert des centaines de nappes de pétrole aux quatre coins du pays; ayant usé, consumé, désintégré une bonne douzaine de géologues. «son entreprise était une sorte de bête aux dents pointues qui dévorait le monde, dont la mâchoire inférieure s’élevait et avalait tout ce qu’elle rencontrait, pendant que la mâchoire supérieure se refermait sur la proie» Dudley a du mal à supporter la beauté et la grâce, et c’est justement ce qu’incarne sa fille, Mel, viscéralement attachée à cette vallée de la Swan si préservée que son ogre de père voudrait dévorer. L’écriture est dense et profonde, il y a une épaisseur dans cet univers, et ça produit des sensations de lecture singulières et fortes, comme un enfouissement dans un monde à part - un peu comme les personnages lorsqu’ils jouent à s’enfouir dans la neige.

Jraf

Le 01/02/2017

Le meilleur roman de Rick Bass

lucyole

Le 08/04/2015

Ce livre m'a fait voyager complètement, transportée dans un univers extrême où l'homme doit se battre pour dominer le froid et la neige, chasser en raquettes ou à ski dans d'immenses forêts pour se nourrir, partager la chaleur humaine dans un unique bar de village perdu, allumer de grosses flambées dans des chalets de bois...l'aventure humaine à l'état pur.

Corboland78

Le 30/01/2014

Rick Bass, écrivain et écologiste américain engagé, est né en 1958 à Fort Worth (Texas). Fils d'un géologue, il passe lui-même une licence de géologie en 1979 puis jusqu’en 1987, il travaille comme géologue pétrolier à Jackson (Mississippi) où il écrit ses premières nouvelles. En 1987 il déménage avec sa famille dans la vallée du Yaak, à l’extrême nord-ouest du Montana. Là, il œuvre à la protection de sa région d'adoption, en particulier contre les routes et contre l'exploitation forestière. C'est ainsi que Rick Bass a été l'un des fondateurs de l'Association de sauvegarde des forêts de la vallée du Yaak. Il a également fait partie de plusieurs associations écologistes comme les Round River Conservation Studies, le Sierra Club ou la Montana Wilderness Association. Le roman, Là où se trouvait la mer, est paru en 1999. Dans une vallée du Nord-Ouest du Montana, Swan un petit village perdu où vivent quelques hommes et femmes autour d’un bar et d’une épicerie bazar. Le Vieux Dudley, tyrannique géologue qui vit de ses rentes pétrolières au Texas, tient sous sa coupe deux jeunes hommes qu’il forme au métier. Il y a Matthew, le plus ancien et amant de Mel, sa fille qui habite à Swan et Wallis le plus jeune. Depuis plusieurs années, le Vieux espère trouver du pétrole à Swan mais malgré les nombreuses explorations tentées par Matthew, aucune trace du précieux liquide n’a été découverte. Entêtement, brimade, le Vieux Dudley envoie Wallis dresser la carte géologique du côté de Swan ( !) qui permettra enfin de mettre à jour un filon. Wallis arrive au début de l’hiver dans cette petite bourgade ensevelie sous la neige. Il loge chez Mel où la présence virtuelle de Matthew est prégnante et il fait la connaissance d’Helen qui a élevé le garçon, d’Amy et de son jeune fils Colter, de Danny et Artie qui gèrent le bar devenu place du village. Mel étudie les loups, dressant des cartes signalant leur présence, Wallis étudie le terrain, dressant une carte pour déterminer le lieu où se trouve le pétrole. Le roman s’étale sur une année, les quatre saisons, durant lesquelles Rick Bass va tisser une œuvre à plusieurs facettes qui entreront toutes en résonnance. Compte-rendu de l’évolution de ce microcosme humain, les sentiments entre Mel et Wallis bien entendu, les visites courtes mais tonitruantes du Vieux Dudley avec Matthew, la vie, la mort, une naissance ou un départ au loin, le cycle de la vie qui passe. A ces portraits psychologiques forts (Le Vieux Dudley !), s’ajoute en toile de fond, le rythme des saisons, la neige qui coupe le village du reste du monde, la flore et la faune, les ours qui hibernent, les loups qui chassent les daims, le bois qu’il faut couper, la viande dont il faut garnir le saloir si l’on veut survivre à la rude saison. Il y a aussi ces carnets, écrits par Dudley quand il était jeune, cette histoire du monde et de l’origine de la vie, que Wallis découvre et dont le texte vient en contrechant mettre en perspective le récit. Enfin en fil rouge, ce pétrole existe-t-il et si oui, la vallée sera-t-elle détruite par les puits de forage qui viendront en déflorer la virginité ? Le roman a failli être excellent, il n’est que bon. Rick Bass sait être sublime quand il évoque la Nature, on sent alors que sa plume puise dans ses croyances profondes, ce que j’avais déjà apprécié dans son Journal des cinq saisons. Ou quand il évoque sous nos yeux des scènes inoubliables, les caribous à la fenêtre du bar, le massacre de l’ours par des ouvriers venus construire une route, le canot emportant au fil de l’eau un cadavre comme dans un rite primitif… Par contre, je l’ai trouvé moins bon quand il multiplie les invraisemblances, si certaines sont acceptables sous couvert de licence poétique, d’autres agacent comme par exemple cette scène où deux personnages cherchent un sapin pour Noël, à minuit, dans la forêt qui disparait sous les averses de neige ! Ou le Vieux Dudley qui mange des poignées de farine parce qu’il a faim… Ces invraisemblances de situation contrastent avec la précision des détails pratiques liés à la vie dans ces rudes contrées que l’auteur connait bien. Et puis, le roman est un peu trop long (six cents pages). Un bon roman donc, mais loin de ce qu’il aurait pu/dû être.