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De beaux lendemains

de Russell Banks , date de sortie le 04 juin 1999
L'existence d'une bourgade au nord de l'Etat de
New York a été bouleversée par l'accident d'un bus
de ramassage scolaire, dans lequel ont péri de nombreux
enfants du lieu.

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La fiche détaillée

Résumé

L'existence d'une bourgade au nord de l'Etat de
New York a été bouleversée par l'accident d'un bus
de ramassage scolaire, dans lequel ont péri de nombreux
enfants du lieu.

Les réactions de la petite communauté sont rapportées
par les récits de quatre acteurs principaux.
Il y a d'abord Dolorès Driscoll, la conductrice du
bus scolaire accidenté, femme solide et généreuse,
choquée par cette catastrophe. Vient Billy Ansel, le
père inconsolable de deux des enfants morts. Ensuite,
Mitchell Stephens, un avocat new-yorkais poursuivant
avec une hargne passionnée les éventuels responsables
de l'accident. Et enfin Nicole Burnell,
adolescente promise à tous les succès, qui a perdu
l'usage de ses jambes et découvre ses parents grâce
à une lucidité chèrement payée.

Ces quatre voix font connaître les habitants du
village, leur douleur, et ressassent la question lancinante
- qui est responsable ? - avec cette étonnante
capacité qu'a Russell Banks de se mettre intimement
dans la peau de ses personnages.

Caractéristiques

Titre De beaux lendemains
Auteur Russell Banks
Traducteur Christine Le Boeuf
Collection Babel
Editeur Actes Sud
Date de parution 04 juin 1999
Nombre de pages 326 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 244 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-7427-1444-8 - 9782742714445

4,5/5

Maquart

Le 11/12/2018

« A partir de ce moment, nous étions simplement des gens différents. Pas nouveaux ; différents. » C'est une tragédie vécue par différents personnages. La tragédie, c'est un accident de bus qui a tué plusieurs enfants. D'abord, c'est la malheureuse conductrice qui raconte. Elle commence par le quotidien de ses tournées. Ces enfants qui montent dans son bus et dont elle connait par coeur la vie et celle de leurs parents. Souvent des vies pas folichonnes. Imprégnées d'alcool, de misère et de chômage. L'Amérique d'en bas. Celle qu'aime dépeindre Russel. C'est une femme qui s'intéresse aux autres, qui est tolérante. Et qui a aussi eu son lot de malheurs : son mari est handicapé, ses deux fils sont partis et devenus distants. Ce jour-là, il fait particulièrement froid, une averse de neige menace… Qu'est-ce qu'elle a voulu éviter, en faisant une embardée ? Elle ne sait plus trop… Un chien, un petit chevreuil ou même une illusion d'optique… Ensuite, c'est un père qui s'exprime, il a perdu ses deux enfants…Déjà qu'il était veuf… Il y a un passage très émouvant dans lequel ce vétéran du Vietnam raconte qu'un jour, alors qu'ils étaient en vacances en Jamaïque avec sa femme, un an avant son décès, ils ont oublié un de leurs enfants au supermarché… Ça se finira bien, mais pour lui ce fût la fin de l'insouciance. Et en effet, aujourd'hui elle est bien loin… Les pages où il décrit ce qu'il ressent après l'accident sont totalement bouleversantes. Chacun réagissant ensuite comme il peut : déni, religion, recherche de coupables, alcool… Et puis arrivent les vautours des médias, les cyniques avocats… Le troisième point de vue est d'ailleurs celui d'un juriste. Mais un juriste en colère, pas cupide celui-là. Qui lui aussi a perdu un enfant, d'une certaine façon. Il y a des passages très poilants (heureusement) : par exemple le décalage entre cet avocat, très Manhattan, et les locaux qu'il essaye d'amadouer. Russel a un vrai don pour se glisser dans la peau de chacun de ses personnages. Viendra ensuite l'ex-reine de beauté désormais en fauteuil. Et son témoignage de survivante. Capital. C'est un livre qui raconte l'effondrement de vies déjà bien mal embarquées. Mais aussi, comme le titre optimiste le suggère, la capacité que nous avons, envers et contre tout à renaître. La catharsis se fera ici avec des stock-cars. Transformés mais toujours vivants. Adapté au ciné par Atom Egoyan. Grand prix du festival de Cannes 1997.

marina53

Le 27/04/2015

Comme tous les matins depuis une vingtaine d'années, Dolorès Driscoll conduit le car scolaire. Un froid pourtant glacial ne l'empêche guère de démarrer. La neige n'est attendue que pour plus tard. De multiples arrêts ponctuent son parcours. Les enfants se bousculent à l'intérieur pour se protéger du froid. Rien ne présageait ce terrible accident. Sur la route, elle croit apercevoir comme le fantôme d'un chien. Quelque chose de couleur brun roussâtre. Etait-ce un chien ou un chevreuil ou une vision d'optique? Dolorès n'est sûre de rien. Pour l'éviter, elle braque le volant à droite en écrasant du pied la pédale de frein. L'inévitable se produit. Le village de Sam Dent compte ses morts, 14 enfants, et les pleure. Un tragique accident de car de ramassage scolaire va anéantir ce village de Sam Dent. Que ce soit ces parents endeuillés qui ont perdu leur enfant, parfois deux ou trois; Dolorès, la conductrice qui se sent responsable ou encore les enfants qui ont eu la chance de s'en sortir, certains avec de graves séquelles. L'on cherche un coupable, et cet avocat venu tout droit de New-York compte bien en trouver et amener l'affaire devant les tribunaux. Russell Banks donne la voix à Dolorès, à Billy Ansel, un papa déjà anéanti par le décès de sa femme et qui a perdu ses deux enfants, Mitchell Stephens, l'avocat qui tente de rallier ces parents et enfin Nicole Burnell, une jeune fille promise à une bel avenir et qui en ressortira en chaise roulante. L'on entre alors dans la peau de chacun, l'auteur s'attardant judicieusement sur leur passé et décrivant leurs doutes et leurs failles, et l'on vit ce drame de différents points de vue. Dans cette Amérique profonde, au cœur de cette population frustrée et blessée, l'ambiance se veut parfois lourde, pesante et tragique. Porté par une écriture riche, déchirante et envoûtante, ce roman captive tout autant qu'il étreint. A noter que ce roman a été adapté au théâtre et au cinéma par Atom Egoyan en 1997 et a obtenu le Grand Prix du jury au festival de Cannes cette même année. La promesse De beaux lendemains...

isabelleisapure

Le 13/07/2013

Sur la base d’un grave accident de car scolaire survenu dans un coin perdu aux fins fond des Etats Unis, l’état de New York en l’occurrence, Russel Banks va brosser un tableau édifiant des mœurs sociales et judiciaires américaines. De condition modeste la communauté locale traumatisée par les conséquences humaines dramatiques de cet accident, les uns ayant perdus un voire plusieurs des leurs, les autres survivants mais broyés physiquement et psychologiquement par ses conséquences se trouvera désorientée par la douleur au point d’en perdre sa cohésion qu’une horde d’avocats à charge et à décharge ne manquera pas d’exploiter à des fins purement financières vu les sommes en jeux. L’un de ces derniers un as du barreau doublé d’un « homme en colère » lui, aura à cœur de faire payer les responsables de cette tragédie. Il devra cependant en convaincre la communauté hésitante, celle-ci craignant en effet une retombée sur une des leurs qui pourrait faire office de bouc émissaire. Il y parviendra mais faute de leur concours actif dans sa démarche, il restera désespérément solitaire dans son action. En nous donnant lecture de son roman depuis les points de vue de quatre de ses personnages indépendamment les uns des autres Russel Banks use une fois de de son talent pour nous immerger et nous retenir dans une atmosphère pourtant pesante et dramatique.

caro64

Le 04/07/2009

Un accident de car, tuant 14 enfants, bouleverse la vie d'un petit village…. D'un fait divers dramatique, Russel Banks tire un roman poignant en donnant la parole à 4 différents protagonistes du drame révélant les secrets et les faiblesses des uns et des autres, analysant le poids de la culpabilité et de la solitude sur chacun, avec des questions en filigrane : Pourquoi tous ces enfants sont-ils morts ? Qui est responsable ? Comment surmonter la perte d'un enfant ? Est-il possible de continuer à vivre après une telle tragédie ? La force de ce roman est donc l’analyse d’un même événement à la différence d'une succession de points de vue, parfois concordants, parfois contradictoires. Ainsi, on entre véritablement dans la peau des personnages (très bien décrits), on comprend leurs souffrances et leurs angoisses, souvent à la lumière de leur vie passée qui surgit dans le récit par le biais de flashback. Outre les témoignages, c'est également un portrait de toute une société américaine qui est brossé à travers les intentions des uns et des autres face à l'éventuel procès, ou à travers leurs réactions à l'absence. Aux Etats-Unis, plus qu'en France, tout est prétexte à faire un procès. L’histoire a pour fond l’ Amérique profonde, sombre, décadente, vidée de ses rêves, pleine de frustrations. L'auteur rend bien l'atmosphère lourde (la brume, la neige et le froid sont omniprésents) qui règne sur le village perdu dans le Parc des Adirondacks, superbe d’isolement, « un paysage qui vous domine ». Ce roman, parfaitement mené, est très humain et aucunement larmoyant. C'est magnifiquement écrit, avec détachement, laissant aux lecteurs le soin d'appréhender cette situation comme il l'entend. C'est beau, c'est simple, c'est court. Très bon livre, excellent auteur. A lire !!!