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Zébu boy

de Aurélie Champagne , date de sortie le 22 août 2019
Madagascar, mars 1947, l'insurrection gronde. Peuple saigné, soldats déshonorés, ce soir, l'île va se soulever, prendre armes et amulettes pour se libérer. Et avec elle, le bel Ambila, Zébu Boy, fierté... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Madagascar, mars 1947, l'insurrection gronde. Peuple saigné, soldats déshonorés, ce soir, l'île va se soulever, prendre armes et amulettes pour se libérer. Et avec elle, le bel Ambila, Zébu Boy, fierté de son père, qui s'est engagé pour la Très Grande France, s'est battu pour elle et a survécu à la guerre, aux Allemands, aux Frontstalags. Héros rentré défait et sans solde, il a tout perdu et dû ravaler ses rêves de citoyenneté. Ambila qui ne croit plus en rien, sinon à l'argent qui lui permettra de racheter le cheptel de son père et de prouver à tous de quoi il est fait. Ambila, le guerrier sans patrie, sans uniforme, sans godasses, sans mère, qui erre comme arraché à la vie et se retrouve emporté dans les combats, dans son passé, dans la forêt.

Roman de la croyance, du deuil et de la survie, Zébu Boy fait naître les fleurs et se changer les balles en eau. Tout entier traversé d'incantations, ce premier roman, qui oscille entre destin et pragmatisme, est porté par une langue puissante et fait entendre la voix mystérieuse qui retentit en chaque survivant.

Aurélie Champagne (1978) a 20 ans quand elle part à Madagascar en quête de ses origines et d'un père qui n'a jamais été là. Elle y découvre un pays qu elle racontera à travers une nouvelle sur les événements de 1947, nouvelle qui grandira année après année et deviendra une fresque sur quatre générations. Seulement, la mort survient, dérègle les plans, impose le deuil et défait ce qui a été fait. Le roman se transforme à nouveau, devient un homme, devient une île, devient Zébu Boy.

L'AVIS Du libraire

"Anne-Laure, Espace Culturel de Vitré :
Ambila est le symbole d'un peuple opprimé aux croyances omniprésentes. Prêt à tout pour réaliser son rêve, il semble invicible. On est happé par ce récit puissant où se mêlent magie et violence. L'âme de Madagascar est mise à nu dans ce roman fiévreux."

Caractéristiques

Titre Zébu boy
Date de parution 22 août 2019
Nombre de pages 250 pages
Dimensions 21,00 cm x 14,00 cm
Poids 368 g
Support Broché
ISBN / EAN 979-10-90724-75-4 - 9791090724754

4,1/5

ODP31

Le 24/02/2020

Zébu dans La Fontaine trouble de l’histoire. Commençons par dire que le ramage de ce titre se rapporte à son magnifique plumage. Zébu boy est le phénix des hôtes de la jungle malgache. Les éditions Toussaint Louverture savent soigner l’emballage et parler aux amoureux de l’objet livre. La couverture martelée qui esquisse le héros du livre chatouille les doigts, le grain de papier incline à l’effeuillage et la police d’écriture régule la lecture sans bavures. Avant d’ouvrir ce roman, je dois avouer que l’insurrection malgache de 1947 était passée sous les écrans radars de ma mémoire et de mes cours d’histoire. Ma connaissance de Madagascar se limitait à l’arbre du voyageur en forme d’éventail, aux récifs coralliens et… aux noms à rallonge. Une culture de clichés, j’en conviens. Partie à la recherche de ses origines, l’auteure, Aurélie Champagne, nous fait partager sa passion pour l’histoire de cette île, ancienne colonie française, à travers la rage d’un personnage insolite et sauvage, Ambila. Trafiquant de talismans, il espère profiter du désordre insurrectionnel pour faire fortune, guidé par l’obsession de reconstituer l’élevage familial de zébus à l’origine de son prestige passé et de son surnom de Zébu boy. L’indépendance n’est pas sa priorité mais il ressent une rancœur terrible pour la France, pays qu’il a servi pendant la seconde guerre mondiale et pour lequel il a été fait prisonnier. Renvoyé sans ménagement et sans honneurs sur son île, il ne supporte plus le paternalisme des colons. La violence et le désenchantement du Zébu Boy accompagnent les révoltés armés de sagaies, de hachettes et de potions magiques dans leurs attaques contre les maisons françaises de l’île. Il tente ensuite d’échapper à la répression qui fit plusieurs milliers de victimes en représailles aux massacres de colons, en se raccrochant jusqu’au bout à son rêve. J’ai apprécié la reconstitution historique et surtout la puissance du personnage, son instinct de survie et son détachement de façade. J’ai quelques réserves sur les autres personnages, moins incarnés, souffrant de l’ombre du Zébu Boy et j’ai trouvé qu’il fallait un peu trop défricher certains passages à coup de machettes pour retrouver son chemin de lecteur. Par contre, l’écriture est aussi enlevée qu’hallucinogène et la tonalité du récit est bien adaptée aux incantations qui accompagnaient les insurgés malgaches. Au final, un beau" livre de garde", une fable affable qui ne s’embarrasse pas de morale mais qui m’a permis de mieux aborder des événements qui prenaient la poussière de l’histoire. Un petit conseil. Lors d'une prochaine visite en librairie, tripotez discrètement la couverture de ce beau livre pour jouir de son délicieux contact sans craindre un quelconque virus, si ce n'est celui de la fièvre acheteuse.

Archie

Le 16/02/2020

L’auteure de Zébu Boy, une journaliste et scénariste française du nom d’Aurélie Champagne, est née d’un père d’origine malgache, un homme fantasque qu’elle n’a presque pas connu. De quoi l’inciter à partir à Madagascar à la recherche de ses racines, ce qu’elle fit en 1998, à l’âge de vingt ans. Sur place, elle écouta ce que l’on racontait sur l’époque de la colonisation française, et particulièrement sur la période englobant la seconde guerre mondiale jusqu’à l’année 1947, date d’un soulèvement insurrectionnel meurtrier, réprimé avec une violence encore plus meurtrière. Elle était rentrée en France avec l’envie presque obsessionnelle d’écrire sur ces pages sombres de l’histoire. Un projet qui avait revêtu plusieurs configurations avant de se préciser sous la forme d’un roman publié par la maison Monsieur Toussaint Louverture, un éditeur renommé pour la publication de romans étrangers exceptionnels et soucieux de produire des livres qui soient des objets de qualité. Sur ce plan, il suffit de tenir Zébu Boy en main pour constater qu’il ne déroge pas à la règle. Un livre de belle facture, j’en conviens donc, mais qu’ai-je pensé du fond ? La savika est une tradition bien ancrée à Madagascar. Les jeunes femmes y jaugent des jeunes hommes confrontés à des zébus dans une sorte de rodéo. Gloire à Zébu Boy ! Tel est le surnom donné à Ambila, le personnage principal imaginé par l’auteure, une manière de saluer le brio dont il faisait preuve dans l’exercice, lorsqu’il était adolescent. Mais ça, c’était avant, bien avant ! Les années ont passé. Au début de la seconde guerre mondiale, Ambila s’était engagé dans l’armée française, alléché par la perspective d’une citoyenneté française promise aux soldats coloniaux. Après avoir combattu dans les Ardennes, il avait été fait prisonnier et interné dans un Frontstalag, un camp spécialement aménagé en zone occupée pour les prisonniers africains, les Allemands ne voulant pas en voir sur leur sol. Les conditions de détention avaient été effroyables. Cinq années de cauchemar, auxquelles il avait fallu survivre, mais on n’est pas Zébu Boy pour rien. Libéré à la fin de la guerre, Ambila est alors prié d’embarquer prestement pour son île natale, sans la citoyenneté promise, sans un sou, avec juste de vagues promesses de paiement d’arriérés de solde et de primes, des promesses qui ne seront pas tenues. Pour Ambila, c’est le retour au statut misérable d’indigène. Mais de son aptitude à survivre à tous les périls, Ambila tire une très haute estime de lui-même. Son objectif, simpliste, est désormais de s’enrichir et de se constituer un petit troupeau de zébus. Il est très déterminé et n’a aucun scrupule à chercher à arnaquer ou à dépouiller les personnes qu’il rencontre, des proches comme des inconnus. Mais ses stratégies sont brouillonnes. Pour faire impression, il s’appuie sur les croyances locales de magie et de sorcellerie, mais dans les moments difficiles, il s’y soumet sans plus de discernement que ceux dont il se croit supérieur. Les mythes se mêlent au vécu. La fiction se mêle à l’histoire. Au final, il ne restera plus à Ambila qu’à se laisser entraîner, sans trop comprendre pourquoi, dans la fièvre collective qui mènera à l’insurrection de 1947. J’ai trouvé éprouvante la lecture de Zébu Boy. Je me suis senti perdu et mal à l’aise dans ce texte touffu, sinon confus, où les tribulations désordonnées d’Ambila sont un amalgame de narration factuelle, de croyances locales et de souvenirs diffus. Le style est heurté, les phrases sont lourdes. Et en l’absence d’un glossaire, l’emploi de nombreux mots typiquement locaux ne contribue pas à la fluidité de la lecture. L’évocation des souvenirs de famille d’Ambila, notamment la mort de sa mère, donne lieu à quelques passages réellement émouvants. En revanche, à l’approche de la fin du livre, les scènes décrites deviennent macabres, insoutenables, et pour ma part, je n’ai trouvé ni plaisir ni intérêt à les lire.

Kirzy

Le 10/02/2020

Ce premier roman très ambitieux met en lumière un épisode oublié de l'histoire coloniale, l'insurrection malgache débutée le 29 mars 1947 ( jour de deuil national à Madagascar encore aujourd'hui, et sa répression par l'armée française ( plus de 30.000 morts côté rebelles, soit plus qu'à Sétif ). Pour incarner ce pan d'histoire, Aurélie Champagne choisit de retracer la trajectoire d'un homme, Ambila le Zébu boy du titre, à travers son odyssée fiévreuse, un road trip hallucinée. Pas un héros, mais un personnage à la fois ambigu et charismatique, obsédé par la réussite personnelle, voulant à tout prix reconstituer le troupeau de zébus de son père. Ce personnage est fascinant : un guerrier, de l'arène du savika ( discipline proche de la tauromachie ) aux combats en métropole au sein des troupes coloniales des FFL ; un survivant des frontstalags allemands de la Seconde guerre mondiale. de retour à Madagascar, le voilà renvoyé à sa condition de colonisé et pris malgré lui dans l'insurrection : « Les soldats retrouvaient la terre des ancêtres plus Malgaches que jamais, croyant avoir abandonné au front l'indigénat auquel les colons les reléguaient avant-guerre. Et voilà qu'après avoir été des frères d'armes, les Vazahas redevenaient ces détestables petits pères condescendants. Voilà qu'ils les traitaient à nouveau comme de grands enfants naïfs. » Si tout le contexte historique est parfaitement retranscrit, si la réflexion sur la colonisation est pertinente à travers cet angle original, ce qu'on retient, c'est le personnage d'Ambila hanté par ses fantômes personnels, c'est la forêt comme lieu de l'échappée, un maquis, un lieu de renaissance qui renvoie au marronnage. C'est là que durant 18 mois les derniers rebelles vont se retrancher, galvanisés par des sorciers ( les ombiasy ) bouillonnant d'imagination, proposant des amulettes / fétiches ( les oady ) transformant les balles en eau. Les dernières pages sont bouleversantes. Il fallait une écriture puissante pour porter un tel récit, elle l'est, percutante, furieuse, emportant le lecteur dans un tourbillon fiévreux très loin de ses repères occidentaux, tête la première, sans préliminaire. Il m'a juste manqué un petit lexique pour les nombreux mots malgaches qui émaillent les pages. Je profite de ce billet sur ce premier roman habité et original, tout en mouvement, entre rage, transe et chagrin, pour saluer le formidable travail de la maison d'édition Monsieur Toussaint Louverture qui propose toujours des textes forts , hors des sentiers battus ( Moi ce que j'aime c'est les monstres, Emil Ferris – Watership Down, Richard Adams – Un Jardin de sable, Earl Thompson – Karoo, Steve Tesich ).

MadameTapioca

Le 27/12/2019

« Zébu Boy ! Zébu Boy ! Les gens hurlaient mon nom. J’étais le plus grand, j’étais l’invaincu. » Trahison ! Monsieur Toussaint Louverture a publié un texte de littérature française. Non mais sérieusement, où va le monde si on ne peut plus compter sur son éditeur préféré ? Je vous le demande ma p’tite dame ! Rassurez-vous Toussainistes de la première heure et nouveaux convertis, « Zébu Boy » d’Aurélie Champagne est totalement dans l’esprit de la maison : un roman en marge de la littérature, un roman avec une forte personnalité, un roman extrêmement bien écrit. En 1947, après avoir combattu en Europe dans l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir été emprisonné par les allemands dans les Frontstalag, après avoir été parqué par les Français, Ambila est de retour chez lui à Madagascar. Il n’a plus aucune illusion, il a perdu ses rêves mais il lui reste une ambition : reconstruire le cheptel de zébu de son père. Pour cela il faut de l’argent. Entre pragmatisme et embrouilles, Ambila dit « zébu boy » cherche le meilleur moyen pour atteindre son but. Mais nous sommes en 1947 et les malgaches se soulèvent sur toute l’île contre les français. Lui qui a combattu avec les Français, va rejoindre l’insurrection contre l’état colonial. Aurélie Champagne aborde une tranche de notre passé colonialiste qui m’était totalement inconnue et comme je pense que vous serez nombreux à être dans mon cas, je vais me permettre un petit cours d'histoire. A l’été 1946, des milliers de militaires malgaches, engagés pendant la Seconde guerre mondiale dans l'armée française reviennent chez eux persuadés que le général de Gaulle, chef de la France libre, va leur accorder l'indépendance pour les remercier de leurs sacrifices. Mais le grand Charles n’y pense pas un instant. Le 29 mars 1947, plusieurs centaines d’hommes, dont des anciens combattants, armés de sagaies et de coupe-coupe, attaquent des petites villes côtières, des plantations ainsi que le camp militaire de Moramanga où des armes sont prises. Les autorités coloniales proclament l’état de siège. La révolte s’étend à toute l’ile et quelque 20.000 hommes y participent pour chasser les 35.000 colons installés. La répression sera sanglante et on ne connaît pas avec précision le nombre de victimes. On parle de 80.000 à 100.000 Malgaches tués… A travers le destin et les tourments de « Zébu boy » on entre dans les coulisses de ce soulèvement et c’est puissant. Les croyances malgaches se mélangent au sang, à la poussière et à la forêt. Héros pas forcément sympathique, Ambila ne cède jamais rien malgré l’humiliation et son destin s’écrit sous les yeux du lecteur. Lecture dense et singulière, parfois complexe en raison du vocable malgache, j’ai eu l’impression d’être prise dans un tourbillon et j’ai aimé ça. Un roman furieux, un livre tonitruant comme aime à les dénicher Monsieur Toussaint Louverture.

Romileon

Le 16/12/2019

La maison Monsieur Toussaint Louverture nous propose de revenir avec Aurélie Champagne sur l'insurrection malgache de 1947 et la terrible répression qui s'est ensuivie. Zébu boy , c'est Ambila, de retour sur son île après des années passées en France pendant la seconde guerre mondiale. Il pensait gagner la citoyenneté française mais on ne lui permettra même pas de garder ses chaussures et c'est pieds nus qu'il apprend la mort de son père, la perte du troupeau qui faisait la fierté de celui-ci. Dans un récit alternant la montée de l'insurrection, les préoccupations d'Ambila pour se procurer de l'argent afin de reconstituer un cheptel digne de celui de son père, ses souvenirs de la guerre sur la Meuse ou dans les Vosges, les deuils qui l'ont marqué, celui de sa mère, celui de son frère d'armes "Amadou Ba Adi", c'est une période bien sombre qu'éclaire ce roman. Quoique cynique par moment quand il calcule et escompte sur ses gains, Ambila est à la fois un fier guerrier humilié, un séducteur hors pair, un héros des corridas lors desquelles il affrontait à mains nues les zébus dans l'arène ce qui lui a valu son surnom, cet enfant blessé par la perte de sa mère, flatté de l'affection que lui porte Josselin, l'indri qui l'a choisi entre tous. Un personnage riche dont on voudrait qu'il sorte enfin vainqueur... même si la splendide couverture nous laisse entendre de quoi il retournera.