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Frère d'âme

de David Diop , date de sortie le 03 octobre 2019
Frère d'âme

Moi, Alfa Ndiaye, dernier fils du vieil homme, j'ai vu les obus malicieux, les ennemis aux yeux bleus, le ventre ouvert de mon plus que frère, Mademba. Par la vérité de Dieu, j'a... Lire la suite
 

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La fiche détaillée

Résumé

Frère d'âme

Moi, Alfa Ndiaye, dernier fils du vieil homme, j'ai vu les obus malicieux, les ennemis aux yeux bleus, le ventre ouvert de mon plus que frère, Mademba. Par la vérité de Dieu, j'ai entendu le capitaine Armand et son sifflet de mort, les cris des camarades. Ils disent que je mérite une médaille, que ma famille serait fière de moi. Moi, Alfa Ndiaye, dernier fils du vieil homme, je suis tirailleur sénégalais.

« La nuit, tous les sangs sont noirs. »

Caractéristiques

Titre Frère d'âme
Auteur David Diop
Collection Points
Editeur Points
Date de parution 03 octobre 2019
Nombre de pages 142 pages
Dimensions 18,00 cm x 10,00 cm
Poids 87 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-7578-7596-4 - 9782757875964

4/5

palamede

Le 13/12/2018

Incantatoire, itérative, douloureuse, lancinante, est la complainte d'Alfa pleurant Mademba, mort sur le champ de bataille. Nous sommes pendant la Première Guerre mondiale, les deux amis se sont engagés aux côtés de leurs frères tirailleurs sénégalais. Dans la grande boucherie, parce que Mademba est mortellement blessé, Alfa perd la raison dans son refus d'achever son presque frère. Il tue désormais comme « un sauvage », mutilant l'ennemi aux yeux bleus, en un rituel sacrificiel. Ainsi sorcier maléfique pour ses camarades, craint pour sa force et sa déraison, Alfa est éloigné à l'arrière, où âme égarée sans fin il devient son seul véritable ennemi. N'aura-t-on jamais fini d'écrire sur le mal absolu de la guerre qui tue et rend fou ? Non probablement, et c'est nécessaire car la mémoire des hommes est courte. Ici David Diop, dans un chant prégnant et beau (si ce n'est l'abus de la répétition, donnant parfois un sentiment de lassitude), rend un hommage à nos frères noirs — près de 200 000 Sénégalais des troupes coloniales, engagés dans une des guerres les plus absurdes et meurtrières.

Kirzy

Le 20/10/2018

*** Rentrée littéraire 2018 *** En cette année du centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, on ne peut que se réjouir qu'il y ait encore des romans pour aborder la Grande guerre sous un angle inédit et tout aussi subversif qu'Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre. Alfa est un des 134.000 tirailleurs sénégalais jetés dans l'enfer des tranchées pour sauver la mère Patrie. Alfa et Mademba, son frère d'âme, éventré quasi sous ses yeux, le «  dedans du corps dehors », qui n'en finit plus d'agoniser dans les bras de son  « plus que frère ». Alfa ne peut se résoudre à abréger ses souffrances, et dans une cérémonie des adieux terrible, il porte ses tripes et son corps dans le refuge de la tranchée. En fait il va les porter pour toujours, ses tripes et ce corps, hanté par la culpabilité de n'avoir pas su accompagner et aider son ami sur la voix de la mort. «  Ce n'est qu'à ta mort, au crépuscule, que j'ai su, j'ai compris que je n'écouterai plus la voie du devoir, la voix qui ordonne, la voix qui impose la voie. » La bascule est là, comme une malédiction schizophrénique. Il ne fera plus le sauvage pour la France mais pour lui-même, pour se racheter en mettant au point un rituel empli de folie monstrueuse qui le met en marge de la guerre elle-même, devenant un «  dévoreur d'âmes » comme on dit dans son Sénégal. Le monologue incantatoire d'Alfa n'est qu'un long cri halluciné, le pardon que demande Alfa au défunt. le style est étonnant, fait de phrase, brutes et simples, répétées, revisitées en cercles concentriques comme un chant obsédant, ponctué de métaphores et d'images. Très poétique aussi lorsqu'Alfa se souvient de son enfance, de ses parents, de Fary son aimée, dans des passages lumineux qui tiennent presque du conte. Une écriture à l'os qui dit "je" sans aucun filtre et interroge sur l'ensauvagement qui produit toute guerre, sur la frontière entre la guerre dite «  civilisée » et celle qui ne l'est plus. Est-ce Alfa le barbare ou le coup de sifflet du capitaine qui plonge les soldats sous la mitraille ? Celui qui devenu fou mutile ou ceux qui détournent la tête hypocritement face à ces âmes fracassées pour toujours par la guerre ? Ce roman a l'élégance de la concision, 175 pages percutantes, intenses. Vraiment remarquable.

Annette55

Le 15/10/2018

Voici un roman à la beauté époustouflante lu d'une traite . Il nous plonge au coeur de la terreur, dans les tranchées de la Grande Guerre, vues par un tirailleur sénégalais . Ce très beau récit, puissant et déchirant à la fois montre la capacité de l'homme à se surpasser "parfois "dans la violence , ce sont les circonstances qui réveille ces pulsions sanguinaires .... Un matin de la grande guerre , les soldats s'élancent à l'assaut de l'ennemi allemand sous les ordres du capitaine Armand . Alfa Ndiyae et "son plus que frère" , Mademba Diop : (ils ont été élevés ensemble ), deux tirailleurs sénégalais jaillissent de leur tranchée , enrôlés dans la guerre , de la chair à canon.....venue d'un autre continent .... Soudain Mademba tombe , blessé à mort sous les yeux d'Alfa, son presque frére ..... Dans l'horreur ambiante , bouleversé par la mort de Mademba : " Les tripes à l'air[ ....], comme un mouton dépecé par le boucher rituel après son sacrifice ...." Alfa se retrouve seul dans la folie du massacre. Sa Raison s'enfuit . La colére et la rage deviennent le moteur de ce survivant , " dévoreur d'âmes " , prêt à massacrer quiconque se trouvera sur son chemin.... Détaché de tout, devenu fou par la douleur, Alfa sème l'effroi , tue tant qu'il peut, coupe des mains comme s'il cueillait des fleurs, chacun de ses camarades prend peur.... " Dans le monde d'avant , je n'aurais pas osé , mais dans le monde d'aujourd'hui , par la vérité de Dieu , je me suis permis l'impensable ...." . L'auteur dans une belle langue simple , délicate , imagée , ponctuée de temps très forts , qui colle parfaitement au trouble de son héros donne voix à ce soldat,, plus lui- même, perdu par la douleur et l'aveuglement , désemparé et sanguinaire .... Il redonne vie à ces milliers d'hommes ces "Chocolats d'Afrique Noire ", jamais entendus jusqu'alors ou si peu qu'on envoyait se faire trouer la peau au coeur d'un conflit qui n'était pas le leur .... Revenu à l'arrière , Alfa se remémore son enfance et son amour pour sa belle .... Cet ouvrage est aussi une réflexion à propos de la violence et de l'amitié absolue, au delà de tout , peut être aussi, un questionnement sur les rapports ambigus entre la France et l'Afrique coloniale, à la fois lointaines et proches .... Un Trés Bel Ouvrage , ce n'est que mon avis bien sûr .

popie21

Le 24/09/2018

Ce livre m'a été offert par mon chéri. Il ne m'offre jamais de fleurs mais des livres, c'est moi qui préfère, "Parce que les fleurs c'est périssable", "puis les" bouquins "c'est tellement" bien... "Frère d'âme" est un roman sur la Guerre Mondiale, la première, celle des tranchées et des tirailleurs sénégalais, mais pas que... Alfa Ndiaye vit dans une petite ville du Sénégal quand son ami Mademba Diop, son frère choisi, son "plus que frère", légèrement influencé par le bourrage de crâne de l'école française, décide de se porter volontaire pour rejoindre les tranchées et défendre la Patrie. Alfa le suit dans ce choix qui pour eux est un passeport pour la liberté : s'ils rentrent sains et saufs, l'argent gagné leur permettra de travailler et de vivre une vie décente. Nous suivons donc les deux frères dans cette guerre infâme, où la boue et le sang se mélangent, où la peur s'insinue dans la moindre parcelle de l'être, où survivre devient le seul credo, où survivre signifie parfois devenir sauvage jusqu'aux limites même de la raison. L'écriture est très belle et poétique. Entre les lignes paraissent quelques vérités cachées sur cette comédie qu'est la guerre, sur son hypocrisie dans l'utilisation des colonies, grandes pourvoyeuses de "chair à canon". Plus qu'un roman de guerre c'est un roman de guerre et d'amour, l'amour d'un frère pour un autre. De l'amour à la mort, quand la guerre s'en mêle, il y a moins que la largeur d'une tranchée. Du désespoir à la folie, il y a moins que la portée d'un fusil. Doux et subtil, ce roman dénonce très adroitement la folie démesurée de la Guerre.

Sebthocal

Le 11/07/2018

« dans les plaies béantes de la terre qu'on appelle les tranchées » Ode à l'amitié et à la liberté, d'un style répété comme une chanson, Alfa Ndiaye, tirailleur sénégalais, ne pourra sauver « son plus que frère » de l'horreur de la guerre. Après avoir laissé se déchaîner sa colère jusqu'à la folie, il sera temps pour lui de se retourner et de se poser, dans une complainte lancinante, Alfa le griot nous invite à le suivre sur le fil de sa vie. Une poésie sensible et inspirée, pour nous faire croire encore en l'espoir et en la paix. Lu en juin 2018. Mon article sur Fnac.com/Le conseil des libraires :