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Qumran

de Eliette Abécassis , date de sortie le 07 janvier 1998
Le vol d'un des précieux manuscrits de la mer
Morte, découvert en 1947 dans les grottes
de Qumran, précipite Ary, jeune juif religieux,
fils d'un archéologue israélien, dans une enqu... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Le vol d'un des précieux manuscrits de la mer
Morte, découvert en 1947 dans les grottes
de Qumran, précipite Ary, jeune juif religieux,
fils d'un archéologue israélien, dans une enquête
jalonnée de cadavres. Des cadavres crucifiés.
Ceux des savants ou des prêtres qui ont eu entre
les mains un de ces manuscrits...

Quels terribles secrets renferment-ils donc
pour être toujours en grande partie soustraits,
cinquante ans après, à la connaissance du public
et des scientifiques ?

Les énigmes qui entourent la vie
et la mort de Jésus ont-elles des enjeux susceptibles
de provoquer ces meurtres atroces ?

Un récit érudit et palpitant, dont l'intrigue se joue
sur deux mille ans de l'histoire humaine,
un formidable thriller théologique.

Caractéristiques

Titre Qumran
Collection Le Livre de poche
Date de parution 07 janvier 1998
Nombre de pages 528 pages
Dimensions 18,00 cm x 11,00 cm
Poids 215 g
Support Broché
ISBN / EAN 978-2-253-14363-5 - 9782253143635

3,5/5

Louis_LUCAS

Le 19/03/2017

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas fait une lecture aussi complexe ! Naïvement, en attrapant "Qumran" sur ma Pile à Lire, je m'attendais à un roman relativement accessible malgré son titre qui renvoyait aux manuscrits de la mer morte. Il faut avouer que je ne connaissais jusqu'à présent d'Eliette Abécassis que l'adaptation cinématographique de son roman "Un heureux événement" qui traitait de la maternité, de la grossesse d'une manière inédite. La surprise fut donc de taille, d'autant plus que le roman s'ouvre sur la crucifixion du Christ dont l'auteure imagine, de façon réaliste et dénuée de foi, les derniers instants, les dernières pensées de celui que certains considèrent comme le messie. "Sa peau flétrie, tel un habit déchiqueté, parti en lambeaux, un suaire partagé, était un rouleau déplié puis profané, un parchemin vétuste dont les lettres de sang erraient autour des lignes scarifiées, parmi ratures et remords, un griffonnage." Il faut avouer qu'avec une telle introduction, Eliette Abécassis fait son petit effet et qu'elle donne immanquablement au lecteur un tant soit peu intéressé par la théologie, un bel os à ronger. Fille d'Armand Abécassis, philosophe et penseur spécialisé dans le judaïsme, Eliette Abécassis a grandi dans une famille juive orthodoxe et connaît en conséquence mieux que personne le sujet qu'elle aborde. Il faut toutefois noter qu'elle a fait des recherches pendant trois années avant de se consacrer à l'écriture de "Qumran". Tout est parfaitement documenté, de Jérusalem à la liturgie inhérente à chaque courant religieux, de la bible à la vie de Jésus sans oublier bien entendu les manuscrits de la mer morte dont elle nous donne de larges aperçus. Chaque référence, chaque élément religieux s'inscrit dans le récit et a pour but d'accompagner, d'expliciter la quête dans laquelle Ary et son père se sont lancée. Comme le suggère les premières pages, l'ensemble du roman tourne autour de la figure du Christ. Eliette Abécassis part d'une hypothèse qui trouve son origine dans l'un des manuscrits de la mer morte que l'on pourrait résumer ainsi : Jésus serait un maître Essénien, du nom d'une secte juive dont les pratiques et les croyances possèdent de nombreuses ressemblances avec les débuts du christianisme. Difficile dès lors de ne pas penser au "Da Vinci Code" qui s'intéressait lui aussi, par un autre prisme, à la figure du Christ même si "Qumran" lui est antérieur. Toutefois, les deux romans ont très peu en commun tant l'aspect "thriller" passe ici au second plan malgré les méthodes violentes utilisées à l'encontre de ceux qui essaient de percer le secret des rouleaux, la disparition brutale de l'un des principaux protagonistes ou l'enquête que mène Ary. Tout au long de la lecture, on en apprend énormément tant l'auteur fait montre d'une érudition proprement hallucinante. Pourtant, malgré le sujet et le travail colossal effectué, la lecture est bien souvent pesante, la faute à un recours systématique à des descriptions longues, à des interrogations métaphysiques, éthiques, théologiques ou philosophiques à n'en plus finir proposées de surcroît dans un style parfois bien trop démonstratif. le sujet et le cadre - la communauté Hassidique - nécessite en effet de solides connaissances bibliques, sans lesquelles il est relativement difficile d'apprécier comme il se doit toute la complexité de l'histoire. Sans être un spécialiste, j'ai beaucoup lu sur le sujet, pourtant de nombreuses références me manquaient et certains passages m'ont par conséquent semblé obscurs. "Qumran" n'est pas un roman accessible et le parti-pris d'un style volontiers littéraire et, avouons-le, par instant ampoulé n'arrangent pas les choses à moins que ce ne soit moi qui soit insensible. Je vous laisse trancher avec cette citation extraite d'une scène dans laquelle le personnage d'Ary évoque la tentation que suscite le personnage de Jane, une goy qui lui est défendue de prendre pour femme. "La lumière sereine de son visage opalin était pommelée de gouttes d'un brun très clair ; les lèvres vermillon étaient une oasis de fraises et de framboises au beau milieu du désert ; le cou ivoirin avait la pâleur hâve du Néguev. Sa peau était un galet blanc sur la mer de sel, au grain serré, à l'onctuosité laiteuse et au doux polissage : une enveloppe lisse et soyeuse, raffinée, souple et blanche comme du papier, née de siècles de progrès minutieusement avancés, bel aboutissement d'une ligne de belles. L'encre coulait toute seule sur un tel grain, jamais absorbée, mais séchée sur la surface, après avoir glissé, aérienne et virevoltante comme une danseuse nue". Je ne suis pas ressorti indemne de cette lecture dans le sens où je ne parviens pas à trancher ni dans un sens ni dans l'autre. "Qumran" est une oeuvre riche en enseignements, riche par son style et de ce fait, difficile à appréhender dans sa globalité. Si la lecture ne devait être associée qu'au plaisir qu'elle suscite, force est de constater que ce roman n'emporterait pas ma pleine adhésion mais comme chacun sait, une lecture peut-être pesante et non moins appréciée. Bref, comme je le disais en amont, difficile de trancher, d'où cette note de 3,5 en demi-teinte.

100choses

Le 28/01/2012

Alors qu’ai-je pensé de cet ouvrage ? Et bien c’est assez complexe, et selon le point d’observation que je choisis, mon opinion change pratiquement du tout au tout ! Je vais essayer de m’expliquer sur cette bizarrerie, pour tenter de conclure sur une appréciation globale. Commençons par être désagréable, en abordant l’aspect « archéologique » du roman. Eliette Abecassis débite tout simplement un fatras d’imbécilités sur le travail des archéologues. Je pourrais modérer mon propos, mais non. Je suis trop touchée par le sujet. Lire le comportement qu’elle prête à ses archéologues et l’image qu’elle se fait de leur métier m’a mise hors de moi. Tout le monde n’est pas sensé connaitre les réalités du métier, certes, mais quand on prétend rédiger un livre dont c’est l’ingrédient principal, on se renseigne, non de Zeus ! Non mais qui prendra les archéos, les vrais au sérieux après avoir lu ce tissu de bêtises ? Non, nous ne disposons pas des artefacts selon notre bon plaisir, et avoir la possibilité de date une US, à la fois de façon relative par rapport à celles qui l’entourent et à la fois de façon absolue grâce aux techniques radiométriques et à la présence d’une inscription datée, comme si c’était monnaie courante, relève quasiment du pur fantasme. Il y a aussi tout un tas d’imprécisions quant aux fonctions réelles de l’Ecole biblique… Et puis épigraphie et archéologie sont certes deux professions proches, souvent en rapport l’une avec l’autre, mais l’assimilation n’est pas acceptable ! Bref, refermons ce paragraphe fâcheux et passons tout de suite à autre chose, avant que je ne m’emporte encore d’avantage (et pourtant, je n’ai même pas écrit mon article à chaud; un mois s’est presque écoulé depuis ma lecture). L’intrigue, heureusement m’ a vraiment bien plu. Bon, il y a bien quelques longueurs à mi-parcours, et quelques éléments vraiment trop rocambolesques, beaucoup de libertés prises par rapport à la réelle histoire des manuscrits mais le final est tellement bluffant et génial que ces détails sont bien vite oubliés ! La révélation finale est juste merveilleuse. Certes totalement improbable, mais absolument fantastique ! Contrairement aux autres thrillers ésotériques, où la fin est souvent décevante et trop cartésienne, banale à mon goût ; ici Eliette Abecassis joue le jeu jusqu’au bout et nous offre un truc énormissime qui a très clairement fait remonter en flèche l’opinion que je me faisais de ce roman. Cette fin est juste absolument parfaite, j’avais des étoiles plein les yeux, même si les ultimes pages sont un peu trop empreintes de mysticisme à mon goût. Je suis un esprit désespérément scientifique, qui s’émerveille devant l’Evolution, débat de la beauté de la science par rapport aux religions avec sa prof’ préférée, passe une bonne partie de son temps à étudier des ossements, et est persuadé qu’il n’y a rien après la mort (ce qui est beaucoup plus rassurant que ce que nous proposent toutes les religions, si vous voulez mon avis). Alors les histoires de Messie, toussa…voilà quoi. Sincèrement, il m’est beaucoup plus plaisant et facile de croire à l’existence de Poudlard et de la Terre du Milieu. Mais je m’égare. Sur le plan de la forme, deux choses m’ont marquée. Tout d’abord, j’ai aimé que chaque grande partie corresponde à un rouleau. La forme des deux derniers rouleaux est particulièrement intéressante, et leur lecture n’est pas du tout rebutante comme je le craignais. Cela renforce l’impression de mysticisme évoquée plus haut, qui si elle m’a parfois agacée est quand même nécessaire à l’ambiance globale du récit, et en même temps ça coule tout seul. J’ai également trouvé que ce roman n’était pas sans rappeler Le nom de la rose, avec ses nombreuses digressions instructives, ses nombreuses citations bibliques, son style, son rythme rappelant bien souvent celui de l’hébreu ancien (bien sûr, il s’agit du latin dans l’ouvrage de U. Eco). Mais le résultat est ici beaucoup plus accessible au grand public. Toutes les citations sont données en français, et puis les digressions ne sont pas interminables et sont très concrètes. Elles nous apprennent un nombre certes, beaucoup plus limité de choses mais au moins on les saisit, les comprend et les retiens sans risquer la migraine. Enfin, au vu du cadre dans lequel est publié ce billet, je voudrais insister sur ce que cet ouvrage nous apprend d’Israël. En réalité, peu de thèmes sont abordés, mais c’est plutôt pas mal fait du tout. On croise essentiellement deux groupes humains : les bédouins et les juifs orthodoxes de Mea Shearim. Sur le plan géographique, c’est essentiellement Jerusalem et le nord du désert de Judée, où se trouve Qumran. On a bien sûr droit à quelques évocations de l’armée, des guerres, du caractère carrément mécréant de la plupart de la population, mais sans insistance. Les passages auprès des Bédouins m’ont tout particulièrement plu ; on apprend énormément sur leurs traditions, leur croyance, au-delà de ce que l’on peut connaitre d’eux habituellement. On a beau les côtoyer régulièrement, connaitre quelques-unes de leurs habitudes, ils restent vraiment un groupe assez isolé au sein du pays, dont le citoyen lambda ne sait pas forcément grand-chose. Le travail fait sur Mea Shearim est également particulièrement intéressant, parce que ce groupe, pourtant plus connu en apparence, recèle en réalité des trésors de pratiques et traditions totalement ignorées. Eliette Abecassis ne se contente pas de nous en donner une description extérieure. Elle nous fait réellement découvrir les choix de vie de ses habitants, leur mode de pensée, leurs conventions. Et alors, même si l’on est bien loin de partager leurs opinions ‘et que l’on ne passe pas même une journée sans les maudire, parce qu’ils ont une légère tendance à emmerder le monde), l’on comprend au moins leur comportement, comment et pourquoi ils arrivent encore en plein XXIème siècle à vivre hors du monde. beaucoup d’informations sont également données sur le judaïsme, comment ça n’est pas seulement une religion mais une culture, une identité. Peu de découvertes pour moi de ce côté là, depuis le temps que j’étudie et côtoie le sujet, mais j’imagine qu’il y a beaucoup à apprendre pour le lecteur lambda. Bref, je crois pouvoir dire au terme de ce billet que c’est finalement un ouvrage qui m’a beaucoup plu malgré ses défauts. La fin, magistrale a vraiment su me faire oublier tout ce qui m’avait déplu. La suite m’attend malheureusement dans ma PAL française, car sinon c’est avec plaisir que je l’aurais déjà entamée, même si ce roman constitue une unité parfaitement indépendante qui se suffit à elle-même.