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Labyrinthe de miroirs

de William Bayer , date de sortie le 02 octobre 1997
Gelsey entre dans un bar, se laisse séduire par un homme et entraîner dans un hôtel. Mais, en fait, c'est elle la chasseresse. Elle drogue son séducteur et laisse sur sa poitrine un message sarcastique... Lire la suite

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La fiche détaillée

Résumé

Gelsey entre dans un bar, se laisse séduire par un homme et entraîner dans un hôtel. Mais, en fait, c'est elle la chasseresse. Elle drogue son séducteur et laisse sur sa poitrine un message sarcastique indélébile. Elle tire ainsi vengeance de celui qui a détruit sa vie. Mais la dernière proie de Gelsey est retrouvée morte. Frank Janek, lieutenant, enquête à la recherche de la vérité.

Caractéristiques

Titre Labyrinthe de miroirs
Auteur William Bayer
Traducteur Gérard de Chergé
Collection Rivages-Noir
Editeur Rivages
Date de parution 02 octobre 1997
Nombre de pages 544 pages
Dimensions 17,00 cm x 11,00 cm
Poids 272 g
Support Broché
ISBN / EAN 2-7436-0266-X - 9782743602666

4,3/5

nameless

Le 18/02/2020

Gelsey est une artiste-peintre mais pas seulement. Elle est également une dragueuse-drogueuse, narco-voleuse qui appâte des pigeons dans des bars new-yorkais, monte chez eux, leur refile un petit coup d'assommoir sous la forme d'un cocktail amélioré avec des somnifères, et pendant qu'ils ronflent, ramasse les voyantes Rolex, les bijoux chers et vulgaires, l'argent liquide gonflant les portefeuilles de ces vaniteux lubriques, puants d'arrogance et au charme agressif. Avant de quitter les lieux, elle dénude ses proies et grâce à une encre indélébile et en écriture inversée lisible à l'endroit face à un miroir, laisse sur leur peau un message infamant qu'ils devront expliquer à leur femme. Le devoir accompli, Gelsey n'a plus qu'à regagner son logis, un appartement situé au-dessus d'un labyrinthe de miroirs, construit par son père. Ce petit jeu aurait pu se poursuivre longtemps, si un pigeon ne s'était pris du plomb dans l'aile sous la forme d'une balle dans la tête. Et voilà le Lieutenant Frank Janek sur les dents, alors qu'il s'acharne dans le même temps à régler une vieille affaire non-élucidée, dans laquelle un élément nouveau vient d'apparaître. Son voyage à La Havane pour rencontrer un témoin tardif est le seul point noir du roman. Il est selon moi, totalement inutile, hors sujet, et les observations politiques faites par Frank Janek sont quelque peu caricaturales et délicatement teintées d'un anti-communisme typiquement américain. Labyrinthe de miroirs n'est pas un roman d'un abord facile. On y retrouve toutes les obsessions de William Bayer, l'art, la psychanalyse, l'inceste. Une fois encore, il explore les zones grises entre le bien et le mal ou le vice et la vertu. Il s'interroge sur la loyauté ou la tentation de la corruption, dilemme constant tout au long de la vie d'un policier. En outre, il se livre à une étude approfondie des labyrinthes de miroirs dont j'ignorais qu'il n'en existe qu'une demie-douzaine d'exemplaires au monde, abstraction faite des palais des glaces des fêtes foraines ; dont j'ignorais également qu'ils ont donné lieu à des études universitaires dans les domaines de l'architecture, de la psychologie ou de la mythologie. L'histoire de Gelsey est révélée à mesure que l'intrigue progresse, et l'on comprend bientôt pourquoi elle éprouve une sorte d'extase à se perdre dans le labyrinthe, à se plonger dans l'incertitude et l'égarement, à être environnée d'images fragmentaires de son corps, de reflets qui vacillent au gré de ses mouvements, ou de milliers de sosies si elle tourbillonne. Gelsey n'est plus seule lorsqu'elle est cernée par une myriade de clones. Qui voit-elle ? Sa jumelle ? Son contraire ? Son double ou son reflet, tels que décrits dans la Théorie du Miroir ? Après avoir convoqué Dorian Gray, le Minotaure, c'est à La Dame de Shanghaï et à sa dernière scène mythique que William Bayer rend hommage dans son épilogue. Dans sa postface, l'auteur dit son admiration pour Michael Ayrton, sculpteur et écrivain, obsédé par les mythes de Minos, Pasiphaé, Dédale et Icare, et dont la vie fut transformée par le concept du labyrinthe. Dans The Maze Maker, il écrit : « La vie de chaque homme est un labyrinthe au centre duquel gît sa propre mort. »

Pietro38

Le 15/04/2015

Un roman très sombre d'un magnétisme hors du commun Ce roman noir psychologique permet de faire connaissance avec des personnages très originaux dans une atmosphère sombre et envoûtante; Plusieurs intrigues criminelles sont menées en parallèle, le tout formant une toile de mystère, un puzzle fascinant à reconstituer, un labyrinthe dans lequel on prend plaisir à se perdre, avec à la baguette un William Bayer au sommet de son art. C'est très bien écrit, c'est puissant, c'est surtout très original, très novateur, et le dénouement laisse pantois. La jeune Gelsey joue un jeu dangereux avec les hommes: les soirs de pluie, la jeune femme, qui vit au dessus d'une véritable "chambre" de miroirs, sort, se fait séduire par un homme, mais en fait, c'est elle la chasseresse, et non pas une proie fragile. Elle drogue son séducteur, lui vole son argent et laisse sur sa poitrine un message d'adieu ironique, moqueur. Jusqu'au jour où sa dernière proie est retrouvée morte... et là Frank Janek, l'enquêteur fétiche de William Bayer, qu'on retrouve notamment dans Pélerin et Wallflower, fait son apparition et va démêler les fils de cette étrange affaire. Comme s'il n'avait que ça à faire, lui qui doit déjà se débrouiller avec une affaire de meurtre vieille de neuf ans, rien que ça! Intrigues passionnantes, écriture magistrale, art consommé du récit, un roman totalement abouti, maîtrisé, que je recommande sans réserve. L'auteur nous emmène loin, très loin dans les méandres de la psychologie humaine, et surtout dans un monde de faux semblants; Venez vous perdre dans la chambre des miroirs !

maltese

Le 10/04/2013

Il s'agit ici du quatrième roman mettant en scène Frank Janek, lieutenant à la police de New York. Un flic excellent, apprécié de sa hiérarchie comme de ses collègues. Il va devoir enquêter d'une part sur une affaire de meurtre remontant à neuf ans, le cas Mendoza, affaire pleine de rebondissements troublants qui mine la police, et d'autre part sur l'assassinat d'un homme retrouvé dans sa chambre d'hôtel, détroussé par une femme après qu'elle l'ait charmé et drogué. William Bayer s'attache à la psychologie des personnages et réussit ces portraits d'êtres blessés, plus ou moins paumés dans leur vie. Le motif du miroir est présent tout au long du roman, mis en scène de très habile manière. Bayer peint un flic très humain, intéressant notamment dans les rapports qu'il a avec les femmes.